RSS
RSS

Nous manquons de membres dans le Conflans, les Îles de Fer, l'Ouest et le Bief.
Les points de "régions dépeuplées" iront aux personnes de ces régions.
Nos Super-PV

Hoster Tully, Maege Mormont, Jon Arryn, Quellon Greyjoy
, Robert Baratheon et Doran Martell sont très attendus.
Les Super-Scénario

Symon Chelsted, Gladden Wylde & Mathis Rowan
sont très attendus par leur créateurs.

Partagez|

Une conversation devrait toucher à tout, mais ne devrait se concentrer sur rien. | Janna Tyrell & Rhaenys Chelsted

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
avatar
Dame de la Couronne
Voir le profil de l'utilisateur


Surnom : l'oisillon
Corbeaux : 128
Dragons d'or : 293
Statut Maritale : célibataire
ft. : nell tiger free
Copyright : avatar par ghanimathos, signature par endlesslove
Autres Comptes : eldred sunderland
Date d'inscription : 03/08/2017
Localisation : port-réal

Message Sujet: Une conversation devrait toucher à tout, mais ne devrait se concentrer sur rien. | Janna Tyrell & Rhaenys Chelsted Mer 18 Oct - 17:23

Une conversation devrait toucher à tout,
mais ne devrait se concentrer sur rien.
Avant de chercher à te faire des amis commence par devenir le tien.
Qu'il est idiot d'aimer.
On se défendra bien sûr de faire preuve de bêtise, on essaiera de rationaliser. Combien d'épouses disent qu'elles aiment leurs maris, parce que c'est plus commode de s'inventer un sentiment plutôt que de se sentir enchaînée malgré soi ? Combien d'enfants aiment leurs parents, parce que c'est ce qu'il faut faire, c'est bien, et qu'ils ne se sont jamais posé la question ? N'aime-t'on pas le chien loyal qui pourra tout aussi bien nous mordre s'il a faim ? N'aime-t'on pas l'amant infidèle à qui l'on pardonne les torts parce que, tous les hommes sont pareils, ce n'est pas si grave ? N'aime-t'on pas l'amie intéressée qui ne veut de votre présence que parce qu'elle lui sert ? On est blessés, on est déçus, on souffre, on pleure, mais on s'entête. On veut aimer. On veut connaître le sentiment et ses folies, se laisser porter et s'oublier dans quelque chose qui vient du ventre, une force qui surgit des boyaux et qui s'impose à nous. Alors on se prétend entier, sans savoir combien l'on est diminué par notre aveuglement. Pourquoi aimer d'ailleurs ? Ce doit être quelque chose dans le regard de l'autre qui nous rassure. Ce doit être pour se sentir unique au monde. Qui peut comprendre ce qui nous habite, l'émoi est quelque chose de terriblement personnel, qui embue notre conscience, nous donne une impression de grandeur soudaine, nous attire, nous excite, nous rend fou. Alors on dit j'aime, je me sens vivant parce que j'aime, j'existe par mon amour. Mais c'est stupide. Pourquoi faudrait-il forcement se vautrer dans bouleversements du cœur ? Qu'est-ce que l'affolement des sens a de réconfortant ? Je crois que je l'ai su. Je crois que je l'ai deviné, au détour d'un baiser volé dans la bibliothèque de ma famille, alors qu'une main frôlait la mienne dans les couloirs. Mais je ne m'en souviens plus, je ne veux plus m'en souvenir.

Aouch. Je viens de me planter mon aiguille dans le doigt. Je lève la main vers mes yeux, et je regarde la goutte de sang qui roule sur ma peau claire. J'essaie de broder une rose bleue sur un mouchoir, mais mon esprit s'en va toujours, et je ne peux me concentrer longtemps sur mon ouvrage.

Qu'il est idiot d'aimer. Alors pourquoi suis-je tombée amoureuse ?

Peut-être parce que mon frère m'a toujours encouragé à cela. Le sentiment est quelque chose de merveilleux Nys. Tu verras mon petit oisillon, un jour tu aimeras aussi, et tu comprendras. Sois moins sérieuse ma petite sœur, laisse-toi aller, tu passes à côtés des plus belles joies de la vie ! Qu'il se sentait mal Symon, en venant me visiter pour mon anniversaire. Il avait fait le trajet spécialement pour passer la journée avec moi, malgré les dangers de la route avec le retour de l'hiver. Il était souriant, il me portait un bijou et toute sa joie de vivre, tout son bonheur. Et sa petite sœur resta sinistre, sa petite sœur passa une partie de la journée à pleurer dans ses bras, à demander pourquoi il fallait que cela lui arrive. Nous avons bu bien sûr, beaucoup trop bu, et même si c'était il y a deux jours je me sens encore nauséeuse de tout cet alcool. Et pour me rassurer, Symon me maintenait que ce ne serait pas toujours comme ça ; pour calmer ma colère, il affirmait qu'il découperait de son épée le malandrin s'il le recroisait un jour ; pour me faire sourire, il me rappelait que je m'étais montrée meilleure au cyvasse malgré mon âge et que je n'aurais pu de toute façon épouser un homme qui ne puisse me surprendre à ce jeu ; pour me comprendre, il partageait ma peine en se rappelant son premier chagrin d'amour, et en me racontant comment il l'avait traversé pour passer à autre chose. Mais moi, je ne veux pas passer autre chose. Je ne veux plus jamais aimer personne, à part peut-être mes enfants, si j'en ai. Je veux que mon malheur de maintenant me garde à jamais de redevenir aussi sotte. Tant pis pour la poésie, je saurais bien trouver d'autres choses à écrire. Et puis la journée s'est finie, et mon frère est rentré à Hall Radieux, emportant avec lui le petit sourire qu'il m'avait rendu.

Peut-être parce que je suis une enfant. Une enfant qui aime, elle se sent adulte, elle se sent unique, et mature. Elle croit que ça y est, elle a goûté à ce qui devait la faire grandir, qu'elle a gagné en sagesse en ajoutant le sentiment à ses expériences. Mais non, ce qui me rend adulte, c'est ma raison. Et aujourd'hui, cette raison nourrit mes larmes. Parce que je ne peux plus raisonnablement attendre une lettre, un mot, un signe. Parce que si j'en appelle à mon intelligence, je dois bien me rendre compte que ce n'était rien, que mon cœur s'est laissé abuser par de jolies paroles. Et je me sens idiote, et je me meurs de rage, contre lui et contre moi-même. Qu'espérais-je d'ailleurs ? Un désir fou, une aspiration idiote. Un mariage d'amour ! Quelle stupidité ! Et je me croyais brillante d'avoir troqué mes désirs raisonnables de servir ma famille dans un mariage arrangé pour cette idiotie, car enfin, le bonheur, quelle belle chose ! Pauvre fille...

Il faut que je sorte. Je me rends compte que j'étouffe sous le poids de mes propres pensées. Le vent qui souffle dehors m'interdit toute sortie à l'extérieur : mon père meurt d'inquiétude que je tombe malade à mon tour, il craint pour ma vie et ses consignes ont été on ne peut plus claires. Cependant, je suis logée à ses côtés, au centre même de la vie de Westeros, et tout est immense ici. Je trouverai bien à marcher quelque part. Peut-être pourrais-je trouver une connaissance, échanger des mots sans intérêt. Boire du thé et manger des gâteaux pourquoi pas, comme on doit sans doute faire quand on a mon âge et que l'on a des amies. Je ne veux plus être seule. Je pose mon ouvrage inachevé et me saisit d'un châle de laine que l'on me fait porter, une autre des petites choses que je peux faire pour rassurer mon père qui a mieux à penser que s'inquiéter pour moi. Il ne s'est même pas rendu compte de mon malheur. Mais je ne lui en veux pas, il a beaucoup à faire, et les festivités ordonnées par Aerys l'ont obligé à travailler encore plus. Je sais qu'il pense à moi, pour mon anniversaire j'ai trouvé dans mes appartements un mot très court et une magnifique robe, et il a pris un moment pour partager un verre avec son fils et moi : quelques instants de pris par le Grand Argentier pour faire sourire sa fille. Mon cher bon papa, si inquiet en ce moment... Et il n'y a rien que je puisse faire pour lui. Je soupire, et le souffle du vent contre les murs me répond en écho. Tout est sinistre en ce moment. Le retour de l'Hiver a pris à la gorge trop de monde, les voyages sont presque impossibles (et mon projet d'aller visiter Lothar chez Lewys Lydden a du être annulé en conséquence), les morts se multiplient. L'on s'en souviendra, de l'année du Printemps Trompeur ! Elle aura terriblement marqué bon nombre d'entre nous.

« Lady Tyrell. »
Une silhouette s'est découpée dans le couloir. Je l'ai regardé approchée, un sourire aux lèvres. Janna Tyrell. Je ne la connais pas depuis longtemps, elle n'est entrée au service de la reine que depuis Harrenhal et je ne pense pas l'avoir croisé avant. Dans la première lettre où j'ai fait mention d'elle à mon frère, j'ai dit qu'elle était belle, jeune, et très agréable, ce qui a été reçu par une réponse où ce dernier m'ordonnait de me rapprocher d'elle, en m'expliquant combien je devais essayer de me montrer sympathique et me faire des amis. J'incline la tête avec respect en prononçant son nom, elle vient d'une maison bien plus prestigieuse que la mienne, et elle est aujourd'hui fiancée à Tywin Lannister. Je crois que je l'aime bien, ou en tout cas, nos rares échanges ne m'ont poussé qu'à penser du bien d'elle. « Comment vous portez-vous ? Comment va la Reine ? » Je mets autant de joie que je le puis dans ma voix, chassant de toutes mes forces les tristes pensées qui sont les miennes depuis peu. Je cache en revanche moins bien ma gêne, et si je veux avoir l'air amicale, je n'en ai pas encore pour autant l'habitude. Rhaenys trop sérieuse, toujours avec ses livres... On ne me verra plus écrire de poèmes avant un long moment. Me retrancher dans l'étude n'est pas non plus envisageable, je sanglote dès que je touche un livre d'Histoire ou de philosophie. Peut-être que simplement, pour une fois, je devrais essayer de me mêler aux gens de mon âge. Alors, je me force à offrir le plus doux de mes sourires à la Bieffoise qui me fait face, et je m'applique dans cet art de la conversation dans lequel je suis encore bien mal formée.
©️ nightgaunt


    aut disce aut discede
    Il ne sait rien des femmes. Il ne sait pas qu’elles savent attendre comme aucune bête ne le peut. Les épousées, les abandonnées attendent, les filles de bordel, les saintes attendent. Les hommes vont, les femmes attendent. Jusqu’au fond des fonds de l’espérance elles attendent. Jusqu’à la haine même. Et quand la haine vient aux femmes, que les Dieux protègent ceux qui les ont bafouées.
Revenir en haut Aller en bas

Une conversation devrait toucher à tout, mais ne devrait se concentrer sur rien. | Janna Tyrell & Rhaenys Chelsted

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Sujets similaires

-
» Aurore de Maison-Dieu '' Prenez moi tout, mais pas ma fille! ''
» Un peu de tout... (mais surtout du Mass Effect !)
» (H) AU CHOIX ⊱ elle est ton tout, mais elle n'est rien. elle est l'ange de tes nuits, le démon de ta vie.
» ∞ j'fais genre j'vais bien et tout, mais en vrai j'ai raté Bob l'éponge ce matin.
» On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde | Kai

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
De Cendres et de Fer :: Westeros :: Les Terres de la Couronne :: Port-Réal :: Donjon Rouge-