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Nous manquons de membres dans le Conflans, les Îles de Fer et le Val d'Arryn.
Les points de "régions dépeuplées" iront aux personnes de ces régions.

Hoster Tully, Maege Mormont, Jon Arryn, Quellon Greyjoy
, Robert Baratheon et Doran Martell sont très attendus.

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Deux faucons au clair de lune

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Message Sujet: Deux faucons au clair de lune Dim 30 Avr - 19:40


   
Deux faucons au clair de lune

   

   

Le destin a coutume de donner d'étranges rendez-vous.
Les vallois arrivèrent à Harrenhal en fin d’après-midi. Lord Jon Arryn en tête du convoi du Val constitué de chevaliers, mais aussi de lords et de quelques ladies. Le voyage ne fut pas très longtemps, les deux régions étant limitrophes, mais pour Elbert celui-ci avait un caractère nostalgique. Cela lui avait rappelé l’époque où il était l’écuyer de Ser Brynden Tully, sûrement le meilleur chevalier du Conflans à l’heure actuelle, et peut-être de son histoire. A ses côtés il avait arpenté de long en large le Conflans, voyagé aux quatre coins du continent, appris à se battre face à n’importe quel profil d’adversaire, compris le sens du mot “honneur”, et enfin il avait écouté ses nombreuses histoires qu’il lui racontait autour d’un feu. Et ce fut l’une d’elles qui lui vint à l’esprit. Un soir, en-haut d’une des collines alentours alors qu’ils observaient les contours de cette immense forteresse, il lui raconta que ces murs étaient maudits, que les sept maudissaient les familles qui en occupaient les lieux, et ce pour une raison : Harren le Noir aurait donné l’ordre de mettre du sang d’homme dans le mortier. Ce fou se prenait pour un Dieu, il se croyait au-dessus des autres hommes, puis un jour les dragons le mirent devant le fait avant de mourir : il n’était qu’un homme… et depuis ces lieux seraient maudits. Elbert croyait aux Sept, il les priait mais il n’était pas superstitieux, il ne croyait aux augures, aux protections etc, mais lorsque son regard se fixa sur cette forteresse, il en eut presque des sueurs froides. Même avec l’animation liée au tournoi, les drapeaux colorés, les tentes qui s’agglutinaient autour des murs, Harenhal paraissait toujours aussi froide et austère.

Elbert n’osait pas le dire mais cette forteresse l’avait toujours mis mal à l’aise, c’était déjà le cas lorsqu’il était venu ici avec Ser Brynden, et c’était encore le cas aujourd’hui malgré qu’il ait quelques années de plus. Il ne se sentait pas bien entre ces murs. Ces derniers portaient les marques de ce passé mortifère. Cela ne lui plaisait pas, surtout la nuit, lorsque le silence régnait dans les couloirs, même celui-ci n’avait pas l’air de ressembler à celui qu’il connaissait, il était apaisant lorsqu’il régnait sur les montagnes du Val, mais ici, entre ces murs il était lourd, comme si c’était un avertissement des Dieux qui les prévenaient que rien de bon ne pouvait sortir d’ici.
Malgré les années passées le jeune homme avait encore des difficultés à trouver le sommeil au sein de ce lieu. Il se retourna plusieurs fois dans son lit, cherchant la bonne position, espérant que le sommeille prendrait rapidement, mais jamais il n’arriva. Allongé sur le dos, fixant le plafond et comprenant qu’il n’arriverait pas à fermer les yeux, il décida de se lever et de sortir prendre l’air. Discrètement il traversa les couloirs, habillé d’une simple chemise de lin et d’un pantalon, une cape par-dessus pour lutter contre le froid de la nuit, dans sa main gauche un sac. C’est habillé ainsi qu’il sortit de la partie où étaient logées les familles suzeraines, mais il n’était pas seul. Dans sa main droite il avait une cage, celle d’Eclair, son faucon. Il avait attrapé celui-ci après un voyage en compagnie d’un contrebandier, Davos, tout ça parce qu’il voulait un faucon d’une race qu’on ne trouvait pas sur les terres de Westeros. Son égo, un jour ça lui coûterait cher, mais pour l’instant, grâce à lui il avait un faucon dont il était très fier. Un sourire apparut sur son visage lorsque ses yeux se posèrent sur l’animal. Ce dernier avait hâte d’être libéré, il n’avait pas pu voler depuis leur arrivée à Harenhal.

Elbert connaissait un peu les lieux, et savait où il devait aller pour être tranquille. La forteresse n’était plus occupée entièrement, elle était bien trop grande, et cela coûterait beaucoup d’argent pour l’entretenir, ainsi au fil des années les familles qui y habitaient avaient abandonnés certaines parties. L’une d’elles était l’une des grandes tours, celle que l’on surnommait la tour des fantômes. Elbert n’avait jamais su pourquoi on l’appelait ainsi, mais là-bas il savait qu’il n’y trouverait personne. Aux pieds de celle-ci il posa la cage, l’ouvrit et tendit son avant-bras gauche, celui où il portait un gant. Eclair monta sur celui-ci. Elbert aimait beaucoup la fauconnerie, et cela depuis son plus jeune âge. C’était un art très compliqué, il nécessitait abnégation et patience, deux qualités que le jeune homme apprit à travers son apprentissage avec le maître fauconnier. Elbert se concentrait sur son faucon, du bout des doigts il lui caressa le cou, puis après un piaillement, il l’invita à s’envoler. Le rapace déploya ses ailes et s’élança dans les airs.

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Message Sujet: Re: Deux faucons au clair de lune Mar 30 Mai - 19:38


Deux faucons au clair de lune

Talia & Elbert



Le soleil avait depuis longtemps quitté le ciel pour laisser place à la nuit et ses étoiles. J’étais allongée dans mon lit, observant le plafond et tentant de m’endormir. J’avais beau y être depuis un moment, le sommeil ne semblait aucunement vouloir de moi et je perdais peu à peu patience. A chaque fois que je fermais un œil, je pensais à ces histoires entourant la forteresse ce qui avait le don de le rouvrir. J’étais peureuse et cette simple idée d’imaginer toute sorte de fantômes rodant dans ma chambre m’empêchait de trouver la voie des rêves. Je n’arrivais pas à me persuader que ce n’était que des légendes et qu’il n’y avait aucune âme errante parmi ses murs. Pourtant, les bruits ambiants ne me confortaient pas dans cette idée. J’avais l’impression d’entendre des bruits de pas ou même des échos lointains. La fatigue ou le vent devait être à l’origine, même si mon esprit trouvait des raisons plus mystérieuses. Même Balerion, mon chat, semblait ne pas vouloir fermer les yeux et trembler comme une feuille. Ses iris étaient totalement dilatés, et même en le serrant fort contre moi, je n’arrivais pas à faire cesser cette panique. Ainsi, on se tenait compagnie mutuellement, l’entendant gigoter dans tous les sens et trouver un peu de réconfort contre moi. Qu’avais-je à lui apporter à part ma propre peur ? Je n’aspirais pas le courage en temps normal.

Pourtant, je ne pouvais rester, éveiller et risquer d’être fatiguée le lendemain. Les festivités étaient en approche, et même si je détestais la raison même de ce rassemblement, je voulais profiter de la musique et des artistes venus pour l’occasion. Que pouvais-je faire pour empêcher ces pensées ? Mon père m’avait dit un jour qu’il n’y avait qu’un seul moyen de surmonter ses peurs : les affronter. Etais-je de taille à me promener seule parmi ses murs ? Je m’en sentais bien incapable et que penseraient les gardes s’ils me croisaient ? On penserait que j’aurais découché pour rejoindre la couche d’un homme et voilà que ma réputation serait ternie à jamais. Malgré tout, cette promenade semblait bien plus intéressante de rester un instant de plus sur ce lit n’occupant aucunement sa fonction. J’inspirai grandement, espérant que l’air puisse me donner une once de courage avant de me vêtir plus chaudement et de prendre avec moi un bout de lumière. Je fis une dernière caresse au félin peureux avant de l’abandonner à son sort et d’affronter ce qui nous terrifiait tous les deux. J’ouvrais la porte avec délicatesse tout en regardant à droite puis à gauche pour ne pas me retrouver nez à nez avec un garde ou un inconnu. J’essayais de rendre mes pas les plus discrets possibles et cela me rappela cette nuit avant le drame. Il faisait tout aussi, la seule différence résidait au niveau de la température. Il faisait bien plus chaud au cœur d’Harrenhal qu’en haut des Eyriés. Au fur et à mesure que j’avançais dans les couloirs de la forteresse, je me rendis compte bien trop tard que je serais incapable de retrouver ma chambre parmi ce dédale de couloirs et de portes. Je me sentais sotte tout d’un coup et que penserait mon père en voyant ma couche vide le lendemain ? Je n’osais pas y penser, car j’avais une idée de la colère qui pouvait l’habiter.

Je n’avais aucune idée vers où je me dirigeais. Je suivais en quelques sortes les échos me provenant des couloirs et faisant toujours attention à n’apercevoir personne sur ma route. Plusieurs fois, je dus me cacher au coin d’un mur pour laisser passer quelques gardes inspectant les environs. La sécurité avait été renforcée étant donné que le château gigantesque allait recevoir la famille royale au complet. Je gravissais un escalier, sentant à chacun de mes pas une brise un peu plus forte. La fraîcheur de la nuit finit par entièrement m’entourer et mon regard se posa instinctivement sur l’horizon et le lac d’Oeildieu s’étendant. La lune se reflétait sur ses eaux argentées ce qui rendait le paysage merveilleusement beau. Je me laissais attendrir un instant par cette vision avant d’entendre un bruit familier perçant le silence. On qualifiait ce bruit de huissement. Il ne provenait que d’une seule bête et elle représentait le symbole de la maison suzeraine du Val : le faucon. Ainsi, en tournant la tête, j’aperçus l’héritier de cette même région et cette simple constatation me fit frémir. Je mis quelques instants à vouloir m’approcher de lui, le temps que mes joues reprennent une couleur un peu plus normale et que je cesse de respirer grossièrement. Je marchais d’un pas léger pour être la plus discrète possible avant de l’alerter de ma présence. « En voilà une surprise, nous voilà tous les deux privés de sommeil. » Je me postais à ses côtés, évitant de croiser son regard et préférant porter mon attention sur son animal. « Cette forteresse ne m’inspire rien de bon, j’ai ouï dire des histoires à son égard et toi, Elbert ? Est-ce la raison de ton insomnie ? » Je tournais légèrement mes yeux vers lui pour observer son expression. Il paraissait toujours si sûr de lui d’apparence que cela pouvait paraître troublant. J’enviais cette confiance qu’il avait en lui et l’aura qui dégageait autour de lui. Face à lui, je me sentais bien minuscule. Pourtant, cette minuscule créature que j’étais, avait réussi un jour à avoir un baiser de sa part et si petite que j’étais, j’avais cru finir par être écrasée.
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Message Sujet: Re: Deux faucons au clair de lune Jeu 8 Juin - 21:25


   
Deux faucons au clair de lune

   

   

Le destin a coutume de donner d'étranges rendez-vous.
Elbert observa le faucon dans le ciel, celui-ci virevoltait dans le ciel obscur, illuminé par la lune. Il n’avait pu voler depuis leur arrivée à Harrenhal, et ça s’entendait, l’animal poussait des huissements de plaisir, heureux de pouvoir de nouveau se sentir libre. Le chevalier du Val remit correctement son gant de fauconnier. C’était un gant en cuir épais décoré d’arabesques et de fioritures sur lequel l’emblème des Arryn était brodé. Il leva son bras en direction de son faucon et siffla pour l’inviter à revenir dessus. Celui-ci obéit et revint vers son maître en s'agrippant au gant via ses serres. Ces dernières étaient si puissantes que malgré le gant il pouvait sentir cette puissance se répandre à travers tout son bras. Pour le récompenser Elbert lui donna un morceau de viande séchée. Le faucon le déchiqueta en quelques instants. Il lui tapota doucement le ventre puis abaissa son bras et celui-ci reprit son envol, et cette fois-ci c’était pour chasser. Elbert le regarda prendre de l’altitude, il trouvait ça impressionnant d’observer un faucon se mettre en chasse. C’était un spectacle qui le captivait énormément car il semblait si élégant quand il chassait, bien plus que les hommes.
 
Soudain il lui sembla entendre des bruits de pas derrière lui, alerté il allait se retourner lorsqu’une voix des plus agréables vint jusqu’à ses oreilles. Celle-ci ne pouvait appartenir qu’à une seule personne : Talia Vanbois. Lorsqu’elle arriva à sa hauteur, elle lui annonça qu’elle avait aussi des problèmes de sommeil. Elbert ne lui répondit pas tout de suite, il continuait de l’écouter tout en gardant le regard fixé sur son faucon qui alla se poser sur l’un des toits d’une des tours. Même s’il n’en donnait pas forcément l’impression sur le coup, il l’écoutait attentivement. Un léger sourire amusé se dessina sur son visage lorsqu’elle lui confia qu’elle ne se sentait pas à l’aise à cause des histoires qu’elle avait entendu sur cette forteresse. « Ne me dis pas que tu as peur de simples histoires ? ». Il haussa des épaules et leva les yeux au ciel lorsqu’elle lui retourna la question. « Moi ? Je suis un chevalier du Val, je n’ai peur de rien… » lui répondit-il d’un air sûr tout en continuant d’observer son faucon en train de voler dans le ciel, toujours à la recherche d’une proie. Il n’allait pas lui dire que lui aussi se sentait mal entre ces murs, il n’avait pas envie de lui paraître faible.
 
A cet instant il posa ses yeux sur elle. Il fondait déjà. Elle avait toujours ce même visage. Celui d’une déesse, il était si beau, si harmonieux. Et il y avait ces yeux aussi, ses magnifiques yeux. Un regard face auquel il ne pouvait pas mentir. Maintenir un mensonge face à elle lui était impossible, et cela durait depuis  leur première rencontre. Qu’importe ce qu’elle lui demandait, d’un simple regard, il acceptait ce qu’elle voulait. « Bon j’avoue, moi aussi j’ai dû mal à dormir au sein de cette forteresse… même durant un voyage avec Ser Brynden, je n’avais pas réussi à fermer l’œil de la nuit. » lui dit-il sur un ton mi-amusé, mi-gêné, lui l’héritier du Val d’Arryn, l’un des chevaliers du Val n’arrivait pas à fermer les yeux dans une grande chambre très confortable à cause d’histoires de malédiction, de fantômes errants… on était bien loin de la légende des chevaliers du Val qui n’ont peur de rien. Il détourna son regard, trop gêné mais continua de se confier. En fait elle était l’une des rares personnes avec laquelle il arrivait à parler sans réfléchir. « Je ne sais pas, il y a ces histoires, il y a aussi cette ambiance… une ambiance pesante et malsaine à la fois. Je ne crois pas à cette histoire de malédiction mais force est de constater qu’il y a quelque chose entre ces murs... » Il prononça ces derniers mots en tournant la tête vers elle, et il comprit tout de suite que ce n’était peut-être pas ce genre de choses que Talia désirait entendre. Elle avait une crainte, et elle cherchait sûrement à être rassurée plutôt que d’entendre que lui aussi avait la même crainte. Il posa sa main sur son dos et la caressa légèrement. « Ne t’inquiète pas, il ne t’arrivera rien, je suis là. Je te protégerai. » lui dit-il avec un grand sourire. Et elle pouvait bien le croire, n’avait-il pas, contre l’avis de son oncle car les montagnes étaient trop dangereuses, lancé une expédition sanglante contre les hommes des montagnes qui avaient attaqué le convoi de Talia alors qu’elle rentrait chez elle. Il s’était senti responsable de cette attaque, c’était suite à un bisou échangé avec lui qu’elle avait décidée de retourner chez elle. Il s’en était tellement voulu, à tel point qu’il n’avait pas réussi à lui envoyer un corbeau, trop honteux de lui avoir causer du tort. Il enleva sa main de son dos, toujours honteux de lui avoir fait ça, et regarda son faucon, celui-ci volait de toit en toit, observant la nuit, à la recherche d’une proie. Soudain il tourna la tête, pensant à une chose. « Maintenat que j’y pense, c’est ton premier voyage en-dehors du Val d’Arryn, non ? Quel effet ça te fait ? » lui demanda t-il… était-il vraiment intéressé par la réponse, ou était-ce la première question qui lui était venue à l’esprit et qui lui permettait de pouvoir la regarder de nouveau sans avoir l’air bizarre ? Au fond de lui il n’était pas sûr de la réponse…

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Message Sujet: Re: Deux faucons au clair de lune Mar 1 Aoû - 0:23


Deux faucons au clair de lune

Talia & Elbert



Est-ce raisonnable d’être en compagnie d’un homme à une heure aussi tardive ? Même s’il ne s’agissait pas de n’importe qui à mes yeux, je prenais un risque si jamais, on nous voyait ainsi ensemble dans un coin reculé de la forteresse. Je n’avais pas le droit à l’erreur et mon père le soulignait assez souvent pour ne pas oublier. Mais cette rencontre avait quelque chose de familier à mes yeux. Elle semblait ressembler en tout point à cette fameuse nuit avant le drame. Je me rappelais encore de chaque minute et de chaque seconde s’étant écoulé avant ce baiser. Je ne m’attendais absolument pas à ça, même si au fond de moi, je l’avais rêvé et espéré du plus profond de mon cœur. Mais ce n’était pas un comportement acceptable et encore moins venant d’une lady de mon rang. Je devais être un exemple et non une parjure en embrassant le premier venu. Cela devait être réservé exclusivement à mon époux et à personne d’autres. Même si un simple baiser n’engageait en rien, cela restait une marque d’attachement voire d’amour. Elbert n’était ni mon fiancé, ni mon époux et je ne pouvais lui offrir ce qu’il espérait à cette époque. J’en étais incapable et encore aujourd’hui, je n’aurais aucun remord à m’enfuir à nouveau pour éviter les foudres de mon père et la honte affligée à la famille. Je ne voulais aucunement faire ce choix égoïste de laisser mes sentiments dicter ma conduite. Puis, j’avais encore en tête les dernières paroles échangées avec lui, mentionnant qu’il n’y avait plus rien entre nous ou que cela n’avait jamais vraiment existé. C’était peut-être mieux ainsi, cela me permettait d’entrevoir un autre avenir et d’accepter une bonne fois pour toute que je ne finirais pas à ses côtés. Oui, cela revenait à enterrer mes rêves d’enfants et à enfin laisser l’adulte prendre son avenir en main. Pourtant, un simple regard vers lui me suffisait à apercevoir au loin cette idylle. Je soupirais intérieurement de ma faiblesse face à lui. Pourquoi ne pouvais-je pas avoir une relation normale avec mon cousin ? Pourquoi ces sentiments devaient sans cesse occulter mes pensées ? C’était bien trop gros à porter pour que je puisse le cacher au fin fond de mon esprit. Qu’importent les efforts fait, cette rougeur sur mes joues montrait la vérité. Je doutais que les Sept puissent me venir en aide et j’avais beau prié de me délivrer de cet amour impossible, on ne m’écoutait pas là-haut.

Elbert afficha un sourire amusé suite à mes inquiétudes. Il devait avoir l’habitude à force de me côtoyer. Je n’étais pas une femme courageuse, au contraire, si j’avais été un homme, j’aurais été la première à m’enfuir face à l’ennemi ou à déserter. J’aimais ma routine, cette zone de confort qui me permettait de m’épanouir pleinement dans la vie de tous les jours. Cela pouvait paraître ennuyeux, mais au final, être une Lady n’avait rien d’extravagant, les jours se ressemblaient et seule la perte d’un enfant pouvait troubler notre quotidien. Je levais les yeux au ciel suite à sa remarque. Paraissais-je si naïve pour craindre cette forteresse ? Pourtant, sa réponse m’indiqua qu’Elbert essayait de jouer les durs et de donner comme ticket gagnant le fait d’être un chevalier. « Peur de rien ? Je doute qu’on puisse n’avoir aucune peur, et même toi, Chevalier du Val, tu dois au moins en avoir une. » J’émis un petit rire, tout en lui faisant un léger clin d’œil pour le provoquer amicalement. Même s’il pouvait paraître si sûr de lui, la peur était naturelle et un titre n’empêchait pas d’en avoir. Pourtant, quand ses yeux rencontrèrent enfin les miens, je vis son expression changée du tout au tout. J’étais moi-même pendu à ses lèvres, n’arrivant aucunement à dériver mon champ de vision qui s’était focalisée sur son visage viril et ses yeux clairs. Il était loin l’homme prétentieux, admettant sans mal ne craindre rien et personne à la fois. Son ton était un mélange d’amusement et de gêne, ce qui était compréhensible face à sa confession. Pourtant, je ne pris pas un air supérieur comme certaines personnes le feraient en retour. J’affichai un sourire réconfortant et je sentais ma main me démanger de le toucher. Je ne fis rien pour autant, laissant le valois se confier un peu plus. Sa crainte donnait plus de valeur à mes ressenties. Peut-être qu’au final, il était normal de se sentir exclu dans ces lieux. Je hochais la tête lorsqu’il mentionna cette ambiance particulière entourant entièrement la forteresse. Je ne m’y sentais absolument pas à ma place et cette constatation ne m’aidait pas. Il rationalisait ma peur et la rendait encore plus réelle qu’elle ne l’était déjà. Mon sourire perdit en éclat, se transformant peu à peu en grimace et sentant la chair de poule sur mes avant-bras. « N’en dis pas plus… Sinon, je risque de ne pas fermer l’œil durant le séjour. » L’héritier du Val comprit rapidement son erreur en posant sa main sur mon dos. Je sentis comme des picotements au travers des tissus et je ne pus le fixer un instant un de plus sans rougir davantage. Je n’étais pas habituée à ce genre de contact, et même s’il partait d’un bon principe, cela avait quelque chose de dérangeant et d’agréable à la fois. « Pour le moment, tu es là, mais je serai seule dans ma chambre face à mes craintes. » Dis-je d’une voix à peine audible. Une chandelle allumée ne suffisait pas à apaiser mes angoisses. Mais que pouvait-il faire concrètement face à ça ? Il ne pouvait en aucun cas s’inviter dans ma chambre et je ne pouvais encore moins lui demander de faire le garde devant celle-ci. Je devrais affronter ça seule…

Elbert semblait à nouveau captivé par son faucon et ce silence me rendait légèrement nerveuse. La discussion ne faisait pas partie de mes qualités et ce n’était pas pour rien que la plupart du temps, mes parents me mettaient un instrument entre mes mains pour que les notes de musique parlent à ma place. Enfin, il tourna la tête et se fit la réflexion que c’était la première fois que je quittais le Val. J’émis un petit rire, tout en sentant un sourire éclairé à nouveau mon visage. « Effectivement, c’est la première fois que je passe la porte sanglante. C’est agréable de découvrir une nouvelle région, même si j’aurai apprécié une autre destination qu’Harrenhal. » Je me mis à bâiller assez longuement, sentant la fatigue du voyage pesé peu à peu sur mes épaules. « Je me demande comment tu fais pour paraître en forme après une si longue route, quel est ton secret ? » Je me frottai les yeux, sentant que mon corps montrait tous les signaux de fatigue, mais l’esprit ne suivait pas pour autant. Je pris appui contre un petit muret, tout en ayant une pensée amusante au même moment. « Une chose est sûre, si jamais mon père souhaite me fiancer à un Whent, tu peux être sûre que je préférerais finir septa… » Un sourire amusé se dessinait tandis que je le regardais simplement.
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Message Sujet: Re: Deux faucons au clair de lune Jeu 17 Aoû - 21:57


   
Deux faucons au clair de lune

   

   

Le destin a coutume de donner d'étranges rendez-vous.
Elbert se demandait si les sept ne jouaient pas avec lui et Talia depuis le début. Du plus loin qu’il pouvait se rappeler, elle avait toujours été là à ses côtés. Dès qu’elle est arrivée aux Eyriés, ils ne s’étaient plus lâchés l’un et l’autre. Ils passaient la plupart de leur temps libre ensemble, et quand l’un ne l’était pas, l’autre allait le soutenir, l’encourager dans ses exercices. C’est comme ça qu’Elbert écouta de nombreuses fois les talents de musicienne de la jeune femme, une chose qu’il n’aurait jamais fait en temps normal, et maintenant il voyait plus loin que le simple bruit, il se laissait porter par la musique comme Talia lui avait appris. De son côté elle venait souvent l’encourager quand il s’entraînait avec le maître d’armes. Ils s’observaient ainsi l’un et l’autre. A cette époque le jeune faucon avait toujours eu l’impression que, tout comme lui, elle voulait plus que cette amitié, et il y a eu cette soirée… ce baiser… cette erreur de sa part. Pour lui ça avait été bien plus qu’un simple baiser, car elle n’était pas qu’une simple femme parmi d’autres, elle était Talia Vanbois. Malheureusement derrière elle s’est enfuie, il avait compris à cet instant qu’il s’était totalement trompé, que ce n’était pas ce qu’elle voulait. Et cette erreur de jugement avait provoqué un drame : le départ de Talia. Sur la route son convoi avait été attaqué par des hommes des clans des montagnes de la Lune, ce fut un choc pour lui. Et il était tombé dans une telle rage qu’il avait poursuivi ces hommes à travers les montagnes pour les tuer. Ce fut la première fois qu’il fit couler le sang sur ses propres terres.

« Si je peux faire quelque chose pour faire des disparaître tes craintes dis-le mois, mais ne t’inquiète pas, tu ne seras jamais seule Talia, je te le promets. Et puis, si tu n’arrives pas à dormir à cause de tes craintes, tu n’auras qu’à venir me réveiller. Je serais ravi de te tenir compagnie toute la nuit… au pire je peux essayer de me glisser dans ta chambre, ce ne serait pas la première fois. » lui dit-il avec un franc sourire, se rappelant les soirées où il l’avait fait quand ils étaient enfants, ils se racontaient des histoires jusqu’au lendemain matin. Déjà à cette époque il n’aimait pas l’entendre dire qu’elle avait des craintes. Il détestait la savoir seule dans ce genre de situation. Il ne souhaitait que son bien être, il voulait la protéger face aux dangers. Il s’en était tellement voulu de l’avoir mise en danger à l’époque. S’il n’avait été si bête, il aurait compris dès le début qu’elle ne voulait pas de lui, et rien de grave ne serait arrivé. Après ça il ne l’avait pas revue pendant quelques années, son oncle ne voulait pas qu’il aille la voir,   car, d’après lui, il devait se consacrer à son rôle d’héritier, que sa place était aux Eyriés et non aux bois-au-chêne. Bien sûr, en secret, Elbert envoyait des corbeaux au mestre de la maison Vanbois, il lui avait demandé de ne rien dire à ce sujet, il voulait juste des nouvelles d’elle. Durant un temps il crut qu’il avait réussi à l’oublier, mais en fait il avait juste réussi à l’enfouir dans un coin de sa tête. Dès que ses yeux s’étaient posés sur elle, avant le départ pour Harrenhal, tous les bons moments passés avec elle refirent surface. Pourquoi se priver de si bons moments ? Cela n’avait aucun sens, à quoi bon vivre si ce n’était pas pour passer des moments agréables sur cette terre ? Puis il se rappela que la dernière fois qu’il avait passé un bon moment avec elle, le lendemain elle avait failli mourir. Alors il prit la décision d’aller lui parler, de lui dire que tout ça faisait parti du passé. Des mots qui lui avaient paru être les bons sur le moment, pourtant tout au long du voyage il avait voulu ralentir la cadence pour se retrouver à la hauteur de Talia pour parler et rire avec elle. La séparation ne fut pas si longue, voilà que les sept les réunissaient une nouvelle fois la nuit, ici à Harrenhal… le choix du décor aurait pu être mieux choisi, surtout pour le premier voyage de la jeune femme. Remarque qu’elle lui fit en même temps qu’il le pensait, cela le fit rire. Il n’eut pas le temps de réagir qu’elle lui demanda comment il pouvait être encore en forme après un tel voyage. Il la vit prendre appui contre un muret, il semblait que la fatigue commençait à prendre possession de son corps, mais son esprit était toujours aussi vif. Il émit un petit rire en l’entendant lui dire qu’elle préférait finir septa plutôt que d’être mariée à un Whent.

« Pourquoi tu ne veux pas habiter ici ? Ce décor idyllique ne t’inspire pas de jolies mélodies ? » dit-il amusé en montrant d’un geste de la main la tour abandonné qui leur faisait face, à côté de laquelle on pouvait voir une bâtisse en ruine dont il était impossible de savoir sa fonction à l’époque. Il n’en restait presque rien, seulement des murs. Elbert se disait que même à l’époque où cette forteresse était encore debout, elle ne devait avoir aucun charme. Elle avait été construite par l’homme le plus dangereux à cette époque, Harren le Noir. Ce dernier avait voulu une construction à son effigie : froide et dangereuse. Froide elle l’était toujours, dangereuse elle l’était moins à cause de ces nombreuses ruines. En tout cas il comprenait Talia, lui-même n’aurait pas envie de venir vivre ici, c’était trop triste comme décor, se réveiller avec le soleil qui se lève pour au final admirer un tel décor, et cela toute sa vie, ce serait triste et dur quand même. « De toute façon ta place n’est pas ici… elle est dans le Val, aux Eyriés. Il y a toujours une place pour toi là-bas. J’espère que tu le sais. » Il aurait voulu rajouter « à ses côtés » mais il n’osa pas prononcer ces mots. Il ne voulait pas la faire fuir une seconde fois, il devait comprendre qu’elle ne voulait rien de plus qu’une amitié.

Elbert sortit de ses pensées en entendant la jeune femme bâiller. Elle semblait si fébrile sur ses jambes à cause de la fatigue. Sans même réfléchir il fit quelques pas pour se mettre face à elle. Ses mains se posèrent sur ses hanches puis il la souleva pour l’installer sur le petit muret afin qu’elle n’ait plus à puiser dans ses forces pour tenir debout. Sur le coup il n’avait pas réfléchi si son geste était déplacé, il se sentit soudain gêné d’avoir fait ça. Il ne pouvait pas l’expliquer mais sur le coup ça lui semblait si naturel comme geste avec Talia alors qu’avec une autre femme il n’aurait jamais osé mettre les mains sur elle pour la soulever ainsi. C’était étrange pour lui de voir qu’il était si différent avec elle qu’avec les autres femmes. En fait il était simplement naturel avec elle, oubliant tout le reste, les coutumes et les mœurs… Il s’écarta un peu et ne prononça aucun mot, préférant faire comme si c’était normal. « Malheureusement je n’ai aucun secret pour garder la forme. C’est juste une question d’habitude. Ser Brynden Tully est un chevalier qui n’aime pas rester très longtemps au même endroit. Il appréciait beaucoup vagabonder à travers tout le Conflans. La nuit on trouvait souvent refuge dans une auberge et là… disons qu’il aime beaucoup la vie nocturne, et en tant qu’écuyer je devais rester à ses côtés. Bref j’ai dû apprendre à endurer de longues nuits à ses côtés... Je dis ça comme ça, mais ce n’était pas si terrible, j’en garde plutôt de bons souvenirs… » En même qu’il prononça ces mots, il vit dans sa tête quelques images de Brynden, notamment les nuits où il avait dû l’aider à se coucher, à l’époque il s’en plaignait, aujourd’hui quand il y pensait ça le faisait sourire.  

A son tour, en forçant sur ses mains Elbert prit place aux côtés de la jeune femme sur le petit muret. Il regarda au-dessus de lui et vit que son faucon continuait de tourner au même endroit autour de la tour abandonnée, il avait sûrement dû repérer quelques chauve-souris et il attendait patiemment le bon moment pour attaquer. Soudain il prit la parole et brisa le silence. « En fait tu as raison Talia, j’ai une peur… J’ai peur de rester seul. J’imagine que ça doit te paraître stupide car je ne suis jamais vraiment seul, mais souvent, même entouré par mes gardes, je me sens seul. Depuis mon retour aux Eyriés, je n’ai personne à qui je peux parler. Bien sûr il y a mon oncle mais c’est aussi mon seigneur,je ne peux pas me confier à lui, j’aurai trop peur de le décevoir et qu’il me voit comme un faible. Les chevaliers gardent une certaine distance, et moi-même je dois en garder une avec eux, un jour j’aurai peut-être l’obligation de les envoyer combattre, je ne peux pas m’attacher à eux… Tu me manques Talia. » Ses mots il les prononça en regardant vers le ciel, nostalgique d’un passé qui lui manquait tant.  

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Message Sujet: Re: Deux faucons au clair de lune Mar 22 Aoû - 20:19


Deux faucons au clair de lune

Talia & Elbert



Un goût d’enfance, c’était ainsi que je percevais cette nuit. Cela me rappelait sans mal nos aventures nocturnes à travers les Eyriés pour y découvrir des secrets ou simplement, se rassembler dans l’une de nos chambres pour imaginer des histoires plus tordues que les autres. L’insouciance m’avait produit bien des soucis à l’époque, j’étais facilement manipulable et on pouvait me faire croire tout et n’importe quoi, au point que j’aurais cru acceptable que les Eyriés se trouvèrent en fait sur un nuage et non sur le dos d’une montagne. Mais étais-je si différente aujourd’hui ? Certes, il ne m’était plus possible d’être dans la chambre d’un homme sans que cela puisse être suspect. Néanmoins, je suivais à la lettre, les recommandations de mon père, sans me poser forcément de question, incluant toujours le fait que je sois une femme et qu’on ne me demande pas mon avis. A force, je m’étais habituée à ce rôle secondaire et j’avais peur de m’être familiarisée avec ce manque de responsabilité. Etais-je vraiment devenue la femme modèle ? L’éducation avait été ainsi, il n’était point question de guerre et de fait historique important, mais de la bonne attitude à avoir et à des tâches faites pour les femmes comme la gestion d’un château, la couture en distraction et le chant pour amuser les convives. Certes, ce chant était produit par le psaltérion et non par mon instrument naturel, étant donné que je manquais de confiance en moi et que je n’avais jamais mélangé les deux de peur de créer une catastrophe. La peur de l’échec était une de mes nombreuses lacunes, étant donné que je voulais toujours bien faire et ne pas paraître cruche. Or, en compagnie d’Elbert, ces craintes étaient mises de côté, pour réapparaître tel que je suis.

Les propos d’Elbert avaient comme deux sonorités. Ces mots étaient touchants, mais, j’avais l’impression d’entrevoir autres choses. A force d’écouter des balades, j’avais appris à discerner les phrases non dites et à visualiser les émotions du musicien. Même si je n’agissais en rien d’une musique, je craignais de son sens. N’être jamais seule, pourtant, il m’avait laissée seule durant ces trois années. Je n’avais eu aucune lettre de sa part, aucune visite qui puisse favoriser mon rétablissement. J’avais eu de ses nouvelles par le biais de proches se souciant de ma santé et faisant mention de ses actes aux Eyriés. Pourtant, je n’avais pas la force de lui reprocher son absence. Je n’avais pas envie de nuire à la tranquillité de la nuit et de m’éloigner de lui. Après, je ne connaissais qu’une version de l’histoire et peut-être qu’il avait eu ses raisons. La suite de ses propos me fit légèrement sourire et je ne pus m’empêcher de mentionner ce fait. « Nous ne sommes plus des enfants, Elbert. Si on devait se retrouver dans la même chambre durant la nuit, je n’ose imaginer ce qu’on pourrait dire à ce sujet. Mais j’apprécie ton inquiétude. » J’avais abordé ce léger problème d’un ton doux et ne voulant aucunement être agressive. En tout cas, je ne pouvais pas lui reprocher de vouloir me protéger même si la manière de faire pouvait être discutée. En tant qu’homme, il n’avait que faire de sa pureté, il pouvait sans mal perdre cette virginité auprès d’une femme quelconque, alors que pour les femmes, c’était une toute autre histoire. Je n’arrivais pas à comprendre cette différence, mais je n’avais jamais osé poser cette question, ne voulant pas qu’on me compare à une fille de joie et qu’on puisse douter de mon innocence.

Tandis que j’abordais un tout autre sujet, sur mes potentielles fiançailles avec un homme de la maison Whent et mon envie de devenir septa si cela se faisait. Elbert s’amusa de mes paroles, prétextant qu’un tel décor idyllique devait m’inspirer. Je me mis à rire, m’arrêtant seulement pour reprendre mon souffle et rebondir sur ses propos. « Il m’inspire surtout de la crainte ! Une chose est sûre, aucune romance ne peut avoir lieu ici, surtout en ayant ouïe de la personne à l’origine de la construction de cette horrible forteresse. » Pourtant, ma présence n’était pas anodine, mon père prévoyait des fiançailles et c’était certainement dans ces lieux que je rencontrerais mon futur époux. Est-ce que ce genre de rencontre pourrait me porter malheur ? J’espérais que ça ne soit pas le cas. J’avais toujours fait de mon mieux pour être pieuse et j’espérais que les Sept puissent m’offrir un brin de compassion. C’était peut-être idiot comme raisonnement, voir égoïste et loin d’être altruiste comme comportement. Même si parfois, on n’attend rien de la personne, un remerciement fait toujours plaisir. Certes, je demandais un remerciement conséquent comme une vie épanouie, mais ce genre d’espoir permettait de surmonter bien des épreuves et j’en étais la preuve même. La suite des paroles de l’héritier du Val me mit mal à l’aise. J’avais comme l’impression qu’il n’avait pas conscience de mon avenir et que je serais d’une lune à l’autre mariée, donc par conséquent, loin de ma famille et des Eyriés. « Tu te trompes, ma place est là où mon père me dicte d’aller et elle sera à l’avenir auprès de mon futur époux. Même si j’apprécie énormément les Eyriés, de par sa beauté, je doute y résider à l’avenir. » Il ne servait à rien de fantasmer sur un rêve, la vérité était que j’allais forcément m’éloigner des Arryn et de ma propre famille. J’avais cessé de me bercer d’illusion et ce drame m’avait permis de remettre certaine de mes idées en place et d’éviter de divaguer à l’avenir. Qu’importe si Elbert le prend mal, je ne puis aller à l’encontre de mon père, et même lui n’a pas son mot à dire sur les décisions de mon père. Seul, mon oncle pourrait donner un consentement, mais je doute qu’il ait envie de se mêler des décisions de beau-frère et d’être invasif.

Alors que les signes de la fatigue se révélaient peu à peu, je fus prise de court. Le chevalier du Val s’approcha de moi et posa ses mains sur mes hanches. C’était désobligeant, personne n’avait osé un tel geste, encore moins un homme. Je devins rouge tandis qu’il me souleva sans mal pour m’installer sur le petit muret. Je le fixai d’un air surpris, ne comprenant pas ce contact soudain. Pourtant, il ne parut pas choquer de son geste, il s’écarta simplement et répondit à ma question comme si c’était normal. Je n’avais pas envie de faire d’histoire, puis il avait été correct dans tous les cas, même si c’était un geste déplacé. Il n’en avait pas usé pour profiter de ma faiblesse, simplement pour éviter que je me fatigue et que je sois confortablement installée sur le muret. J’oubliais rapidement cet incident pour me focaliser sur l’anecdote qu’il me partageait. Je souris légèrement tout en imaginant le jeune Elbert veiller sur ser Brynden Tully après une longue soirée de beuverie. Suite à ses propos, il prit place à mes côtés, s’installant sans mal sur le muret, en prenant simplement appui sur ses mains. Il se mit à observer son faucon, gardant le silence. Le calme avait pris possession des lieux, difficile de croire qu’un tournoi d’envergure allait avoir lieu. Je trouvais l’endroit mal choisi, même si la forteresse pouvait contenir une bonne partie de la noblesse de Westeros du fait de sa taille colossale. J’aurais préféré visiter Vivesaigues, voir même Port-Réal. Malheureusement, la maison organisatrice était les Whent et Harrenhal était leur place-forte.

Mes pensées furent troublées par la voix d’Elbert, brisant le silence et confessant une de ses peurs. Il craignait de rester seul, ne trouvant pas de réconfort auprès de la présence de ses gardes ou même de notre oncle, étant donné qu’il était un suzerain. Il ne pouvait pas non plus se lier avec les chevaliers du Val, étant donné qu’un jour, il pourrait les envoyer à leur mort. Effectivement, ce n’était pas une position enviable et ne pas créer des liens se conformait une sorte de solitude. Pourtant, il finit ses mots sur le fait que je lui manque. Encore une fois, mes joues ne teintèrent et montraient sans mal ma gêne. Je comprenais son ressenti, repensant souvent à cette enfance passée à ses côtés et aux joies qui animaient chaque jour passer à ses côtés. M’avait-il manqué durant ses trois années ? Absolument et le fait de ne pas avoir eu une seule visite ou même une seule lettre de sa part m’avait rendu triste. Je m’étais sentie abandonné, comme si, je n’existais plus du jour au lendemain et qu’il avait tourné la page. Après tout, lorsque je fus de retour à Chêne-en-fer, le mestre doutait mon rétablissement et je pouvais comprendre qu’il ait fait son deuil. Mais, les années suivantes, mon état s’était grandement amélioré et je doutais que mon oncle ne lui ait pas fait part. Je lui en voulais et il m’était difficile d’être complètement honnête avec lui, étant donné que j’avais moi-même connu cette solitude et que je n’avais pu compter que sur mes sœurs, certains amis, mais pas sur lui, l’être que j’aimais secrètement. Je baissais la tête, tout en m’exprimant faiblement. « Je ne comprends pas Elbert… Pourquoi ne pas m’avoir fait part de ce sentiment ? J’avais beau être alitée, il y a encore quelques lunes, j’étais en état de t’écrire ou même recevoir une visite de ta part. Or, tu as gardé le silence et tu es resté seule malgré toi ! » Car oui, j’aurais pu lui apporter le soutien nécessaire, une oreille attentive, et même enlever cette crainte stupide. Ce n’était pas possible d’éviter tout attachement, à force, il risquait de se faire du mal à lui-même, voir même aux autres qui le considèrent.
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Message Sujet: Re: Deux faucons au clair de lune Jeu 31 Aoû - 17:11


   
Deux faucons au clair de lune

   

   

Le destin a coutume de donner d'étranges rendez-vous.
A aucun moment il ne s’était attendu à ce que Talia lui demande pourquoi il ne lui avait envoyé aucun corbeau s’il se sentait si seul ces dernières années. Surpris par ces mots il tourna la tête vers elle et vit qu’elle avait la tête baissée, sa voix n’était qu’un murmure d’une grande douceur, comme si elle était gêné de lui demander ça. C’était bien la première fois qu’il la voyait ainsi en sa compagnie, d’habitude c’était tout le contraire. Elle était toujours à l’aise à ses côtés, il lui arrivait parfois de rougir bien sûr, et dans ces cas-là Elbert la trouvait encore plus jolie avec ces petites teintes rouges, mais là c’était différent. Elle était réellement gênée, comme si elle ne voulait pas le mettre dans une mauvaise posture. Même quand elle était dans son droit, elle arrivait encore à être gentille avec lui. Il ne la méritait vraiment pas. « Relèves la tête Talia, ne sois pas gênée, tu as le droit de me poser cette question… Je rajouterai même que tu as le droit de me poser toutes les questions que tu veux. » Que pouvait-il lui répondre maintenant ? La vérité sûrement… Mentir ne serait pas juste avec elle.  Il n’avait pas le droit de déverser ses peurs et ses inquiétudes sur elle. Elle avait déjà dû passer par tant d’épreuves ces dernières années qu’il ne voulait pas l’accabler en plus de ses problèmes personnels. Elle n’était pas là pour s’occuper de son bien être, elle devait avant tout penser à elle-même. En plus elle était très occupée par son mariage, il n’allait pas non plus lui parler de ses préoccupations personnelles.

« Je ne t’ai pas envoyé de corbeau à ce sujet car je ne voulais pas t’ennuyer avec mes… préoccupations. En plus je pense que cette solitude est dans l’autre des choses pour un suzerain, il faut juste que je m’y habitue… ce n’est qu’une question de temps à mon avis, donc ne t’inquiète pas. Tout ira parfaitement bien pour moi. » Il regardait droit devant lui en prononçant ces mots sur un ton qui ne lui ressemblait pas, comme s’il essayait de se forcer à ne pas dire ce qu’il pensait réellement. C’était ainsi à chaque fois qu’il tentait de mentir à Talia. Il lui répondait mais avec une voix qui n’était pas la sienne. Malgré ces années où ils ne s’étaient pas vus, rien n’avait changé, Elbert avait espéré le contraire mais il dut se rendre compte qu’il ne pouvait toujours lui dire qu’une seule chose : la vérité… tout simplement la vérité. Au fond de lui il voulait lui dire qu’elle ne devait pas s’inquiéter de tout ça, qu’il allait gérer lui-même le problème, qu’il arriverait à surpasser cette situation, qu’il n’avait pas besoin de son aide. Ce sont ces mots qu’il aurait choisi si la question était venu de quelqu’un d’autre, mais avec Talia il lui était impossible de mentir. Il ne savait pas pourquoi, mais depuis toujours il n’arrivait pas à avoir des secrets pour elle. Dès qu’il commençait, il se sentait si mal au fond de lui que dans la minute qui suivait il lui disait la vérité. C’était impossible pour lui de prononcer un mensonge devant elle.

Elbert se mit à respirer fort, très fort, comme s’il essayait de se donner du courage puis finalement son regard dirigé vers le ciel se fixa sur son faucon et il se lança... « J’avais honte Talia, j’ai toujours honte. Si tu t’es retrouvée dans une telle situation c’est de ma faute. Si je n’avais pas eu ce comportement déplacé à ton égard, tu ne serais pas partie et rien de tout ça ne serait arrivé. Tu as dû faire face à la violence, la mort. Tu as eu dû affronter de terribles épreuves à cause de moi. Après t’avoir fait subir ça, je n’avais pas le droit de t’accabler de ma solitude. Ce n’était rien comparer aux épreuves que tu affrontais. » Même encore aujourd’hui il s’en voulait tellement de ce qui lui était arrivé. S’il pouvait, il aurait aimé remonter le temps et effacer cette nuit qui avait tout déclenchée. Il s’en voulait tant pour tout ce qui lui était arrivée, depuis ce jour il avait toujours cette douleur au fond de lui. Rien n’avait réussi à la faire disparaître, pourtant ce n’était pas faute d’avoir essayer. Après avoir vu Talia fuir suite à leur baiser, Elbert s’était flagellé le dos pour tenter de retrouver la paix, malgré la répétition de ces gestes pendant plusieurs nuits d’affilée, ça n’avait rien changé, il avait toujours cette douleur au fond de lui. Alors il avait essayé de suivre les conseils de son cousin, se perdre dans les bras d’une autre jeune femme, mais rien n’y faisait, cette douleur persistait en lui, alors il avait appris à vivre avec elle. Pendant plusieurs jours elle pouvait disparaître puis il suffisait d’un rien pour la faire revenir, une image, un son, un sentiment, et elle revenait, toujours aussi forte. L’image de Talia souffrant apparaissait et la douleur surgissait du plus profond de ses entrailles. Elbert détestait cette sensation, celle d’avoir fait souffrir un de ses proches.

Il se rappelait encore cette colère qui l’avait submergé à l’annonce de l’attaque du convoi dans lequel se trouvait Talia. Bien sûr il avait été rassuré de lire que Lady Vanbois était en sécurité, mais ça n’avait pas suffit à le calmer. Sans aucune hésitation il s’était lancé à la tête d’une petite troupe à la poursuite des agresseurs, des hommes des clans des montagnes de la lune pour les châtier. Il avait répondu leur sang, couper leurs têtes, mais ça n’avait pas comblé sa colère ce jours-là, et à cet instant il avait compris pourquoi. Ce n’était pas envers eux qu’il était en colère, bien sûr qu’il n’acceptait pas le fait qu’ils attaquent des valois, mais sa colère était tourné contre lui-même. Il se détestait car il avait mis la vie de Talia en danger à cause de ce baiser. C’était lui le premier responsable de tout ça. A son retour aux Eyrié, il avait voulu envoyer un message à Talia pour savoir dans quel état elle était, mais il n’avait pas réussi à accrocher le mot à la patte du corbeau, son corps, son esprit, tout l’empêchait de le faire, il était comme bloqué, et finalement il s’était résigné, et au final il ne lui avait envoyé aucun message alors qu’elle méritait au moins ça de sa part. Elle devait énormément lui en vouloir de ne pas l’avoir fait.« Même si je n’avais pas envie de t’ennuyer avec mes soucis, j’aurai dû t’envoyer un corbeau pour te dire que mes pensées étaient tournées vers toi. Je suis désolé de ne pas l’avoir fait... » Cette fois-ci c’est lui qui murmurait la tête baissée vers le sol… Un autre soupire s’échappa de sa bouche, puis soudain il leva sa main, un doigt levé vers le ciel, mais ce n’était pas pour montrer ce dernier, ni même son faucon qui venait de prendre son envol au-dessus d’eux. Il venait de repérer une proie. « Une ! En fait j’ai envoyé une lettre à Chênes-en-fer… à ton mestre pour lui de me tenir au courant de ta situation. C’est tout. Je suis désolé. » lui dit-il  la tête toujours baissée, la honte le submergeait.

Il avait envoyé une seule lettre mais il se rappelait encore les nombreuses autres qu’il écrivait durant des nuits entières, mais à l’aube alors qu’il montait les marches en direction de la volière, il s’arrêtait et rebroussait chemin en jetant la lettre par-dessus la muraille. Il ne voulait pas désobéir à son oncle qui lui avait conseillé de laisser Talia tranquille et de se concentrer sur son rôle d’héritier, de s’occuper des affaires du Val. Il ne lui avait jamais dis, mais son oncle savait sûrement que Talia était partie des Eyrié à cause de lui, peut-être lui en voulait-il ? Il la considérait comme sa propre fille, et lui il l’avait mise en danger. « Chaque jours qui passait j’avais envie de te voir mais j’avais reçu l’ordre de notre oncle de ne pas partir des Eyrié pour aller te voir. Il disait de ne pas m’inquiéter, que tu étais bien entourée avec ta famille et tes amis, et ça je n’en doutais pas une seule seconde, je ne connais pas quelqu’un qui soit aussi appréciée que toi…. » C’était risible, comment pouvait-il dire ça ? Il ne laissa pas le temps à Talia de réagir, il était hors de question pour lui de mettre la responsabilité sur les épaules de son oncle. Ce n’était pas genre, lui il assumait toujours ses actes. Il releva la tête, en soupirant et reprit la parole. « Qu’est-ce que je dis ? Je devrais avoir honte d’avoir dit ça. Plusieurs fois j’ai désobéi aux ordres de mon oncle, j’aurai lui désobéir une nouvelle fois et t’envoyer une lettre. En fait, cet ordre m’arrangeait, il me permettait de me cacher derrière lui et de soulager un peu ma conscience. J’essayais de me dire que je t’abandonnai mais que ce n’était pas de ma faute… En fait ce n’est pas ça la vérité, c’est tout simplement que je n’arrivais pas à t’écrire, je le voulais au plus profond de moi mais je ne savais pas quoi dire à part… je suis désolé. » dit-il le regard braqué droit devant lui. Il n’osait pas croiser le regard de Talia.

Finalement il posa ses yeux sur elle, son regard brillant plongé dans le sien, il tentait de ne pas se laisser submergé par les émotions. « Je n’aurai jamais dû me laisser guider par mes émotions ce soir-là. Sache que ce n’était pas un baiser pour répondre à une envie primaire. C’était quelque chose que je voulais partager avec toi, et seulement avec toi. Je suis désolé de m’être laisser submerger par mes sentiments ce soir-là, ils n’étaient pas réciproques et je l’ai compris trop tard. Tu méritais mieux que ça de ma part... »



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Message Sujet: Re: Deux faucons au clair de lune Sam 2 Sep - 21:40


Deux faucons au clair de lune

Talia & Elbert




La vérité s’était échappée de mes lèvres, sans que je ne puisse la faire taire au bon moment. Mais, je ne pouvais plus me voiler la face, une part de moi en voulait à Elbert et il était normal. Qu’importe son geste, son attitude, une lettre aurait été la moindre des choses. J’avais beau demander chaque jour aux mestres de la maison Vanbois s’il avait reçu un corbeau des Eyriés, rien à part un message de mon oncle, demandant de mes nouvelles et s’inquiétant de mon départ précipité. Il est vrai que je n’avais prévenu personne, j’avais pris mes affaires rapidement, sans réfléchir et sans même prendre la peine d’être escorté suffisamment. J’avais pris un risque et celui-ci s’était retourné contre moi et les personnes voyageant avec moi. Peut-être que j’avais été la cause de ce drame, peut-être que ces sauvages avaient remarqué ma présence et qu’il avait vu de la richesse facile à acquérir. Ces souvenirs semblent si flous par moment, au point de n’être plus capables de percevoir la vérité de mon imagination. Si j’avais été moins lâche, moins à me préoccuper des autres plutôt que de ma personne, j’aurais affronté ce geste et je n’aurais pas fui. Mais comment ne pas paniquer ? J’avais beau avoir attendu tout ce temps pour recevoir cette marque d’amour. Or, au final, j’avais eu peur de moi-même et que ce simple échange puisse devenir autre chose alors que les Sept n’avaient pas donné leur bénédiction. Je ne voulais amener la honte sur ma famille et devenir une femme sans vertu. En tant que célibataire, ma vertu était ce qu’il y avait de plus précieux et ce qui me permettrait d’avoir un mariage fructueux. Je trouvais ça injuste, pourquoi devions-nous rester pure avant le mariage tandis que les hommes étaient libres de leur mouvement ?

Elbert me demanda de relever la tête et je ne pus. Je n’avais pas la force d’affronter son regard et d’y découvrir une sombre vérité. Je craignais que mes paroles aient froissé notre complicité. Pourtant, le chevalier m’indiqua que j’étais en droit de me poser cette question et que je pouvais lui demander tout ce que je voulais. Étrange… Pourquoi me dire ça maintenant ? Je n’avais pas d’autres questions à part celle-ci, et même si j’étais gênée, je voulais avoir une réponse. J’avais supporté presque trois années sans un mot de sa part, recevant des nouvelles par des personnes intermédiaires comme mes sœurs ou encore son cousin, Denys Arryn. Pourquoi avoir gardé ce silence ? Je soupirais, je sentais une colère montée en moi et je n’avais aucune envie de me laisser submerger par mes émotions. Je devais garder mon calme et ne pas laisser ce sentiment m’envahir. Respirer, tout doucement, penser à autre chose et ne pas le regarder pour ne pas l’attiser davantage. Je ralentissais ma respiration, profitant du calme de la nuit pour apaiser mes craintes et ne pas dire le mot de trop. Pourtant, Elbert poursuivit sa tirade en fixant l’horizon et avec une voix ne lui ressemblant guère. Apparemment, il ne voulait pas m’ennuyer et depuis quand il m’ennuyait ? Ce n’était qu’une excuse, un mensonge, je ne pouvais croire en ses paroles. Cette explication ne lui ressemblait pas. Cependant, il poursuivit dans sa bêtise, me disant qu’un suzerain devait s’habituer à la solitude et que ce n’était qu’une question de temps pour que ça aille mieux. Bêtise, seul un idiot pouvait y croire aveuglément et je ne l’étais pas. Bien sûr, que je pouvais jouer l’écervelé, mais avec Elbert, je me montrais réellement et je n’avais pas besoin de jouer la jeune Lady. « Ne me dis pas de bêtise… Je veux une raison concrète, Elbert. » Dis-je d’une voix révulsée et souhaitant une fois pour toute éclairée ces troubles souvenirs.

Ce silence devenait intenable et le calme qu’il me procurait, n’était plus. Je sentais mon cœur battre rapidement et mes sens être en alerte. Pourtant, je n’arrivais toujours pas à le fixer, impossible d’entrevoir sa pensée. Cela me frustrait, mais c’était mieux qu’autre chose. Je l’entendis respirer plus fortement, ce qui était bien étrange. Puis, sa voix résonna dans cette nuit sombre et manquante de réconfort. Il avait honte, s’accusant de m’avoir mis dans cette situation et d’avoir eu ce comportement déplacé. Il fit mention de cet évènement et un nouveau soupire se fit entendre, tandis qu’il poursuivit sur mes épreuves affrontées à cause de lui. D’après lui, à cause de ces évènements, il n’avait pas le droit de m’accabler de sa solitude et que ce n’était rien par rapport à ça. « Tu n’es responsable de rien… Il ne sert à rien de vouloir réécrire l’histoire. Cela a été mon épreuve ! Peut-être que c’était une punition de la part des dieux… Mais une lettre, un mot aurait suffi… » Un simple mot, un signe, quelque chose qui puisse me faire penser à lui. Seulement, je n’eus droit à aucun traitement de faveur. J’aurais voulu avoir son soutien, son aide quand mon père se mettait en colère contre ma faiblesse et n’arrivant pas à comprendre le traumatisme que j’avais vécu. A ses yeux, cela prouvait amplement que les femmes n’étaient pas faites pour diriger ou avoir des responsabilités, car nous étions trop faibles. Je m’en voulais d’avoir pu lui donne raison… Mais, cela avait été si difficile de retrouver le droit chemin et d’imaginer une suite après ça.

Elbert mentionnait encore qu’il n’avait pas envie de m’ennuyer avec ses soucis… Encore ce mot, depuis quand étais-je ennuyée par son bien-être ? N’avais-je pas prouvé maintes fois mon attachement, je me rappelais que s’il tombait malade, je restais à son chevet, malgré l’interdiction de mes parents, et même d’oncle Jon. J’avais toujours tout fait pour m’intéresser à lui, donner de l’attention à ce qu’il lui plaisait. Ses paroles me révoltaient et je me demandais réellement l’opinion qu’il avait de moi. Etais-je un monstre ? Pourtant, il affirma qu’il aurait dû m’envoyer un corbeau et il était désolé de ne pas l’avoir fait. Il finissait ses mots dans un murmure, la tête baissée. Un soupire s’échappa de ses lèvres et malgré moi, je lui jetais un regard et je le vis lever un doigt en l’air. Une, disait-il, une lettre, il avait envoyé et ce n’était pas pour moi, mais pour mon mestre pour être au courant de la situation. « Je ne l’ai jamais su… Je pense que mon mestre avait compris que te mentionner, ne m’aidait pas, étant donné que je lui réclamais chaque jour un mot de ta part et que rien n’arrivait… » C’était la triste vérité, le mestre avait compris les mots qu’il ne fallait pas dire pour éviter que je m’effondre davantage. Bien sûr, qu’il avait fait cette erreur et il s’était rendu compte dans l’état que je pouvais me mettre. J’étais devenue instable durant un moment, rien n’allait… Pourtant, je n’arrivais pas à comprendre les raisons qui avaient poussé au silence, Elbert.

Le chevalier continua, mettant en cause notre oncle et que celui-ci lui avait interdit de me rendre visite. C’était normal après tout, il devait avoir des informations de la part de mon mestre et les nouvelles n’ont pas toujours été bonnes. Effectivement, j’avais été entourée par ma famille et mes proches, même Eddard avait trouvé le temps de me visiter avant de repartir à Winterfell. Apparemment, il ne connaissait pas quelqu’un qui soit aussi apprécié que moi. C’était risible comme parole, qu’est-ce que ça changeait réellement ? Après tout, la seule personne que je voulais voir, n’était jamais venue. Je n’eus pas le temps de m’exprimer qu’il continua, s’excusant d’avoir mis la faute sur notre oncle, car il lui avait déjà désobéi par le passé. Tout ceci n’était qu’une excuse, encore et il s’était aidé de cette interdiction pour soulager sa conscience et qu’il n’arrivait pas à m’écrire. Je me tus, ne voulant pas exprimer ma pensée… Le seul moment où j’avais eu besoin de lui, il n’avait pas été là et c’était ma triste conclusion.

Il me regarda à nouveau et j’eus enfin une part de vérité. Ce baiser n’était pas une envie primaire, mais quelque chose de bien plus important. Il s’excusa de s’être laissé submerger par ses sentiments et la suite me figea. Il pensait que je ne ressentais rien à son égard… Tout comme, je pensais qu’il n’avait pas ce genre de sentiment pour moi. Un énorme quiproquo ayant été la cause de souffrance. « Nous avons été aveugles tous les deux… » Je chuchotai, n’arrivant pas à le dire haut et fort. « Si j’ai fui, c’était parce que je craignais mes sentiments à ton égard et qu’à part ce baiser, il ne puisse n’avoir rien d’autres… » Je ne pouvais me donner à un homme si celui ne devenait pas mon mari… Pouvait-il le comprendre ? Même si les sentiments étaient présents, il m’était impossible d’offrir un baiser à n’importe qui. Cela avait beau ne pas représenter grand-chose, à mes yeux, c’était une marque d’affection. « Mais, malgré cette confession, il m’est difficile de ne pas t’en vouloir pour ce silence… Cette épreuve, on aurait dû le vivre ensemble et non éloigner l’un de l’autre pour un ordre venant de notre oncle. N’avons-nous pas assez enfreint les règles ? » Comme à l’heure présente, notre rencontre n’était absolument pas convenable et si jamais quelqu’un le découvrait, cela pourrait nuire à ma réputation…
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Message Sujet: Re: Deux faucons au clair de lune Mar 12 Sep - 23:17


   
Deux faucons au clair de lune

   

   

Le destin a coutume de donner d'étranges rendez-vous.
Elber fut étonné d’entendre Talia lui dire que ce n’était pas lui responsable. Ces mots lui firent du bien, même si au fond de lui il se considérait toujours comme le responsable de ce drame. Elle énonça la possibilité que ce soit les Dieux qui aient voulu la punir. Impossible pensa Elbert, pour lui c’était inconcevable que les Sept aient voulu la sanctionner. Si c’était le  cas, ce ne serait pas des Dieux mais des démons, seuls ces derniers oseraient faire une telle chose à une jeune femme comme elle, elle était si douce, si gentille. Non, Elbert ne serait pas de ces hommes qui se cachent derrière la volonté des Dieux pour ne pas prendre leurs responsabilités. Ces derniers nous mettent face à des dilemmes, mais les hommes sont libres de choisir. Ils avaient mis Elbert face à un choix ce soir-là, dans le bois sacré des Eyrié, juste devant la belle effigie d’Alyssa Arryn, et malheureusement pour lui, il avait fait le mauvais choix, et Talia en avait payé le prix. Qu’importe le nombre de nuits où il se punirait lui-même, les blessures infligés à son corps n’effaceront pas cette douleur ancré au fond de lui, mais au moins ça lui permettait d’avoir un peu moins honte, d’avoir la possibilité de regarder quelques instants la jeune femme, même si rapidement la honte d’avoir causé autant de mal à une personne si innocente revenait au galop.

Elle lui fit part à cet instant du fait qu’elle n’était pas au courant pour cette lettre envoyée au Mestre de Chêne-en-fer, mais ce qui lui fit mal c’était de l’entendre dire qu’elle attendait chaque jour un mot de sa part. Il ravala sa salive, il sentit sa gorge se nouée à l’écoute de ces mots, bien  plus durs que les coups reçus lors de ses premiers entraînements aux Eyrié par le maître d’armes, pourtant ce dernier n’y avait pas été de main morte, le rouant de coups tous les jours pour endurcir celui qui était l’héritier du Val, mais là ce n’était pas comparable. Ces mots le touchaient au fond de ses entrailles, là où ça faisait très mal, là où rien ne pouvait aider à calmer la douleur. Cette comparaison avec les coups subis par son maître d’armes à l’époque lui rappela certains souvenirs. Il la revoyait toutes ces fois où il était dans son lit, le corps douloureux, et surtout l’égo complètement démoli par les nombreuses fois où le vieux chevalier l’avait ridiculisé dans la cour à la vue de tout le monde. Bien sûr aujourd’hui Elbert savait que c’était pour le motiver, pour lui faire dépasser ses limites, mais à l’époque ça avait été très dur pour lui, et c’était elle, assise à son chevet, qui le réconfortait par ses mots. Il se rappelait que certaines fois il avait eu envie de pleurer, de verser un torrent de larmes, mais jamais il ne l’avait fait, car dès qu’il posait ses yeux sur elle, il se disait que finalement ce n’était pas si mal que ça de finir dans un tel état, au moins ça lui offrait la possibilité d’avoir ces petits moments rien que pour eux. Malgré les blessures et l’humiliation subi, il se sentait bien à ses côtés. Se souvenir de ça amplifia encore cette peine ancrée au plus profond de lui, car ça lui rappelait aussi que lui n’avait pas été à son chevet quand elle avait eu le besoin. Talia n’était pas n’importe qui à ses yeux, ce n’était pas qu’une belle jeune femme dotée d’une grande sensibilité et d’une incroyable gentillesse. Non, pour lui, ça avait toujours bien plus, c’était sa lumière, celle vers laquelle il se dirigeait quand il se perdait dans ses émotions. Humilié, il avait envie de casser tout ce qui l’entourait, mais finalement il ne le faisait pas, car elle était là, avec son aura elle le calmait, lui permettait d’oublier ce qui l’énervait, le tracassait. Mais cette fois-là elle n’avait pas été là, tout simplement parce qu’elle était bloquée dans un lit, brisée par la violence à laquelle elle a dû faire face à cause de lui. La colère, la honte, dès que son oncle lui avait annoncé l’agression subie par elle, tous ces sentiments négatifs ont commencés à germer en lui, grandissant au fil du temps, et rien n’avait pu calmer ça,absolument rien.

Tout ça revenait subitement en lui alors qu’il posait de nouveau ses yeux sur elle, la souffrance, la honte, la colère, ce torrent s’éveillait au fond de ses tripes. Il fronça ses sourcils quand elle lui dit qu’ils avaient tous les deux été aveugles. Qu’est-ce qu’elle voulait dire par là ? Sur le coup il ne comprit pas les mots qu’elle venait de lui chuchoter. Avait-il bien entendu ? Elle ne l’avait pas repoussé parce qu’elle ne ressentait rien pour lui, mais parce que c’était tout le contraire, à cet instant Elbert comprit que c’était juste un énorme quiproquo qui avait causé cette souffrance. Il la regardait, sans vraiment être là, perdu dans ses pensées. Il revint subitement à lui quand elle évoqua le fait qu’il lui était difficile de ne pas lui en vouloir pour tout ça. Un sourire attristé apparut sur mon visage à l’écoute de ses mots, cette douleur au fond de lui avait disparu  suite aux précédentes paroles de la jeune femme mais elle avait de nouveau jailli de ses entrailles à l’écoute de ces paroles. « Je te comprends parfaitement Talia. Tu n’es pas la seule, moi aussi je m’en veux énormément. Je ne peux pas te demander de me pardonner pour ça alors que moi-même je n’y arrive pas. » C’était affreux comment ça lui faisait si mal toute cette histoire. Il lui avait causé tant de torts qu’il se demandait si un jour il arriverait à accepter le fait qu’il ait été à l’origine de tout ce mal. C’était impressionnant de voir qu’un simple baiser au beau milieu d’un bois sacré avait pu causer autant de dégâts. Si celui-ci  n’avait pas eu lieu, elle serait restée aux Eyrié et rien de tout ça ne serait arrivé, c’était ça qui était dû à accepter pour lui, que c’était un simple geste, venant de sa part, de sa propre initiative qui avait été le déclencheurr de ce drame. « Je suis réellement désolé pour tout ça. Tu as toujours été parfaite. Tu n’as rien à te reprocher, ce n’est pas à cause de toi que j’ai gardé le silence. C’est moi, seulement moi. Je suis le seul responsable. C’est à cause de moi que tu es partie des Eyrié. Si je ne t’avais pas embrassé ce soir-là, tu ne serais pas partie, tu n’aurais pas eu à affronter ce drame… Je me sentais, je me sens toujours coupable de ce qui t’ait arrivé… J’aurai dû avoir le courage de te demander pardon, mais c’était trop dur… j’avais honte d’avoir été faible, de l’être toujours. »

Une difficulté qu’il avait encore aujourd’hui. Il se rappelait le choc que ça avait été de la revoir aux Eyrié lorsqu’elle est arrivée avec son père, Lord Vanbois, et d’autres seigneurs afin de partir tous ensemble pour Harrenhal et assister au tournoi organisé par les Whent. Dès que ses yeux se sont posés sur elle, la honte avait pesé sur ses épaules, la colère envers lui-même avait explosé en lui… mais pas seulement, il y avait aussi autre chose bien sûr. Quelque chose dont il ne s’était jamais occupé, quelque chose qu’il gardait enfoui au fond de lui depuis le début, il pensait que c’était rien, mais il avait compris que ce n’était pas rien quand il l’avait revu aux Eyrié. « J’avais honte de mon comportement ce soir-là et des conséquences de celui-ci… mais je dois avoué que j’essayais de t’oublier aussi. » Ces mots étaient sortis d’un coup de sa bouche, ce fut si difficile à dire qu’il les avait prononcé d’une seule traite, comme s’il avait dû aller les chercher tout au fond de lui. Il expira fortement comme si ça lui avait coûté un énorme effort. « Ce soir-là après t’avoir embrassée, quand j’ai ouvert les yeux et que je t’ai vu courir… je suis resté bloquer un long moment. C’était comme si j’avais été foudroyé sur place. Je pensais que tu n’avais pas les mêmes sentiments à mon égard. J’étais comme vide à l’intérieur, c’est comme si je ne ressentais plus rien. Cela a duré jusqu’au lendemain, au moment où j’ai appris l’attaque de ton convoi. Là la colère a rempli ce vide, et je dois avoué que ça m’a fait du bien sur le coup, ça avait comblé ce vide qui s’était crée en moi. » Il se rappelait encore ce sentiment de colère qu’il avait accueilli avec une grande joie car il n’avait rien ressenti, pas même de la tristesse depuis la veille et ce départ de Talia dans les bois sacré des Eyrié, mais ça n’avait pas duré. « Cela n’a pas duré longtemps, je me rappelle encore, j’avais l’épée à la main, l’affrontement avec les hommes des clans des montagnes venait de prendre fin. Ma colère s’est évaporée, et j’étais comme vidé. » Ses yeux se plongèrent dans ceux de Talia, cette fois-ci il ne pouvait plus se voiler la face, ce n’était plus possible de le faire, il lui devait la vérité à elle, mais aussi à lui-même. Il ne pouvait plus garder ça au fond de lui. Il était temps de laisser s’échapper tout ce qu’il avait au fond de lui. « Je ne t’envoyais pas de corbeau parce que je me sentais coupable, mais aussi parce que… pour moi, ton refus ce soir-là m’indiquait que tu ne voulais pas la même chose que moi. » Combien de fois il avait imaginé que ces jeux auxquels il jouait prendrait vie dans la réalité ? Qu’elle serait réellement la femme qu’il protégerait du mal grâce à son épée, que ces jeux durant lesquels elle faisait celle qui était en danger et qui l’appelait à l’aide, lui arrivant une épée en bois, combattant le mal.

En fait dans un sens c’est elle qui elle était toujours venu à son secours, aujourd’hui il le savait car il se sentait si seul avec toutes ses responsabilités sur les épaules. Il avait passé tant de nuits à imaginer comment il allait pouvoir demander à son oncle s’il pouvait envisager qu’il s’unit à Talia, mais tout ça avait été balayé par cette vision d’elle le quittant en courant sans même lui jeter un regard après qu’il l’ait embrassée. Un grand sourire se dessina sur son visage. « Je ne te reproche rien Talia, j’aurai dû te le faire comprendre avec des mots… mais je n’arrivais pas à trouver les mots pour te le dire. Je pensais juste que si je t’embrassais, tu le comprendrais. Avec le temps j’ai compris ta réaction. Notre monde ne pardonne rien aux femmes. En aucun cas je voulais bafouer ton honneur. Tu es bien trop importante à mes yeux pour ça. » C’était vrai. Elle était si importante dans son équilibre, il l’avait compris au fil du temps après son départ des Eyrié. Il s’est beaucoup plus renfermé vis à vis des autres. En fait il n’a pas réellement noué de liens avec d’autres personnes depuis ce jours-là. Il passait trop de temps à essayer d’oublier Talia, mais chaque nuit, chaque lieu au sein de la forteresse lui rappelait son visage, leurs moments passés ensemble. C’était très difficile pour lui à cette époque de se dire qu’elle ne l’aimait pas de la même façon, mais comme pour lui cet amour n’était pas réciproque, il avait tout essayé pour l’oublier. « Je pensais que tu n’avais pas les mêmes sentiments pour moi donc j’ai essayé de t’oublier ces dernières années, t’écrire n’aurait pas aidé, pour moi je pensais que j’étais juste ton cousin alors que je voulais plus, j’envisageais ça depuis tellement de temps… C’est pour ça que je t’ai dis de faire comme si rien ne s’était passé entre nous avant que notre convoi ne part pour Harrenhal, je pensais que ça me permettrait de réussir à t’oublier, mais ce n’est pas le cas, je n’y arrive pas… » Elbert baissa les yeux. Quelle drôle de sensation, il avait toujours cette douleur au fond de lui, mais c’était comme si un poids sur ses épaules avait disparu. Il se sentait mal mais mieux en même temps. Les yeux fixés sur le sol il murmura. « Je suis juste désolé Talia. Désolé pour tout. Je ferai n’importe quoi pour toi. »



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Message Sujet: Re: Deux faucons au clair de lune Dim 1 Oct - 15:51


Deux faucons au clair de lune

Talia & Elbert



Je savais que mes mots n’étaient pas faciles à entendre, je manquais de douceur, laissant mes sentiments prendre le dessus. Il fallait creuser l’abcès, remettre cette relation sur le droit chemin et arrêter de nous tourmenter de la sorte. Je ne pouvais plus supporter un regard de sa part, sans me remémorer ses mots cinglants. Même si je lui en voulais, j’avais été bien trop heureuse de le revoir et d’entendre à nouveau sa voix. J’avais beau m’être jurée de me détacher, d’arrêter cette mascarade ne menant à aucune idylle possible et de me tourner vers mon avenir. Or en un seul regard, j’avais oublié cette promesse faite à moi-même, souhaitant même me jeter dans ses bras qui semblaient si accueillant. Il avait changé, ces quelques années l’avaient rendu plus séduisant encore, alors comment pouvais-je éviter une si agréable présence ? Ce n’était pas possible. C’était pour cette raison que j’avais accepté cette entrevue, m’attendant à autre chose que le revers de la médaille, celui d’être rien à ses yeux, du moins, pas celle à inspirer ses rêves. Il m’avait remise à ma place et idiote que j’étais, je n’avais dit mot, lui donnant raison plutôt que laisser éclater mes sentiments au grand jour. J’avais eu peur d’être davantage humiliée, d’entendre que mes rêves d’enfant n’avaient jamais été partagés et que toutes ces fois où on s’était imaginé marié, n’avait été qu’un jeu. Peut-être l’avais-je mérité à l’époque ? Peut-être que j’aurais dû écouter mon père et n’attendre rien du sexe opposé, d’être simplement une humble servante. Cela m’aurait évité des souffrances, de m’endormir avec les larmes coulant sur mes joues et me demandant si finalement, j’avais été maudite de ce sentiment. Pourtant, en cette belle soirée lunaire, Elbert avait avoué, tout comme je l’avais fait à mon tour. Mais qu’est-ce que cela allait changer ? Le mal était fait et mon père avait bien d’autres projets à mon encontre. C’était frustrant, d’aimer une personne sans pouvoir être près d’elle. Seule l’imprudence pouvait nous offrir ce genre de destin, mais cela mettrait en péril nos familles. Si seulement, j’étais une simple paysanne, ne devant rendre des comptes à son père et vivant selon ses propres codes. Je l’avais bien vu parmi mes servantes, leur mariage n’était pas le fruit d’alliance, mais de l’amour, de sentiments réels justifiant une bénédiction divine de leur union.

Le sourire attristé d’Elbert me faisait culpabiliser. Bien sûr que j’aurais aimé le rendre heureux, au lieu de remuer le couteau dans la plaie. Il me comprenait apparemment, il s’en voulait à lui-même et il ne pouvait me demander de le pardonner alors qu’il n’y arrivait pas. Certes, ce baiser avait provoqué ma fuite, mais ce n’était pas lui qui m’avait forcé de faire partie de ce convoi et de m’exploser à un tel danger. Je l’avais provoqué d’une certaine manière et mon inconscience avait provoqué bien des morts. Peut-être que sa vie aurait été plus simple, si je ne m’étais jamais réveillé de ce cauchemar, que j’avais simplement fermé les yeux, pour ne jamais revenir. Peut-être aurait-il souffert au début, mais bien vite, la vie aurait repris et il n’aurait gardé qu’un simple souvenir nostalgique de cette époque. Il répéta à nouveau qu’il était réellement désolé, que j’avais toujours été parfaite. Pourquoi pensait-il une chose pareille ? J’étais loin d’être proche de la perfection sur nombreux de points, je n’étais pas digne de mon rang. J’étais une peureuse et une lâche, en quoi étais-je mieux que quiconque ? Je ne devais rien me reprocher, d’après lui, son silence n’était pas de ma faute. Pourtant, d’une manière ou d’une autre, j’avais dû être à l’origine de son mutisme, qu’importe ce drame. Il m’était la faute sur la honte de lui-même, mais j’avais des difficultés à le croire, la honte n’était pas provoquée par hasard. Mais il évoqua bien vite qu’il avait essayé de m’oublier. Je ne pouvais lui en vouloir, j’avais fait de même, en n’ayant plus aucune nouvelle de sa part, pour apaiser mon cœur vide sa présence. A force, plus aucune larme ne coulait, épuiser par ce manque et par cette ignorance. Cette distance m’avait brisée, accentuant encore plus mon mal-être. C’est à ces instants qu’on se rend compte à quel point certaines personnes peuvent éblouir notre quotidien et nous guider dans nos pas. Elbert avait toujours été cette personne, depuis ma plus tendre enfance. Il avait été une sorte de modèle à mes yeux, m’attrapant quand je chutais ou essuyant mes larmes lorsque j’étais fasse à mes peurs. De mon côté, je m’étais toujours montrée attentive, bien plus avec l’âge, lui apportant la tendresse nécessaire et ne manquant pas un instant pour lui montrer qu’il pouvait toujours compter sur moi. Le valois n’avait pas eu une enfance facile, j’en avais pleinement conscience, n’avoir pas ses parents pour grandir devait être quelque chose d’atroce. Même si mon père pouvait se montrer froid à mon égard, il avait eu des moments de tendresse et il restait malgré tout un pilier de ma vie. Tout comme ma mère, bravant sa destinée au mieux et m’ayant toujours ouvert ses bras.

Elbert me conta comment il avait vécu cette fameuse soirée, quand j’avais fui, le laissant au beau milieu du bois sacré. Je me mettais facilement à sa place, je pouvais amplement comprendre ce qu’il avait pu ressentir. Mon comportement avait été à la fois cruelle et lâche. Après tout, j’avais vécu ce vide en ne recevant aucune nouvelle de sa part et ayant des échos de ce qu’il devenait aux Eyriés par le biais de ma sœur aînée, de mon oncle ou encore de mon autre cousin, Denys. J’avais eu cette douloureuse impression que mon absence ne lui faisait ni chaud, ni froid, comme si cela ne changeait absolument rien à son quotidien. Même s’il m’avait en quelque sorte vengé de l’attaque, cela ne m’avait pas forcément aidé dans mon rétablissement. Le mal avait été fait que mes assaillants soient encore vivants ou morts. « Même si ma fuite a pu te causer du tort, on reste cousin Elbert, du même sang… Je n’avais pas besoin que tu me venges, seulement que tu sois présent auprès de moi et non auprès de ses sauvages qui ne méritent pas notre attention. » Je baissai les yeux à nouveau, sentant mon cœur se serrait par mes propos et en murmurant mes paroles. « J’ai ressenti le même vide et rien n’a pu le combler, qu’importe la proximité de ma famille ou de mes proches amis. » Une larme coula le long de ma joue, l’essuyant avant qu’elle ne puisse attirer l’attention d’Elbert. Je reniflais légèrement, essayant de contrôler cet élan d’émotion. C’était si dure, entre la présence de l’héritier du Val et du voyage enduré. Or, son sourire m’apporta un peu de force, tandis que je l’écoutais. Ses mots étaient justes, même si j’avais été sotte de croire que ce baiser n’était rien d’autre qu’un désir passager, celui-ci aurait pu causer bien du tort sur ma réputation. Sa dernière phrase me fit rougir à nouveau et je ne pouvais niais que cela me faisait plaisir de l’entendre. Instinctivement, je pris ses mains, appréciant ce contact chaud entre mes doigts glacés, tout en susurrant. « Je sais… Tu l’es tout autant à mes yeux. » Elbert poursuivit, mettant son absence de corbeau sur le fait qu’il avait essayé de m’oublier, alors qu’il avait toujours voulu plus entre nous. Il m’expliquait alors sa réaction avant le départ des Eyriés, il pensait que cela lui permettrait de m’oublier mais il n’y arrivait pas. A cet instant, il baissa à nouveau les yeux, tout en murmurant qu’il était désolé pour tout et qu’il ferait n’importe quoi pour moi. Sans une seconde d’hésitation, je le pris dans mes bras, sentant son odeur au creux de son cou. Je profitais quelques instants de ce contact, celui que j’avais espéré ces dernières années. « Si tout était simple et qu’aucune responsabilité pesait sur nos épaules, bien sûr que je ferai n’importe quoi aussi… Mais, je crains que cela soit juste le début de nos tourments et que l’avenir nous sépare à nouveau. » Elbert ne faisait pas partie des plans de mon père et il voulait me vendre aux plus offrants…


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Message Sujet: Re: Deux faucons au clair de lune Sam 21 Oct - 23:22


   
Deux faucons au clair de lune

   

   

Le destin a coutume de donner d'étranges rendez-vous.
En y réfléchissant un peu, Elbert se demandait toujours s’il s’était réellement lancé à la poursuite de ces ignobles barbares seulement pour venger Talia. Dans un sens il l’avait fait aussi pour lui-même, il avait ressenti le besoin de faire ça. Lorsque son oncle, Jon Arryn, lui avait annoncé l’attaque du convoi, son sang n’avait fait qu’un tour. Il avait soudain eu envie de crier vers le ciel, de cracher sa colère aux sept. Bien sûr ce ne fut pas le cas, il était resté impassible, il lui avait été impossible de formuler des mots à l’encontre des dieux, blasphémer n’était pas dans sa nature. Ainsi il réprima encore sa colère quand son oncle lui annonça qu’il n’y aurait aucune expédition punitive. Il se rappelait encore cette sensation qu’il avait ressenti au fond de lui alors que Jon Arryn venait de lui ordonner de se rendre sur les lieux de l’attaque et de s’assurer que la route était sécurisée sans tenter quoique ce soit. Il s’était rappelé tous ces moments où il avait gardé le silence, face à l’abandon de sa mère retourné chez les Belmore, face à l’absence de reconnaissance de la part de son oncle, face au refus de sa cousine ce soir-là devant la statue de Lady Alyssa Arryn. Il avait juste envie qu’une seule fois dans sa vie il y ait un retour, une réponse à ses besoins, à ses propres envies, mais ce ne fut jamais le cas. Malgré les nombreuses frustrations il avait toujours répondu présent pour les autres, mais il avait l’impression de n’avoir jamais été récompensé. Ce jours-là il avait ressenti l’envie de crier, une envie de sang, une envie de libérer cette colère accumulée envers les autres et le destin. Il avait décidé dès son départ des Eyrié d’y répondre. Les hommes du clan des têtes brûlées lui avaient donné l’occasion de répondre à ce ressentiment. Bien sûr, savoir que Talia avait été en danger, qu’il avait failli la perdre pour toujours avait été le déclencheur, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Après, juste une fois, il avait laissé ses sentiments s’exprimer et prendre possession de lui, la colère, la déception, l’amertume. Il les avait laissées sortir de lui, il leur avait donné du sang pour les calmer, mais même après ça il ressentait encore tout ça, ce vide en lui existait toujours.

« On reste cousin Elbert » Ces mots furent durs à avaler pour le jeune homme. Bien sûr qu’il le savait, mais il savait aussi ce qu’il ressentait pour elle depuis toujours. Ce n’était pas un sentiment vis à vis de sa beauté, de son innocence, de son statut, ni d’une fascination pour ses talents de musiciennes avec lesquels elle pouvait charmer n’importe qui. Non, il savait très bien que ses sentiments étaient pour elle, c’est qu’il avait connu dans leurs moments à eux deux, là où ils se sentaient en sécurité et en confiance avec l’autre. Là où il n’y avait nul mensonge, où ils avaient pu exprimer leurs craintes, leurs rêves l’un à l’autre. Il le savait depuis quelques temps que c’était un amour pur qu’il ressentait pour elle, mais il avait compris qu’il n’avait pas le droit de s’épanouir. Elle était la troisième fille d’une famille du Val, importante bien sûr, mais elle n’était que la troisième, de plus issue d’une famille déjà alliée aux Arryn, et lui, en fait lui il ne savait pas qui il était, héritier, chevalier, son statut n’était pas clair. En fait c’était comme pour son oncle, il avait toujours été très présent pour lui, Elbert l’avait toujours vu comme un père, du moins pendant son enfance, mais en fait il savait parfaitement que Jon Arryn était très présent car il souhaitait le former dans le but lui succéder un jour, mais jamais il ne laissa la distance entre eux se réduire car il ne voulait pas trop s’ouvrir à lui depuis le début. Il espérait toujours, et encore plus avec sa nouvelle épouse, avoir un fils, et ce jour-là il devrait reléguer son neveu au fond de la salle sans aucune hésitation. Il voulait sûrement éviter que ce moment soit difficile lorsqu’il se présenterait. « Ne pleure pas Talia. Je n’aime pas te voir comme ça. » Elle avait bien sûr tenter de ne pas montrer ses larmes, mais il n’avait pas besoin de les voir, il le savait car il la connaissait parfaitement bien. Il pouvait lire en elle comme dans un livre ouvert, et elle-même pouvait faire la même chose avec lui.

Entendre Talia lui dire qu’il était aussi très important pour elle le toucha énormément… malheureusement pour lui les Sept semblaient prendre plaisir à s’amuser de lui. Ils lui avaient pris son père le jour de sa naissance amenant sa mère à le dénigrer. Lorsqu’il trouva une figure paternelle, en la personne de son oncle, celui-ci ne le traita que comme un héritier, un remplaçant au cas où son épouse serait dans l’incapacité de lui offrir un héritier. Il avait trouvé l’amour, car c’était bien ça qu’il ressentait pour Talia, mais les sept décidaient une nouvelle fois de lui interdire d’en profiter. Peut-être le méritait-il ? Peut-être n’avait-il pas été assez correct durant sa courte vie pour mériter ça. « Je sais. Un jour tu partiras pour une autre famille, et peut-être même pour d’autres terres… Moi ma place est aux Eyrié. » lui dit-il en se perdant dans ses bras. Quel bonheur de sentir sa présence contre moi, de sentir son souffle au creux de mon cou. Il se perdait dans sa magnifique chevelure, respirait son odeur, elle avait un tel effet sur lui. Il recula son visage, ses yeux se perdirent dans ceux de Talia, il aimait tellement s’y perdre. Il n’y avait que quelques millimètres entre eux. Il se rapprocha, leurs nez s’effleurèrent, leurs lèvres étaient presque l’une sur l’autre. L’envie était tellement forte de l’embrasser. Il avait envie d’y goûter. Finalement il se redressa et ses lèvres se posèrent sur son front. Il y déposa un baiser les larmes aux yeux. « Je t’aime Talia, sache que j’aurai fait n’importe quoi si tu me l’avais demandé. » Il prononça ces mots alors que leurs fronts étaient collés l’un à l’autre. Il retenait ses larmes, il ne voulait pas craquer devant elle. Il savait qu’elle ne lui demanderait pas de réaliser l’impossible, elle avait bien trop peur de décevoir sa famille et son père donc leur histoire allait s’éteindre avant même d’avoir pu commencer. Il déposa un autre baiser sur son front puis il la souleva sans la prévenir pour la remettre sur ses pieds. Il lui remit une mèche de cheveux du bout des doigts, lui fit un tendre sourire. « Il est l’heure de te ramener auprès des tiens. Il faut que tu sois en forme pour éblouir les tribunes de ta beauté demain. » Il lui tendit son bras. Elle l’accepta et ils se dirigèrent ensemble en direction des quartiers des Vanbois. C’était peut-être l’une des dernières fois où ils se seraient aussi proches. Rien que d’y penser ça lui faisait mal au cœur, mais Elbert ferait comme pour l’absence de ses parents et son besoin de reconnaissance de la part de Jon Arryn, il encaisserait et continuerait d’avancer car il le devait pour lui et pour le Val. Il y avait plus important que son bonheur, il y avait ses terres et les valois, il avait un devoir vis à vis d’eux.


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