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Hoster Tully, Rickard Stark, Jon Arryn, Quellon Greyjoy
et Doran Martell sont très attendus.
Venez nombreux participer à l'animation What If et au Souk.
Le nouveau système de vote aux top-sites a été mis en place.
La série reprend le 16/07 (ou 17/07 selon votre point de vue).
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Deux faucons au clair de lune

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Message Sujet: Deux faucons au clair de lune Dim 30 Avr - 19:40


   
Deux faucons au clair de lune

   

   

Le destin a coutume de donner d'étranges rendez-vous.
Les vallois arrivèrent à Harrenhal en fin d’après-midi. Lord Jon Arryn en tête du convoi du Val constitué de chevaliers, mais aussi de lords et de quelques ladies. Le voyage ne fut pas très longtemps, les deux régions étant limitrophes, mais pour Elbert celui-ci avait un caractère nostalgique. Cela lui avait rappelé l’époque où il était l’écuyer de Ser Brynden Tully, sûrement le meilleur chevalier du Conflans à l’heure actuelle, et peut-être de son histoire. A ses côtés il avait arpenté de long en large le Conflans, voyagé aux quatre coins du continent, appris à se battre face à n’importe quel profil d’adversaire, compris le sens du mot “honneur”, et enfin il avait écouté ses nombreuses histoires qu’il lui racontait autour d’un feu. Et ce fut l’une d’elles qui lui vint à l’esprit. Un soir, en-haut d’une des collines alentours alors qu’ils observaient les contours de cette immense forteresse, il lui raconta que ces murs étaient maudits, que les sept maudissaient les familles qui en occupaient les lieux, et ce pour une raison : Harren le Noir aurait donné l’ordre de mettre du sang d’homme dans le mortier. Ce fou se prenait pour un Dieu, il se croyait au-dessus des autres hommes, puis un jour les dragons le mirent devant le fait avant de mourir : il n’était qu’un homme… et depuis ces lieux seraient maudits. Elbert croyait aux Sept, il les priait mais il n’était pas superstitieux, il ne croyait aux augures, aux protections etc, mais lorsque son regard se fixa sur cette forteresse, il en eut presque des sueurs froides. Même avec l’animation liée au tournoi, les drapeaux colorés, les tentes qui s’agglutinaient autour des murs, Harenhal paraissait toujours aussi froide et austère.

Elbert n’osait pas le dire mais cette forteresse l’avait toujours mis mal à l’aise, c’était déjà le cas lorsqu’il était venu ici avec Ser Brynden, et c’était encore le cas aujourd’hui malgré qu’il ait quelques années de plus. Il ne se sentait pas bien entre ces murs. Ces derniers portaient les marques de ce passé mortifère. Cela ne lui plaisait pas, surtout la nuit, lorsque le silence régnait dans les couloirs, même celui-ci n’avait pas l’air de ressembler à celui qu’il connaissait, il était apaisant lorsqu’il régnait sur les montagnes du Val, mais ici, entre ces murs il était lourd, comme si c’était un avertissement des Dieux qui les prévenaient que rien de bon ne pouvait sortir d’ici.
Malgré les années passées le jeune homme avait encore des difficultés à trouver le sommeil au sein de ce lieu. Il se retourna plusieurs fois dans son lit, cherchant la bonne position, espérant que le sommeille prendrait rapidement, mais jamais il n’arriva. Allongé sur le dos, fixant le plafond et comprenant qu’il n’arriverait pas à fermer les yeux, il décida de se lever et de sortir prendre l’air. Discrètement il traversa les couloirs, habillé d’une simple chemise de lin et d’un pantalon, une cape par-dessus pour lutter contre le froid de la nuit, dans sa main gauche un sac. C’est habillé ainsi qu’il sortit de la partie où étaient logées les familles suzeraines, mais il n’était pas seul. Dans sa main droite il avait une cage, celle d’Eclair, son faucon. Il avait attrapé celui-ci après un voyage en compagnie d’un contrebandier, Davos, tout ça parce qu’il voulait un faucon d’une race qu’on ne trouvait pas sur les terres de Westeros. Son égo, un jour ça lui coûterait cher, mais pour l’instant, grâce à lui il avait un faucon dont il était très fier. Un sourire apparut sur son visage lorsque ses yeux se posèrent sur l’animal. Ce dernier avait hâte d’être libéré, il n’avait pas pu voler depuis leur arrivée à Harenhal.

Elbert connaissait un peu les lieux, et savait où il devait aller pour être tranquille. La forteresse n’était plus occupée entièrement, elle était bien trop grande, et cela coûterait beaucoup d’argent pour l’entretenir, ainsi au fil des années les familles qui y habitaient avaient abandonnés certaines parties. L’une d’elles était l’une des grandes tours, celle que l’on surnommait la tour des fantômes. Elbert n’avait jamais su pourquoi on l’appelait ainsi, mais là-bas il savait qu’il n’y trouverait personne. Aux pieds de celle-ci il posa la cage, l’ouvrit et tendit son avant-bras gauche, celui où il portait un gant. Eclair monta sur celui-ci. Elbert aimait beaucoup la fauconnerie, et cela depuis son plus jeune âge. C’était un art très compliqué, il nécessitait abnégation et patience, deux qualités que le jeune homme apprit à travers son apprentissage avec le maître fauconnier. Elbert se concentrait sur son faucon, du bout des doigts il lui caressa le cou, puis après un piaillement, il l’invita à s’envoler. Le rapace déploya ses ailes et s’élança dans les airs.

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Message Sujet: Re: Deux faucons au clair de lune Mar 30 Mai - 19:38


Deux faucons au clair de lune

Talia & Elbert



Le soleil avait depuis longtemps quitté le ciel pour laisser place à la nuit et ses étoiles. J’étais allongée dans mon lit, observant le plafond et tentant de m’endormir. J’avais beau y être depuis un moment, le sommeil ne semblait aucunement vouloir de moi et je perdais peu à peu patience. A chaque fois que je fermais un œil, je pensais à ces histoires entourant la forteresse ce qui avait le don de le rouvrir. J’étais peureuse et cette simple idée d’imaginer toute sorte de fantômes rodant dans ma chambre m’empêchait de trouver la voie des rêves. Je n’arrivais pas à me persuader que ce n’était que des légendes et qu’il n’y avait aucune âme errante parmi ses murs. Pourtant, les bruits ambiants ne me confortaient pas dans cette idée. J’avais l’impression d’entendre des bruits de pas ou même des échos lointains. La fatigue ou le vent devait être à l’origine, même si mon esprit trouvait des raisons plus mystérieuses. Même Balerion, mon chat, semblait ne pas vouloir fermer les yeux et trembler comme une feuille. Ses iris étaient totalement dilatés, et même en le serrant fort contre moi, je n’arrivais pas à faire cesser cette panique. Ainsi, on se tenait compagnie mutuellement, l’entendant gigoter dans tous les sens et trouver un peu de réconfort contre moi. Qu’avais-je à lui apporter à part ma propre peur ? Je n’aspirais pas le courage en temps normal.

Pourtant, je ne pouvais rester, éveiller et risquer d’être fatiguée le lendemain. Les festivités étaient en approche, et même si je détestais la raison même de ce rassemblement, je voulais profiter de la musique et des artistes venus pour l’occasion. Que pouvais-je faire pour empêcher ces pensées ? Mon père m’avait dit un jour qu’il n’y avait qu’un seul moyen de surmonter ses peurs : les affronter. Etais-je de taille à me promener seule parmi ses murs ? Je m’en sentais bien incapable et que penseraient les gardes s’ils me croisaient ? On penserait que j’aurais découché pour rejoindre la couche d’un homme et voilà que ma réputation serait ternie à jamais. Malgré tout, cette promenade semblait bien plus intéressante de rester un instant de plus sur ce lit n’occupant aucunement sa fonction. J’inspirai grandement, espérant que l’air puisse me donner une once de courage avant de me vêtir plus chaudement et de prendre avec moi un bout de lumière. Je fis une dernière caresse au félin peureux avant de l’abandonner à son sort et d’affronter ce qui nous terrifiait tous les deux. J’ouvrais la porte avec délicatesse tout en regardant à droite puis à gauche pour ne pas me retrouver nez à nez avec un garde ou un inconnu. J’essayais de rendre mes pas les plus discrets possibles et cela me rappela cette nuit avant le drame. Il faisait tout aussi, la seule différence résidait au niveau de la température. Il faisait bien plus chaud au cœur d’Harrenhal qu’en haut des Eyriés. Au fur et à mesure que j’avançais dans les couloirs de la forteresse, je me rendis compte bien trop tard que je serais incapable de retrouver ma chambre parmi ce dédale de couloirs et de portes. Je me sentais sotte tout d’un coup et que penserait mon père en voyant ma couche vide le lendemain ? Je n’osais pas y penser, car j’avais une idée de la colère qui pouvait l’habiter.

Je n’avais aucune idée vers où je me dirigeais. Je suivais en quelques sortes les échos me provenant des couloirs et faisant toujours attention à n’apercevoir personne sur ma route. Plusieurs fois, je dus me cacher au coin d’un mur pour laisser passer quelques gardes inspectant les environs. La sécurité avait été renforcée étant donné que le château gigantesque allait recevoir la famille royale au complet. Je gravissais un escalier, sentant à chacun de mes pas une brise un peu plus forte. La fraîcheur de la nuit finit par entièrement m’entourer et mon regard se posa instinctivement sur l’horizon et le lac d’Oeildieu s’étendant. La lune se reflétait sur ses eaux argentées ce qui rendait le paysage merveilleusement beau. Je me laissais attendrir un instant par cette vision avant d’entendre un bruit familier perçant le silence. On qualifiait ce bruit de huissement. Il ne provenait que d’une seule bête et elle représentait le symbole de la maison suzeraine du Val : le faucon. Ainsi, en tournant la tête, j’aperçus l’héritier de cette même région et cette simple constatation me fit frémir. Je mis quelques instants à vouloir m’approcher de lui, le temps que mes joues reprennent une couleur un peu plus normale et que je cesse de respirer grossièrement. Je marchais d’un pas léger pour être la plus discrète possible avant de l’alerter de ma présence. « En voilà une surprise, nous voilà tous les deux privés de sommeil. » Je me postais à ses côtés, évitant de croiser son regard et préférant porter mon attention sur son animal. « Cette forteresse ne m’inspire rien de bon, j’ai ouï dire des histoires à son égard et toi, Elbert ? Est-ce la raison de ton insomnie ? » Je tournais légèrement mes yeux vers lui pour observer son expression. Il paraissait toujours si sûr de lui d’apparence que cela pouvait paraître troublant. J’enviais cette confiance qu’il avait en lui et l’aura qui dégageait autour de lui. Face à lui, je me sentais bien minuscule. Pourtant, cette minuscule créature que j’étais, avait réussi un jour à avoir un baiser de sa part et si petite que j’étais, j’avais cru finir par être écrasée.
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Message Sujet: Re: Deux faucons au clair de lune Jeu 8 Juin - 21:25


   
Deux faucons au clair de lune

   

   

Le destin a coutume de donner d'étranges rendez-vous.
Elbert observa le faucon dans le ciel, celui-ci virevoltait dans le ciel obscur, illuminé par la lune. Il n’avait pu voler depuis leur arrivée à Harrenhal, et ça s’entendait, l’animal poussait des huissements de plaisir, heureux de pouvoir de nouveau se sentir libre. Le chevalier du Val remit correctement son gant de fauconnier. C’était un gant en cuir épais décoré d’arabesques et de fioritures sur lequel l’emblème des Arryn était brodé. Il leva son bras en direction de son faucon et siffla pour l’inviter à revenir dessus. Celui-ci obéit et revint vers son maître en s'agrippant au gant via ses serres. Ces dernières étaient si puissantes que malgré le gant il pouvait sentir cette puissance se répandre à travers tout son bras. Pour le récompenser Elbert lui donna un morceau de viande séchée. Le faucon le déchiqueta en quelques instants. Il lui tapota doucement le ventre puis abaissa son bras et celui-ci reprit son envol, et cette fois-ci c’était pour chasser. Elbert le regarda prendre de l’altitude, il trouvait ça impressionnant d’observer un faucon se mettre en chasse. C’était un spectacle qui le captivait énormément car il semblait si élégant quand il chassait, bien plus que les hommes.
 
Soudain il lui sembla entendre des bruits de pas derrière lui, alerté il allait se retourner lorsqu’une voix des plus agréables vint jusqu’à ses oreilles. Celle-ci ne pouvait appartenir qu’à une seule personne : Talia Vanbois. Lorsqu’elle arriva à sa hauteur, elle lui annonça qu’elle avait aussi des problèmes de sommeil. Elbert ne lui répondit pas tout de suite, il continuait de l’écouter tout en gardant le regard fixé sur son faucon qui alla se poser sur l’un des toits d’une des tours. Même s’il n’en donnait pas forcément l’impression sur le coup, il l’écoutait attentivement. Un léger sourire amusé se dessina sur son visage lorsqu’elle lui confia qu’elle ne se sentait pas à l’aise à cause des histoires qu’elle avait entendu sur cette forteresse. « Ne me dis pas que tu as peur de simples histoires ? ». Il haussa des épaules et leva les yeux au ciel lorsqu’elle lui retourna la question. « Moi ? Je suis un chevalier du Val, je n’ai peur de rien… » lui répondit-il d’un air sûr tout en continuant d’observer son faucon en train de voler dans le ciel, toujours à la recherche d’une proie. Il n’allait pas lui dire que lui aussi se sentait mal entre ces murs, il n’avait pas envie de lui paraître faible.
 
A cet instant il posa ses yeux sur elle. Il fondait déjà. Elle avait toujours ce même visage. Celui d’une déesse, il était si beau, si harmonieux. Et il y avait ces yeux aussi, ses magnifiques yeux. Un regard face auquel il ne pouvait pas mentir. Maintenir un mensonge face à elle lui était impossible, et cela durait depuis  leur première rencontre. Qu’importe ce qu’elle lui demandait, d’un simple regard, il acceptait ce qu’elle voulait. « Bon j’avoue, moi aussi j’ai dû mal à dormir au sein de cette forteresse… même durant un voyage avec Ser Brynden, je n’avais pas réussi à fermer l’œil de la nuit. » lui dit-il sur un ton mi-amusé, mi-gêné, lui l’héritier du Val d’Arryn, l’un des chevaliers du Val n’arrivait pas à fermer les yeux dans une grande chambre très confortable à cause d’histoires de malédiction, de fantômes errants… on était bien loin de la légende des chevaliers du Val qui n’ont peur de rien. Il détourna son regard, trop gêné mais continua de se confier. En fait elle était l’une des rares personnes avec laquelle il arrivait à parler sans réfléchir. « Je ne sais pas, il y a ces histoires, il y a aussi cette ambiance… une ambiance pesante et malsaine à la fois. Je ne crois pas à cette histoire de malédiction mais force est de constater qu’il y a quelque chose entre ces murs... » Il prononça ces derniers mots en tournant la tête vers elle, et il comprit tout de suite que ce n’était peut-être pas ce genre de choses que Talia désirait entendre. Elle avait une crainte, et elle cherchait sûrement à être rassurée plutôt que d’entendre que lui aussi avait la même crainte. Il posa sa main sur son dos et la caressa légèrement. « Ne t’inquiète pas, il ne t’arrivera rien, je suis là. Je te protégerai. » lui dit-il avec un grand sourire. Et elle pouvait bien le croire, n’avait-il pas, contre l’avis de son oncle car les montagnes étaient trop dangereuses, lancé une expédition sanglante contre les hommes des montagnes qui avaient attaqué le convoi de Talia alors qu’elle rentrait chez elle. Il s’était senti responsable de cette attaque, c’était suite à un bisou échangé avec lui qu’elle avait décidée de retourner chez elle. Il s’en était tellement voulu, à tel point qu’il n’avait pas réussi à lui envoyer un corbeau, trop honteux de lui avoir causer du tort. Il enleva sa main de son dos, toujours honteux de lui avoir fait ça, et regarda son faucon, celui-ci volait de toit en toit, observant la nuit, à la recherche d’une proie. Soudain il tourna la tête, pensant à une chose. « Maintenat que j’y pense, c’est ton premier voyage en-dehors du Val d’Arryn, non ? Quel effet ça te fait ? » lui demanda t-il… était-il vraiment intéressé par la réponse, ou était-ce la première question qui lui était venue à l’esprit et qui lui permettait de pouvoir la regarder de nouveau sans avoir l’air bizarre ? Au fond de lui il n’était pas sûr de la réponse…

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Message Sujet: Re: Deux faucons au clair de lune Mar 1 Aoû - 0:23


Deux faucons au clair de lune

Talia & Elbert



Est-ce raisonnable d’être en compagnie d’un homme à une heure aussi tardive ? Même s’il ne s’agissait pas de n’importe qui à mes yeux, je prenais un risque si jamais, on nous voyait ainsi ensemble dans un coin reculé de la forteresse. Je n’avais pas le droit à l’erreur et mon père le soulignait assez souvent pour ne pas oublier. Mais cette rencontre avait quelque chose de familier à mes yeux. Elle semblait ressembler en tout point à cette fameuse nuit avant le drame. Je me rappelais encore de chaque minute et de chaque seconde s’étant écoulé avant ce baiser. Je ne m’attendais absolument pas à ça, même si au fond de moi, je l’avais rêvé et espéré du plus profond de mon cœur. Mais ce n’était pas un comportement acceptable et encore moins venant d’une lady de mon rang. Je devais être un exemple et non une parjure en embrassant le premier venu. Cela devait être réservé exclusivement à mon époux et à personne d’autres. Même si un simple baiser n’engageait en rien, cela restait une marque d’attachement voire d’amour. Elbert n’était ni mon fiancé, ni mon époux et je ne pouvais lui offrir ce qu’il espérait à cette époque. J’en étais incapable et encore aujourd’hui, je n’aurais aucun remord à m’enfuir à nouveau pour éviter les foudres de mon père et la honte affligée à la famille. Je ne voulais aucunement faire ce choix égoïste de laisser mes sentiments dicter ma conduite. Puis, j’avais encore en tête les dernières paroles échangées avec lui, mentionnant qu’il n’y avait plus rien entre nous ou que cela n’avait jamais vraiment existé. C’était peut-être mieux ainsi, cela me permettait d’entrevoir un autre avenir et d’accepter une bonne fois pour toute que je ne finirais pas à ses côtés. Oui, cela revenait à enterrer mes rêves d’enfants et à enfin laisser l’adulte prendre son avenir en main. Pourtant, un simple regard vers lui me suffisait à apercevoir au loin cette idylle. Je soupirais intérieurement de ma faiblesse face à lui. Pourquoi ne pouvais-je pas avoir une relation normale avec mon cousin ? Pourquoi ces sentiments devaient sans cesse occulter mes pensées ? C’était bien trop gros à porter pour que je puisse le cacher au fin fond de mon esprit. Qu’importent les efforts fait, cette rougeur sur mes joues montrait la vérité. Je doutais que les Sept puissent me venir en aide et j’avais beau prié de me délivrer de cet amour impossible, on ne m’écoutait pas là-haut.

Elbert afficha un sourire amusé suite à mes inquiétudes. Il devait avoir l’habitude à force de me côtoyer. Je n’étais pas une femme courageuse, au contraire, si j’avais été un homme, j’aurais été la première à m’enfuir face à l’ennemi ou à déserter. J’aimais ma routine, cette zone de confort qui me permettait de m’épanouir pleinement dans la vie de tous les jours. Cela pouvait paraître ennuyeux, mais au final, être une Lady n’avait rien d’extravagant, les jours se ressemblaient et seule la perte d’un enfant pouvait troubler notre quotidien. Je levais les yeux au ciel suite à sa remarque. Paraissais-je si naïve pour craindre cette forteresse ? Pourtant, sa réponse m’indiqua qu’Elbert essayait de jouer les durs et de donner comme ticket gagnant le fait d’être un chevalier. « Peur de rien ? Je doute qu’on puisse n’avoir aucune peur, et même toi, Chevalier du Val, tu dois au moins en avoir une. » J’émis un petit rire, tout en lui faisant un léger clin d’œil pour le provoquer amicalement. Même s’il pouvait paraître si sûr de lui, la peur était naturelle et un titre n’empêchait pas d’en avoir. Pourtant, quand ses yeux rencontrèrent enfin les miens, je vis son expression changée du tout au tout. J’étais moi-même pendu à ses lèvres, n’arrivant aucunement à dériver mon champ de vision qui s’était focalisée sur son visage viril et ses yeux clairs. Il était loin l’homme prétentieux, admettant sans mal ne craindre rien et personne à la fois. Son ton était un mélange d’amusement et de gêne, ce qui était compréhensible face à sa confession. Pourtant, je ne pris pas un air supérieur comme certaines personnes le feraient en retour. J’affichai un sourire réconfortant et je sentais ma main me démanger de le toucher. Je ne fis rien pour autant, laissant le valois se confier un peu plus. Sa crainte donnait plus de valeur à mes ressenties. Peut-être qu’au final, il était normal de se sentir exclu dans ces lieux. Je hochais la tête lorsqu’il mentionna cette ambiance particulière entourant entièrement la forteresse. Je ne m’y sentais absolument pas à ma place et cette constatation ne m’aidait pas. Il rationalisait ma peur et la rendait encore plus réelle qu’elle ne l’était déjà. Mon sourire perdit en éclat, se transformant peu à peu en grimace et sentant la chair de poule sur mes avant-bras. « N’en dis pas plus… Sinon, je risque de ne pas fermer l’œil durant le séjour. » L’héritier du Val comprit rapidement son erreur en posant sa main sur mon dos. Je sentis comme des picotements au travers des tissus et je ne pus le fixer un instant un de plus sans rougir davantage. Je n’étais pas habituée à ce genre de contact, et même s’il partait d’un bon principe, cela avait quelque chose de dérangeant et d’agréable à la fois. « Pour le moment, tu es là, mais je serai seule dans ma chambre face à mes craintes. » Dis-je d’une voix à peine audible. Une chandelle allumée ne suffisait pas à apaiser mes angoisses. Mais que pouvait-il faire concrètement face à ça ? Il ne pouvait en aucun cas s’inviter dans ma chambre et je ne pouvais encore moins lui demander de faire le garde devant celle-ci. Je devrais affronter ça seule…

Elbert semblait à nouveau captivé par son faucon et ce silence me rendait légèrement nerveuse. La discussion ne faisait pas partie de mes qualités et ce n’était pas pour rien que la plupart du temps, mes parents me mettaient un instrument entre mes mains pour que les notes de musique parlent à ma place. Enfin, il tourna la tête et se fit la réflexion que c’était la première fois que je quittais le Val. J’émis un petit rire, tout en sentant un sourire éclairé à nouveau mon visage. « Effectivement, c’est la première fois que je passe la porte sanglante. C’est agréable de découvrir une nouvelle région, même si j’aurai apprécié une autre destination qu’Harrenhal. » Je me mis à bâiller assez longuement, sentant la fatigue du voyage pesé peu à peu sur mes épaules. « Je me demande comment tu fais pour paraître en forme après une si longue route, quel est ton secret ? » Je me frottai les yeux, sentant que mon corps montrait tous les signaux de fatigue, mais l’esprit ne suivait pas pour autant. Je pris appui contre un petit muret, tout en ayant une pensée amusante au même moment. « Une chose est sûre, si jamais mon père souhaite me fiancer à un Whent, tu peux être sûre que je préférerais finir septa… » Un sourire amusé se dessinait tandis que je le regardais simplement.
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