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Une seiche parmi les orties ( FB 281 Hildegarde )

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MessageSujet: Une seiche parmi les orties ( FB 281 Hildegarde ) Ven 26 Mai - 9:33


Les Îles de fer

Flashback



On ne naît pas fer-né,
on le devient.
J'étais là, debout sur le pont oscillant mon regard sur l'ensemble du vaisseau. Vide, aussi désertique que les vastes étendues ibériques du sud de Westeros. Aucune âme qui vive ici bas alors que le temps semblait clément et que la brise soufflait dans les voiles tombantes des nombreux mâts. Un sentiment particulièrement étrange m'habitait à cet instant. Je ne me rappelais pas ou et comment j'étais parvenu à me tenir là sur cette étendue d'eau qui par delà les cordages et les voiles n’apercevait de terre, d'oiseaux, de vie par delà l'océan. Le mystère plane et pourtant le bateau semble immobile, stagnant dans une forme d’oisiveté malsaine qui ne me ressemble guère mais encore une fois je me retrouvais seul sur un navire, le mien à l'abandon. De nombreuses questions heurtèrent mes pensées si apaisantes et calmes soient-elles si tentées qu'elles aient une seule fois existées. Lentement mes yeux se posèrent sur l'escalier descendant dans les cales du navire. Peu à peu mes pas raisonnèrent dans sa direction et j'entrevoyais difficilement les rayons du soleil une fois arrivée en bas des marches. Mon navire avait-il été abandonné ? Avait-il subit une mutinerie ou une quelconque affliction qui poussa mes hommes à déserter le navire ? Pas de corps, pas de sang, aucune trace du passage d'un être humain et pourtant j'étais là observant de part et d'autres des tonneaux, des hamacs et des sacs de provisions si quelqu'un était là à m'attendre.

Un léger frisson parcourra l'ossature de ma nuque descendant le long de ma colonne vertébrale jusqu'au bas de mes reins. La froide sensation d'un œil me dévisageant sans dire mot. Par expérience je jetais un regard discret derrière moi. Ce que je voyais ne semblait en rien humain, quelques ressemblances pourtant portait à croire le contraire car cette forme squelettique et immobile regardait dans ma direction. Je n'arrivais pas à percevoir son visage, ses yeux, sa bouche sous cet amas de frusques décharnés et vieillis. La pigmentation de sa peau était noire, ses bras ballants le long de ce qui semblait être un corps amaigris camouflé d'une épaisse toile de jute et d'algues pourries. Aucun son ne sortait d'entre mes lèvres, ma gorge peinait à déglutir ne serait ce qu'un simple mot. Horrifiante créature qui subitement se laissait approcher par mes jambes qui ne ployaient pas sous l'inquiétude d'une telle apparition sur le navire fantôme qui était le mien. J'avançais lentement le craquement des planches et l'armature du bois sous le poids de ma personne rendait cette situation plus inquiétante au fur et à mesure que je me rapprochais d'elle. À mi-parcours la forme sépulcrale aux allures cadavériques descendit plus en profondeur au sein du navire. Un instant j'ai cru me tromper et devoir rebrousser chemin, sortir de cette vision terrifiante et angoissante qui me paraissait être le fruit pourri issu de mon imagination. Ma curiosité, ma soif d'exploration, mon questionnement sur sa présence ici même m'interpella à plusieurs reprises si bien qu'un pas en entraîna un autre laissant mon corps s'enfoncer à son tour dans les cales du vaisseau. Le faux-pont offrait quelques éclaircies si bien que la pénombre planant dans ce lieu humide et puant ne semblait pas si dérangeant à mes yeux. À cette vision mes sourcils se froncèrent alors que cette forme spectrale semblait belle et bien réelle. Se postant à quelques mètres de moi j'entrevoyais sa mâchoire aux dents noircies comme la gueule d'une créature sous-marine. Pourtant ses mains à la peau morte et desséchée laissait apparaître des phalanges squelettique et à forme humaine. La silhouette se releva me stoppant dans mon allure et je me figeais cherchant ma lame mais en vain. L'odeur putride se dégageant de cette monstruosité aux allures familières d'un kraken me donnait envie de vomir. Je ne comptais plus les relents infectes qui me tenaillaient la gorge. J'avais l'impression d'étouffer, de me noyer mais j'étais belle et bien debout face à ce qui ressemblait de plus en plus belle et bien à la mort.

Soudain une voix m'interpella m'extirpant de ce qui m'était apparut comme un rêve. Il avait plus des allures de cauchemars à mon sens mais tout semblait si réel. L'un de mes hommes me fixait aussi droit dans ses bottes, je pouvais comprendre qu'il attendait une réponse de ma part. Laquelle ? Ça je ne le savais pas. Machinalement je décollais mon corps de l'immense ossature de bois qu'offrait mon boutre reprenant mes esprits. « Qu'est-ce qu'il y a ? » Décrochais-je d'entre mes lèvres fixant de mon regard perçant l'individu. « Combien de temps restons nous à Orkmont capitaine ? » m'interpella t-il comme soucieux de pouvoir tremper sa pine aussi rapidement qu'il n'aurait pas le temps de dire ouf et nous serions déjà parti. J'arborais une légère moue, mon faciès restait aussi fermé et impassible que je ne répondais pas à l'instantané. « Je ne sais pas. » Déclarais-je avant de partir sans même qu'il est quoi que se soit à me reprocher ou à suggérer.

Ce port aussi vétuste et vide qu'il devait être d'habitude était pour le moins bondé en cette journée. Cette île était sous la domination Orkwood et Tawney. Mon père les tenaient par les couilles si se n'est pas l'estime et le respect pensais-je amusé de voir qu'il fallait qu'un Greyjoy débarque sur un rocher pour voir ce petit monde s'agiter. J'avais emprunter gracieusement des hommes au lord de cette famille aux fléau d'orties rouge et noir. Je revenais avec quelques uns d'entre eux, ceux en vie regagnant leur foyer nauséeux et les autres étaient entrain de nourrir les eaux profondes auprès du Dieu-Noyé.



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Dernière édition par Euron Greyjoy le Lun 29 Mai - 1:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une seiche parmi les orties ( FB 281 Hildegarde ) Sam 27 Mai - 12:27

« Sir Euron Greyjoy est revenu. » Lança sa mère d'une voix traînante en fixant le dos de sa fille. Hildegarde, penchée depuis deux heures sur une carte qu'elle était en train de parfaire, ne daigna même pas se retourner pour voir sa génitrice. A la place, elle pouvait sentir les deux yeux brûlants ses omoplates tant tout ça semblait être intense. Trempant sa plume dans l'encre, elle poursuivit sa tâche sans attendre plus, se disant que sa mère ne tarderait pas à refermer la porte derrière elle. Pourtant, aucun grincement. Rien que la respiration lourde et régulière de cette femme qui, sans qu'elle n'ait besoin de la voir, devait la mésestimer comme à son habitude. « Va le saluer. » Ordonna-t-elle finalement.

Hildegarde se figea. La crispation de sa main manqua de lui faire tâcher son œuvre, alors qu'elle se retourna vers la porte, désormais laissée grande ouverte et déserte. Ses yeux noirs se posèrent sur le reste de sa pièce, pour éviter d'avoir à hurler de frustration. Elle se contint du mieux qu'elle le put en se redressant. Son dos s'étendant finalement, elle ressentit comme un soulagement à allonger ses jambes et à marche. Elle attrapa un chiffon sur le bord de son bureau pour essuyer ses mains, sans prendre la peine de trop frotter. Elle n'entendait pas s'éterniser là-bas, des salutations comme ordonnées suffiraient avant qu'elle ne trouve un moment pour s'éclipser.

S'avançant vers la sortie, la blonde croisa sa mère. Les traits tirés par la vieillesse et la fatigue, un masque de mépris qu'elle portait à même la peau à chaque fois qu'elle voyait sa progéniture. La femme attrapa le visage juvénile de sa fille en soupirant de frustration. Elle tenta de frotter sur sa joue, sans parvenir à faire disparaître une autre tâche d'ancre. Abandonnant, elle n'ajouta rien, se contenter de pester silencieusement contre celle qu'elle envoyait accueillir leur souverain. Hildegarde suivit juste les pas de sa mère, sachant parfaitement ce qu'elle tentait : la faire souffrir. En la confrontant à l'homme responsable de l'échec d'une ancienne union.

D'un pas souple, elle descendit jusqu'au port, en tentant de garder pour elle toutes les remarques odieuses qu'elle avait en tête. Euron Greyjoy, seigneur de ces lieux, famille à qui elle devait allégeance, revenait sur leur île pour ramener les hommes qu'il avait pris en expédition. A chaque fois, Hildegarde s'était gardée d'aller le voir, ne pouvant soutenir son regard. Sa réputation le précédait de toute façon : Conquérant et impitoyable, il devait se moquer des marques qu'il laissait derrière lui, sur elle, et de sa propre réputation qu'il avait parfait malgré lui. La gorge nouée par la colère, Hildegarde ne sut si elle arriverait à articuler quoi que ce soit en arrivant.

Et pourtant, plantée sur le port, à fixer le navire approchant et accostant, elle se savait obligée. Montrer ses respects, proposer ses services, s'arranger pour que la famille Tawney ne passe pas pour la pire de toute sur les îles de fer ; c'était en ça que sa mère était cruelle, souvent. Difficile de comprendre à quoi elle jouait, quelle était la leçon qu'elle tentait de lui apprendre par la force des choses. En tout cas, lorsque l'homme put poser pied à terre, elle le fixa jusqu'à ce qu'il arrive en face d'elle. Là, elle courba doucement la tête, quittant ses yeux glaçant pour lui laisser un « Sir. » étranglé, et presque timide.

Elle releva le nez juste après, en tentant de parfaire son masque d'impassibilité. Elle soutint le regard aussi, pour voir dans les yeux de l'homme une lueur qu'elle n'aurait su interpréter. Se raclant la gorge, elle se dit sur le moment qu'il ne devait pas savoir qui elle était, ce qu'elle faisait là, et pourquoi son oncle n'avait pas fait le déplacement lui même pour le recevoir : « Hildegarde Tawney, de la Maison Tawney. Mon oncle aurait été ravi de vous accueillir, mais il est parti il y a quelques jours vers Harrenhal pour le tournoi. Il vous transmet ses respects. » Et elle poursuivit : « Avez-vous besoin de quelque chose ? » d'une voix aussi courtoise que possible.



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MessageSujet: Re: Une seiche parmi les orties ( FB 281 Hildegarde ) Dim 28 Mai - 3:43


Les Îles de fer

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On ne naît pas fer-né,
on le devient.
Mon regard semblait ne pouvoir entrevoir la complexité de cette Île. Il n'y voyait que des monceaux de cadavres brisés projetés au travers des boutres. Les flammes envahissaient les embarcadères, les corps inertes flottaient à travers l'eau bouillonnante de la mer. Cette vision il l'avait réellement vécu. Il en était sûr, il n'était pas fou. Les expéditions se faisaient plus périlleuses, plus coûteuses, les hommes eux ne manquaient jamais. Nous pouvions être des centaines, des milliers mais rien ne pouvait nous arrêter. Ce nous n'avait que vocation de faire croire qu'il était une cohésion commune, un choix unanime alors qu'au fond il n'en résultait que de ma propre décision. Je n'avais guère peur de m'attirer les foudres de mes propres frères. Ceux qui avaient tentés de me faire comprendre une autre vision que la mienne étaient morts depuis belle lurette. J'entrevoyais leurs silhouettes, ils avaient beau être vivant il n'en restaient pas moins des cadavres puants. Un jour peut être je serais forcé d'admettre que le plus effroyable et le plus belliqueux d'entre eux portait le simple nom d'Euron. La populace s'avance, troque, grogne, s'écharpe pour quelques pièces. Nous sommes des monstres pour nos semblables. Nous ne valons rien aux yeux des continentaux, rien de plus que de la vermine bonne à être utilisé habilement comme prétexte à de nombreux conflits. La haine est le meilleur moteur d'un régime pour nourrir le ventre criant famine de ses sujets. Il n'a qu'à désigner un ennemi commun et tous oublient à quel point leur souverain n'est rien de plus qu'un vulgaire charognard.

J'avais très peu d'estime pour les continentaux. Ils étaient aussi vantard que peureux. Si mon père cherchait à feindre la guerre, préserver les apparences et se mettre à ployer le genou, il était très mal tombé avec nous. Sa progéniture n'était pas du tout de cet avis là. Il ne le serait jamais, pas de cette façon là. Une silhouette s'aventure vers moi. Elle était plus frêle d’apparence, cheveux longs et d'une couleur bien plus éclatante qu'habituellement. Je ne quittais pas la foule et l'océan des yeux pour autant, encore un soupirant voulant se montrer loyal à travers quelques manières de cul-terreux. Il osait parler le bougre pensais-je alors que sa voix me sembla bien fluette pour un homme. Une gueuse ? Assurément pensais-je, encore une qui cherche à se faire flanquer une bonne raclée. Je n'étais pas d'humeur, l'air imprégnant mes narines aspirait à reprendre la mer et sentir le vent frais remuer l’odeur d'iode et d'embruns. Je jetais finalement un coup d'œil toisant la jeune femme de haut en bas sans conviction apparente. Ce qu'elle déclara alors piqua étrangement de l'intérêt. Mon esprit vagabond recentra l'attention sur la prénommée Hildegarde Tawney. Je pestais entre mes lèvres ce qu'elle me baragouinait, que se soit vraie ou non je n'étais pas enclin à entendre parlé de ce foutu tournoi d'Harrenhal. « Si ton oncle veut me lécher les burnes qu'il vienne le faire lui même. » Lançais-je d'un ton désinvolte et taciturne. « Envoyer une femme faire le sale boulot...Tss tout se perd je vous jure... » Poursuivais-je mes bras croisés contre mon torse bombé délaissant la médiocrité se profilant autour de ma personne pour poursuivre mon chemin. Pourtant quelque chose me retint, il y avait pas grand chose, presque rien. En revanche elle, elle était bien présente. « Cesse de t’emmerder et faire semblant d'être courtoise. On est pas là pour ça. » Lançais-je plissant mon regard céruléen sur son joli petit faciès. « Hildegarde c'est bien ça ? » Demandais-je essayant de scruter les quelques détails affermissant ses traits. « Emmène moi jusqu'à ton père. Si toutefois il est prêt à me recevoir. » Poursuivais-je alors que curieusement j'étais peut être en présence de la pucelle qui devait épouser un de ces feignants crevé au fond de la mer.

Je soupirais, expirant presque l’entièreté de mes poumons. Il était peu probable que se ne soit pas elle qui devait se faire culbuter en mariage par l'un de ces souillons. « Tu as pas l'air très envieuse de ta situation. » forcé de constater qu'elle était forcément venue contre sa volonté. Je crissais ma barbe avec une forme de concentration. « À la réflexion tu pourrais m'être utile. » Déclarais-je à mi-voix, inaudible de la foule et à moi même. « Du papier et de l'encre c'est ce que je veux et maintenant. » Mes paroles allaient assurément la surprendre, je n'en attendais pas moins mais c'était sans percevoir de mon regard perçant ces quelques tâches sur sa peau et les pans de ses vêtements. Perspicace, observateur il fallait l'être pour entrevoir ce genre de choses. N'importe quel bouffon n'aurait fait aucun effort pour entrevoir ce qui accaparait désormais leur capitaine à cet instant.  



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MessageSujet: Re: Une seiche parmi les orties ( FB 281 Hildegarde ) Dim 28 Mai - 10:55

Une humiliation, voilà ce que c'était. Voilà ce que sa mère avait grand besoin qu'elle apprenne. La réponse, glaçante, de son vis-à-vis, la fit frissonner et redresser l'échiner presque immédiatement, comme pour se mettre instinctivement aux aguets. Le dos raidit par l'ambiance entre eux, les muscles tendus par les propos d'Euron Greyjoy, Hildegarde tenta de ne pas perdre sa contenance histoire de ne pas se montrer aussi odieuse que lui. Il y en avait qui avait la chance de naître dans la bonne famille. Sans doute que s'il avait été à sa place, le blond en face d'elle n'aurait pas été si prompt à être une plaie.

De surcroît, l'homme la mettait dans une fâcheuse position : Cesser de s'embêter à faire semblant d'être courtoise ? « Comme si j'avais le choix. » Grogna-t-elle sèchement, avant d'avoir déjà envie de se fouetter avec des orties. Se taire, c'était bien la seule chose qu'elle devait faire. Son seul choix, à dire vrai. Les personnes de sa condition, dont le nom ne reflétait pas la grandeur, et le sexe l'autorité, n'avait pas le droit d'avoir un quelconque choix. Euron Greyjoy pouvait bien être en avance sur son temps (d'une certaine manière), il était aussi totalement à côté de ses pompes.

Elle hocha seulement la tête à la remarque de l'homme. La conduire à son père donc : voilà qui était tout à fait dans ses cordes. Mais alors qu'elle s'apprêtait à bouger, lui ne le fit pas d'un pouce, se contentant de l'observer de haut en bas. Hildegarde pouvait avoir une certaine fierté, souvent très mal placée, mais elle devait bien admettre sur le coup que c'était bien la première fois qu'elle se sentait ainsi réduite à l'état d'objet. C'était ça le plus dur à accepter dans son existence : le fait de ne même pas avoir le droit d'être une personne. Au mieux, une sorte d'espèce un peu en dessous d'un homme.

Et pour le coup, la réflexion de l'homme lui arracha un rire incontrôlable. Court, sec, qu'elle ravala presque aussitôt en regardant le Greyjoy droit dans les yeux. Était-il sérieux ? Envieuse de sa condition ? Comment pouvait-elle seulement l'être ! Il la traitait comme un mouchoir, au mieux, lui parlait probablement encore plus mal qu'à ses propres hommes. Et elle devait le remercier pour ça ? Euron avait de toute façon la réputation de se moquer de plein de choses, comme s'il était capable de ne pas sentir la pluie. Si seulement ça avait été son cas. Si seulement elle n'avait pas eu peur de se mouiller, probablement lui aurait-elle soufflé une remarque à son image, aussi tranchante que sa lame.

« Le seriez vous ? » Demanda-t-elle simplement : « Envieux, à ma place. » Précisa la blonde ensuite, en haussant les épaules. Sauf que pour le coup, sa requête à propos d'encre et de papier lui arracha un sursaut : Qu'allait-il en faire ? Lui, il savait lire et écrire ?! Probablement, à part s'il prévoyait de lui faire un beau dessin pour le lui offrir... Aussi tentante qu'était cette option, elle semblait aussi parfaitement irréalisable. Pourquoi voulait-il ça ? Pour... Balancer des choses sur elle à son oncle, en disant qu'elle l'avait mal reçu ? Pitié, non... Encore plus raide qu'à son arrivée, Hildegarde avait plutôt envie de s'enfoncer des épines dans les yeux...

Mais encore une fois, le choix n'était absolument pas de son côté. « Voulez-vous voir mon père ou votre papier et votre encre avant ? » Dans les deux cas, la femme lui fit signe de la suivre, se retournant à se rendre vers son point de départ, talonnée de près par son invité. La blonde avait néanmoins nettement l'impression qu'avec lui à ses côtés, le temps s'était presque immédiatement assombri. Ou était-ce seulement ses doutes et sa mauvaise humeur qui lui brouillaient la vue ? « Mon père et mon frère sont à l'entraînement. Le temps pour vous de... D'écrire votre lettre, ou quoi que ce soit, ils vous retrouveront après. » Signifia-t-elle pour l'informer.

Le chemin jusqu'à sa bâtisse était escarpée et accidenté. Les habitations étaient, pour la majorité sur cette île, construites en fonction du dénivelé, toutes faites de bois et de récupération, arrangées comme elles le pouvaient par l'oeuvre de l'homme. Hildegarde aimait comparer l'endroit à un cimetière de navire amélioré, car la majorité des façades étaient faites avec des bouts de bateaux détruits, usés, ou rongés par la moisissure. Ils avaient un peu de route à faire jusqu'à chez elle, mais pas pour autant beaucoup à admirer de leur position. La blonde jeta à deux reprises un coup d'oeil en arrière, pour simplement se délecter de la vue, ce qui lui tira instinctivement un petit sourire en coin.

Et dans sa tête, elle pouvait aussi entendre la voix de sa mère. « Fais lui la conversation au lieu de sourire bêtement ! » et qu'avait-elle à lui dire, à cet homme ? Des reproches, ça oui. Mais pas grand chose d'autre à priori. Elle tenta : « Permettez vous que je vous fasse la conversation comme je le dois, ou est-ce que vous penserez instinctivement que je suis venue 'vous lécher les burnes' ? » Elle allait finir par se faire cogner, si elle poursuivez sur ce chemin. Mais elle ne pouvait s'en empêcher, s'armant d'une pointe d'ironie : « Est-ce que les hommes de mon Oncle vous ont été utiles lors de cette expédition... ? » Commença-t-elle avant de sonder le regard de son partenaire, essayant de construire une réponse qui pouvait lui ressembler : « Ou sont ils tous des incapables ? »



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MessageSujet: Re: Une seiche parmi les orties ( FB 281 Hildegarde ) Dim 28 Mai - 14:53


Les Îles de fer

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On ne naît pas fer-né,
on le devient.
Non contente de son triste sort ? La présence d'un guerrier aussi brusque que virulent dans ses propos la gênait-il tant ? Il n'y avait pas de quoi se crisper, après tout je parlais de son oncle lui dévoilant aussi le dédain que je portais à cette raclure des mers. Elle avait dans sa gorge de bien jolis mots. J'écoutais l'oreille distraite et pourtant il fallait l'admettre elle me faisait presque bander. Alors que je poursuivais mon chemin à éplucher celle-ci comme un vulgaire bouquin sous toutes ses coutures ou presque je déclarais solennellement. « On a toujours le choix. » rétorquais-je assombrissant ma vilaine trogne à son égard. Oui la vie était faites de choix, les miens étaient tous aussi courageux que rusés, dangereux et empreint d'une flaque d'eau reflétant une forme certaine de stupidité. C'est vraie que la vie ne nous donnait pas forcément ce que nous voulions obtenir ou être. Il n'était pas question pour autant de se laisser faire et surtout de ne rien faire. L'oisiveté et la passivité ne faisaient pas partie de mon vocabulaire. Pitié épargnez moi ces simagrées. Voulait elle que nous pleurions sur son triste sort ? Voulait-elle que son destin change ? Avoir une paire de couilles et une pine à la place de son huître ? Ce n'était pas ça être un fer-né, il fallait peut être l'éclairer à ce sujet. Son éclat de rire me surprit et ma mâchoire carnassière était prête à lui rompre son sale petit cou. Je dévisageais son faciès, mes dents grinçantes contenant une colère sourde. Prend garde à toi je ne suis pas du genre patient petite teigne. Elle était loin d'être stupide, un peu arrogante sur les bords mais, je n'allais pas m'en plaindre après tout j'étais aussi vulgaire qu'il s'agissait là de la fille d'un seigneur ou de son père lui même. Tous savaient à quel point j'avais mauvais caractère.

L'orgueil frappait à sa porte. Susurrant de violentes réprimandes à son encontre mais, je n'en avais ni l'envie et encore moins le temps. « Envieux ? Non, non bien sûr que non. » Rétorquais-je expirant un souffle entre mes lèvres prenant ça comme une mauvaise blague que je n'arrivais même pas à en comprendre le sens. « Une Tawney obéit mais, que fait elle pour changer sa vie ? » Questionnais-je avant de répondre aussitôt laissant un sourire narquois naître sur mes lèvres. « Elle ne fait rien. » Terminais-je penchant mon visage de côté en scrutant une quelconque réaction. L'ordre des choses était ainsi, pour l'instant c'était le cas de le dire. Nos positions et notre nom aussi purulent proliféraient depuis longtemps mais ce ne fut pas toujours le cas. Un jour qui sait quelle maison et odieux personnage trônerait sur cet amas de gravas flottant ? Je poursuivais le chemin à ses côtés. J'étais insensible aux attraits de cette île, comme toutes les autres finalement. Mes expéditions avaient portés à mon regard de bien mystérieuses contrées exotiques. Les Îles de fer ne valaient rien face aux citées libres par delà le détroit. Peu d'entre nous pouvaient se vanter d'être assez intrépide pour se risquer à naviguer dans ces mers. Il fallait être fou ou stupide pensait souvent  le commun des mortels. Ils n'avaient sûrement pas tord, j'étais peut être empreint de ses deux adjectifs. Ce n'était pas bien important, je me foutais bien de ce que les gens pouvaient penser. Mes actes parlaient d'eux même, il n'y avait rien à ajouter. L'encre et le papier attendraient que nous soyons tous les deux à l’intérieur de cette forteresse. Une place forte en ruine tout comme Pyk. Il aurait suffit d'une simple tempête pour que ce château de sable s'effondre sur nous. La bourrasque de trop, à l'évidence ça n'aurait rien changé. La pierre craquelée des remparts semblait ne faire qu'un avec l'ensemble de l'îlot. Nous faisions avec ce qu'il restait des ressources aussi infimes soient-elles. Nous n'avions pas besoin de beaucoup, juste assez pour subsister. Le reste résultait de nos pillages à travers les mers.

Je portais en horreur l'attente d'un seigneur. Si je n'étais pas si magnanime aujourd'hui je n'aurais sûrement pas souhaiter le rencontrer. Pourtant je me plaisais à suivre cette tête blonde qui devait prendre quelques pincettes pour ne pas éveiller le kraken résidant sous la mer. Elle avait une bien belle façon de parler, sa langue bien pendue méritait peut être d'être arrachée. Je souriais  naïvement à cette pensée observant les abords de la maisonnée. « Venant de toi cela ne m'aurait pas déplu. » Glissais-je entre mes lèvres. Je restais  un peu en retrait, il n'y avait rien de pressant outre l'idée de quitter cette saloperie de terre. La conversation ou un acte sexuel, peut être les deux quoique je n'étais pas d'humeur à palabrer tout en forniquant. Je ne percevais pas vraiment ou elle voulait en venir. Ces paroles insidieuses semblaient refouler un désir enfoui, d'envier la vie que je menais et de mon statut d'homme. « Nous combattons, c'est ainsi que nous gagnons et c'est ainsi que nous mourrons. » Déclarais-je fronçant mon regard sur l'immense bâtisse. Je ne répondais pas directement à sa question. J'en avais le droit, je pouvais faire ce que je voulais de toute façon. « Ils ont exécutés mes ordres, et pour ça ils sont morts. » Entamais-je avant de reprendre. « Aurais-tu préférée partager leur sort ? Cela peut s'arranger tu sais ? La mer regorge d'incapables et je ne manque pas de place sur mon boutre. » Remarque salée et subtilement placée, je ne voulais pas me repaître sur ces restes surtout à l'approche du domaine de son père. Néanmoins l'intérêt qu'elle portait outre l'excuse futile de me faire la conversation était plutôt intriguant pour une donzelle. Non pas que la plupart des femmes des Îles de fer étaient plus capable de se laisser transpercé par des queues que des épées. « L'un d'entre eux devait t'épouser non ? » Lançais-je volontairement remettant sur le tapis le souvenir grisant d'un de ces gueux d'une maigrelette maison avoisinante. « Ce n'est pas le premier à ce que je sache, ils ont peut être de la chance dans leur malheur. » Terminais-je n'attendant pas vraiment de réponse de sa part mais elle était peut être forcée de me répondre.   



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MessageSujet: Re: Une seiche parmi les orties ( FB 281 Hildegarde ) Dim 28 Mai - 15:35

Si prompt à parler de ce qu'il ne connaissait pas. Lui même n'enviait pas sa place, mais s'amusait finalement à la juger comme s'il lui parlait depuis toujours. Hildegarde avait surtout envie de l'étrangler. De nature pacifiste, qui frisait avec de l'indifférence, elle avait rarement eu de telles idées ou désirs à l'égard d'une personne. Mais d'une certaine manière, Euron Greyjoy lui inspirait énormément de sentiments contraires. Elle se devait de le respecter, de lui prêter allégeance et tout ce qui allait avec. Mais clairement, dans la lignée des Greyjoy, il était le pire. Égocentrique, malavisé, violent, timoré... elle avait l'impression qu'en le côtoyant de si près, elle pourrait contracter les mêmes symptômes. C'était sans doute pour ça qu'elle avait envie de jouer avec lui.

Se gardant bien de répliquer, même si l'envie ne lui manquait pas, elle fit comme si elle n'était pas vexée et poursuivit sa route avec lui à ses côtés. Droite comme un I, elle ravalait sa fierté et son arrogance du mieux qu'elle le put. Même la remarque glissée par le fer-né à son égard, et qui faisait allusion à des pratiques sexuelles en sa compagnie, ne la fit que soupirer silencieusement en levant les yeux vers le ciel... Il ne lui épargnerait donc aucune offense. Il pouvait toujours se la coller derrière l'oreille ou s'en faire une écharpe, il n'était pas question qu'il puisse profiter d'elle : « Je vais tenter de prendre ça comme un compliment. ». Fit-elle avec un sourire forcé.

A dire la vérité, cette éventualité était plus effrayante qu'autre chose aux yeux d'Hildegarde. Elle pouvait encore se souvenir des interminables discussions avec Serah, ou les lettres que les deux femmes s'envoyaient pour tenter de partager au mieux une existence qui les avait progressivement séparé. Les doutes qu'elle avait eu, avant son mariage avec le frère d'Euron, sur le joie de la vie commune, ou encore de ce qu'il se passait dans l'intimité d'une chambre pour un couple uni... si les choses avaient évolué pour elle, Hildegarde ne pouvait pas en dire autant sur son avis là-dessus. Au fur et à mesure, elle savait de quoi elle avait besoin pour ne pas prendre ça pour une besogne : D'un homme qu'elle respecterait.

Et jusqu'ici, elle n'avait trouvé que des servants bêtes à manger du foin. Même si la blonde avec des exigences conséquentes, elle se disait qu'un spécimen de ce genre ne pouvait pas être si rare que ça, finalement. Elle essuya ces pensées d'un revers de main, avant de relever le nez vers un Euron tout en provocation. Venir avec lui ? Elle n'attendait que ça, peu importait ce que ça impliquait. La mort ne lui faisait pas peur... Mais combien de fois l'avait-on retenu ici, par principe ? Des centaines. On ne voulait pas d'elle sur un pont, mais pas parce qu'elle était bonne à rien. Seulement parce qu'elle était la fille d'un homme, certes, indifférent à son égard en général, mais qui tenait à avoir un prix à offrir.

« Vous me proposez d'embarquer avec vous ? » Demanda-t-elle en faisant exprès de déformer ses propos. Ses cils papillonnèrent un instant : « La plupart des guerriers sont frileux à ce sujet parce que je ne sais pas me battre. » L'informa-t-elle avec un sourire forcé. « Par contre, je sais naviguer, contrairement à bien de vos hommes qui vous ont emmené dans des tempêtes sans savoir les prédire. Avec moi à vos côtés, vous n'auriez plus à vous soucier d'arriver à bon port, où que soit ce port. » On pouvait la taxer d'arrogante, mais aussi de réaliste pour l'occasion. « Reste à voir si vous êtes frileux, vous aussi. » Provoqua-t-elle habilement d'un air doux et faussement naïf.

Et la dernière question du guerrier lui arracha un froncement de nez, trahissant son agacement. Elle se contenta d'encaisser la remarque. Ces hommes étaient peut être chanceux oui. Personne ne le saurait avant qu'elle ne puisse en effet se marier. Elle n'était en soi pas une femme si pénible, à partir du moment où on lui offrait la possibilité d'être libre. De naviguer. Un homme qui accepterait de l'embarquer aurait ses faveurs avec la bague au doigt. Ça l'empêcherait probablement d'avoir l'impression d'être juste coincée dans une existence malheureuse, juste bonne pour enfanter, pas pour penser. Et c'était ça le plus compliqué : couper la machine à pensées.

« Je ne vous tiendrais pas rigueur d'amener ces hommes à la mort, s'ils ne sont pas capables de rentrer par eux-même. » Souffla-t-elle sur le même ton. « C'est convenable de rester seule, vu que c'est avec soi qu'on doit vivre ici. C'est juste... Embarrassant d'avoir une réputation qui fait craindre le pire quand on ne fait rien pour ça. » Peut-être attirait-elle le malheur pour qui devrait être proche d'elle. Peut-être portait-elle la poisse à ses promis. Elle n'était pour l'instant sûre de rien, et espérait d'une certaine manière que ça ne soit pas vraiment le cas.

Ils gravirent les dernières marches jusqu'à l'entrée de la bâtisse des Tawney. Une large structure, plutôt cossue, ainsi qu'effrayante tant elle semblait dominer l'île. Rien d'aussi élégant néanmoins que ce qui pouvait s'admirer à Westeros. Ni de très chic par ailleurs. Elle poussa la large porte en bois qui grinça sous sa force, laissant la place à Euron d'entrer après elle. Refermant juste derrière lui, elle croisa quelques servantes en leur demandant de préparer de quoi manger et boire pour leur invité du jour, avec une pointe d'autorité dans la voix. Les femmes s'esquivèrent. L'endroit était silencieux, signe que sa mère devait être sortie chercher les autres rustres de la famille.

D'une démarche dansante, elle parvint jusqu'à sa salle ou elle dessinait, surveillant que l'homme la suivait toujours de près. Passant dans un long couloir, ils parvinrent tous deux jusqu'à une salle de vie faite de mur en pierre, soutenu par du bois. Le parquet irrégulier grinçait sous leur poids. Une flamme légère dansait dans l'antre de la cheminée en plein centre de la pièce. Plus loin, une porte donnée sur les cuisines. Puis une autre sur un couloir dans lequel elle s'engouffra avant de bifurquer dans une pièce plus étroite. Une petite fenêtre donnée pile sur un bureau qu'elle s'engagea à ordonner. Rangeant méthodiquement ses cartes dans un petit étui, elle prépara simplement une feuille et le petit bocal d'encre avant de tirer sa chaise pour laisser place. « Avez vous besoin d'autre chose ? » Demanda-t-elle poliment.



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MessageSujet: Re: Une seiche parmi les orties ( FB 281 Hildegarde ) Dim 28 Mai - 16:55


Les Îles de fer

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On ne naît pas fer-né,
on le devient.
Sa compagnie aussi inhabituelle et peu commune en l’occurrence commençait elle à apprécier l'individu ? Peu probable tout poussait celle-ci à fuir loin de lui comme la peste. Elle était habile, à voir si ce qu'elle avait entre les cuisses était aussi plaisant à ouvrir que sa bouche pour déglutir. Ils m'appellent l’œil du kraken. Un surnom qui ne me déplaît pas non. Au contraire cela me rend parfois prêt à trancher la gorge de Balon, jeter son corps par dessus bord et étrangler l'esprit fébrile du vieux kraken qu'incarne Quellon. Ainsi je serais roi, de cette façon je pourrais rendre au Dieu-Noyé ce qui lui revenait de droit. Une place de choix dans la caboche qui me servait de tête et une dévotion sans pareille pour servir mes plus viles intentions. Une couronne de sel et de fer imprégnée d'une écume noire et stagnante comme le sang se diluant au travers de la mer. Attention à toi jeune pucelle, je ne suis pas homme à lancé des paroles en l'air. J'expirais l'air dans un sifflement aussi palpable que la morsure d'un serpent.

À ses yeux cela semblait surprenant. Une invitation ? Pour sûr si elle était utile elle pouvait bien envisager de s'engager dans une expédition à mes côtés cela ne faisait pas l'ombre d'un doute. La peur n'évite pas le danger si elle se targuait de ne pouvoir se battre elle devrait rapidement prendre part à ce genre d'événements aussi commun et enivrant que les quelques bouteilles de rhum que mes hommes s'enfilaient des nuits durant. Ses paroles furent un peu plus intrigantes soudainement. Ne pas savoir se battre n'était un inconvénient. Au pire elle crèverait à la première occasion et se serait de l'histoire ancienne. Il n'y avait rien de très conventionnel, quand on regarde Aeron, l'avant dernier de la fratrie entrain de couiner comme le pourceau d'enfant fragile qu'il est cela n'avait guère d'importance. En revanche ce qu'elle avançait était plutôt plaisant. Prendre le risque de mentir par contre était une vilaine manie dont aucun n'avait oublié mon sens impitoyable d'agir en conséquence. « J'ai bien du mal à croire ce que tu avances. » Lançais-je dans un ton de défiance et plus soucieux d'obtenir preuve de ce qu'elle affirmait soudainement comme par enchantement. « Si c'est vraie je n'ai qu'une parole. » Ou pas, évidemment que le mensonge était une façon de prendre le contrôle, d'influencer les petites gens. Hildegarde devait me prouver la véracité de ses arguments. Et puis pourquoi me mentirait-elle si ce n'était pas vraie ? Se jouer d'un Greyjoy était la réponse selon moi la plus évidente.

Je scrutais silencieusement la forteresse aux allures familières et si peu avenante. Le vent souffle et s’engouffre tout comme au travers de la haute forteresse de Pyk. Terne et empreint de défiance est mon regard quand celui-ci se fixe sur cet édifice décharné aux allures d'un navire fantôme inanimé et prêt à sombrer à travers l'océan. La pierre noire reflète les ravages du temps et de l'eau salée contre ses parois arborant le bois d'une charpente moisie et des charnières rouillées tenant solidement en place par je ne sais quel miracle. L'allure austère de la forteresse et l'humidité qui proliférait telle le lichen sur la pierre donnait le ton de l'histoire de notre nation. Je marchais à une allure modérée enfonçant mes bottes à travers le sable jonché des débris calcaires, de coquillages et du corail approvisionnant l'île dans sa simple subsistance. Étrange sensation que de se sentir chez soi d'une certaine façon. Les gonds rouillés de la porte grincèrent me permettant d'entrer. J'avais encore bien des choses à dire, à répondre à ce discours qui prenait une allure pathétique et touchante. Qu'était elle entrain d'insinuer ? M'émouvoir sur son triste sort alors qu'elle ne cherchait pas à se défaire de l'autorité de son père ? Vouloir et pouvoir étaient deux choses bien différentes j'imagine. « Personnellement je ne suis jamais seul ici. » Répliquais-je en tapotant le côté gauche de ma tempe de mon index. Je souriais de manière malsaine car après tout qui savait ce qui se produisait au plus profond de mon être ? Les gens parlent beaucoup, ils avancent des arguments, des mœurs, des rumeurs et enjolivent bien souvent la réalité. Pour elle c'était la réputation d'une veuve noire, se marier à la mort quand on sait qu'elle a été plusieurs fois promises à des poltrons aussi incompétents que violents. Ils étaient tous mort sans exception. Beaucoup de malchance mais les couches les plus basses de la population y voyaient quelque chose de plus effrayant. « C'est le lot de  beaucoup de gens ma jolie. Regarde moi je ne m'en porte pas plus mal pour autant ? » Déclarais-je souriant machinalement plissant mes lèvres avec un rictus des plus angoissant.

J'arpentais le dédale des couloirs et des marches humides et froides de la forteresse. Mon visage s’illuminant au contact des torches qui peinaient à survivre dans cette lugubre demeure. Avais-je été  l'instigateur de tout ce qui se tramait ici ? Nullement besoin de moi pour cela pensais-je jouant de l'obscurité des lieux pour passé telle une ombre à travers les parois étroites et les chemins étriqués du bastion. Je la suivait de près, les servantes semblaient aussi peureuses que chez nous. Avaient-elles eux vent de ce que je faisais subir à celles de mon père ? Peut être, c'était une pensée plutôt amusante.

Aussi austère soit l'ensemble de la pièce les parchemins que j'entrevoyais m’interpellèrent aussi sec. J'avançais d'un pas rapide vers l'ensemble de la table apposant mes mains contre le rebord de la table écarquillant mes pupilles étrangement lumineuses sur l'instant. Hildegarde s'empressait de ranger tout ce qui lui semblait être un tas de bazar. Mes lèvres se plissèrent feintant d'en mordre le bout gercé. Cette fois je me tairais dans un mutisme aussi nue qu'une jeune et fragile femme sel s'approchant du bourreau qui allait la battre et violer le peu d'innocence qu'elle avait connue. « Qui a fait ça ? » Questionnais-je le regard grave et le front plus soucieux que je ne l'arborais jusqu'ici. Je pointais du doigt ce qu'elle avait dans sa main sans prendre connaissance du papier et de l'encre qu'elle me fournissait gracieusement. Je faisais vite le lien entre les tâches d'encre sur ses mains et les pans de ses vêtements mais je voulais l'entendre de sa propre bouche.



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MessageSujet: Re: Une seiche parmi les orties ( FB 281 Hildegarde ) Dim 28 Mai - 17:40

« Quel intérêt aurais-je à mentir ? » Rétorqua-t-elle presque sèchement à son vis-à-vis, comme s'il la prenait vraiment pour une idiote. C'était une question sérieuse, à laquelle elle attendait une réponse sérieuse. Une seule, d'ailleurs : Aucune. Mentir à un Greyjoy était parfaitement inconscient, et Hildegarde ne voulait pas mourir pour une bêtise de ce genre. Si elle pouvait se montrer parfois naïve, elle n'était pas pour autant la dernière des imbéciles, et savait ou se trouver le danger. Présentement, entre eux, c'était lui l'homme le plus dangereux. Elle ne lui ferait rien parce qu'elle le craignait et à raison. Et elle s'arrangerait pour qu'il ne tente rien en retour, s'adoucissant la seconde d'après : « Je tiens à garder la tête sur mes épaules. » Expliqua-t-elle.

Sûrement se demandait-il si elle était aussi bourrée de talents qu'elle le prétendait. Exagérait-elle pour s'attirer ses faveurs et obtenir ce qu'elle voulait ou était-elle juste consciente de ses capacités ? Hildegarde avait appris à s'estimer, à prendre connaissance de ce qu'elle valait aux yeux des autres. Elle n'était pas une personne bien sous tout rapport, elle avait ses défauts, mais aussi des qualités importantes et utiles. Non, elle ne savait pas coudre, broder, border ou s'occuper d'un enfant. Non, elle ne savait pas comment prendre soin d'une maison ou d'un mari, l'art d'être en couple lui passait largement au-dessus. Celui de la navigation par contre était comme une seconde peau, malgré le peu de fois où elle avait pris la mer.

Elle ne trouva rien à répondre à l'individu lorsqu'il témoigna du fait qu'il n'était pas seul dans sa tête. Elle s'en doutait. Le monde entier s'en doutait, mais personne n'osait le dire de cette manière. Si lui l'admettait, c'était probablement déjà une bonne chose. Quoi que sur le coup, vu la fierté que tirait Euron pour sa supposée folie, elle n'en était pas persuadée. Il fallait dire que s'il avait autant de voix dans sa tête, il ne devait jamais se sentir vraiment seul. Restait à savoir ce qu'ils se disaient entre eux... Quel genre de conversation tenaient-ils dans son esprit ? Que voyaient-ils ? Qu'entendaient-ils ? Jusqu'à quel point un homme comme lui pouvait frôler avec l'aliénation complète et est-ce que son paternel comptait y faire quelque chose ?

Hildegarde n'entrevit aucune des réponses à ces questions. Par contre, elle espérait que l'époux de Serah était moins vicieux et terrifiant que lui pouvait l'être présentement. Elle priait même tous les Dieux existants dans ce monde, pour que la blonde ait pioché aux jeux des septs familles le moins pire de tous. Nouveau soupir, ils arrivèrent à l'endroit désigné. La jeune femme fut prête à laisser sa place au Greyjoy, ainsi que l'intimité et l'espace qu'il lui fallait. Tentant de se soutenir à l'idée de laisser SON espace à un homme comme lui alors que tout ça lui était difficile, elle fut contrainte d'exposé ses œuvres à l'oeil de son invité, qui lui posa immédiatement la question de savoir à qui tout ça appartenait.

Pinçant les lèvres, la blonde se tut un long moment. Ses yeux allèrent de ses cartes au regard pénétrant d'Euron, alors qu'elle sentait son estomac se tordre. D'ordinaire, elle tirait une certaine fierté de son travail : Alric n'avait de cesse de lui dire qu'elle excellait, tant la précision de ses œuvres était prodigieuse. Si elle y passait des jours, elle rendait toujours un résultat proche de la perfection, parce que ça lui tenait à cœur. Là, le ton grave de son vis-à-vis laissait presque entendre qu'il y avait quelque chose de mal à son entreprise, et elle ne put soutenir ses yeux plus longtemps. Sur le coup, Hildegarde avait juste l'impression que le sang avait quitté son visage, et qu'elle se glaçait.

« Ce n'est... Rien, juste des... » Elle se coupa dans la précipitation, eut l'impression que ses joues étaient en train de chauffer la seconde d'après. Elle aurait préféré qu'il ne demande rien, qu'il ne pose aucune question. Qu'il les méprise, au mieux, en pestant à l'extrême limite. Elle se reprit avant d'articuler : « Des gribouillis sans intérêts. » Là n'était pourtant pas la question. Il voulait savoir qui, et Hildegarde n'eut presque pas envie de lui répondre. Tourner les talons en partant en courant lui semblait presque une bonne idée sur le coup, mais elle eut l'impression de se retrouver amputer de ses deux jambes, figée sur place.

« C'est... C'est de... moi. » Bafouilla-t-elle un instant en baissant le regard, presque honteusement. « Si vous les voulez, si vous en avez besoin, prenez-les. La majorité est terminée. » Sur le coup, Hildegarde eut l'impression de recracher un morceau de charbon encore brûlant à sa proposition. Ça lui en coûtait de les donner, mais surtout, de prêter le flan à la critique. Il pourrait s'en moquer, rire d'elle et de son passe-temps, lui dire qu'elle était complètement folle de croire que tout ça avait un quelconque intérêt pour le bien de la communauté. Des propos qu'elle ne tenait pas à connaître, encore moins venant d'un Greyjoy.

C'était son œillade, si sérieuse, qui la décontenançait complètement. Elle fit mine de se reprendre alors qu'elle se sentait fébrile en son sein, avant d'immédiatement tourner les talons. Le moment de fuir était probablement venu, de retirer ce poids oppressant de sur sa poitrine comprimée par l'angoisse d'un jugement de sa part. Pourquoi ? Elle se moquait de savoir si sa mère trouvait ça absurde, ou si son père s'y intéressait... Mais là, tout était différent. Et bien plus lourd. « Je serais dans la salle de vie si vous avez besoin de quelque chose. » Tournant les talons, elle fut presque déjà dans le couloir. L'arrogance et l'audace avaient apparemment des limites.



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MessageSujet: Re: Une seiche parmi les orties ( FB 281 Hildegarde ) Dim 28 Mai - 20:34


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On ne naît pas fer-né,
on le devient.
Le climat subitement devint beaucoup plus palpable. Malgré la froideur et l'humidité entre ses murs il régnait une chaleur insoutenable entre nos deux protagonistes. Imperfectible créature fragile,  voilà donc qu'elle se terrait dans un silence qui semblait en dire bien plus que sa propre raison. Ces cartes, ces traits à l'encre de seiche parlaient pour elle. J'attendais, attendre était une chose mesquine et des plus insolentes à mon encontre. Attendre n'était pas une option, allait elle finir par seulement répondre ? Mes yeux aussi transperçant que glaçant à son encontre brillaient d'une lueur étincelante et des plus probantes. J'étais impressionné pour ne pas dire plus clairement le fond de ma penser. Il n'y avait aucun doute que ces parchemins étaient d'une extrême rigueur, d'une précision des plus sensible. La main qui avait touché de sa plume ce papier avait un véritablement don. Je voulais qu'elle prenne la parole et qu'elle me dise ce satané nom. Je faisais preuve d'une patience qui ne m'étais pas habituelle. Bien au contraire je restais là, fixant cette femme qui avait voulu jouer à ce petit jeu malaisant. On ne joue pas sans risquer de se perdre avec un Greyjoy, surtout pas celui qui se tenait droit devant elle et qui exigeait une réponse immédiatement.

La bouche entrouverte était prête à répondre à n'importe quelle parole provenant de la bouche de sa congénère. Au lieu de ça, c'est l'air sifflant qui s'extirpait d'entre mes lèvres. Le peu que je venais d'entrevoir dans ces rouleaux méritait plus d'intérêt et moins de complaisance. Hors bizarrement ce qui ne cessait de me décevoir à cet instant se produisait lentement. Insinuant que la seule vue de ces dessins n'étaient que du gribouillage sans aucune importance. Sentez vous cette odeur ? Imprégnez vous de cette ambiance pesante, intolérable et agonisante. Comme l'eau de mer collant votre peau elle est difficile à s'en défaire. J'écoutais attentivement, sans geindre, sans broncher mais avec une pointe d'agacement. Tu as voulu jouée petite, et tu n'es pas capable de répliquer à cette simple demande ? C'était incompréhensible, pourquoi se targuer d'être ce qu'elle était auparavant pour le dénigrer aussi peureuse qu'une larve rampante ? Elle me les offrait gracieusement, pensait-elle que se serait aussi simple que ça ? Je fulminais déjà à l'idée de lui faire comprendre ce qui n'allait pas dans sa démarche, dans sa si fébrile défense. Elle n'était qu'une façade, une de plus comme beaucoup d'autres apparemment. « Oh mais je t'arrêtes tout de suite. On ne m'offre rien en ce bas monde. Ce que je veux... Je le prends ! » Déclarais-je tapant mon poing contre la table qui dans un grondement assourdissant s'arrêta subitement. Ma mâchoire c'était instantanément rétractée sur l'impulsion de mes veines insufflant adrénaline et mécontentement.

Je n'avais aucune limite, non aucune malgré mon faciès et mon tempérament paraissant plus coulant et apaisant par moment. Je ne lâchais pas du regard la petite tête blonde trônant fièrement devant moi sans demander son reste. Alors c'est comme ça que cela se termine ? Cela se pavane, se projette d'avance à éclairer d'une langue bien pendante l'esprit étriqué d'un fou à lier pour se défausser aussi lâchement ? J'expirais l'air que je contenais dans mes poumons. Un souffle haletant compressant mes poumons et reprenant une attitude plus tranquille. « Bien sûr... Se sont les tiens c'est évident... » Me parlais-je à voix haute, à moi même en l’occurrence sans chercher à comprendre si ce que je lâchais d'entre mes dents était dans ma tête ou belle et bien prononcée à cet instant. Je passais furtivement ma main libre sur mon visage frottant mollement mes yeux en une fraction de seconde. La pression se relâchait alors que mon esprit s’imprégnait de toutes ces informations que je mêlais à cet instant. Mon poing droit se relâcha laissant ma paume retombée sur la table je fustigeais d'un revers de main le papier qu'elle m'avait fournit un peu plus tôt. Les feuilles volantes sur le bureau s’élevèrent comme suspendu dans l'air. Je les envoyais valdinguer alors que la Tawney se faufilait à travers la porte. Je ne saurais dire si c'est sous l'impulsion d'une colère grondante ou par envie de la garder près de moi qui se faisait trop pressante. Je m'empressais d’attraper son bras à travers le long et lugubre couloir d’où nous étions venu. Je la forçais à rentrer dans cette pièce, imposant de ma carrure mon torse la plaquant contre le mur et la dévisageant d'un air menaçant. « Tu.. Je n'...Hmr... » Ma main droite relâchait son emprise subitement. Je ne voulais pas la blesser, je ne voulais pas la heurter ou l’apeurée. Pourtant c'est ce qui était entrain de se passer. Je m’éloignais à peine de son corps. Mon visage était toujours aussi proche du sien ce qui en était je l'accorde des plus troublants.
Le prédateur et sa proie, c'était une image enivrante quand on perçoit celle-ci dans la nature. Les gros poissons mangent les petits, dans ce monde il n'y a pas de place pour les faibles. Cette parole raisonnait en moi et mon cœur battait telle les tambours d'antan. J'expirais progressivement, je n'allais pas perdre le contrôle sur cette femme pas après ça, pas maintenant. Je l'épiais mon regard allant du bas de ses jambes jusqu'au plus profond de ses yeux. Quelle intimidante posture alors que ma main avait aussi violemment et promptement refermé la porte de la salle l'obligeant à soutenir mon regard quelques instants. « N'est pas peur. » Déclarais-je alors que mes doigts tremblants tapotaient l'armature en bois de la porte. De l'eau perlait de mon nez, je reniflait sans plus stoppant l'écoulement d'un revers de main restant vigilent au moindre de ses mouvements. « On ne naît pas fer-né, on le devient tu comprends ? Hm ? » Déclarais-je en refermant ma paume devant ma bouche avant de laisser ce poing ballant le long de mon corps. « J... C'est... Impressionnant... Ce que tu es capable de faire. » Poursuivais-je « Tu me comprends ? » Questionnais-je une nouvelle fois pour être sur qu'elle était sur la même longueur d’onde que moi à cet instant.




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Dernière édition par Euron Greyjoy le Dim 28 Mai - 21:45, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Une seiche parmi les orties ( FB 281 Hildegarde ) Dim 28 Mai - 21:28

Le coup sur le bureau la fit sursauter. L'espace de quelques secondes, la situation lui avait totalement échappé. C'était comme si elle avait relâché la prise qu'elle avait autour d'un vase de valeur, et qu'elle l'observait chuter. Les secondes ressemblèrent progressivement à des minutes, puis à des heures, dans son for intérieur. Elle pouvait voir l'inévitable, ce qui ne changerait plus malgré tous ses efforts. A quel moment avait-elle perdu tout contrôle ? A quel moment avait-elle vraiment énervé le fauve, qui grognait après elle pour des faveurs qu'elle lui cédait pas par dédain, ni par dépit ? Peut-être qu'être enfermé dans une cage avec un tigre affamé serait moins dangereux pour sa peau qu'être dans cette pièce à cet instant précis.

Maintenant que tout ça commençait à sentir le sapin pour elle... Hildegarde crut de bon ton de prendre la tangente dans la seconde. Fuir était sa seule solution, puisque les mots, et peu importait lesquels, ne lui faisaient rien. Sa voix ne viendrait pas l'adoucir, surtout maintenant que sa gorge était tendue par l'angoisse oppressante emplissant cette pièce exiguë. Elle aurait voulu avoir la capacité de se faire toute petite. Minuscule, au point de pouvoir passer dans un trou de sourie. De se fondre dans le mur contre son dos, d'y disparaître définitivement, qu'il ne puisse plus la voir, la dominer, l'écraser. L'air était fait de plomb, et ses jambes en encaissaient à peine le poids.

Fuir. C'était tout ce qu'elle avait en tête, et tout ce qu'elle fut capable de faire. Ravalant des larmes d'une terreur sourde lui hurlant de partir d'ici au plus vite, elle crut même un instant pouvoir y parvenir, arrivée au milieu du couloir et prête à dévaler les escaliers qui la conduiraient vers une délivrance. Elle aurait voulu courir pour aller chercher son souffle dehors, il lui semblait être en apnée pour l'instant, la tête tenue sous l'eau par la poigne forte du seigneur de ces îles. Mais à peine réussit-elle à faire quelques pas qu'une grande main vint la saisir par le bras. « Lâchez-moi ! » La prise fut forte, ferme, elle fut par la même tirée en arrière sans réussir à se rattraper quelque part...

Son cœur fit un bond formidable dans sa poitrine, alors qu'elle fut traînée en arrière, de retour dans cette pièce. Envoyée et maintenue contre un mur solide auquel elle ne réussit pas à se fondre, la porte claqua violemment derrière eux. Non... Être enfermé avec lui était déjà insoutenable quand elle avait une issue, maintenant c'était... C'était... Pire qu'un cauchemar. Sa respiration était agitée, courte, elle avait mal au bras qu'il tenait toujours alors qu'il grognait contre elle des choses qu'elle n'aurait jamais réussi à comprendre. Elle pouvait sentir son souffle contre son visage, ce parfum d'homme tout près d'elle.

C'était bien la première fois qu'on se tenait aussi proche d'elle. Elle avait pourtant déjà partagé des étreintes, mais jamais de ce genre, jamais dans ces circonstances. Il n'y avait que de l'affection dans celle-ci, de la tendresse qu'on offrait à des proches. Des contacts que l'on donnait à des personnes qui nous étaient chers. La main d'Euron sur son bras lui donnait l'impression de la brûler de la pire des manières. Se rajoutant à la douleur qui lui dévorait les chaires, et la terreur lui tenant les tripes, elle avait beau refaire le tour des événements, non, elle ne comprenait pas.

Ce ne fut que lorsqu'il la relâcha qu'elle retrouva son souffle. Une profonde et longue inspiration qui lui fit un bien fou. Pour autant, elle ne contrôla pas la suite. Pas la méfiance et l'angoisse entremêlées alors qu'elle observait de sa position, immobile, raide, l'homme qui partageait l'espace avec elle. Il était fou. Il l'avait admis, devant elle. Et maintenant, elle ne serait pas capable de le raisonner, parce qu'ils n'auraient jamais la même logique. Elle avait peur, n'en déplaise à l'ordre qu'il lui donnait. Et non, elle ne comprenait pas. Elle le fixait, et il lui parlait sans qu'elle ne puisse seulement saisir les mots qu'il prononçait.

« On ne naît pas fer-né, on le devient. » Elle papillonna des cils un petit moment, sans savoir si elle pouvait parler. Il complimenta ses cartes, en lui reposant la question. Un temps. Elle hocha la tête à plusieurs reprises pour lui répondre. Oui, elle comprenait que c'était impressionnant, que c'était utile. Mais pourquoi ne pas lui dire simplement avant de s'énerver et de la séquestrer dans son propre bureau ? Hildegarde serra les poings. Du bout de ses jointures, elle pouvait sentir la faiblesse, et le fait que sans s'en rendre compte, elle s'était mise imperceptiblement à trembler.

« Si vous voulez quelque chose... » Lui lança-t-elle d'une voix étranglée mais qui se voulait douce et assurée. « Demandez-le, prenez-le, mais... » Elle secoua la tête. Elle était en train de lui ordonner de faire ce qu'il savait déjà faire de mieux. Il l'avait dit lui-même, il prenait ce qu'il voulait. Et Hildegarde était obnubilée par l'idée qu'il puisse la vouloir elle et ses talents pour ses services. En d'autres circonstances, elle lui aurait offert tout ça sans broncher, avec plaisir. Mais l'idée, désormais, de devoir faire ça pour lui, lui donnait pour l'instant la nausée. Elle fit de son mieux pour retenir sa bile, et laissa son dernier ordre là : « Ne me blessez pas. »

Elle aurait aimé que son père et son frère rentrent dans la seconde, l'appellent en bas, lui demandent des comptes. Elle priait silencieusement que ça se fasse avant de se rendre à l'évidence : Si Euron Greyjoy décidait de la tuer dans cette pièce, sa famille ne pourrait rien faire pour s'y opposer, au risque de mettre leurs propres vies en péril. Hildegarde renifla. Elle ravala ses larmes, essuyant du dos de sa main rapidement les quelques unes lui ayant échappées juste avant. Elle rassembla ses esprits, et fit tous les efforts du monde pour ne plus trembler. On ne naissait pas fer-né. Est-ce que ça commençait par ne plus avoir peur de son propre maître ? Ça lui semblait impossible : Cette crainte était désormais trop intime pour pouvoir en triompher.



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MessageSujet: Re: Une seiche parmi les orties ( FB 281 Hildegarde ) Lun 29 Mai - 1:03


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On ne naît pas fer-né,
on le devient.
Je toisais ce corps fragile, empreint de la détresse coutumière à cette violence que l'on me connaissait. J'inspirais profondément ces dernières secondes étaient aussi intenses que dépourvues d'une quelconque raison. J'étais agacé par cette entêtement à ne pas pouvoir dire tout simplement, « oui ces cartes sont les miennes, vous m'croyez à présent ? » et la suite logique des choses impliquaient de ma part que je tienne parole. « J'interviendrai auprès de votre père, vous prendrez par à ma prochaine excursion. »  Au lieu de ça, elle avait préféré miroder, se dire humblement que tout ceci ne valait rien, que ce n'était qu'un vulgaire papier. C'est ainsi qu'elle pensait pouvoir obtenir ce qu'elle désirait ? Avoir de l'importance aux yeux de son père pour être autorisé à quitter cette foutue île et vivre ?  Ici elle n'était qu'une femme au nom un peu plus élevé que ceux qui crevaient de faim tronquant leurs guenilles et se laissant abusé pour la moindre piécette en vue. Elle ne remarquait peut être pas la chance qu'elle avait d'avoir vécu entre ces murs. Cette forteresse qui lui semblait être une prison et rien de plus était un privilège et fardeau qu'il fallait pourtant entretenir. Elle n'était pas prête, tremblante comme une feuille morte d'un arbre qui depuis bien longtemps a été abattu.

J'avais l'impression de parler à un mur, je l’effrayais c'était une évidence même que je ne daignais même plus prendre le temps de chercher une issue. En arrivé là était une forme d'aveu de faiblesse. Pas pour moi, mais pour elle. Je la pensais plus forte et elle dévoilait une façade s’effritant comme la pierre. Être aussi brusque voilà la belle affaire que j'avais voulu conclure. Un test qui avait faillit prendre le dessus. J'inspirais tout en m'éloignant regardant le plafond un court moment et laisser ma main ouvrir en grand la porte. Un dilemme s’orchestrait dans ma tête, elle était talentueuse c'était le comble pour un capitaine de ne pouvoir mettre la main sur de telles compétences en cartographie. Pour autant elle avait eut son compte. J'avais dépassé peut être une limite psychologique et briser son esprit. Je plaçais ma main gauche sur ma hanche pendant que l'autre frottait l'arrière de ma tête. Pour une première impression c'était sûr, ce qu'on racontait du Greyjoy était fondée et de cela j'étais sûr qu'elle s'en souviendrait avec une rancœur et une pointe d'amertume. J'étais l'homme de la démesure, je ne pouvais pas faire les choses à moitié mais, je ne tolérais pas qu'on se borgne à me faire languir pour une réponse qui était justifiable et capable de lui prouver que je n'étais pas comme tous ces hommes violents et bornés. Pour ce coup on repassera, elle n'avait pas de quoi être fière et je l'avais assurément assez forcé. Je laissais ma main droite se lever du haut de ma nuque écoutant ces pleurnichements qu'elle essayait tant bien que mal d'atténuer. Je pouvais lui demander ce que je voulais, bien sûr que j'étais capable du meilleur comme du pire. Hélas le monde retiendrait de moi les pires actions que j'avais à mon actif. Je me déplaçait jusqu’à cette table en bois me saisissant des parchemins et contemplant le travail qu'elle avait parfaitement accomplie. « Tes traits sont maîtrisés … Il ne m'en faut pas plus pour dire... » Je me stoppais un court moment. « Que rester entre ces quatre mur est un gâchis que je ne saurais tolérer. »  

Je m'en retournais vers elle l'épiant et scrutant celle-ci dans une parfaite droiture. Mon tempérament imprévisible participait à ce côté sombre de moi qui la paralysait tellement à cet instant. La maison Tawney regorgeait de bien belles surprises enfin de compte. Le calme après la tempête, c'était devenue une habitude pour intimider ceux qui ne le prenaient pas au sérieux. Laissé miroiter, prendre confiance sans dépasser les bornes de l'insolence. Qu'ils puissent comprendre par eux même qu'Euron Greyjoy n'était pas quelqu'un de facile à sustenter. Au contraire j'étais loin d'être rassasié. Si la plupart des seigneurs des îles de fer aspiraient à servir du mieux que possible la maison Greyjoy, vous pouvez être sûr que je veillerai personnellement à ce qu'ils nous craignent à s'en chier dessus. Les rapports de forces avaient toujours cette forme triviale et tendue de déstabiliser les plus faibles. « Je peux accepter une mauvaise bretteuse. » Entamais-je en laissant subtilement mes doigts faire tomber les parchemins sur le bureau. « Donc il vaut mieux pour tous ceux qui se battent à nos côtés. Qu'au moment ou débutera la bataille tu ne sois pas tuer par le premier opportuniste qui pointera son épée sur toi. » Déclarais-je les bras ballant le long de mon corps poursuivant de fixer son regard avec une certaine moue à la fois tranquille et convaincante. « Je suis sûr que tu sais te battre. Moi je veux t'apprendre à te battre et à ne pas mourir. » Concluais-je ma phrase avec un soupçon d'intérêt que j'avais sans doute beaucoup de mal à accepter et même de communiquer à certains moment. « Ton père est sûrement arrivé. » Terminais-je en levant l'avant bras dans la direction du couloir et m'y engouffrer pour rejoindre la salle ou j'allais rencontrer le père Tawney d'une minute à l'autre. Cette proposition semblait un échange équivalent après tout j'avais réussis à lui faire comprendre que ce n'était pas une femme, une paire de seins ou encore son entre-jambe qui m'intéressait fondamentalement. Il s'agissait là de sa personne et de son talent seulement.





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MessageSujet: Re: Une seiche parmi les orties ( FB 281 Hildegarde ) Lun 29 Mai - 7:32

Hildegarde savait que la liberté avait un prix, qu'elle ne pouvait pas payer pour l'instant. Durant longtemps et dans ses rêves romantiques, elle s'imaginait s'enfuir, seule, très loin de cette vie, à bord d'une barque ou d'un navire suffisamment petit pour qu'elle puisse le contrôler. Elle s'imaginait s'en aller en avalant les vagues sous sa coque de noix, poursuivie peut-être par ses pairs, mais loin de s'en soucier. S'il lui fallait mourir, ça serait sans pavillon, sans foi, sans maître, ni loi. Elle laisserait derrière toute sa famille, sans trop de regrets à dire vrai, tant elle s'était toujours trouvée avec eux comme avec des étrangers. Elle avait conscience qu'elle aurait couru le jeu des trahisons, peu importait son refuge. Mais elle était persuadée qu'elle finirait par trouver un endroit où se trouvait bien, seule et libre, qu'importait où ça serait.

Là, elle entrevoyait le moment où elle se retrouverait à nouveau enfermé avec lui. Passer de la coupe de son père à la coupe d'un mari était déjà une angoisse en soi. Mais délaisser son père, qui l'ignorer au mieux dans cette maison, à celle d'un homme qui l'avait déjà oppressé par un coup de colère... Hildegarde se disait que cette liberté là avait un prix trop gros pour être seulement appelé liberté. Sans doute n'entrevoyait-elle pour l'instant pas les possibilités que ça allait lui offrir. Sans doute n'y pensait-elle pas d'ailleurs, pour l'instant trop éprouvé par cette agression pure et simple qu'il lui avait imposé. Difficile d'en tirer les bonnes leçons dans son état, alors qu'elle peinait seulement à soutenir son regard.

Est-ce qu'il viendrait un temps où elle n'aurait simplement plus peur ? Et est-ce qu'elle pourrait lui demander, ça ? Le regarder franchement, et lui demander comment il faisait lui pour ne pas avoir seulement peur ? S'il pourrait lui enseigner ? Pour le moment, elle ne se voyait tout simplement pas articuler quoi que ce soit, trop pâle pour avoir ce courage, ou cette témérité, elle ne savait trop, de lui adresser quoi que ce soit. Ses compliments, son expertise, ne suscitait pas vraiment l'émotion qu'elle avait longtemps espéré. Elle s'était pourtant dit que le moment venu, elle ne pourrait s'empêcher de sourire, de crier sa joie, pas de retenir ses larmes en suppliant pour ne pas entendre ces mots tant espérés.

Et l'idée de passer plus de temps avec lui était en train de lui tordre les boyaux. Elle l'énerverait, elle le décevrait, lui ferait pitié au mieux durant tout ce temps. Sauf qu'elle se refusait à revivre un moment comme celui-ci, et qu'il faudrait impérativement apprivoiser le tigre pour le transformer en chaton. Objectif improbable et tout autant impensable. Mais avait-elle le choix ? Hochant la tête à nouveau, elle l'écouta sagement. Le fait qu'il se soit radouci permis de calmer la tempête qui grognait à l'intérieur, de même que les tremblements et les explications posées qu'il lui donna fit que bientôt, elle se trouva certes pâles mais impassible.

« Je... Je sais me servir d'une dague. » Expliqua-t-elle. « Mais je n'ai jamais eu à me battre. » Précisa-t-elle finalement. Elle n'avait jamais eu besoin en tout cas, vu qu'elle ne partait qu'avec son aîné pour des expéditions parfaitement calmes la plupart du temps. Avec elle, il n'organisait que ça, ne souhaitant pas la mettre en danger. Probablement que la venue d'Euron et ses demandes l’inquiéteront, et mettront à mal sa propre entreprise de préserver Hildegarde de tout danger. Mais, s'essayant à user de moins de phrases possibles pour le coup, elle fit juste un signe de la tête à l'homme pour lui dire de la suivre.

Elle n'était pour l'instant pas prête à faire des discours pour lui faire la conversation, encore trop remuée par tout ça. Il fallait voir le bon côté de la chose : elle pourrait en découvrir des horizons avec lui... Si elle ne mourrait pas. Nouveau pincement au cœur alors qu'elle descendait les marches qu'elle aurait voulu descendre bien plutôt, pour parvenir jusqu'au salon, puis jusqu'à un nouveau couloir, puis jusqu'à l'extérieur. Une route qu'elle aurait du faire, avant. Pour s'éviter une peur formidable. Elle aurait aimé en avoir la force. Et ne pas réaliser à quel point elle était faible et inutile.

En ouvrant la porte, Hildegarde tomba nez à nez avec son père. Elle écarquilla les yeux, et celui-ci ne fit guère cas d'elle en la poussant sur le côté pour accueillir comme il se devait le visiteur. « Ah ! » s'enthousiasma-t-il. « Sir Greyjoy ! » La blonde était bien trop sur le choc pour faire cas du comportement de son père avec elle. De toute façon, elle en avait l'habitude. Elle tituba jusqu'aux côtés de son aîné, pour s'ancrer là en priant pour ne plus jamais bouger. L'idée de prendre racines lui traversa même l'esprit, tant ça lui semblait être une bonne idée.

« Qu'est-ce qu'il y a ? » Demanda son frère. Hildegarde releva le nez vers lui, fronçant les sourcils. Comment ça ? Que ? Quoi ? Elle ne savait plus où elle était. Et elle ne s'était pas croisée dans un miroir depuis longtemps. Sans doute faisait-elle peur à voir. Tendue, aux aguets, craintives. Son aîné l'avait remarqué, et se doutait que la venue du Greyjoy n'était pas pour rien là-dedans. La question se posait : Qu'avait-il fait ? Hildegarde entreprit de répondre avant tout interrogatoire qu'elle n'aurait pas réussi à assumer : « Rien. » Trancha-t-elle. Il n'avait rien fait, et il ne lui ferait jamais rien, se promit-elle.



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MessageSujet: Re: Une seiche parmi les orties ( FB 281 Hildegarde ) Lun 29 Mai - 10:15


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On ne naît pas fer-né,
on le devient.
« C'est mieux que rien. » Mon front se plissait observant la jeune femme immobile telle une statuette de sel. Un haussement de sourcil marquait des traits encore vigoureux et lisses. Je n'étais pas plus âgé qu'elle. Quelques années tout au plus. Notre vécu pourtant créait entre nos deux personnes un fossé. Telle une plaie béante s'exprimant au regard de tous. Je ne m’attardais pas trop sur ce genre de pensées. À quoi bon ? Nous n'aurions jamais un avis tranché et mutuel sur la question d'une entente harmonieusement parfaite. L'échange fut bien plus silencieux qu'il ne l'avait été sur le chemin de sable que je devrais rejoindre une fois cette entrevue terminée. Nos pas raisonnaient à travers la pierre sous le poids de nos chausses. J’emboîtais sa démarche plongeant mes yeux céruléens et si ternes au travers des sillons formés dans la pierre. J'y risquais une main glissant contre la paroi rugueuse et quelque peu poreuse. Que pensait-elle ? J'avais quelques idées sur la question. Au fond elle était soulagée que cet isolement prenne fin. Dans un sens elle devait remercier n'importe quel dieu aussi misérable et miséricordieux soit-il de l'avoir laissé intact après pareille incartade. Il y avait peu de place pour la colère, la rancœur naissante en permettrait que la fleur de sel éclose. Se ne serait que plus tard qu'elle en ressentirait le besoin. Qu'importe la tournure de l'événement, repasser ce souvenir en boucle dans sa tête suffisait à calmer tout envie de se défaire d'une quelconque véhémence à mon encontre.

Personne ne pouvait comprendre. Penser que celle-ci soit une exception était une grossière erreur. Si jeune, si impétueux, imprévisible et perfectible de cette image que j'avais fais mienne. C'était moi et pourtant autrefois il n'en fut pas toujours le cas. Quand je toisais mon visage à travers l'eau stagnante d'un bol d'eau, ce que je percevais n'était pas l'homme que j'aurais sans doute souhaité être. J'étais seulement le résultat d'un processus mystérieux et complexe. Si j'étais née en foulant une autre terre? Aurais-je pris une tout autre direction ? Aurais-je préféré plongé dans les ténèbres ? Ils ont essayés de me plier à leur volonté, de me briser pour mieux me contrôler. Finalement je suis devenu le cauchemar qui hante leurs nuits. Si c'est ce qu'ils souhaitaient, j'étais prêt à jouer. Ainsi le monde entier connaîtrait son nom. Euron Greyjoy, telle est mon nom. Chaque échecs essuyés par le passé, chaque cicatrices, chaque fissures dans mes os est une promesse de façonner cette terre. Intouchable, certains esprits aussi fantasques soient-ils pense que je suis incapable de saigner. Que mes veines laissent échapper l'encre du kraken. Dans un jargon plus pieu et dévoué à un dieu dont la noirceur ne connaît aucune limite par delà les tréfonds. J'ai payé le fer-prix pour tout ce qui est arrivé et arrivera sans doute par la suite. Certaines personnes déploieraient toute leur énergie pour m'accuser, d'appuyer sur une gâchette pour simplement m'amuser. Ces mêmes personnes oublient trop souvent que je suis une arme constamment chargé. Hildegarde pouvait bien me détester pour les choses que j'ai faites. En aucun cas elle pourrait me haïr pour ce que je suis à présent devenu.

J'entrais restant en retrait de la fille de son père. Ce que je percevais alors me surprit tout au plus. Fronçant curieusement les sourcils observant celle-ci se faire remballer de côté. L'enthousiasme du père à mon égard n'était que peu justifier. Seul mon nom et ce que je représentais importait à ses yeux. Comme tout bon comédien il fallait en faire de même. « Caedmon Tawney heureux de voir que vous vous portez bien. » Déclarais-je faussement joyeux de me soucier de celui-ci. En vérité nous jouons tous à ce petit jeu. Cela pouvait être rébarbatif à la longue. C'était tout de même amusant de voir les réactions des gens à mon encontre. Tous savaient à quel point je pouvais rendre le monde beaucoup sombre en une fraction de seconde. « Comme convenu je ramène les quelques hommes que vous m'avez gracieusement donné. » Faisons lui croire qu'il avait une quelconque autorité et décision sur le sujet. Cela aiderait ce vieille ami de mon père à gonfler son orgueil d'une bouffée d'air frais. « Il ne peut y avoir de victoire sans sacrifice j'imagine sir Greyjoy nous le savons tous deux que trop bien. » Et pour une fois il n'avait pas tord. Je feintais de sourire offrant mon avant bras droit et saisissant le sien avec vigueur pour des salutations en bonne et due forme. Dans un hochement de tête je saluais le frère aîné de la donzelle qui avait l'air encore quelques peu sonnée. « Payé le fer-prix en vaut toujours la peine. Je rapporte comme convenu des marchandises qui sont en ce moment même débarquées sur vos berges. » Mon œil droit inexorablement ne pouvait cesser de convergé vers sa silhouette. Étais-je entrain de m'enquérir pour elle ? Quelle drôle d'idée. « Ma visite n'est pas que courtoisie vous vous en doutez. » Exprimais-je laissant une moue plus habile façonner mes pommettes. « Je me suis résigné à cette idée depuis de bien longues années. » Je riais légèrement feintant de vouloir livrer l'essentiel pour qu'il cesse de me prendre lui aussi pour un gougnafier.

« Hildegarde ma fait part de son talent pour la cartographie. » J'étais conscient que de remettre sur le tapis cette entrevue houleuse n'était peut être pas la meilleure des manières pour lui prouver que c'était un mal nécessaire. « Oh vraiment ? Elle a du talent c'est vraie. Si vous l'avez vous aussi remarqué sir Greyjoy je ne peux le nier. » Il semblait confus, surprit et peut être entrevoyait-il déjà ce que je m’apprêtais à lui dire. « Hmhm... C'est pourquoi je requière ses services pour ma prochaine  expédition vers les citées libres. » C'était fait, j'avais lancé le sujet il fallait bien que sa sorte et que celui-ci entende le souhait que j'exprimais. Il semblait surprit, il riait de manière peu détendue, un sourire béa aux lèvres me laissait sans aucun doute sur ce que je devais accepter en échange. Bizarrement quelque chose me disait que se serait peut être bien plus que des marchandises qu'il attendait cette fois ci.





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MessageSujet: Re: Une seiche parmi les orties ( FB 281 Hildegarde ) Lun 29 Mai - 21:20

Hildegarde fixait le bout de ses chaussures, n'ayant ni l'envie ni le courage de soutenir le regard de quiconque autour d'elle. Déjà qu'elle pouvait sentir celui de son aîné sur elle,lui qui tentait de comprendre les tenants et les aboutissants de cette rencontre. Et par instant, c'était les yeux froid d'Euron qu'elle croisait. Ce fut à la demande de ce dernier qu'elle put éprouver l’œillade surprise de son paternel. Caedmon ne l'avait jamais vraiment regardé ainsi : avec un étonnement sincère. Lui qui n'attendait rien d'elle, voilà qu'elle parvenait à graviter autour d'un Greyjoy. Impensable ! Un sourire qui sonnait faux plus tard, elle le surprenait à mentir. Nier ses talents, certes, non. De là à les reconnaître, il y avait un monde.

« Si vous voulez. » Lança-t-il à l'adresse du Greyjoy en revenant vers lui immédiatement après. Comme si le deal était déjà conclu. Et elle, n'était qu'une marchandise bonne à être troquée. Contre quoi ? Elle n'en avait aucune idée, mais elle craignait déjà le pire. Ses noisettes se posèrent sur le guerrier de passage, essayant de déterminer ce qu'il devait penser. Elle n'entrevit aucune réponse. Son père par contre, ne perdait pas le nord de son côté : « Nous discuterons des modalités de cette requête entre nous, n'est-ce pas. » avança-t-il armé d'un sourire aimable, et presque malicieux. « Je ne vois pas d'objection à ce qu'elle vous accompagne. »

Il devait envisager cette demande comme une bénédiction, songea Hildegarde. Une bonne-à-rien qu'il ne devrait plus entretenir, qu'il confiait à un autre qui en ferait bien ce qu'il voudrait. A certaines conditions cependant, qu'il se chargerait d'amener sur le tapis au bon moment. Sans quitter Euron des yeux, elle laissa son père poursuivre ses manigances sans qu'elle ne cherche à s'y opposer. Qu'on ne la taxe pas d'insolente en plus de ça : « Il faudrait... » Il se racla la gorge. « La former pour ne pas qu'elle meurt à la première escarmouche. » Winfrid hocha juste la tête pour confirmer, sans s'attendre à ce que Caedmon en rajoute une couche au passage : « Excepté si vous en attendez autre chose. »

Hildegarde se raidit en un rien de temps, se tournant vers son paternel pour le foudroyer du regard. Voilà ce qu'elle craignait : Qu'il n'envisage d'autres idées. Il n'était pas question de plus qu'une collaboration, lointaine, professionnelle, même. « Père... » Le rappela-t-elle à l'ordre d'une voix sèche, prête à mordre maintenant qu'elle avait retrouvé la parole. Mais Winfrid l'en empêcha, s'avançant au-devant du Greyjoy pour la forcer à se taire, et ne pas se mettre l'homme à dos : « Je commencerais à l'entraîner. » Affirma-t-il avec le plus grand des sérieux. « Au retour d'Harrenhal, elle aura des bases solides, Sir. » Ajouta-t-il pour conclure.

La blonde laissa échapper un soupir de soulagement. Ses yeux remercièrent son aîné pour son dévouement, même si elle savait qu'elle ne venait d'obtenir qu'un sursis. Une fois qu'elle aurait les bases de Winfrid, revenu d'Harrenhal, elle devrait se confronter à Euron encore. Et il voudrait forcément lui enseigner, à la dure, d'autres choses. Ce délai lui permettrait probablement de reprendre son souffle et de gagner en assurance. Hildegarde parvenait déjà à s'en convaincre, tenant compte du soutien que lui apportait son frère, et du regard qu'il lui lança. Ils en parleraient plus tard, tous les deux. Histoire de comprendre ce qui était arrivé. Car tout ça ne faisait pas sens pour son aîné.

« Combien de temps comptez-vous rester parmi nous ? » Demanda Caedmon pour engager la conversation à nouveau, laissant ses enfants en retrait en revenant à son invité. « Non pas que je vous presse pour partir ! Mais, si par hasard, mon fils -et ma fille...- pouvait profiter de votre enseignement pour s'améliorer aux armes... » Et les deux pieds dans le plat ! Hildegarde grogna en fixant son paternel d'un regard glaçant. Elle aurait voulu l'assommer pour l'empêcher de parler, et l'enfermer dans sa chambre pour qu'il récupère ses esprits et arrête tout de suite ses sottises. Elle avait honte ! Et l'impression qu'il faisait tout pour la contrarier, quoi qu'il arrive...

Pourquoi tenait-il tant à la jeter dans la gueule du loup ? Qu'est-ce qu'il y gagnait ? Croyait-il qu'en passant du temps avec cet homme, elle finirait par, quoi, le séduire ? Oh, elle se savait charmante, plaisante, pouvait même être pleine d'esprit ! Mais Euron Greyjoy n'avait pas l'air de s'enthousiasmer de l'intelligence des femmes qui passaient sous son nez, et il l'avait bien dit : lorsqu'il voulait quelque chose, il le prenait. Rien ne semblait pouvoir le soumettre à dire vrai. Alors, tout ce que son père faisait, c'était la mettre devant un fauve qui avait faim, en espérant qu'elle parviendrait à le dompter. Tout ce qu'elle ferait, c'était y perdre un bras. Ou deux.



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MessageSujet: Re: Une seiche parmi les orties ( FB 281 Hildegarde ) Lun 29 Mai - 22:31


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On ne naît pas fer-né,
on le devient.
La réponse du vieux père eut l'effet d'un éclat de tonnerre. Le grondement sourd et triomphant de l'étincelle lumineuse et blanche touchait sa cible avec précision et une aisance déconcertante. Je ne m'attendais pas à une réponse aussi rapide et encore moins tournée d'une telle façon. Pourquoi étais-je entrain de m'étonner d'une telle complaisance. À mon encontre le nom Greyjoy pour notre population sonnait comme le glas de la victoire et de l'unification. Seul contre tous, nous allions au gré d'un vent que nous avions appris à apprivoiser et à dominer. Finalement la mer nous offrait ce dont nous rêvions le plus, richesse, saccages sanguinaires et cette insatiable faim tenaillant notre ambition débordante. Je balbutiais les mots que le vieux Tawney déclaré sans en prononcer les mots. J'écarquillais un sourcil interrogateur mais il ne semblait pas désorienté ou divagué d'une quelconque façon. Il ne c'était pas trompé, il était bien entrain de marchander sa propre fille, une femme doublée d'un talent auquel il n'avait vraisemblablement que faire. Mon visage restait fermé, si aux premiers abords j'avais été étonné d'une telle réponse aussi courte que rapide sans aucun geste précipité et bien cela me facilitait les choses. Mon esprit déjà voyageait à travers l'océan, la mer d’Été et le détroit et enfin les citées libres. Braavos, Lorath, Norvos, Pentos, Qohor, Myr, Tyrosh, Lys et pour finir Volantis.

Si Hildegarde était belle et bien un atout pour rejoindre ces contrées aussi exotiques que mystérieuses pour la majorité d'entre nous. Pour moi il s'agissait d'une des plus belles occasions en ce monde de gravir un nouvel échelon au delà des richesses, de la renommée et de toutes perceptions que les plus simplets pouvaient faire face à l’allusion de tous ces noms. J'entrevoyais le visage d'Hildegarde tout aussi stupéfait mais pas étonné étrangement. Elle savait comment son père jugeait les femmes, bonnes à enfanter et à produire un bénéfice quelconque. Si cela était vraie je ne donnais pas cher de sa future situation. En parlant de ça, les conditions du père m'interpellait et quelque part je craignais quelques réponses dont je taisais les avances du vieil ortie. Je restais impassible aux écarts de comportement que l'aîné portait à mon attention. Vous pensiez que je n'avais pas déjà songé à l'entraîner ? Pour quel genre de fer-né me prenaient-ils ? Non allons sérieusement quelques semaines tout au plus et elle serait prête. Je n'en doutais ps une seule seconde. Il y avait de l'exigence, de la rigueur dans la douleur que cette préparation présageait pour celle-ci. Elle mangerait du sel et porterait les stigmates et les coups du fer. Le contraire n'était envisageable que par l’allusion que j'avais à moitié écouté. J'opinais d'un hochement de tête restant interdit et ne prononçant qu'un « bien sûr » et un « certainement » pour former au maniement des armes la jeune Tawney. Elle n'était pas bien grosse, et c'était un avantage car outre donner des coups d'épée et marteler celle-ci contre les boucliers, il fallait savoir surtout bouger. Apprendre à esquiver, à parer et contrer pour embrocher l'adversaire et le faire tomber. Sa silhouette était déjà profilée, d'un naturel pour l'agilité.

Je passais une main lascive dans cette barbe que j'arborais fièrement aux yeux de mes hôtes. Mes yeux se tournaient sur le frère aîné puis la sœurette qui malgré tout encaissait et ne ployait pas l'échine. À l'évidence il était un frère qui avait de la tendresse sous cette forme abrupte et musculeuse. L'affection de la famille était une bonne chose, à petite dose. Il n'était pas question de jouer le guerrier et de se présenter à la place de la cartographe en gage de bonne volonté pour embarqué sur mon boutre. Mes doigts s’imprégnaient dans l'abondante et rugueuse barbe me fournissant une réflexion toute aussi inhabituelle mais qui me semblait juste de tenir à son égard. Non par respect, ni par regret car je n'en avais aucunement ressentit le besoin. Ni aujourd'hui ni jamais me promettais-je. Un Greyjoy ne se satisfaisait pas d'une simple soumission condescendante. « Cela va de soi, je la formerait et l’entraînement de votre fils ne sera pas de trop. » Entamais-je avant de poser mes yeux dans ceux d'Hildegarde. « J'ai besoin d'une cartographe... » Rétorquais-je dans un sourire malicieux et enjoué que je manifestais que trop peu. Les rares occasions ou mon faciès exprimait ce genre d'instants aussi éphémères pouvait surprendre pour bien des yeux. Je riais légèrement face à la proposition camouflée que j'entendais dans la parole austère et si sérieuse du père. « J'aurais bien tout le temps nécessaire pour écouter votre requête. » Le vieux ne perdait pas le Nord, il avait là une occasion en or de se foutre un Greyjoy dans la poche. Ce que j'attendais d'Hildegarde cependant était purement d'ordre maritime. Ce cheminement de penser me faisait craindre que j'allais tomber sur un os. Quelque chose dont je n'aurais pas du négliger l'importance quand j'ai formulé mon souhait. Passons cette fâcheuse idée, si il devait parler formalité se serait en privé et non pas en présence de ses enfants.

« Je ne sais pas vraiment... » Oh j'avais peur en arrivant ici de m’attarder, pour moi cette venue me faisait perdre mon temps. Hors j'avais oublié à cet instant de prendre en compte les paramètres suivants. Ma cartographe bourrée de talent et les conditions de sa présence sur mon navire. Que ferait Quellon dans ce genre de situation ? La réponse était toute trouvée et je prenais mon temps pour la formuler. « Et bien je pourrais montrer quelques trucs à votre fils aîné. L'audacieuse rencontre d'un Greyjoy et d'un Tawney pour consolidé les liens passés. » Lançais-je spontanément tapant l'épaule du père et gratifiant d'un sourire le frère. Il fallait faire bonne impression, malgré les apparences personne n'était dupe de ce que j'étais alors de toute façon pourquoi me soucier de ce genre de questions. « De même pour Hildegarde, elle se débrouille à la dague, se sont ses paroles non les miennes. Se sont mes hommes qui vont être content de rester un peu plus longtemps. » Concluais-je alors que mon hôte prévoyait il peut être déjà de nous inviter à prendre  des forces autour d'une bonne tablée.  




    « It is one thing to use a weapon, but another to kill »

I came into this world kicking and screaming while covered in someone else's blood. I have no problem going out the same way
   


Dernière édition par Euron Greyjoy le Mar 30 Mai - 0:56, édité 1 fois
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Une seiche parmi les orties ( FB 281 Hildegarde )

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