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Une seiche parmi les orties ( FB 281 Hildegarde )

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Message Sujet: Re: Une seiche parmi les orties ( FB 281 Hildegarde ) Lun 29 Mai - 23:15

Le contrat était comme... Signé. Définitivement. A partir de son retour d'Harrenhal, Hildegarde s'engageait aux côtés d'Euron pour naviguer et lui fournir ce dont il avait besoin : Ses talents. En échange, il lui apprendrait à survivre en mer autrement que par son don d'orientation, et ferait d'elle une sorte de lui, en femme. En viendrait-elle à entendre d'autres voix ? Elle priait pour que ça ne soit pas le cas, maintenant que son destin était complètement scellé aux mains de deux hommes qui ne lui demandaient même pas son avis. Comme si, de toute façon, on ne pouvait lui en concéder la possibilité. Comme si, elle, érudite, de son rang, n'était pas capable de penser.

Elle se mordait les doigts d'avoir joué avec le feu, désormais. Euron aurait pu être juste un défi à taquiner, de quoi lui chatouiller le flan doucement, sans attendre en retour à un bâton aussi conséquent. Elle aurait voulu juste l'accompagner sur quelques expéditions, aller plus loin, pour une fois, au-delà des eaux tranquilles qu'elle connaissait déjà. Sa liberté avait un prix, oui. Le prix du fer, le prix du sang, et l'enjeu d'une vie. Comment deviendrait-elle cette suiveuse émérite sans perdre cette personnalité que peu aimaient, mais qu'elle avait pris soin de peaufiner ? Toutes ces années à lutter pour sortir de sa coquille... Et y être renvoyé d'une œillade grave.

Il n'y aurait de toute façon que derrière cette armure qu'elle parviendrait à survivre à tout ça. Qu'en consolidant les failles de celle-ci pour ne plus jamais laisser quiconque l'atteindre et lui faire peur. Elle lança simplement à Euron un regard assassin avant de tourner les talons. Les bras croisés devant sa poitrine, son frère tenta de la rappeler à l'ordre d'un « Ou vas-tu ? » autoritaire, mais elle lui fit un signe, comme pour lui dire qu'elle allait revenir. A la place de lui répondre qu'elle allait certainement se jeter de la première falaise venue pour abréger ce cauchemar... Son père ne se laissa pas impressionner par le mauvais caractère de sa progéniture, se tournant vers Euron pour l'inviter à s'installer où bon lui semblerait.

________________________

Hildegarde avait fulminé seule un long moment avant de daigner rentrer chez elle. La nuit n'était pas encore tout à fait tombée qu'elle passait l'enceinte pour gagner l'entrée. Les chaussures boueuses, presque trempée jusqu'aux os, la blonde avait essuyé une averse digne de ce nom. En quelques secondes, le temps s'était couvert pour inonder la terre, avant de repartir aussitôt. Elle s'était retrouvée dessous, sans chercher à s'abriter. De toute façon, elle l'avait vu venir, ressentit au fond de ses tripes. Et cette douche froide avait eu le mérite de lui remettre les idées en place.

En tout cas, une bonne partie. Même si elle grelottait à moitié compte tenu de la température ambiante, habituelle sur les îles de fer, elle ne tarda pas à rejoindre l'antre du fort, où l'air faisait bon vivre. La chaleur qui émanait du foyer la réchauffa bien vite, alors qu'elle tirait de sous son bras les quelques parchemins en bon état qu'elle avait pu récupérer, ainsi qu'un pot d'encre qu'elle sortit d'un de ses rangements. Essorant partiellement ses longs cheveux, elle se retourna pour tomber nez à nez avec sa mère et une servante venant allumer les torches.

« Nous ne t'avons pas attendu. » Lui signifia-t-elle d'une voix sèche en la regardant de haut en bas sans cacher son mépris. Hildegarde fronça un sourcil, étonnée qu'elle puisse seulement se dire qu'elle en avait quelque chose à faire. Haussant les épaules, la blonde ne s'en offusqua pas : « De toute façon, je n'ai pas faim. » Précisa-t-elle. Elle remarqua cependant dans l'ombre de sa mère la présence du Greyjoy, à qui elle n'adressa qu'un coup d’œil glaçant. Se retournant vers le foyer, elle contempla les flammes un long moment après avoir posé les parchemins sur une surface où ils pourraient sécher.

Elle entendit distinctement les bruits de pas de sa mère s'éloignant vers d'autres activités, et ceux de la servante s'esquivant peu après avoir baigné la pièce d'une lumière toute relative. Pour autant, elle n'avait pas discerné dans les bruits de vie de ce fort le départ du Greyjoy. Elle supposa donc qu'il était toujours là, et lui souffla : « Quand voulez-vous commencer ? » Elle se retourna à peine, regardant par-dessus son épaule avant de revenir vers les flammes qui lui réchauffèrent les mains. « Vous savez que cartographier est un travail barbant pour les autres. Nous devrons restés plusieurs heures près des côtes le temps que j'en prenne connaissance, avant de pouvoir nous aventurer à un endroit. »

Elle se racla la gorge. « Vos hommes vont vouloir me balancer par-dessus bord avant d'avoir atteint la première contrée de votre choix. » Fit-elle avec un sourire amusé. A croire que ça l'enthousiasmait déjà. Et comme si sa langue s'était enfin déliée, elle poursuivit sur le même ton, étrangement léger vu son interlocuteur : « M'autoriserez vous à naviguer, parfois ? » Sans se tourner, elle rajouta : « Mon frère me laisse faire systématiquement lorsque nous partons. » Il devait probablement s'en moquer. Mais ça lui faisait du bien de parler. C'était comme si elle apprivoisait ce monde de possibilités s'offrant à elle...
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Message Sujet: Re: Une seiche parmi les orties ( FB 281 Hildegarde ) Mar 30 Mai - 2:18


Les Îles de fer

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On ne naît pas fer-né,
on le devient.
L'affaire était entendue dans les plus grandes lignes. Cela ne faisait pas l'ombre d'un doute la jeune Tawney avait mal avalé l'aspect si burlesque de son bon vieux père prêt à l'échanger contre n'importe quoi d'autres qui attirait son appétit. C'était moche, plutôt du genre à donner envie aux gens de s'écharper jusqu'à ce que mort s'en suive. J'assistais cependant à une bien belle réaction de la part de la jeunette. Ah mais cette fois il y avait ce visage caractériel du père intransigeant et foutrement négligeant envers ses propres enfants. Enfin pas tous. Seulement elle et la gente féminine en somme. Oui cela se remarquait de manière systématique par ici, les fers-nés étaient parfois capable d'une cruauté qui me caractérisait si souvent que j'en perdais la notion même. À contrario l'aîné semblait plus enclin à voir le monde sous un autre angle. Bizarrement je comprenais cet agacement et le mécontentement dont elle faisait preuve. Il c'était changé chez moi en une colère sourde, une aigreur irascible et aveuglante. Il n'y avait pas de justice, la plupart des enfants naissant dans des familles plus fortunées ici étaient comme même considérés comme des bâtards bon à jeter au Dieu-Noyé. L’inconvénient c'est de se sentir mépriser. J'avais ce sentiment depuis que j'étais né. Enfant je ne le remarquais pas encore mais aux yeux de mon père j'étais une monstruosité, une chose, un être abject qu'importe si j'ai des yeux, deux bras, deux jambes et que tout fonctionne chez moi pour le mieux. J'étais différent, c'est souvent le cas dans les fratries. On s'éforce à ressembler à notre modèle, l'aîné qui par déduction avait subit une éducation exigeante pour prendre les rennes de la maisonnée. Finalement nous étions tous voués à l’échec. Je l'ai peut être compris assez tôt pour n'en faire qu'à ma tête. Calquer les moindres faits et gestes, produire des efforts considérables dans le seul but de lui plaire. Et puis quoi ? Rien, seulement le fait d'être étrange aux yeux de son père.

J'avais dès lors pris la décision que plus rien ne me changerait. J'étais comme je suis aujourd'hui, imparfait mais, c'était bon de pouvoir vivre selon ses propres envies et intérêts. J'en partageais un particulièrement avec mes frères. L'idéale d'entrer dans les bonnes grâces des continentaux était surfait. C'était écœurant, répugnant et gerbant au bas mot. Voilà pourquoi je ne comprenais que trop bien cette silhouette s'extirpant de la pièce. Aussi muette et refermée telle une huître, une moule sur son rocher. Il valait mieux la laisser filer, après tout l'indifférence du père ne faisait que conforter le frère d'essayer de comprendre pourquoi elle était aussi capricieuse qu'une jeune fillette. Je plaidais coupable pour ce coup, pas ouvertement mais, j'avais participé à cette délicieuse manière de se montrer sous un autre visage, un faciès qu'elle n'avait pas réussit à tenir plus de quelques secondes en ma présence. Et pourtant je la comprenais. Pas entièrement, pas dans l'être complexe qu'elle incarnait mais, en partie c'était vraie. Aux yeux de nos pères nous ne sommes que des boulets traînant les chaînes de leur échecs. Ils nous blâmeraient pour ça, battraient ou pire encore. Les présentations n'étaient pas terminé, les Tawney étaient nombreux si j'osais ne pas dire nombreuses. Plusieurs filles et une femme aussi austères dans leurs manières que frivoles dans leurs conditions de femelles. Je n'étirais que quelques sourires faussement polis alors qu'il me tardait de poursuivre la seule qui avait un soupçon d'intérêt en ces lieux. Qu'importe je prenais mon mal en patience faisant venir quelques vivres de l'embarcadère. Les ressources divers et variées que j'avais promis en retour des hommes que l'on m'avait donné emplissaient d'une excitation sans pareil le père et le fils Tawney. La matrone elle aussi était subjugué par tant de prouesses. Et oui le fer-prix avait un prix mais il était généreux et les récompenses promettaient d'être à la hauteur de nos attentes. Du moins la plupart du temps.

La pluie battante se déversait au travers des remparts. Je me sustentais silencieusement poursuivant mon entente avec le chef de famille lorsqu'elle daigna finalement pointer le bout de son nez. Aussi trempée qu'une jeune vierge effarouchée. Elle était vierge à n'en pas doutée. Je rodais non loin d'elle restant en retrait en apercevant la mère. J'expirais l'air d'entre mes lèvres dans un soupir qui trahissait mon envie irrésistible de lui dire de foutre le camp d'ici. Je tirais d'une corbeille un fruit de choix, hasardeusement une pomme que je croquais avec vigueur laissant le jus de celle-ci exploser en bouche jusqu'à couler le long de mon menton. J'essuyais du revers de ma main le liquide, scrutant la jeune femme pensive et aussi désintéressée de me dire si oui ou non elle voulait s'entretenir avec quelqu'un ou tout simplement partir se coucher. Je tirais une pêche que je frottais légèrement contre mon torse ne percevant que peu l'éclat et la qualité du fruit dans cette pénombre se jouant d'un clair-obscur peu accueillant. Elle m'interpella, j'en étais même surpris sur le coup laissant ma posture se stopper net derrière elle. Le jeu de la statue, un truc que j'expérimentais quand je feintais d'être vu. D'humeur joueuse je redescendais vite vers cet air sérieux qui me sciait guère. Comment dire ? Par quoi commencer ? La première destination ou bien autre chose ? Indiquez moi ma chambre et je t'indiquerai l'itinéraire à suivre. « On ne commence pas à travailler le ventre vide. » Lançais-je laissant mon corps me porter au plus près d'elle et lui tendant le fruit. Je terminais ma pomme sans plus attendre léchant mes doigts quelques peu collant laissant une grimace s'affirmer sur ce faciès aussi expressif qu'un foutu rocher. J'écoutais, j'étais doué pour prendre le temps d'entendre ce qu'avaient à dire les gens. Sauf quand le temps me manquait et que cela m'agaçait plus particulièrement. Finalement elle délia sa langue sans que je n'ai à en dire beaucoup plus sur mes intentions. Je laissais un léger rire s’extirper d'entre mes lèvres en décoinçant un morceau de peau d'entre mes dents à l'aide d'un index plutôt virulent. Le bruit de ma bouche devait être au combien agaçant à entendre. « Ils auront tous rapidement fait l'effort de comprendre que sans toi, ils ne sont pas prêt de piller le quelconque rivage apparent. » Rétorquais-je car oui mes hommes n'étaient que des brutes épaisses, des demi-sels aussi furieux et téméraire que leur maître. Mais au fond l'intelligence n'était pas la première qualité que je cherchais chez eux tout compte fait.

J'entrevoyais son sourire, c'était bizarrement la première fois qu'il semblait aussi franc. Ou bien la lumière des bougies jouaient des tours à ma vue reptilienne. Hildegarde semblait avoir perdue cette forme de véhémence en elle. Si c'était le cas il faudrait qu'il essaye de sortir plus souvent sous la pluie complètement perdu pour rentrer chez lui finalement. Je me postais à côté d'elle. Mon avant bras se posa contre la pierre ardente au dessus du foyer. C'était agréable comme sensation. Douce chaleur subtile et efficace surtout aussi trempée qu'elle était à cet instant. Je m'interdisais de répondre, je ne préférais pas la couper dans cette forme d’engouement. La commissure de mes lèvres se plissaient dans un sourire timide et à peine naissant. Mes yeux perçants eux restaient éclatants qu'importe la lumière émanant des bougies et des torches. « Je t'en fais la promesse. » Sifflais-je entre mes dents. « Mais pour l'instant, manges. » Déclarais-je un peu sous le ton d'un ordre sans vraiment m'attendre à ce qu'elle le respecte. Je tendais à nouveau la pêche la tournant dans ma seule paume que je lui offrais au devant de son regard luisant.
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Message Sujet: Re: Une seiche parmi les orties ( FB 281 Hildegarde ) Mar 30 Mai - 10:20

« Aux yeux de nos pères, nous ne sommes que des boulets traînant les chaînes de leurs échecs. » C'était toujours ainsi qu'Hildegarde s'était perçue, et une vérité qui vibrait sans arrêt en elle. Pas une fois, l'enfant qu'elle avait été n'avait attiré la fierté de ses parents. Était-elle trop ou pas assez ? Elle s'était posée la question, systématiquement, sans pouvoir obtenir de réponses. Elle n'était pas un homme, pas un fils, c'était là son plus grand défaut. Pas assez intelligente pour rentrer dans les bonnes graces de son père, malgré son érudition. Ou trop censée alors, s'était-elle questionnée ? Maintenant que Caedmon trouvait là le moyen de la rendre utile, il fallait que ça ne soit d'aucun qu'elle avait imaginé et travaillé le long de son existence.

Et ça faisait mal de l'admettre. Que, qu'importait les efforts, elle ne trouverait jamais grâce à ses yeux. Son frère lui, avait pourtant tout réussi. Si elle avait épousé la même voie, ça n'aurait jamais été suffisant. Pour être enfin considéré, il aurait fallu qu'elle fasse mieux, trois fois mieux qu'un homme, au cours de sa vie. Tout ça parce qu'elle avait eu la sottise d'être une femme... Et le pire, c'était qu'elle n'y pouvait rien. Alors au fond, après cette marche de réflexion, Hildegarde se disait qu'elle devait prendre ce nouveau chemin, curiosité en tête, pour parvenir à construire quelque chose. Se braquer serait trop bête pour elle. Ils y perdraient, tous, et elle surtout.

« Ah, parce que vous comptiez vous y mettre tout de suite ? » Rétorqua-t-elle d'une voix légère, alors qu'il lui soufflait qu'on ne travaillait pas le ventre vide. C'était plus une remarque qui ne souffrait pas de réponses qu'une véritable question. Elle fronça les sourcils, laissant ses doigts retrouver leur mobilité, décrispés par la chaleur. Elle pouvait les plier, agréablement. Pourtant, elle sentait toujours l'extrêmité froide. D'une geste, elle souffla dessus pour venir les désengourdir, surprise d'entendre son voisin rire. Elle l'écouta avec une patience toute relative, appreciant cette déclaration qui, d'une certaine manière, la rassura.

« De toute façon, je sais nager. » Elle avait conscience qu'elle naviguerait avec des rustres. L'érudite était loin de coller à l'image que l'on se faisait d'un guerrier, elle devrait pourtant en prendre le costume d'ici quelques semaines. Elle n'était pas encore persuadée d'apprécier cette idée, mais en avait-elle vraiment le choix ? Hildegarde soupira, avant de reprendre aussi légèrement : « Peut-être pas avec une armure, ceci dit... » Haussant les épaules, elle verrait bien assez tôt ce que ça ferait. Elle pouvait se souvenir des journées passées à se baigner dans l'eau glacé avec Serah, sans se soucier du mal qu'elles pourraient attraper.

Tout serait différent. Et elle devait l'accepter. Ses yeux se redressèrent vers la promesse d'Euron. Croisant le regard brillant de son vis-à-vis, elle ne put cacher son étonnement. Était-il sérieux ? Lui mentait-il ? Oh, elle avait l'espoir que tout ça soit vrai. Qu'il soit juste honnête, et qu'elle pourrait épouser de ses mains le gouvernail de son navire. Ça la faisait vibrer. Même si la pression s'en faisait ressentir en même temps : il y aurait tant de regard tourné vers elle. Et aucun droit à l'erreur. Elle devait prendre confiance en elle et en ses capacités pour y parvenir. Sinon, forcément, elle échouerait.

Ses yeux se posèrent sur la pêche qu'il lui désignait. Un pincement au cœur : c'était comme la prendre par les sentiments. Elle adorait les fruits. « Bien. » Fit-elle en l'attrapant rapidement, comme si elle avait peur qu'un contact puisse la brûler. Elle sortit sa dague la seconde d'après, et d'un geste expert, entamant la chaire de la pêche sans plus de cérémonies. Sans doute ne l'admettrait-elle pas, mais ça lui donnait faim. Et elle n'avait tenu tête à sa mère que par fierté, pour avoir de la répartie. Euron aurait tout le loisir de se moquer d'elle en d'autres circonstances. Un peu plus, un peu moins, elle n'était honnêtement plus à ça près.

« De tout ce qu'on raconte sur vous... » Demanda-t-elle : « Lesquelles de vos expéditions sont des légendes complètes, et lesquelles sont totalement vraies ? » Elle tourna un œil vers lui, avant de prendre une tranche de son fruit. Le sucre dans sa bouche était toujours autant un régal. Elle aurait pu s'en faire grossir tant elle adorait. « Je pourrais participer aux prochaines rumeurs. » Fit-elle : « Mais j'aime savoir dans quoi je suis vraiment embarquée pour m'y préparer. »
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Message Sujet: Re: Une seiche parmi les orties ( FB 281 Hildegarde ) Mar 30 Mai - 15:24


Les Îles de fer

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On ne naît pas fer-né,
on le devient.
Je troquais ma maladresse de notre isolement auparavant contre un peu d'enjolivement. Peut-être paraissais-je plus fourbe à son regard alors qu'elle gesticulait ses fines phalanges face à la chaleur du feu. Ses doigts avaient une destinée bien étrange, ils n'allaient que conforter mes actions au travers du monde que nous connaissions et au delà peut-être même de ce que je n'osais imaginer. Il règnait dans la pièce un silence bienveillant, celui d'un foyer austère, rude et sincère. Il n'était pas de toute beauté certes, il était même aussi peu reluisant que le clivage permanent entre mes frères et notre père. Il y avait bien des similitudes flagrantes entre nous. J'en connaissais les tenants et aboutissants. Je saisissais presque dans la globalité l'imperfectible prisme de cette vie qu'elle avait du mener. Se battre pour ce qu'elle désirait, encore et encore sans se permettre de pouvoir relâcher cette forme de constance et d'espoir. Une espérance bien naïve dans le fond, elle devait s'en rendre compte depuis le temps.

Sa répartie était à la fois curieux et son cheminent tout aussi mystérieux finalement. C'est croire que dans cette pièce j'avais à faire à une entité tout aussi complète et complexe que la mienne. Je riais face à ce dénouement, sincèrement elle était plutôt drôle dans le fond. Je n'allais lui en tenir rigueur fallait bien avoir quelques comiques sur ce rafiot. Cette pointe d'humour n'était peut-être pas la plus significative des preuves que j'attendais auprès de sa personne. Elle ne prenait pas ma décision avec gaieté de cœur. Heureusement qu'elle gardait une certaine forme de réticence et son caractère avait un intérêt dans l'affaire même si je balayais ces chicaneries d'un revers de main sans prétexte apparent. J'observais, un sourire au coin des lèvres près des flammes éclairant cette vilaine face malfaisante. Être apprécié de mes hommes n'était pas une chose fondamentale. Elle n'était même pas d'actualité pour dire les choses franchement. Je préférais la peur tenaillant leurs tripes, qu'ils est les foies, qu'ils cauchemardent à cette simple pensée de décevoir leur capitaine. À juste titre beaucoup des plus insolents étaient passé par dessus bord à cause de leur petite personne. Je m'évitais bien des soucis. Un homme reste un homme, personne ici n'est irremplaçable sauf à quelques exceptions près. « La noyade est la dernière chose à laquelle je penserai. » Confiant de mes capacités à navigué en eau trouble ou à travers de nombreuses tempêtes. « Personne ne sait réellement de quoi il est capable si il n'ose pas le faire. » La passivité était de loin la pire des choses que j'envisageais. Ne rien faire c'était se rendre coupable de lâcheté et un acte volontaire prouvant aux yeux de tous et surtout du Kraken que vous êtes faible.

Elle acceptait finalement de s'accaparer le fruit que je lui offrais. « Bien. » répondais-je aussi étirant mes lèvres en expirant par le nez une certaine satisfaction pas déplaisante. Je tendais mon avant bras m'appuyant de tout mon corps contre la paroi de l'âtre crépitant et fumant. « Nous ne semons pas. » Déclarais-je en fixant les flammes aussi hypnotisant que ce spectacle qui s'offrait à mes yeux cernés par une fatigue qui ne cessait de tenailler mon esprit. Je n'avais guère le temps de dormir, à dire vraie je ne dormais presque plus ces derniers temps. Obnubilé par mes désirs, mes prises guerres, mes pillages et mes visions aussi sanguinaires qu’effrayantes. Cela se calmerait, il fallait juste laisser du temps au temps. Ironique pensée quand l'on sait que je déteste attendre. Dormir était d'une certaine façon à mes yeux une perte de temps. La devise de ma famille était à prendre au premier degré, elle était une notion fondamentale et évidente à mes yeux et c'est ce que j'allais lui inculquer. Peut être l'avait elle déjà compris alors que nous nous toisions farouchement dans ce bureau reflétant secrètement son antre. « Tu vas apprendre, d'une façon ou d'une autre... Ce que tu désires tu vas le prendre. » Décrochais-je de ma mâchoire béante qui laissait entrevoir une rangée carnassière de dents.

J'écoutais silencieusement ce qui semblait tarauder l'esprit d'une fillette à qui on lui déclarait gravement, « si tu n'es pas sage, l’œil du kraken viendra te prendre dans ton sommeil et t'emporter aux confins du monde. » C'était peu commun et pourtant cela rythmait ma vie de bien des façons différentes. « C'est difficile de démêler le vrai du faux... » Ce n'était pas chose aisée en effet. Qui croire ? Les hommes d'équipages ? Les vieilles matrones et leurs histoires faisant peur aux enfants ? L'enjolivement passionné des ivrognes voulant se faire quelques pièces sur un personnage marquant de leur temps ? Je n'y prêtais guère attention, le peu qui remontait à mes oreilles me faisait éclater de rire et servait à engranger une renommée aussi cinglante que le vent. Je soufflais écarquillant les yeux cherchant vainement à répondre le plus justement possible. « Aucune des expéditions que j'ai mené étaient vaines ou infondées. On ne prêterait pas tant d'attention si je n'avais pas fais mes preuves sur l'océan. En revanche... » J’esquissais un sourire à cette moindre pensée tout aussi ridicule que je ne saurais dire quel impertinent avait pu prononcé ces mots. « Euron est un géant. Il a tué des centaines de continentaux et il dévore les enfants ! » Exprimais-je en prenant la voix d'un pauvre manant effrayé par sa propre petit histoire insignifiante. Je détournais les yeux ricanant quelques instants. « La dernière partie est fausse. » laissais-je sous entendre. « Les gens aiment toujours en rajouter et pourtant... On peut sentir la peur que j'inspire autour de moi. » Précisément c'était de ça que je me nourrissais, la peur de l'inconnu, la peur de connaître un homme de son vivant inspirant autant d'effroi sans prendre en considération la démesure des paroles de tous ces gens. « Aussi terrifiés comme si ils voyaient leur propre mort. » murmurais-je à son oreille avant de m'éloigner de sa tête blondinette et de la dague qu'elle tenait. « Ceux connaissant la vérité n'ont pas besoin d'en parler. Quoique la plupart sont morts ou leurs langues ont été coupées. » Un passage de ma vie fascinant et au combien excitant. Un tour de force qui vous prend au ventre car cette réalité là était belle et bien vivante. « Rassures toi la tienne est très bien ou elle est. Ne fais pas attention à ce que je dis tout ça n'a plus vraiment d'importance. » Mon visage se murait dans une profondeur grave et   peu réjouissante à ces quelques mots qui sonnait pourtant si bien dans ma tête et beaucoup moins à présent.
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Message Sujet: Re: Une seiche parmi les orties ( FB 281 Hildegarde ) Mar 30 Mai - 20:25

Sous cette angle, il n'était probablement plus aussi effrayant qu'avant. Hildegarde s'en fit la remarque en fronçant les sourcils, s'étonnant elle-même de le voir plus comme une personne que comme un monstre inhumain. Ce qui le rendait plus réel, c'était sans doute cette capacité qu'il avait de s'amuser de ses propos, de rebondir sur son humour avec une légèreté qui ne collait pas au personnage. Était-ce là une manière de l'adoucir ? De lui laisser croire que tout ça ne serait pas aussi terrible qu'elle l'imaginait ? Ou Euron s'armait-il constamment d'une armure sordide pour se protéger du monde entier ? Détournant les yeux, elle préféra en revenir à son fruit, dont elle dévora une deuxième tranche en essuyant ces pensées d'un soupir libérateur.

Elle ne devait plus baisser la garde. Pas maintenant qu'elle avait pu entrevoir ce qu'il pouvait faire de pire. Se laisser amadouer, bercer par les histoires d'un aventurier, était bien la pire des idées du monde. Le souvenir de leur tête à tête ici même se rappela à elle comme une main glacée lui effleurant la colonne. Elle se raidit immédiatement, et fronça le nez par réflexe, comme pour encaisser le choc. Montrer les crocs aurait été bien plus équivoque sur le moment, mais elle s'en abstint en se concentrant sur sa pêche déjà bien entamé.

« Nous ne semons pas. » Hildegarde soupira, sentant une pointe de colère monter en elle. Ce « nous » l'embêtait. Il n'y avait pas de nous. Il n'y avait que lui, et plus loin, les autres. Il n'avait jamais formé une unité quelconque avec ses hommes, ou son peuple, et n'avait d'ailleurs jamais envisagé cette possibilité de régnait par le respect et non par la terreur. Euron semblait même se complaire dans cette légende qu'il avait parfait au fur et à mesure des années. Encore jeune, et déjà si craint. A raison, puisque la blonde le trouvait effrayant, et avait déjà l'impression d'en avoir assez vu.

Pourtant, d'ici quelques semaines, ses yeux auraient l'occasion d'en admirer bien plus. Elle appréhendait déjà le rouge que prendrait la mer en se teintant de sang, et de l'odeur putride des cadavres qu'elle foulerait pour avancer avec lui. Il y avait-il vraiment une leçon à tirer de tout ça ? Elle en doutait. « Oh vraiment ? » Lui souffla-t-elle, un peu sèchement. L'érudite le fixa d'un regard sombre, avant de reprendre : « La seule leçon que j'ai tiré aujourd'hui de notre entrevue, c'est que ce n'est pas moi qui prends ce que je veux, mais vous. » Ses sourcils se froncèrent, le défiant de retoquer quoi que ce soit à cette évidence.

Il était peut-être préférable de ne pas s’appesantir sur cet état de fait. Lutter contre le courant, d'une force bien supérieure à la sienne, n'avait aucun sens. Se laisser dériver jusqu'à trouver un rivage ou s'échouer, serait probablement plus judicieux, et moins fatiguant. Mais y parviendrait-elle... Renoncerait-elle à aller contre sa nature, pour le laisser faire d'elle quelque chose qu'elle se refusait d'être pourtant ? Parviendrait-elle à arrêter de croire qu'elle pourrait, peut-être, changer les choses d'une manière qui lui semblerait plus acceptable ? En faisant taire la folie qui grognait à l'intérieur de ce crâne rasé sur les tempes, au profil d'une voie plus juste, plus logique, plus évidente à ses yeux...

Elle avait probablement encore la fougue de sa jeunesse avec elle, loin des jeux de cour, politiques, qui sévissaient par delà les mers. Des idées bien tranchées et naïves sur bien des points. Hildegarde se trouvait au pied d'une falaise aux prises qui lui trancheraient les doigts. Et elle avait un choix : l'escalader ou tourner les talons. Le souffle d'Euron contre sa joue, et sa voix caressant son tympan, la sortit de sa torpeur en un sursaut qu'elle ne retint pas. Elle se retourna vivement vers lui, alors qu'il s'écartait avec un air satisfait sur le regard. L'avait-elle écouté ? Oui. Mais son esprit avait fait d'autres liens, et sa main s'était serrée autour du manche de sa dague.

« De toute façon, je n'ai rien à raconter. » Retoqua-t-elle, de peur que l'idée de lui couper la langue lui semble soudainement séduisante. « Je parviendrais à trouver mon compte dans cette... Collaboration. » tenta-t-elle d'une voix un peu hésitante, sans savoir si ce mot était le plus juste pour les qualifier désormais. « Je ne dis pas que ça sera facile, il va me falloir un certain temps pour ne plus bouder mon quotidien. » Elle fit une petite moue : « Il y a bien des avantages à être sous la coupe d'un Greyjoy. » Murmura-t-elle d'une voix sombre en retournant fixer les flammes dansantes dans l'antre de la cheminée. « Et j'apprendrais beaucoup. »

C'était juste... Pas vraiment le rêve qu'elle voulait vivre éveillé. Ni l'idéal auquel elle voulait prétendre.
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Message Sujet: Re: Une seiche parmi les orties ( FB 281 Hildegarde ) Jeu 1 Juin - 2:31


Les Îles de fer

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On ne naît pas fer-né,
on le devient.
Les pions se déplaçaient sur l’échiquier. Si elle paraissait aussi belle dans sa manière d'exprimer son dédain ou sa haine à mon égard, elle n'avait pas tord sur l'enjeu principal. À ma bonne humeur elle savait rendre la monnaie de sa pièce au moment même ou je pensais que la résignation et l'inclinaison de son être était au plus près de chuter. Les falaises recueilleraient ses pas, son corps déchiqueté en morceau exploserait sur les récifs. De part en part l'océan se gorgerait de ce sang à l'odeur amer. L'esprit s'entête à connaître les moindres recoins de son être. Déplacer le fou au devant des autres pièces et rien ne semble pouvoir l'arrêter. Le temps passé auprès d'Hildegarde prenait une tournure subtile et dérangeante. Au fond aurait-elle envie d'apprendre à façonner cette image monstrueuse et imparfaite ? Ou était-elle déjà entrain de douter de ce qu'elle serait en capacité de faire. Ses yeux ne trahissaient pas l’appréhension se dégageant de ses pensées. Les miens eux ne livraient jamais plus qu'une réponse déjà trop loin pour être stopper. Mais qui pouvait m'arrêter ? Alors que j'arborais un blason synonyme de terreur et aux répercutions cataclysmiques. Je laissais mes mains et ses phalanges caleuses exprimer plus que des gestes. C'était un tic de langage auquel je ne pouvais résister. Oui parfois certains soirs comme celui-ci j'arbore un air grave ou railleur. Le mélange d'un sourire aux lèvres pouvait parfois prétendre d'une annonce funeste annonciateur de malheur. Des soirées comme celle-ci j'en avais vécu, chargées d’électricité et d'une parfaite impartialité. Croyait-elle que je ne comprenais pas mes erreurs ? Que je vivais hors des mœurs, que ce qu'il adviendrait de moi ne me faisait pas peur ? Pourtant j'avais peur, il le fallait bien. Sans cette sueur froide s'extirpant des pores de ma peau qu'avais-je à prouver ? Agir sans réfléchir, mes actes m’emmenant en ballade. Qu'importe l'effroi, qu'importe mes ennemis et mes inimitiés. J'étais la pomme pourrie qui s'écartait du panier.

J'empilais mes exploits sanguinaires. Tous voulaient prendre part à ma suite aussi bien pour me nuire que pour m'exploiter. J'escalade les innombrables cadavres préférant m'éteindre au sommet que de vivre dans l'ombre de ces sangsues insatiable. La faim irrassasiable dévorant les moindres miettes d'une effroyable idée se vouant à tuer un monstre de plus qui était né. Qu'importe qu'ils arrivent à mettre leur plan à exécution, le nombre de mains aussi vils et noires ne m'atteindraient pas. Je suis intouchable, ma solitude et ma haine à bout de souffle me redonne de l'oxygène. Rien ne change et tout se met à mouvoir. Sous mes jambes le sol se dérobe, mon corps solide comme l'acier expire la vapeur d'eau des narines salées. Oui j'avais peur, pas des autres, surtout de ma propre personne. Sans ce sentiment la majorité des personnes meurent. Grâce à elle j'avais pris des décisions bonnes et mauvaises, bénéfiques pour les uns et désastreuses pour beaucoup d'autres. Mes rêves se ravivent, elle commence à me plaire. Ce parfum aussi dangereux que mortel m'invite à brûler ce qu'il me reste d'ailes.

Je crame dans un enfer imperceptible aux yeux d'Hildegarde. Mon esprit en ébullition fait le tour de la question. J'ai tant de rêves et d'idées alors que je n'ai assurément rien accompli de grand ou même terminé un quelconque fait. Ils poursuivent pourtant une ombre insaisissable. Une tempête qu'ils jalousent en regardant cette marée rouge montée au loin. Veulent-ils endosser la peau de la bête ? Se sentir prédateur plutôt qu'être inexorablement mes proies ? Mon esprit vagabond voyage, je sais pas pourquoi je dis ça. Qui sait si je vogue sur la mer ou pourquoi je déraille sans prendre conscience de ce que je fais. Je prenais de son temps sans réfléchir à l'après. Ses sourires à l'envers ne décrochent de ma gorge aucun commentaire. Timide et sombre Hildegarde rend coup pour coup en prenant compte de l'ascension qu'il y a à faire. Ceux qui sombraient avec moi avaient peu de chance de survie. Qu’importe la hauteur et la chute je me relevais à chaque fois. À travers le vide je perçois le monde en entier. « Il y aura des sacrifices, le fer prix à payé n'a jamais pardonné. » Oui le Dieu-Noyé prendrait ce qu'il voudrait durant ce voyage c'était simple à démontrer sans faire dans le détail. « Si il n'y avait que des choses à apprendre... Le monde tournerait bien mieux. » Répliquais-je d'un ton bien plus lucide et sérieux. « Comprendre sera une priorité, de nombreux questionnements qui échappent au commun des plus bornés. » Concluais-je prenant goût au sucre dans ma bouche amère. « Demain j'ai l'intention de parfaire ton bras. » Je pointais du doigt l'avant bras et la main affermie sur le pommeau de la dague. « Ne jamais conclure de conclusions trop hâtive sur ce qu'on ne connaît pas. » Car elle ne me connaissait pas, il est vraie que peut être elle ne voudrait pas en savoir plus sur moi et pourtant apprendre à vivre sur un boutre et prendre part aux pillages du Kraken faisait partie intégrante de moi. Il n'y avait rien d'idéal ou de parfait dans cette pensée. Juste une preuve lucide, fondée sur la prudence de préserver la jeune Tawney de bien des illusions sur des récents méfaits. « Que ferais-tu si tu étais à ma place ? » Questionnais-je curieux de voir sa vision des choses sur une situation dont personne ne pouvait prétendre avoir la solution.
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Message Sujet: Re: Une seiche parmi les orties ( FB 281 Hildegarde ) Ven 2 Juin - 21:16

Elle ne comprenait pas encore la leçon qu'elle devait tirer de tout ça. Sans doute que les réponses viendraient plus tard, lorsqu'elle baisserait sa garde et qu'elle prendrait un petit peu de retour sur tout ça. A force de ressasser ce passage de sa vie, elle commencerait à en saisir tous les aspects, et les erreurs qu'elle ne devrait plus jamais reproduire. Pour l'instant, elle préférait garder la main soigneusement autour du manche de sa dague, des fois que l'obligation de s'en servir s'impose à elle. L'homme à ses côtés procédait par l'instant par énigme, et elle ne voyait pas tout à fait où il voulait en venir. Elle se demandait simplement comment c'était possible de rendre ce qu'il lui restait de raison aussi sinueuse...

Et comment, alors qu'il ne devait avoir qu'une poignée d'années de plus qu'elle, il pouvait sembler autant chien fou... Qu'avait-il traversé ? Qu'avait-on exigé de lui qu'il ne pouvait donner ? Détournant brièvement les yeux, Hildegarde se reprit. Cette curiosité n'était pas à la bonne place, et elle ne sauvera pas un homme de lui-même. S'il décidait de se jeter d'une falaise dans la minute, elle n'aurait sûrement aucun mot pour l'en empêcher. Est-ce que ça devait l'empêcher d'essayer ? Elle chassa à nouveau cette pensée. Ça n'était pas sa place. Et elle se perdrait avant lui en s'y frottant.

« D'accord. » Fit-elle simplement lorsqu'il déclara vouloir parfaire son bras le lendemain. Elle fixa sa main, rangea finalement sa dague une fois son fruit fini, après avoir lancé le noyau dans les flammes. Sur les îles de fer, ils ne semaient pas. Au moins une leçon qu'elle avait retenu. Mais la remarque d'Euron la fit sourire : Ne pas tirer de conclusion sur des choses qu'elle ne connaissait pas ? Elle n'était pas encore la dernière des idiotes. Si elle s'était faite l'analyse tantôt d'essayer de comprendre comment il fonctionnait, ça n'était pas pour autant qu'elle était complètement sotte :

« Les rumeurs qu'il y a sur vous ont forcément un fond de vrai. » Expliqua-t-elle. Ses yeux noisettes se levèrent vers ceux d'un bleu presque gris de son partenaire du soir : « Donc dans une certaine mesure, je connais une partie de vous. » Elle savait qu'il pouvait mal réagir. Elle savait qu'elle devait s'en méfier, en avoir peur. Pour sa propre survie : « Et je sais maintenant que je ne me retrouverais plus jamais enfermée ou que ce soit en votre compagnie sans une arme. » Argua-t-elle avec un sourire presque doux. « Du reste... Effectivement. » Admit-elle. « Je ne connais qu'une infime partie de l'homme que vous êtes. »

Il lui avait demandé de ne pas avoir peur. Pas de ne pas être méfiante. Baisser sa garde serait probablement le pire à envisager. Sur le coup, Hildegarde préféra ne même pas approcher cette idée. Peut-être qu'un jour, un lien de confiance naîtrait entre eux, et qu'elle n'aurait plus peur pour sa vie. Peut-être qu'elle parviendrait à surmonter le traumatisme de cette première rencontre officielle, et de ce sentiment oppressant qu'il lui avait fait ressentir de par sa simple présence. Elle entrevoyait les possibilités, toutes, sans exception. Certaines l'arrangeaient plus que d'autres. A elle d'orienter l'avenir comme bon lui semblerait.

« Je n'en sais rien. » Fit-elle. D'abord par pudeur pour répondre à la question de son vis-à-vis. Ses yeux passèrent de ce dernier aux flammes ronronnant doucement dans la cheminée, avant de revenir vers lui. Voulait-il vraiment entendre ça ? « Je ne connais pas votre place. » Et par là, elle entendait toutes les obligations qui pesaient sur lui. « Et a dire vrai, je ne l'envie pas. » Rétorqua-t-elle sans avoir l'air d'avoir envie d'essayer d'enfiler ses chaussures et de réfléchir pour lui.

Mais n'était-ce pas une occasion, l'une de celle qu'il fallait saisir ? Un silence tomba entre les deux, le temps qu'elle réfléchisse plus avant. Hildegarde pinça les lèvres, et avant que son interlocuteur ne reprenne la parole, elle s'en chargea pour lui : « Si je m'appelais Greyjoy, je voudrais imposer le respect par ma simple présence. Ou en tout cas, je ferais en sorte d'être la meilleure dans le domaine que je me suis choisie pour qu'on reconnaisse ma valeur. » Elle ne disait pas que ça n'était pas son cas. Elle disait juste que c'était ce qu'elle ferait. « Je connaîtrais mes ennemis mieux que moi. » Ajouta-t-elle : « Et je tacherais de me faire d'avantage d'alliés que d'adversaires. Ne pouvoir se fier à personne, ce n'est pas une vie. » Chuchota-t-elle finalement.

Ses yeux la piquèrent. Probablement du à la fatigue qui commençait à lui nouer la nuque doucement. La blonde joua d'une main dans les cheveux, les démêlant au passage de ses longs doigts...
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Message Sujet: Re: Une seiche parmi les orties ( FB 281 Hildegarde ) Jeu 8 Juin - 22:10


Les Îles de fer

Flashback



On ne naît pas fer-né,
on le devient.
Tout le monde craignait et admirait la maison suzeraine des Îles de Fer. La trace de son passage dans l'histoire de cette nation aussi sombre et sanglante ne pourrait disparaître et tomber dans l'oubli. Ce sentiment certains que beaucoup taisaient et n'exprimaient était vivace et cela grâce à ces illustres personnages. Tous aussi valeureux que clairement distincts dans leurs façons d'agir. À la mort d'Harren le Noir et de ses fils le chaos régna en maître sur cette terre stérile. Vickon Greyjoy le sévère monarque à la couronne de bois flotté fut le premier. Beaucoup devaient avoir un goût âpre et amer envers celui qui laissa prêcher la parole des sept sur les îles. Il était assurément le plus prudent un peu comme mon père. Goren Greyjoy le déterminé, si il n'avait rien accomplit de plus glorieux que son père il avait au moins la fermeté nécessaire pour faire ce qu'il y avait à faire. Défiant et sommant le faible roi du continent qu'il bouterait lui même les septons de ses îles. Suivirent des aïeux plus ambitieux, Dalton Greyjoy surnommé le kraken rouge. J'aime ce nom, il me rappelle la véritable raison de vivre de notre nation. Il vécu comme un roi et mourra comme une merde. Si il aimait la mer, l'épée et les femmes c'est bien cette dernière qui le perdrait. Égorgé par une femme, s'étouffant dans son propre sang. Cette créature reptilienne était une note de partition beaucoup trop grave pour qu'un Greyjoy se laisse à nouveau abattre d'une si vulgaire façon. Dagon Greyjoy le pillard et assurément le dernier qui valait la peine de se hisser outre que pisser, boire et baiser il fut le chef qui orchestra et inspira la véritable peur dans l'Ouest. Alton Greyjoy, le fou. Cette pensée me faisait rire et sourire inexorablement. Ce surnom, il lui allait comme un gant. L'ambition certaine coule dans mes veines et on peut nous traiter de déments nous avons su forger à travers le temps cette inlassable histoire que tous ne peuvent comprendre. Torwyn Greyjoy le fourbe le fer-né qui jurera allégeance et trahira aussitôt son serment. Notre parole n'est pas d'or, elle est futile, conciliante et impitoyablement terne. Loren Greyjoy, celui dont je ne pouvais savourer à sa juste valeur le nom tant il faisait pitié par son nom. Le barde, un simple mot qui ébranlait autant ma bite qu'il donnait à réfléchir. Parfois dans les plus illustres familles, certains d'entre eux se perdent mais, l'amitié n'est pas une fin en soi. Et voilà enfin celui que l'on attendait tous, celui que je prénomme père et qui ne cesse de me faire honte à moi et mes frères. Quellon Greyjoy, le pacifiste, le simple seigneur qui n'ose prendre part à une éventuelle guerre qui un jour ou l'autre sera inévitable. Je le déteste, je hais sa couardise, cet esprit de prudence et de passivité me donne envie de vomir. Il règne bien trop sagement sur le trône de grès qu'il en oublierait presque d'être roi. Quellon le sage, peut être qu'il apprécierait ce nom d'oiseau, j'aspire à bien d'autres appellations et rien ne me ferait plus plaisir que de voir sur son faciès vieillit la résignation de voir Balon, mes frères et moi prendre le contrôle de centaines, de milliers de snekkars ravager le continent et ses côtes.  

Qui serais-je aux yeux du monde ? Une question en entraînant une autre j'écoutais l’œil brillant la petite Hildegarde prendre ses distances. Riant légèrement à ses remarques, les dernières frasques l'avait rendue plus prudente qu'elle n'avait fait usage de son intelligence précédemment. On ne peut totalement connaître une personne. Moi même je ne me connais pas vraiment. Pas entièrement en tout cas. Serais-je un fou ? Suis-je trop cruel ? Déguiserais-je ma vilenie à en oublier ce que je suis ? Beaucoup s'étonneraient si je n'étais pas le premier à en être surpris. Qu'importe ce que je fais, tôt ou tard les langues se délient. Elle était d'une vaillance rare, d'une parole un peu gauche et maladroite mais elle était d'une importance capitale pour l'instant en tout cas. Promesse ou non tenue, raffermir cette anguille à la blonde chevelure était un but qu'il fallait atteindre. Une cartographe est utile que si elle écoute et exécute ce qu'on lui dit. Vivante oui c'est sûr il fallait pour ça qu'elle reste en vie. Un cadavre ne sert à rien quoiqu'il me venait quelques idées trahissant ma sournoiserie. « Il n'y a pas meilleure façon d'éviter de mourir, une lame en toutes circonstances est toujours utile. » Lançais-je ressentant le poids de la fatigue surgir dans l'arrière de ma nuque à m'en tordre les vertèbres dans un arc de cercle à demi contrôlé. L'ossature de ma colonne vertébrale se décoince dans un mouvement lent. Je replaçais l'ensemble de mon corps dans une posture plus confortable et accommodante écoutant et rétorquant les choses qui me venaient à l'esprit en l'écoutant. « Un Fer-né peut apprendre à lire et écrire, on peut se vêtir de velours, de lin ou de soie. On peut dicter un comportement courtois, m'enseigner la chevalerie et me donner des livres pour percer les mystères de l'Antique voie... » Commençais-je à réciter comme une ballade que l'on m'avait incessamment sommer d'apprendre sans relâche tant ces mots semblaient si différent de ma façon si singulière de penser. « Mais... Si on y regarde d'un peu plus près, on voit dans ses yeux que la mer est bien là. Toujours aussi grise et cruelle. » Décrochais-je d'entre mes dents alors que mon faciès se teintait d'une certaine aigreur et une sommation de défiance envers sois même. Mes yeux reluisaient les flammes de l'âtre encore présent.

Connaître ma place, oui il y avait de quoi avoir une vision peu ragoutante de la chose. Sans en connaître les plus infimes raisons il valait mieux pour beaucoup de taire les allusions sur mon nom. Cependant c'était une demande, une exigence de ma part. Cela sonnait comme une invitation à se confier, à écouter et suggérer quelque chose. Elle pouvait bien s'exprimer, son avis avait quelque chose de bon ou de plutôt mauvais suivant ce qu'elle allait répondre. Son discours se tenait, il était assurément pas celui que j'attendais vraisemblablement mais qu'importe. Je n'étais pas elle et elle ne serait jamais moi. « Tu plairais à mon père, des paroles sages pour une simple femme comme s'empresseraient de dire les faibles. » Ricanais-je, sans aucune malice ni empathie pour elle je n'entrevoyais là qu'une façon de lui dire, tu as raison seul les plus cons et ignares des bas-fonds se baseraient théoriquement sur la prédisposition des hommes à réfléchir et comprendre mieux les choses. « Contrairement à lui je préfère les choses primitives et efficaces. La peur en est une parmi d'autres. » l'imitais-je dans un chuchotement alors j'observais ses doigts se mêler à ses cheveux couleur paille. Instinctivement l'envie de défier, de m’imprégner de cette chevelure effleura mes pensées. Je relevais ma main libre et mes doigts s’avancèrent vers sa tempe effleurant les racines de ces mèches de cheveux. « Et pourtant... Se sont de sages paroles... »  Dans un sursaut je me retirais. Laissant ma main revenir bien vite à sa place comme prenant conscience de ce qui pouvait être bien  ou mal et en avoir quelque chose à faire. Je laissais transparaître un sourire fin, mes yeux saisissant les siens je n'exprimais rien qu'un simple souffle à la fois pompeux et délivrant. « Il... Se fait tard. » Expirais-je d'entre mes lèvres.
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Message Sujet: Re: Une seiche parmi les orties ( FB 281 Hildegarde ) Ven 9 Juin - 15:25

« L'un n'a heureusement jamais empêché l'autre. » Souffla-t-elle après la comptine de son interlocuteur. Les fer-nés n'étaient pas des êtres sociaux, qui cherchaient le contact. Hildegarde avait trop souvent l'impression qu'ils se complaisaient tous dans cette ignorance et cette solitude, alors qu'il y avait tellement à voir ailleurs, de mieux que du sable. Leur horizon était recouvert de sel, la soif les étranglait, et d'aucun n'osait s'en plaindre ou avoir l'ambition des beaux jours. « Et il y a tellement plus à apprendre de la mer que de galanteries de ce monde. » Ajouta-t-elle avec un sourire triste.

Des propos que ses parents et ses sœurs ne voulaient ni admettre, ni comprendre. Son père ne voyait que le gain qu'il obtiendrait de ses excursions. Malheureusement, son grand frère emboitait ce pas, même s'il se montrait plus ouvert au discours que pouvait tenir Hildegarde. Nombre de fois, il était venu justement pour les écouter. Winfrid aurait du être formé à son savoir, mais tenir une épée était plus important pour lui que de savoir lire, écrire, compter ou se tenir dans une cour. Ses sœurs se désintéressaient totalement de cette idée, même si elles avaient à y gagner humainement. Hildegarde était persuadée de toute façon que derrière leurs yeux, il n'y avait que de l'eau en train de croupir.

C'était cependant aussi bizarre que plaisant de pouvoir discuter avec quelqu'un qui, s'il n'était pas d'accord, arrivait au moins à l'écouter. D'une certaine manière, elle lui en était reconnaissante, tout en sachant qu'il n'y aurait qui le ferait cahnger d'avis. Euron témoigna du fait que son père apprécierait probablement son discours. Restait à savoir ce que lui pensait de son père, sachant qu'ils avaient l'air, selon la rumeur, très différents. « J'imagine que pour imposer le respect, il faut prouver qu'on est capable du pire, sans sourciller. » Admit-elle sans beaucoup de peine. « Je ne vous ferais pas changer d'opinion là-dessus. » Rajouta-t-elle ensuite.

Hildegarde joua silencieusement avec une de ses mèches, en reprenant d'une voix monocorde : « La peur a besoin d'être rappelé constamment, elle s'estompe et se mue. Même si on se souvient plus facilement des claques que des caresses, vos alliés les plus loyaux sauront toujours se montrer prompt à vous soutenir en cas de nécessité. » Ajouta-t-elle avant de sentir deux doigts frôler sa tempe et se mêler doucement à ses cheveux. Sur le coup, elle ne comprit pas vraiment. Elle se raidit simplement, poursuivant sur sa lancée pour faire comme si rien ne s'était passé : « C'est simplement un parti pris qui ne paie que sur la durée. » Termina-t-elle dans un murmure troublé.

Elle ne pouvait le cacher, ce trouble. Un mélange de doute et d'une pointe de curiosité, sur ce qu'il lui prenait. Elle le regarda avec une certaine méfiance, sans chercher à la cacher. C'était légitime, surtout après ce qu'ils avaient traversé, plutôt. La plaie était toujours vive, une plaie effrayante qu'elle garderait au fond d'elle à chaque fois qu'elle le cotoierait. Elle avait conscience que le temps en adoucirait la douleur, sans pour autant que la marque ne disparaisse. Fixant l'homme, qui faisait comme si rien ne s'était passé, comme s'il n'avait pas tenté de grignoter sur une frontière qu'elle peinait à instaurer entre eux, il lui signifia qu'il était tard.

Hildegarde pinça les lèvres. Les guerriers se moquaient des frontières, surtout lorsqu'ils avaient la fièvre de la conquête, comme lui. Sans oser bouger d'un pouce, elle hocha simplement la tête sur le moment. En effet. Elle veillait rarement autant pour sa part, la discussion avait eu le mérite de la tenir debout sans peine. Mais maintenant, elle pouvait sentir la raideur dans sa colonne, le frisson dans son dos, due au froid et à la fatigue. Même ses yeux, assechés par l'éveil, commençaient à la piquer. En retrouvant son matelas, ses draps, ses couvertures, malgré la peur et les doutes, la blonde savait qu'elle ne repousserait pas le sommeil.

« Je suppose que mon père vous a montré vos quartiers. » Fit-elle d'une voix polie, avant de reculer d'un pas et attraper ses biens sur la table. Soigneusement, elle les roula du bout des doigts pour venir les glisser sous son bras. Revenant vers Euron, elle se baissa doucement pour le saluer. « Bonne nuit. » Murmura-t-elle sans attendre qu'il l'autorise à partir. Pour elle, le fait qu'il mentionne l'heure tardive suffisait à lui demander de disposer. Peut-être était-il lassé de discuter avec elle. Peut-être avait-il besoin d'être seule. Dans tous les cas, Hildegarde préférait lui céder de l'espace. Elle aussi en avait besoin.
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