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Querelle sur la rive de l'ŒilDieu ♦ Larra Ouestrelin

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Message Sujet: Querelle sur la rive de l'ŒilDieu ♦ Larra Ouestrelin Sam 10 Juin - 12:35

Querelle sur la rive
de L’Œildieu.
Une expérience fort riche que le Tournoi d’Harrenhal, même pour celui qui ne fait que servir l'honorable jouteur et observer avec attention le dénouement des événements. C'était d'une richesse telle qu'elle emplissait son cerveau à la manière d'un vin corsé envahissant une coupe de terre cuite à ras bord. Son buveur s'y noyait avec allégresse, parfois pris de sursauts convulsifs de crainte inexplicable ou d'exaltation euphorique. Il y avait tant à voir, à entendre et à apprendre que le jeune écuyer en était éreinté. La nuit, il dormait comme une souche. Une fois abandonné à ses songes, c'était quasi' impossible de le réveiller. Ses muscles de jouvenceau avaient-ils autant servis un jour ? Il n'en avait point le souvenir et n'en était guère sûr. C'était excitant, captivant, stressant et tant de choses à la fois ! Assurément, il n'oublierait pas les leçons apprises ici de sitôt. Jusqu’ici, Ser Brandon s'en était très bien sorti. Daven se souvenait encore de la manière dont le chevalier qui l'avait recueilli avait littéralement pulvérisé le jouteur de la maison Blount. Une victoire grandiose qui avait coutées les jambes du malheureux, certes paralysé à vie, mais qui avait arraché un sourire de fierté à l'adolescent. Oui, il était ravi de l'issu de ce premier tour. Le loup avait détruit sa proie en beauté. Ben, quoi ? Si ça avait pas été lui, ça aurait pu être le Stark ! C'était bien la dernière chose que souhaitait son protéger. Et les chevaliers qui s'engageaient dans ces jeux dangereux avaient toute conscience des risques encourus, qu'ils ne pleurent donc pas sur leur sort en perdant. Ce ne serait pas une attitude digne d'un adoubé des Sept Couronnes. Il y a presque inévitablement au moins une famille qui se répandra en larmes salées à l'issu d'un de ces tours. Pas à chaque fois mais...

Flap. Ses oreilles se tendirent quelques secondes à ce son. Ce n'était pas celui d'une feuille effleurant les branches en rejoignant le sol. Pourtant... Cette note était quelque peu similaire. Toutefois, elle était si ténue que sa somnolence reprit presque immédiatement. Ses paupières à demie ouvertes se refermèrent mais son pied droit accentua son appui sur la branche du dessous pour conserver son équilibre. Sa vigilance s’accrut un peu plus dès lors, le rendant plus éveillé que l'instant précédent ce bruit apparu dans le silence et la quiétude du lieu. Lâchant un léger bâillement sans faire plus de bruit qu'un simple soupir, il replongea dans ses demi-rêves de chevaliers en armure, de chevaux en sueur et d'adversaires en sang perforés vivant par d'épaisses lances de bois et de fer. Son ouïe résonnait de maints bruits de combat et de batailles, de hurlements de douleur et de cris de guerre victorieux comme s'il y était. Les bras en croix sur son buste, la tête légèrement inclinée vers l'avant et la jambe gauche fléchie sur la branche qu'il avait pris pour siège, Daven se reposait au calme -si on oublie le brouhaha du tournoi non loin- et seul. Ni arc ni flèches ne trônaient sur son dos, seul son couteau restait agrippé à sa ceinture. La lame à l’abri dans son fourreau. Une brise froide vint taquiner son sommeil et ébouriffer ses cheveux, le faisant frémir. Elle semblait lui signaler qu'il était temps de rejoindre le camp Stark mais il s'obstina à faire la sourde oreille. Cela ne faisait pas si longtemps qu'il paressait le dos contre le tronc du grand arbre.

Flap. Cette fois, il ouvrit les yeux et releva la tête. Ce son-là lui était familier. Comme... Tournant son attention vers la source de cette courte mélopée, il changea de position pour tendre le cou vers l'arbre voisin. Sa main lâcha l'écorce du tronc et son corps s'étendit pour se défaire de sa position accroupie, bras et jambes prirent agilement les commandes, le guidant jusqu'à des branches plus basses. Daven s'évertuait à être le plus discret possible, se sachant plus aussi seul qu'à son arrivée. Sait-on jamais sur qui il pourrait tomber. Ses semelles rappaient légèrement le bois et ses doigts s'enroulèrent comme des serres autour des solides appendices qui lui servaient de barreaux d'échelle naturels disposés d'une façon qui semblerait bien anarchique à l’œil humain. Une brise un peu plus forte souffla mais qui fut tout aussi ignorée que sa consœur alors que l'acrobate rejoignait furtivement l'autre haute et forte plante ligneuse. La personne assise au pied tronc était une jeune femme dotée d'une soyeuse cascade de boucles d'ors en guise de chevelure dont il ne pouvait voir le profil de sa position. Ce qu'elle tenait à la main était bien ce qu'il avait suspecté : un livre. Voilà qui expliquait les flap qu'il avait entendu lorsqu'elle tournait les pages de son ouvrage. Sa curiosité lui sommait de savoir le sujet de l'objet. Son corps y obéit, motivé par l'intérêt de la tâche.

Lorsqu'il se retrouva à quelques branches au-dessus d'elle, il assura ses prises et se pencha en avant dans l'espoir de déchiffrer quelques lignes par-dessus son épaule. Sa main droite enlaçait une branche au-dessus de sa propre tête, Daven se tenait debout, les deux pieds écartés sur une même ramure. Quand il décida de s'accroupir en une pose plus confortable en restant appuyé contre le tronc, un de ses pieds fit craqueler un peu d'écorce et quelques échardes allèrent effrontément s'éparpiller en plein milieu du livre ouvert sans oublier de glisser aussi dans les cheveux de Boucles d'Or, sinon ce serait faire preuve de trop d’indulgence... Espèces de foutues traitresses ! Il n'eut pas le temps de se cacher qu'elle relevait la tête vers ce qui avait provoqué cette soudaine et outrageante chute de copeaux. C'est là qu'il la reconnue, la lady Ouestrelin ! La surprise fut la première responsable à son brusque bond arrière. Ensuite, tout se passa très vite, comme toujours dans ce genre de situation périlleuse. La peur l'étreint dans un étau de glace alors qu'il partait follement retrouver la terre ferme. Pendant ce temps sa mémoire lui rappelait ses précédents accrochages associés à ce visage au détestable teint de perle. Heureusement qu'il n'était pas monté bien haut, où il s'en serait tiré avec davantage que quelques hématomes sur l'arrière-train et deux-trois égratignures sur les paumes. Mais son souffle fut brièvement coupé. De fragiles et fins doigts de bois l'avaient suivi dans sa dégringolade, le recouvrant d'une petite pluie de brindilles brunes. Et sous cette pluie, alors qu'il fixait la jeune femme fière et gracieuse, le roturier en appui sur ses avant-bras lui lança un regard de colère et d'accusation, comme si c'était sa faute s'il avait maladroitement dérapé comme un parfait débutant. Bien sûr, que c'était de sa faute, bon sang ! Qu'est-ce qu'elle faisait-là à lire sous cet arbre ?! Et puis, depuis quand les femmes ont-elles le droit de tenir de tels biens d'érudition entre leurs mains ?! Aaargh !

Grommelant, il lança sa première réplique d'un ton cassant seulement à moitié contrôlé :

- Ravi de vous revoir, lady Ouestrelin. Son tournis passé, il se redressa et repoussa les brindilles de ses cheveux couleur cacao avant de se racler la gorge. Évidemment, il fallait présenter des excuses pour avoir souillés ses inestimables cheveux et son auguste livre. Au moins, Daven fit-il un petit effort pour faire paraître ses excuses sincères et alléger son ton. Dur, très dur quand on sait que c'est de sa faute à elle s'il va plus pouvoir s'asseoir sur son séant des jours durant ! J'espère ne pas vous avoir causée une trop grande frayeur. Sachez avant que le doute ne vous prenne de par l'ambiguïté de la situation, madame, que je n'étais point en train de faire une chose aussi déshonorante et condamnable que de vous espionner. Loin de moi cette fourbe volonté. J’avoue avoir seulement eu l’impertinente curiosité de voir ce que vous lisiez. En appuyant bien sur le verbe car c'était fort curieux et étonnant de voir une dame plonger le nez dans un tel trésor manuscrit. J'espère que vous pardonnerez la maladresse qui m'a fait tomber ainsi et salir vos si beaux cheveux ainsi que votre précieux livre.
Il se retenait de prendre un ton arrogant. C'est vrai que c'était plutôt suspect de tomber précisément de l'arbre où elle se tenait et c'était précisément pas un hasard... Mais il ne l'espionnait pas, ça c'était la vérité. Ah, il ferait moins le malin si elle se mettait à croire quelque chose d'aussi faussé. Vu la manière dont il s'était penché vers elle, il ne serait aucunement surprenant qu'elle s'en persuade à tort. Quel idiot, il aurait dû penser à cette éventualité ! Cette perspective ne lui donnait pas envie de sourire narquoisement comme cette jeune femme lui donnait généralement envie de le faire. En revanche... Il ne loupa nullement le fait qu'elle ne devrait pas avoir ça entre ses doigts graciles et en fit tout innocemment la remarque :

- A propos, je croyais que la principale distraction d'une lady était la couture ? Non la lecture. Vous êtes pleine de surprise, dame de l’Ouest.
Au fait, pourquoi autant la provoquer ? Ah, oui ! Parce qu'il ne peut pas la supporter. Et pourquoi ? Demandez donc à leurs précédentes rencontres pour en connaître toutes les péripéties qui les menèrent à ces sentiments de véhémence.
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Message Sujet: Re: Querelle sur la rive de l'ŒilDieu ♦ Larra Ouestrelin Dim 11 Juin - 0:27

querelle sur la rive de l’œildieu

tomorrow is another day and you won’t have to hide away. you’ll be a man, boy. but for now it’s time to run.

Voilà un tournoi complètement dénué d’intérêt. Il y en avait bien un dans l’esprit de la jeune Ouestrelin lorsqu’elle quitta sa demeure. Ser Arthur Dayne qu’elle avait oublié durant ces dernières années était apparu dans un de ses rêves, à la veille du départ. L’idée d’assister de nouveau à un tel événement avait fait ressurgir les démons du passé. Si à l’époque son père avait refusé de la marier à cette homme car il avait négocié une toute autre union, cette fois-ci rien ne semblait plus séparer la jeune femme de son preux chevalier. Rien, si ce n’est cette magnifique armure dorée que Ser Arthur Dayne portait lorsqu’elle l’aperçut au moment des premières joutes. S’il avait eu la décence de rester célibataire tout ce temps, il avait malheureusement prononcé des vœux empêchant tout idylle entre la jeune femme et son homme idéal. Tant pis, elle en trouvera un autre. Plus puissant ou plus riche.

Histoire d’occuper son temps et son esprit d’une manière plus intéressante qu’à rester assise dans des tribunes à applaudir des chevaliers tous aussi pédants les uns que les autres, Larra décida que prendre de la distance pour lire un bouquin serait une bonne idée. Elle avait bien espéré pouvoir emprunter un ou deux livres à la bibliothèque d’Harrenhal, mais elle n’avait pas encore eu le temps d’embêter son petit frère pour qu’il se charge d’aller voir le Mestre. Il se doutait que ça n’allait pas tarder à arriver et il avait raison. Mais pour le moment, Larra préférait le laisser respirer et se contente alors d’un livre qu’elle a pris soin d’empaqueter dans ses affaires en venant jusque dans le Conflans. Evidemment, si la Septa l’avait surprise en train d’empaqueter le précieux bouquin dans son coffre à robes, elle lui aurait probablement confisqué. Mais rien de tout cela n’était arrivé, Larra parvenait toujours à faire les choses dans la plus grande des discrétions.

« Larra, où vas-tu comme ça ? »

La mère de Larra ne put s’empêcher de poser la question à voix haute alors que la jeune fille à la chevelure blonde tentait de s’éclipser discrètement. Certains seigneurs et autres personnes sans importances trouvèrent utile de se retourner et de juger la demoiselle. Tout le monde semblait si inquiet de savoir où elle pouvait bien se rendre.

« Je ne m’éloigne pas, mère. Je vais simplement rendre visite à Willem. »

Mensonge. Mais quand elle reverrait effectivement son protecteur, elle se chargera de lui rappeler qu’elle était avec lui tout le long du tournoi, à le soutenir depuis sa tente. Sa mère ne la retint pas plus longtemps même si son regard en disait long. Elle trouvait sa fille beaucoup trop proche de Willem et pourtant, il était celui choisi pour la suivre partout et la protéger. Peut-être préférait-elle que Larra s’en aille voir un parfait inconnu. Elle aurait pu dire cela pour que les gens autour parlent et soient satisfaits de ne pas s’être retournés pour rien. Mais Larra a beaucoup trop de respect pour sa mère. La voir faire une attaque devant toute cette assemblée serait beaucoup trop lourd de conséquences.

Enfin seule. La jeune demoiselle de l’Ouest pouvait enfin s’éloigner des gradins. Elle sortit son livre de sous ses jupons. Elle avait réussi à le faire tenir par un miracle qu’elle ne saurait expliquer. Il faut dire que durant tout le trajet entre sa chambre provisoire et le lieu où se déroulent les joutes, elle avait eu l’air d’une jeune fille totalement coincée. Elle ne marchait pas à son aise, mais à présent c’était terminé. Elle se dirigea vers le bois le plus proche. De là, elle pouvait apercevoir le château d’Harrenhal, celui qu’on dit être hanté. Il faut avouer qu’il n’a pas très bonne mine. Peu importe, les légendes sur ce lieu, elle les connaît toutes. Celles qu’elle ne connaît pas ne sont simplement pas encore répertoriées. Cela dit, peut-être existe-t-il des livres relatant d’autres secrets sur la demeure des Whent rangés dans les hauteurs des bibliothèques d’Harrenhal. Mais ça, elle aura tout le loisir de le découvrir tôt ou tard. Elle se laissa tomber dans l’herbe encore fraîche mais non humide, elle s’adossa doucement contre l’arbre se trouvant derrière elle et enfin, elle pouvait s’adonner à son plaisir le plus inavoué : la lecture.

C’est un livre léger. Comparé à la lecture habituelle de la demoiselle, le contenu de ce bouquin n’apporte pas grand-chose aux connaissances de Larra. Ça ne lui importe pas vraiment de savoir si Florian et Jonquil ont réellement existé, ça ne changerait rien aux faits. Cette histoire, elle la connaît par cœur mais elle aime la relire autant qu’elle le peut. A chaque fois, elle découvre des détails auxquels elle n’avait pas fait attention ou bien elle voit les choses d’un œil différent ce qui rend le récit beaucoup plus excitant. Parfois elle se vient à voir Willem à travers les traits de Florian mais elle chasse tout aussi rapidement cette idée absurde. Larra n’est pas comme Jonquil de toute évidence.

La jeune fille feuillette son livre et relis les mots comme si elle les découvrait. Ses paupières sont lourdes, elle manque de s’endormir en plein milieu de sa lecture, mais elle se force à rester éveillée. S’endormir là, au milieu du bois, ce ne serait pas prudent. Quelque chose vint alors la déranger dans sa lecture et surtout l’empêcher de fermer pour de bon ses yeux. Des morceaux d’écorces tombèrent sur les pages du livre mais également dans la chevelure dorée de Larra. D’un air contrarié, elle stoppa sa lecture pour alors se débarrasser déjà des morceaux d’écorces qui jonchaient son livre avant de le refermer. Si c’était un animal, elle ferait tout pour le retrouver et l’empêcher de l’interrompre dans sa lecture de nouveau. Elle leva la tête afin d’en connaître l’auteur. Si elle ne put voir le visage au premier regard, elle comprit très vite qu’il ne s’agissait pas d’un écureuil ou autre oiseau de malheur.

« Toi… »

Que de souvenirs qui remontèrent en l’espace d’un instant, comme cette visite à Cendremarc qui a mal tourné pour elle et lui qui était là pour bien lui rappeler à quel point elle s’était trouvée ridicule cette fois-là. Ou encore, la fois où il a failli l’empaler à l’aide d’une flèche bien aiguisée. Elle n’eut pas le temps de dire quoique ce soit de plus que le jeune garçon se retrouva à terre. La chute depuis l’arbre a dû être légèrement douloureuse mais Larra ne put s’empêcher de lâcher un petit rire tout en ayant sursauté d’abord. C’était pour la fois où elle était tombée dans la boue, chacun son tour.

« Le plaisir n’est pas partagé, Daven. »

Un nom simple pour un être qu’elle juge sans intérêt. Un gamin qui ne lui cause que des soucis à chacune de leurs rencontres. Evidemment, il eut fallu que le jeune homme soit là, à Harrenhal. Qu’est-ce qui pouvait bien mener un pauvre roturier comme lui dans un événement tel que ce tournoi. C’est bien pour cela qu’elle ne les aime pas ces tournois, ils y invitent n’importe qui. Elle posa son livre à terre afin de se mettre sur ses deux pieds. De là, elle se sentait moins en danger, du moins c’est ce qu’elle avait espéré. Depuis leur dernière rencontre, le garçon avait un peu trop grandi à son goût. Il présenta alors ses excuses et la jeune femme ne pouvait s’empêcher de tenter de déceler de l’ironie dans ses propos. S’il disait blanc, elle comprenait noir et ce, peu importe la sincérité du jeune homme. Elle se voulait beaucoup trop méfiante à son égard. Elle ne comprenait pas pourquoi il l’aurait espionnée, après tout elle ne l’avait pas senti la suivre durant son trajet depuis les gradins. Elle hésitait à accepter ses excuses, mais si c’était un moyen de s’en débarrasser, elle voulait bien essayer.

« Les dégâts auraient pu être bien plus regrettables. Disons que j’ai eu ma part de compensation en te voyant chuter de l’arbre. Si j’ai eu un peu peur, j’ai aussi bien ri et je te remercie pour cela. Mes cheveux s’en remettront. Je suis certaine que tu te feras un plaisir d’expliquer à ma mère de quelle manière l’écorce est tombée dans ma chevelure en allant rendre visite à mon épée-lige dans sa tente. »

Elle pourrait inventer n’importe quelle histoire et parvenir à le mettre en tort. La parole du jeune garçon n’aurait pas d’importance aux yeux de Lady Ouestrelin alors que les mots de sa fille seraient gobés quels qu’ils soient. La jeune fille esquissa un sourire qui se perdit lorsque le garçon fit une remarque des plus désobligeantes.

« Tu as mal été renseigné, mon cher. Puisqu’on parle de surprises, dois-je déduire que tu sais lire puisque tu semblais si motivé à chercher à savoir quelle était ma lecture. »

Un roturier qui sait lire, c’était encore plus surprenant. Elle retira délicatement quelques-uns des morceaux d’écorces qui s’étaient accrochés dans sa chevelure. Ça n’allait pas être une partie de plaisir de les décrocher un par un.

« Que fais-tu par ici, Daven ? Je pensais que c’était un tournoi réservé aux Nobles. Tu as réussi à les berner en te faisant passer pour un noble du Nord ? Après tout, il est difficile de faire la différence entre eux et… Enfin, tu vois ce que je veux dire. »

Non, elle n’était pas du tout aimable. Mais entre elle et ce garçon, ça n’a jamais été une grande histoire d’amour. Il a toujours sur la faire se mettre hors d’elle. Se contenir en la présence de Daven relève de l’impossible. Elle ramasse alors son livre et jette un regard dédaigneux au garçon.

« Pourquoi es-tu toujours là ? »

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Message Sujet: Re: Querelle sur la rive de l'ŒilDieu ♦ Larra Ouestrelin Lun 12 Juin - 13:53

Querelle sur la rive
de L’Œildieu.
Larra Ouestrelin. Il n'était peut-être pas près d'oublier cette jeune femme. Pourtant il n'avait fait sa rencontre que deux fois par le passé. Deux entrecroisements marquants. La première fois, c'était arrivé un jour de pluie. Il ne se souvenait plus de son âge à l'époque, qu'importe ce détail. Ce qui compte c'est que ce printemps-là, il pleuvait comme vache qui pisse. Les gouttes d'eau célestes tombaient drues. Il n'y avait pas de vent pour les glacer mais quelqu'un qui n'avait pas l'habitude de s'exposer à un tel déluge pouvait aisément tomber malade et du point de vue du garçon, cette fille n'avait pas la constitution adéquate pour braver le chagrin diluvien de la nature. Lui, il avait l'habitude de vivre dehors, la maladie n'embrassait pas aisément sa santé. La preuve étant que malgré toutes les nuits d'intempéries qu'il avait connues, il était toujours là, en meilleure forme que jamais semblait-il. Poulain d'un chevalier Nordien. Ou devrait-on dire, louveteau en devenir d'un hardi chevalier  du Nord ? Mais elle, c'était une lady. Elle vivait dans les châteaux, ces immenses donjons aux murs de briques épais infranchissables. Son toit ne risquait pas de connaître la contrainte d'une protection de chaume qui fuit les jours de tempête. Aucun récipient ne barrerait sa route pour empêcher l'eau de mouiller son sol immaculé et de tremper ses souliers raffinés. Elle vivait loin et bien au-dessus de tous ces soucis "mineures" de l'existence. Et la voilà qui était là, en train de courir comme une folle sous la pluie, jupons relevés pour faciliter ses enjambées dans l’herbe trempée. Qu'est-ce qui avait bien pu la faire galoper comme ça en dehors de son logis protecteur un jour où le temps était si peu clément ? Daven avait observé son imprudence la conduire vers un pôle opposé à celui du foyer de son hôte jusqu'à ce qu'elle ne chute dans la boue. Oups.

De là était partie leur première esclandre alors qu'il n'avait pas pu s'empêcher d'éclater d'un rire moqueur et de s'approcher de la belle, l'occasion était trop bonne pour ne pas venir se railler de la damoiselle tombée dans sa mystérieuse quête. Mais il n'est pas l'heure de conter cette journée froissée. A leur seconde rencontre, il était en pleine partie de chasse. Daven vous dirait qu'il ne l'avait remarquée qu'au dernier moment et que sa flèche était déjà partie bien avant qu'il n'ait la présence d'esprit de rabaisser son arc. C'était heureux qu'elle ne l'ait même pas effleurée mais ça avait été qu'à un cheveu très fin. Sauf qu'elle lui avait fait rater sa cible en beauté ! Maudite soit-elle. Daven ne nourrissait pas les meilleurs sentiments pour Larra Ouestrelin mais de là à désirer sa mort, non. Aucun intérêt. Cela ne lui aurait créé que les pires ennuis. D'autant que ce jour-là, elle était accompagnée de sa fameuse épée-lige : Ser Willem Ferren. Il lui aurait réservée une mort atroce si la pucelle sous sa protection s'était vu touchée par une de ses pointes d'acier. Rien qu'à y avoir pensé, Daven avait manqué de se porter une main à la gorge. Il n'avait vu la jouvencelle qu'une seule fois accompagnée de son chevalier mais il avait alors déjà eue l'impression que ces deux-là étaient plutôt proches. Étonnant qu'il ne soit pas là, aujourd'hui. S'il était en train de jouter, elle serait certainement dans les gradins pour voir ça.

Eh oui, voici maintenant que leurs chemins se mêlaient pour la troisième fois l'un à l'autre sans leur avoir demandé leur avis quant à si cela leur conviendrait ou non. Qu'est-ce que le destin pouvait bien en avoir à faire de leur bon plaisir ? Ah ça, pour sûr, il s'en foutait bien lui. Daven était parti pour être de mauvais poil. Enfin, ça ne changeait que peu de son quotidien. Son rire... Il l'énerve. Alors qu'il est étalé par terre à souffrir du fessier. Son sang bouillonne de cette humiliation. L'envoyeur a eu son retour. Bon sang mais était-elle née pour embourber ses plus grands talents dans la médiocrité ?! Lui qui ne tombait jamais, qui vivait dans les hauteurs et s'y mouvait aussi aisément qu'un écureuil. Lui qui était comme né pour être un fils de l'air, doué d'un équilibre et d'une agilité qu'il avait travaillée le long de toute sa maudite existence de croquant. Qu'est-ce qu'il en était fier de ses talents de grimpeur ! Mais il venait de chuter et lui, le susceptible, blessé dans cette fierté, en rageait intérieurement. C'était de sa faute à elle. Pas la sienne. Elle l'avait surpris. Elle n'avait qu'à pas être là à pratiquer une activité proscrite aux femmes par les hommes. Précisément sous l'arbre à côté de celui où il avait choisi de piquer un peu du nez. Uh.

- Oh, vous me vexez, madame.
Ironie, bien sûr, tandis que son regard glissait sur le livre qu'elle posait à terre pour pouvoir redresser sa noble silhouette. Il n'avait pas eu le temps de lire beaucoup de lignes... Mais cela semblait parler d'amour entre un chevalier et.... il ne savait qui d'autre. Une femme de toute évidence. Les écorces qui s'étaient offert un petit saut de l'ange dans ce bain de mots ne lui avaient pas laissé le loisir d'en savoir plus. Tant pis, de toute façon, le récit n'avait pas l'air de tourner dans l'action pour le peu qu'il avait aperçu. Si ça se trouve c'était juste un de ces contes à l'eau de rose dont les filles raffolent. Florian... Un nom qu'il avait déjà entendu quelque part.

Elle se tenait aussi haute qu'elle le pouvait à présent et... Sans que Daven n'y ait même songé auparavant, cela restait moins haut que lui. Ah oui, la croissance avait fait son œuvre. La puberté aussi puisqu'il avait délaissée sa voix d'enfant à la cave pour un timbre plus grave à l'approche de l'âge adulte. Le jouvenceau était bien content de s'être enfin débarrassé de sa ridicule voix à moitié muée... C'était aussi laid que la peau desséchée d'un serpent en pleine mue. Quelle horreur ça avait été de parler avec ces espèces de couinements de canard ! Maintenant, c'était fini. Il avait grandi et pris des traits un peu plus mûrs. Sa prise de centimètres ne lui était pas très bénéfique car il éprouvait de plus en plus de difficulté à se faufiler où bon lui semblait et cela avait également l'effet de le ralentir, puisqu'il s'allongeait tout en prenant du poids. Mais il n'allait pas se plaindre d'avoir eu la malice de survivre assez longtemps à sa vie de misère pour devenir bientôt un homme. Qui savait pour combien de temps il en aurait encore ? Peut-être dix, vingt ans et peut-être seulement une journée ou quelques heures. Daven n'a jamais tenu pour acquis que sa vie serait longue. Elle n'était déjà pas prospère. Il n'était pas né du bon côté de la palissade, celui qui lui permettrait de prétendre à une existence riche et durable.

Précisément, il n'était pas en très bonne posture en cet instant. Quels talents elle possédait dans l'art du mensonge, ça, il ne pouvait pas le nier. Le garçon grogne en son propre for tandis qu'elle le pique en prétendant avoir vu son effroi passager compensé par un bon petit moment d'hilarité face à son accolade brutale avec le sol. Le regard de Daven fit quelques étincelles mais il la laissa terminer sa tirade. Tiens donc, mademoiselle ne s'offusque même pas de s'être fait décorés les cheveux dans un inélégant thème boisé ? Un autre point pour elle. L'espace de quelques secondes, une goutte de sueur froide lui lèche l'échine entre les omoplates alors qu'elle se laisse sous-entendre de rapporter ce qui vient de se passer à sa vénérable et tendre mère. Cependant, il y décèle une faille. Sifflant entre ses dents en aspirant un peu d'air, il prit une mine embêtée. La joute verbale commence, que le meilleur l'emporte !

- Ah, vous êtes sans pitié. Je devrais m'incliner face à votre malice et ne pas chercher à m'attirer plus d'ennuis. Mais... Étant dans une posture aussi délicate, ne croyez-vous pas qu'un vile gredin sans honneur comme moi n'aura d'autre choix que de se volatiliser comme par magie ? Son expression devint un peu plus sournoise. Rien ne me retient ici. Aucun serment. Aucune obligation. Je n'ai pas de compte à rendre, encore moins à vous ou à votre mère. Le temps que vous rapportiez ce qui vient de se passer à votre famille, je me serais volatiliser comme un mauvais rêve. Sauf votre respect, même si je restais, vous ne me retrouviez pas dans ce vaste lieu noir de monde.
Son sourire de chenapan s'accentua. Arriverait-elle à trouver une feinte dans sa si grande intelligence ? Qu'elle essaye, sa propre répartie n'avait guère tarie. Il s'en sortirait tout aussi bien dans ses manigances.

Elle n'avait pas besoin de savoir qu'il avait changée de condition pour devenir l'écuyer de la maison suzeraine du Nord. Elle n'avait pas besoin de savoir qu'il ne pouvait partir à son grès comme il le prétendait. Alors qu'il était totalement libre du moindre de ses actes lors de leur dernière rencontre. Il était lié à Brandon Stark désormais. S'il le voulait, il pourrait vraiment prendre la poudre d’escampette sans prévenir qui que ce soit. Il l'avait déjà fait, à deux reprises. Le sens de l'honneur ne l'avait salué que récemment pour lui signaler d'arrêter. Il ne voulait plus s'envoler comme ça maintenant. A chaque nouveau cycle lunaire il s'attachait un peu plus à sa nouvelle vie. Alors si un jour il devait reprendre la route en solitaire, ce ne serait, au moins, pas aujourd'hui. Il faudrait l'y contraindre pour ça.

La vue de son sourire se fanant à vue de nez était un délice ! Daven le savourait avec plaisir. Jusqu'à ce qu'elle lui retourne la lance, ça le fit bien rigoler en apparence mais par derrière il se frappait lui-même de sa bévue. Leur petite bataille personnelle risquait de ne pas avoir de bout dans l'immédiat.

- Pouahahah !! Vous me prêtez des qualités impossibles. Je n'ai jamais eu le moyen d'apprendre à lire, malheureusement. Il se trouve que je suis de trop basse naissance pour ça au cas où vous ne l'auriez pas remarqué. Non, j'espérais plus bêtement apercevoir quelques images qui auraient pu m'indiquer le sujet de l'histoire.
Bien entendu, il se garde bien de mentionner le nom qu'il avait lu tantôt depuis son perchoir. Ce serait la meilleure façon de prouver qu'il sait lire. Bon, quelque part, c'était ce qu'il venait de faire en affirmant vouloir voir ce qu'elle lisait mais il avait bien dit voir, pas lire. Nuance. Tout d'un coup, son amusement se flétri. Elle compare les Nordiens à quoi, là ? Aux sauvages ? Aux... Les muscles de Daven se tendent lentement comme la corde d'un arc que l'on bande sous les insinuations de la Cascade d'Or au sang prestigieux. Son air se fait grave. Elle vient d'insulter le peuple de la famille qu'il sert. Cela va jusqu'à le faire grincer des dents alors qu'il serre la mâchoire pour se contenir. Ne surtout pas réagir impulsivement... Il inspire une bouffée d'air par les narines sans la quitter des yeux et expire sa colère en s'approchant de quelques lourds pas dans sa direction mais s'arrête avant de l'atteindre. Ses poings sont crispés de cet irrespect.

- Vous aussi, vous êtes mal renseignée. Le Tournoi d'Harrenhal a fait trop de bruits pour n'attirer que les nobles. Il se rapproche un peu plus. Tous les rangs se rencontrent ici. Vous êtes là à lire votre conte seule dans les bois sans votre chevalier comme si aucune menace ne pouvait planer sur vous. Mais, regardez. Il se tourne et pointe du doigt un filet de fumée grise presque invisible qui s'élève vers le ciel azuré à une distance certaine de là. Ça c'était un camp de brigands il y a encore peu de temps. Je les ai entendus se faire chasser par les gardes plus tôt. Avant que vous arriviez sans doute. Il se retourne vers elle. Mais je suis prêt à parier qu'il y en a d'autres. Vous devriez vous tenir sur vos gardes au lieu de flirter naïvement entre les arbres. Il se fait plus dur ensuite. Quant aux Nordiens... Je vous conseille de faire gaffe à c'que vous dîtes. Ils méritent plus de respect que vous. Ces gens-là sont forts. Ils endureraient le plus rude des hivers sans même s'enrhumer et prendre un bain de boue ne les fait pas gémir, eux.
Sur cette dernière pique, il se force à se calmer puis tourne les talons pour s'éloigner de la source de son animosité. Le brasier brûle toujours en lui mais soudain il s'arrête... Où est-il passé ?! Il ne le sent plus... Le garçon baisse les yeux vers son ceinturon un peu trop vide à son goût puis se met à scruter frénétiquement le sol des yeux. La mémoire lui revient juste au moment où sa voix s'élève à nouveau vers lui. Daven se retourne d'un bloc et la fixe avec une intensité pesante. Soudain, il s'avance vers elle à en être outrageusement près mais se baisse au dernier moment. Qu'est-ce qu'il fait ? Eh bien, le voilà qui se saisit des jupons de la demoiselle pour les remonter jusqu'à ses chevilles puis passe son autre main dessous pour s'emparer de quelque chose entre ses pieds. Ceci fait, il se redresse en lâchant les tissus et brandit un vieux carnet.

- Excusez mais c'est qu'un emprunt. Il faudra que je le rende à son propriétaire et je préfère soulever vos jupes que de m'attirer des ennuis avec lui.
Le geste risquait de pas plaire du tout à la Ouestrelin.

Il se recule légèrement sans perdre une goutte de contenance quand un bourdon vient s'immiscer gaiement entre leurs deux faciès. Avec la fin de l'hiver arrive aussi le réveil des plus petites et insignifiantes créatures connues. En le voyant, Daven eu le réflexe de vérifier qu'aucune tique ne l'avait pris pour repas. Puis une idée un rien sadique lui vint...

- Au fait, vous avez une tique sur votre cheville droite.
Ah ! Quelle réaction allait-elle avoir face à ce risque de maladie maligne qui lui pendait au visage ? La peur ? Le doute ? Le dédain ? La colère ? La gêne ? En vérité, il n'en savait rien si elle avait une tique sur elle ou non puisqu’en soulevant les pétales de la fleur, il n’avait eu d’yeux que pour son héritage de papiers et rien de plus… comment dire… appétissant ?
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Message Sujet: Re: Querelle sur la rive de l'ŒilDieu ♦ Larra Ouestrelin Jeu 17 Aoû - 12:53

querelle sur la rive de l’œildieu

tomorrow is another day and you won’t have to hide away. you’ll be a man, boy. but for now it’s time to run.

Larra regrettait déjà d’avoir quitté le tournoi pour s’aventurer seule dans la forêt. Le destin semblait s’acharner contre elle depuis quelques temps déjà. Tout allait trop bien depuis son arrivée à Harrenhal et elle aurait dû se douter que ça ne présageait rien de bon. Mais la jeune femme est toujours égale à elle-même, incapable de tenir en place et de respecter les ordres que sa mère lui a donnés. Elle s’est même vue obligée de modifier la vérité afin de pouvoir aller comme bon lui semble. Elle ne cherche pas à se créer des problèmes en réalité, elle voulait simplement un peu de tranquillité pour pouvoir livre son livre sans que les cris et les acclamations des spectateurs ne viennent l’importuner.

Alors que tout semblait aller sans problèmes, ‘le’ problème avait finalement pointé le bout de son nez. Cela faisait trop longtemps que Larra n’avait pas croisé le chemin du jeune garçon, c’était presque comme s’il lui manquait. Du moins, le remettre à sa place lui manquait, mais voir son visage ne faisait pas partie de ses envies du jour. Elle lui avait donc fait part de son non contentement de recroiser son visage de roturier. Ces paroles le vexèrent, d’après ses dires. Mais elle sentait bien l’ironie dans le ton qu’il avait employé. Il en fallait plus au jeune garçon pour être vexé. Une chute d’un arbre, par exemple. La jeune Ouestrelin tentait de tourner la situation à son avantage en tentant de le mettre face à une situation des plus délicates pour un roturier de sa trempe. Devoir s’expliquer face à Lady Ouestrelin ne serait pas aisé pour ce garçon, Larra en avait la certitude. Que vaudrait la parole d’un pouilleux face aux paroles de la fille préférée de Lady Ouestrelin. Bien entendu, il ne comptait pas se laisser faire, le contraire aurait étonné et également déçu Larra. Le voir se laisser traîner face à un destin peu commode pour lui serait assez ennuyeux, il faut l’avouer. Il exprima donc sa prédiction face à une telle situation, que le jeune homme se serait bien vite volatilisé. Evidemment. Larra le laissa déblatérer ses paroles ennuyeuses tout comme sa petite personne l’est.

« Me crois-tu suffisamment naïve et stupide pour ne pas prédire tes actes ? Je commence à te connaître. T’emmener face à ma mère me mettrait dans une situation toute aussi délicate de toute manière. »

Il s’en doutait peut-être – ou peut-être pas – mais les remarques de la jeune femme n’étaient pas aussi naïves qu’elles n’en avaient l’air. A vrai dire, si ses interrogations pouvaient sembler stupide voire absurdes, il s’agissait là de bien lui rappeler quelle était sa condition. Il est bien loin de la noblesse et encore plus loin de posséder les richesses de la famille Ouestrelin. Elle savait qu’appuyer sur ce détail pourrait le blesser dans son orgueil. Lui ? Savoir lire ? Si tel était le cas, elle changerait radicalement d’opinion à son égard. Un homme de sa condition qui saurait lire serait tout aussi surprenant qu’une femme sachant lire. Si elle se doutait que ce n’était pas du tout le cas, elle avait un infime espoir qu’il la surprenne. Elle s’avouerait alors vaincue et serait même prête à lui léguer son ouvrage.

« De basse naissance ? Toi ? Tiens donc, j’ai failli oublier ce détail. »

Elle éclata de rire. Cet enfant était véritablement énervant. Mais soit, elle n’allait pas se le coltiner très longtemps car il serait probablement le premier à se fatiguer de la présence de la jeune femme. Il se mit alors à expliquer que les tournois n’attiraient plus uniquement la noblesse, bien au contraire. Il se mit à décrire une fumée grise qui prendrait de la hauteur un peu plus loin, la rattachant à un camp de brigands. Larra fit mine de ne pas être effrayée par ces paroles, mais au fond d’elle, elle ne pouvait s’empêcher d’être inquiète. Il marquait des points. S’éloigner seule sans son épée-lige était un risque énorme qu’elle avait pris, maintenant qu’elle y réfléchissait plus précisément. Elle avait l’habitude des bois proches de Falaise, proches de chez elle, mais que connaissait-elle de ces lieux ? Harrenhal se veut être un château hanté d’après les dires, le bois se pourrait bien être tout aussi dangereux. Elle cacha alors du mieux qu’elle put la terreur naissante sur son visage.

« Pas étonnant que tu sois si bien renseigné au sujet de ces brigands, je suppose que tu rêves de les rejoindre, mais que tu es encore trop pouilleux pour même aspirer à être un véritable voyou. Je me sens désolé pour toi… »

Elle tentait de se rassurer du mieux qu’elle pouvait en cherchant des solutions.

« A en croire tes paroles, je ne serai pas plus en sécurité au tournoi qu’ici en ces bois. A moins de ne vraiment pas avoir de chance, mon bon sens me laisse croire qu’ils seront beaucoup trop préoccupés par le tournoi en lui-même que par deux enfants s’amusant dans la forêt. »

D’un point de vue extérieur, c’est de ça qu’ils ont l’air. Deux enfants qui s’amusent ou se chamaillent, mais le résultat est le même.

« Si tu crois m’effrayer, tu as encore du chemin à faire, Daven. »

En vrai, il avait plutôt réussi à l’angoisser, mais elle n’allait pas l’admettre, pas à lui. Il vint alors à parler des Nordiens. Il en parlait comme s’il était amoureux de l’un d’entre eux, comme si Larra avait touché à une corde sensible. Elle n’appréciait pas spécialement les Nordiens, sans pour autant les détester, elle les trouvait seulement… rustres, arriérés. Ça ne l’empêche pas de reconnaître ce qu’ils ont fait par le passé, du moins ce qu’elle sait d’eux à travers les livres, elle le respecte.

« Tu parles d’eux comme si tu étais un des leurs. J’aurais tendance à te dire de ne pas oublier d’où tu viens, mais puisque c’est toi, je crois que je ne te pleurerais pas si tu m’annonces aujourd’hui que tu comptes partir au Nord. »

Il ne semblait pas vraiment intéressé par les dires de Larra. Trop préoccupé à chercher quelque chose, il se mit à attraper les jupons de la jeune femme pour remonter jusqu’à ses chevilles. Elle sentit ses joues devenir aussi rouges que des pivoines, beaucoup trop surprise pour faire quoique ce soit et pourtant ce n’était pas l’envie de lui donner une baffe qui manquait. Lorsqu’il se redressa, un carnet à la main, la jeune Ouestrelin devint encore plus rouge.

« Mais t’es pas bien ? Qui t’a permis de te comporter de manière aussi indécente ? »

Elle se leva, maintenant qu’elle comprenait la situation, elle n’allait pas le laisser s’en tirer comme ça. Une fois sur ses deux pieds, elle s’apprêta à lever la main sur le garçon, mais à ce moment-là il lui fit remarquer qu’elle avait une tique sur sa cheville. Elle passa du rouge au teint blême. Elle regarda sa cheville, mais ne voyait rien de là où elle était. Elle commença à paniquer.

« Hein ? Une tique ? Enlève-moi ça tout de suite ou je rapporte à Willem que tu as eu un comportement indécent. Vite ! Enlève-moi ça tout de suite. »

Elle s’était mise à gesticuler dans tous les sens, elle ne savait pas quoi faire dans ces cas-là. C’était peut-être psychologique, mais machinalement, elle se mit à se gratter la cheville, puis les bras, puis partout.

« Aaaah. Je te déteste Daven ! »

Alors qu’elle criait après le garçon et qu’elle gesticulait comme si elle avait vu un mort, elle s’arrêta net. Un bruit venant des buissons à quelques pas de là avait attiré son attention. Il lui a même semblé voir l’ombre d’hommes. Ils n’étaient plus seuls, à moins que ce ne soit le garçon qui cherche à lui faire peur.

« Si c’est toi qui a fait ce bruit, ce n’est pas drôle du tout. »

Une nouvelle fois, un bruit se fit entendre dans les buissons. Elle serra son livre contre elle et fit un pas en arrière. Elle n’était pas rassurée du tout. Il avait peut-être raison à propos des brigands finalement. Et s’ils avaient attiré leur attention ?

« Je… Je ne veux pas rester là une seconde de plus… »
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Message Sujet: Re: Querelle sur la rive de l'ŒilDieu ♦ Larra Ouestrelin Lun 4 Sep - 18:24

Querelle sur la rive
de L’Œildieu.
Elle commençait à le connaître disait-elle et sans doute était-ce vrai après tout. Lui-même pouvait prédire certaines des réactions de la Perle de l'Ouest. Il était aisé pour lui de lui chercher des poux dans les cheveux ou des mites dans les vêtements. Elle aussi savait y faire. Ils semblaient presque apprécier se chamailler ainsi. C'était devenu comme une sorte de rituel où tout deux voulaient et avaient bien l'intention d'avoir le dernier mot. Deux têtes butées qui entrechoquent leurs crânes durs. Jusqu'ici ils n'étaient jamais allés plus loin que ça dans leurs conflits. La dernière fois, Daven l'avait manqué d'une flèche et au final, la demoiselle ne l'avait même pas emmené face à ses nobles parents subir un châtiment digne de son offense. Ça avait été un accident, le projectile n'avait même pas touché la jeune fille et ils étaient chacun bien petits en taille comme en âge en ce temps-là. Mais le chevalier de lady Larra était là, il avait réagit. Pourtant l'orphelin s'en était sorti indemne, toujours là aujourd'hui pour s'en souvenir. Se souvenir que cette fille ne lui avait encore jamais souhaité le pire sort qui soit pour quelqu'un qui tenait à la vie. A supposer qu'il y tenait à l'époque, avec cette terrible mère qui, elle, faisait preuve d'une inventivité effroyable et insatiable pour trouver le meilleur et le plus rapide moyen de faire disparaître le fléau ambulant qu'il représentait pour elle. Sa propre salope de mère. Elle qui l'avait dégoûté de la vie à jamais. Même morte, son spectre maudit le suivrait partout.

Naïve et stupide, il savait qu'elle ne l'était pas. D'abord, il fallait être intelligent pour savoir lire et il lui semblait clair qu'elle en était capable. Peut-être même savait-elle mieux lire que lui. Combien de fois avait-elle pu avoir accès à un ouvrage de papier gravé d'encre ? Plus souvent que le roturier, il était près à le parier. Si seulement elle pouvait être bête, elle aurait moins de répondant lorsqu'il lui lançait des piques. Mais... Si elle avait manqué de répondant, leurs prises de becs auraient été beaucoup moins drôle. Elle était assez intelligente pour trouver les bons mensonges qui tromperaient sa mère sur ses réelles intentions. Cela amusait Daven de l'entendre dire qu'elle se retrouverait dans des draps tout aussi "beaux" que les siens si elle prenait sérieusement la décision de le trainer face à Lady Ouestrelin. De toute manière. Hm, la délicatesse de la situation serait bien plus aiguë pour lui. Elle le savait. Ce serait comme de trainer un rat devant une lionne. Couic le rongeur puant et mal lavé, on touche pas aux petits du félin. Alors le fait qu'elle ne songe pas sincèrement à l'emmener devant Maman Ouestrelin soulagea la tension des muscles du vilain qui se détendirent imperceptiblement. Une menace de passée.

- Dommage que vous ayez menti à votre mère quant à vos véritables intentions. Peut-être venez-vous de manquer l'occasion de vous venger de mes viles affronts.
La voilà qui éclatait de rire. Lui, il en faisait rouler ses yeux dans leurs orbites. Quel caractère, elle lui sortait par les pores de sa peau. Il plaindrait l'entourage de cette jeune femme s'il ne s'en fichait pas. Ça les regardait bien de devoir se la coltiner toute la journée. En revanche, il ne savait pas trop quoi penser d'elle. Ce n'était pas bien important de se faire une opinion à son sujet mais Lady Larra le surprenait en ce sens qu'il pensait tous les nobliaux semblables. Assez semblables dans leur orgueil pour proclamer des sentences à tout va sans se soucier de rien d'autre que de l'offense qui leur a été faîte. En l’occurrence, elle n'avait pas l'intention de le nuire pour l'instant. Au fond, bien qu'il ne l'admettrait pas, il lui était reconnaissant de ne pas l'avoir fait condamner à telle ou telle sanction jusqu'à présent.

Boucles d'Or avait peur. Il n'en souriait même pas. D'abord parce qu'il était en colère car elle venait d'insulter les Nordiens et que l'écuyer de Ser Brandon ressentait cela comme un affront à leur maison suzeraine. Mais il n'avait pas non plus envie de se moquer de la terreur qui la prenait car il savait à quel point les risques étaient réels. Elle pouvait cacher ses sentiments d'effrois autant qu'elle le pouvait, il était capable d'en reconnaître les prémisses sur ses fins traits diaphanes et dans ses yeux cacao, dans sa posture qui avait légèrement changée elle aussi. Toute proie sans défense s'alarme ainsi à l'approche du prédateur aux crocs acérés. Le rapace ne craignait rien en cet instant, il n'avait encore rien repéré de suspect et en matière de briganderie il en connaissait une belle étagère.

Un sourire narquois serait né sur ses lèvres aux paroles de la bien-née s'il n'avait été plongé dans cette mauvaise humeur. Trop pouilleux pour aspirer devenir un véritable bandit... Ça aurait dû être hilarant de l'entendre se tromper à ce point. Elle ne devait même pas soupçonner d'un seul grain de terre qu'elle s'adressait précisément à un assassin. Un tueur si jeune, savait-elle que cela existait, la princesse qui lisait insoucieusement ses livres à l'ombre des arbres ? La belle qui vivait dans sa haute tour à longueur d'année et s'effrayait sûrement de la plus petite des araignées. Mieux valait qu'elle n'en sache jamais rien toutefois. Dieu sait comment elle pourrait réagir si elle l'apprenait. C'était mauvais quand on vous découvrait une âme de criminel en générale. Et elle parlait de bon sens... Eh bien son "bon sens" prouvait qu'elle manquait d'expérience ! Il retourne son regard sur elle et l'observe avec les yeux du voleur, du vile sournois qui veille dans les sombres cœurs des mercenaires. Quand il reprend la parole, son ton est grave, il ne rit plus du tout :

- Moi, ils n'en auront rien à cirer de ma trogne. Au pire des cas, ils me tueront sans discuter. Mais vous vous êtes noble. Vous portez des vêtements luxueux, sur le marché noir ils revendraient vos beaux tissus à hauts prix. Des prix qui les feront saliver comme des bêtes affamées. En plus de ça, vous êtes une femme et vous avez le malheur d'être belle.
Il ne mâchait pas ses mots. Il voulait lui faire peur, l'effrayer, lui faire réaliser son erreur au point que ses jambes en tremblent et que ses dents en claquent. Cela lui donnerait une bonne leçon s'il lui arrivait la moitié de ce qu'il disait.

Ils vous kidnapperaient, vous violeraient et vous vendraient ensuite comme esclave. Vous atterrirez peut-être dans un bordel, qui sait ?
Ils pourraient aussi demander une rançon en échange de sa libération mais ce serait un risque pour eux. Le risque de se faire prendre par les gardes et de se faire trancher les tête. Puis, ses paroles auraient plus d'impacts s'il imaginait la pire de possibilités. Ils pourraient même la torturer. Ils pourraient lui faire cent choses immondes et ignobles. Elle prétendait ne pas avoir de crainte mais Daven n'y croyait pas. C'était visible comme un grain de beauté sombre sur une peau de porcelaine qu'elle mentait, aussi digne tentait-elle vaillamment de rester. Curieusement, il avait une pointe de respect de la voir réagir ainsi. Elle ne se laissait pas dominée par son angoisse grimpante. Pas mal pour une fille. Pas mal pour une pimpante Lady.

Non, pour le coup, il ne l'écoutait plus. La panique s'était soudain emparé de lui alors qu'il venait de se rendre compte que le carnet hérité de son grand-père manquait à l'appel. Un vide à la place de son poids. Le petit ouvrage crayonné de dessins de plantes aux propriétés guérisseuses ou venimeuses s'était fait la mal sans qu'il ne s'en aperçoive. Il aurait pu atterrir partout et ça aurait pu être n'importe quand... Il aurait pu ne jamais le retrouver, ô comme il l'aurait mal vécu. Mais le carnet de note s'était en fait réfugié sous les jupons de la Cascade Dorée. Bien plus coquin que son propriétaire qui n'hésita pas une seconde à découvrir les chevilles de la gazelle pour récupérer son précieux trésor. OUF. Il ne perdrait pas son "héritage" aujourd'hui. Et au moment où il allait se recevoir une belle tarte dans la figure, il a l'astuce de prétendre qu'une méchante tique s'est installée sur une de ses chevilles. Lady Larra tombe dans le piège la tête la première, au point même de gesticuler dans tous les sens.

- Oh et qu'est-ce qu'il va me faire, votre Willem adoré ?! Me couper les pieds en tranche ? Faire des rondelles avec mes orteils ?
Il remet soigneusement son carnet de croquis à sa place.

- Pauvre de moi, j'en pleure.
Qu'elle le haïsse, c'était bien réciproque ! Mais un bruit dans les buissons captent leur attention et les fige. Il voit plus que les ombres d'une bande d'hommes adultes et de grandes tailles. Oeil-de-Rapace remarque des armes. Un fourreau furtif ici. Un bout d'arc qui disparait là-bas. Ils sont dans une mauvaise, très mauvaise posture. Leurs nouveaux amis ont l'air d'avoir profité de leur inattention pour les prendre en embuscade en formant un arc de cercle autour d'eux. L'ancien Bec-d'Acier se crispe. Il se sentirait plus sûr de lui s'il avait son arc à porter de main mais seul la ceinture d'un fourreau à couteau cernait ses hanches. La peur venait à lui alors que la roue tournait pour les mettre en position de vulnérabilité. Leurs altercations avaient attirés les fauves. Que cela leur coûte la vie serait absurde, complètement idiot et pourtant c'était possible.

Lady Larra avait perdu de sa superbe et laissait désormais l'angoisse gagner du terrain sur son self-control. Personne savait qu'ils étaient ensemble à cet instant. Il aurait pu l'abandonner lâchement s'il l'avait voulu et prendre la fuite pour sa propre vie. Hors, il n'avait pas l'intention de le faire. Peut-être la prenait-il en pitié à l'idée de ce qui attendait la jeune femme de l'Ouest si elle se faisait prendre. Il n'aurait pas le temps de sonner l'alerte et d'aller chercher du secours, il ne le pouvait pas ou bien ils auraient tout le loisir de la tuer ou d'en faire leur captive d'ici à ce que du renfort ne lui vienne. Les deux inconscients étaient immanquablement dans la merde. Si Daven ne savait pas concrètement comment les sortir de se guêpier, au moins avait-il une petite idée pour leur faire gagner du temps.

Il commença par faire semblant de n'avoir rien remarqué.

- Calmez-vous, ce ne sont que des mulots qui cherchent de quoi se nourrir, rien de plus. Ce que les filles peuvent être trouillardes.
Cric. Quelqu'un se rapproche. Daven pose le regard sur l'ouvrage que la lady serre contre elle. Par pitié, qu'elle ne s'affole pas et comprenne qu'il jouait un jeu !

- C'est quoi, ce livre ? Il y a des images là-dedans ?
Sa main saisit vivement le livre de Florian et Jonquil. Cela devait ressembler à un jeu entre jouvenceaux. Il l'ouvrit et s'éloigna de quelques pas en espérant que Lady Larra le suive. Qu'elle comprenne ses intentions ou non, il fallait qu'elle vienne. Ils ne devaient pas rester aussi près du danger, plus ils le seraient et moins ils auraient de chance de s'échapper. Puisqu'ils avaient l'air de se disputer lorsque les malfrats sont arrivés, mieux valait qu'ils continuent sur cette lancée pour être convaincants. Daven marchait à reculons en tournant les pages, le pied sûr bien qu'un peu fatigué. Il attendit qu'elle arrive à sa hauteur pour murmurer tout bas :

- Tenez-vous prête à courir. Si vos chaussures vous empêchent d'avoir un bon équilibre, trouvez un prétexte pour les enlever. C'est pas l'heure pour un bain de boue.
Sur le sol, il avait cogné contre une petite pierre avec son pied, ce qui lui donna une autre idée. Tenant toujours le livre hors de sa portée et évitant ses assauts pour le récupérer, il reprit son murmure.

- Il y a une pierre vers votre gauche. Profitez-en pour me la passer.
Les secondes s'égrenaient. Le moment où l'un de leurs assaillants allait surgir de sa cachette était si proche qu'une alarme semblait sonner directement dans les tympans de l'écuyer. Ces froissements de feuilles dans les buissons étaient de plus en plus fréquents. D'après ce qu'il avait vu, au moins, ne semblaient-ils pas nombreux. Une fois cette pierre lancée avec la précision qu'il convenait, leurs effectifs seraient temporairement encore plus réduits. C'était différent d'être à la place de celui qui était chassé. Il préférait être le chasseur, c'était moins flippant. Mais une chose était certaine, s'il se faisait prendre, il ne se laisserait pas faire. Une fois pris, pourquoi craindre de se défendre ? Non, il poignarderait ou cognerait le premier à lui mettre la main dessus et il se battrait jusqu'à ce qu'il ne reste plus un souffle d'air dans ses poumons. Sa mère n'avait pas réussi à lui donner la mort, elle avait reçu bien des coups de son fils. Ses dents aussi s'étaient plantées dans sa chair. Il n'était pas un couard qui s'avouait vaincu en se faisant plaquer au sol ou briser les molaires.

Brusquement, une silhouette surgit d'un fourré. Il n'était pas aussi grand que Daven l'aurait cru... Mais ses traits, sa stature laissaient deviner quelqu'un de fourbe et de rusé. Si ses compagnons étaient comme lui, cette bande devait être rapide et vive dans ses déplacements. Le genre à déguerpir à la moindre menace. Hors, là, de menace... Il n'y en avait aucune pour eux. Le désavantage allait aux deux jeunes gens qui faisaient figures d'enfants face à ces scélérats.

- Alors, mes petits ! Ils ne faut pas vous quereller comme ça. On sait jamais, vous pourriez le regretter. Imaginez que de méchants messieurs viennent vous séparer d'une façon qui se pourrait... tragique. Ce serait dommage que vos derniers mots échangés aient été des paroles fâcheuses.

- Nous ne sommes pas amis. Cette fille est une peste insupportable qui mériterait une bonne leçon. J'en ai rien à foutre qu'il lui arrive quelque chose et c'est réciproque.

- Oh, vraiment ? Dans ce cas, si vous n'y voyez pas d'inconvénient, nous allons nous occuper de vous. Et d'elle en particulier.
Ils y eu un rire générale. Pas un éclat. Des ricanements sournois, malsains et lubriques. Daven ne bronchait pas, vu de l'extérieur, mais sa glotte remua. Il n'était pas rassuré pour la suite.

- Le problème, c'est que je vais avoir des ennuis avec sa mère si je la ramène pas saine et sauve. Donc, je vous propose un p'tit marché.

- Ah, rien que ça ! Et en quoi consiste ton marché, mon garçon ?

- Vous avez tous les avantages pour faire ce que vous voulez de nous. Nous ne pouvons rien contre des fripouilles armées comme vous l'êtes et vous êtes supérieurs en nombre.

- Tu es perspicace et réaliste, mon p'tit. J'aime bien ça.

- Je vous propose de nous laisser cinq petites minutes d'avance. A la condition que je fasse tomber votre archer qui fait le gué dans cet arbre-là.
Il le pointe du doigt. Le chef de la bande sourit avec malice.

- Celui-là, mon gars, si tu arrives à le faire tomber de son perchoir, je t'en offre sept.
La tension monte pour Daven. Il s'arme de courage et se concentre en faisant jouer la pierre dans sa main droite. Le bout de ses doigts en caressent la surface, elle saute en l'air et retombe dans sa paume. Une, deux, trois fois. Leur chance de s'en sortir était dans ce tir. Un tir unique qu'il ne pourrait pas retenter. Il fixe sa cible qui le fixe en retour. Les deux archers se jaugent comme des rapaces prêts à se fondre dessus et à se déchiqueter les plumes. Il n'avait pas le droit à l'erreur. D'autant qu'il ne croyait pas en la parole d'un malfrat. Il ne leur laisserait sûrement pas sept "longues" minutes d'avance pour se sauver. Ses yeux ne clignèrent pas lorsqu'il pivota légèrement et que son bras se replia vers l'arrière pour se détendre vigoureusement. La pierre quitta sa main, elle vola en direction de son point de mire. Ce n'était pas l'archer. C'était le tronc de l'arbre. La roche claqua sur l'écorce puis changea de trajectoire pour piquer violemment la tempe du piaf à bottes. L'homme ne s'attendait pas à cette ruse-là, il pensait se prendre une pierre de front et n'eut pas le réflexe d'esquive adéquat. Il bascula de la branche et s'écroula sur un de ses congénères.

C'est là que Daven donna le signal à la lady terrorisée :

- COURREZ !!
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Message Sujet: Re: Querelle sur la rive de l'ŒilDieu ♦ Larra Ouestrelin Ven 8 Sep - 20:09

querelle sur la rive de l’œildieu

tomorrow is another day and you won’t have to hide away. you’ll be a man, boy. but for now it’s time to run.

La situation commençait à être tendue. Si être en présence de Daven était bien une des dernières choses que Larra avait espérer, la situation était en train de prendre une tournure non désirée. Elle aurait préféré que ce soit une blague, mais ça ne semblait pas en être une malheureusement. Comme à chacune de leurs entrevues, Larra et Daven s’étaient pris le bec. C’était à celui qui jettera la meilleure pique à l’autre. S’il y avait eu quelques satisfactions pour Larra, il avait réussi à retourner la situation à son avantage en signalant qu’une tique s’était tranquillement installée sur la cheville de Larra. Il avait de la chance que Willem ne soit pas présent à cet instant. Elle le déteste et ne se cache pas de le lui dire. Elle sait pertinemment qu’il se joue d’elle et en même temps elle a peur. Elle tremble et même si elle tente de garder la tête haute face à ce garçon, elle ne saura pas garder son calme plus longtemps qu’il ne le faut. Elle en oubliait presque la tique. C’était le cadet de ses soucis à cet instant même. Elle ne sait pas ce qui se cache dans les buissons et il imagine le pire. Une bête sauvage par exemple ou des brigands comme l’a si bien notifié Daven un peu plus tôt. Elle n’avait pas voulu le croire mais là, tout était trop étrange. Il ne s’était peut-être pas totalement joué d’elle après tout.

Le livre contre elle, l’air encore moins rassuré qu’il ne l’était déjà, elle exprime son envie de partir. Mais même si elle ne l’admet pas, elle ne veut pas partir seule. Il a raison depuis le début, une jeune fille comme elle n’a rien à faire ici seule. Il avait raison quand il disait que ces éventuels brigands n’en auraient rien à faire d’un garçon comme lui. Qui s’intéresserait à lui après tout ? Ils le tueraient et ça, Larra ne veut pas en être témoin. Elle sait ce qui pourrait lui arriver. Elle le sait parfaitement et elle ne l’a pas lu dans les livres. Elle a toujours entendu ses frères la mettre en garde et n’a jamais voulu croire un mot de ce qu’on lui disait, mais la situation était tellement angoissante à présent qu’elle y croyait. Chaque mot prononcé par ses proches prend alors du sens en cet instant même. Elle s’agrippe à ses vêtements, non pas qu’elle y attache tant d’importance que cela, elle en a d’autres des vêtements. Mais s’ils venaient à les lui enlever comme l’a si bien suggéré Daven, elle sait ce qui se passerait ensuite. Le viol est une chose à laquelle elle n’avait jamais pensé jusqu’à présent parce qu’elle avait toujours été en sécurité auprès des siens, près de son château avec Willem à ses côtés. Mais là, qui l’entendrait. Elle l’avait bien fait remarquer, tout le monde était beaucoup trop occupé par le foutu tournoi. Il disait qu’elle avait le malheur d’être belle. En temps normal, elle l’aurait giflé. Mais elle n’avait même pas la force de le faire, elle tremblait comme une feuille morte. Incapable de dire un traître mot. L’idée que tout ce qu’il énonçait arrive glaçait le sang de la jeune Ouestrelin. Le simple fait d’être violée, elle ne pourrait supporter qu’il lui arrive quoique ce soit d’autre après cela. Elle préférerait probablement être morte que de devoir vivre avec cela.

« Rien de tout cela n’arrivera… »

Sa voix était faible. Elle savait que ça ne servait à rien de dire cela si ce n’est pour se convaincre elle-même qu’elle avait une chance de se sortir de la situation dans laquelle elle s’était embarquée en venant lire son bouquin par ici. Elle n’avait pas relevé les remarques du jeune garçon concernant Willem. A présent, la situation n’était plus à la guerre entre eux. Elle l’espérait plus intelligent qu’il ne le laissait paraître et qu’il n’allait pas s’abaisser à l’abandonner là. Peut-être qu’il n’y avait rien, peut-être que le bruit provenant des buissons n’avait rien d’important. Mais elle angoissait à cause de tout ce que le garçon avait pu lui mettre en tête. Comment ne pas imaginer le pire ? Peut-être que finalement, un écureuil allait sortir du fourré. Mais elle n’y croyait pas trop. Daven s’entêtait à la traiter de trouillarde. Selon lui, ce n’étaient que des mulots. Elle tenta de s’en convaincre mais il allait en falloir plus pour que ça fonctionne. Tant qu’elle ne verrait pas la queue d’un de ces mulots, le doute subsisterait. De nouveau, un bruit. Comme si quelqu’un avait marché sur une branche. Larra n’a pas quitté Daven des yeux, chose qu’elle n’avait jamais fait jusqu’à présent, et elle pouvait constater qu’il n’avait rien fait. Ce n’était pas lui qui faisait craquer les branches ni bouger les buissons. Si ce n’était pas lui, alors qui s’y cachait ? Les mulots sont beaucoup trop délicats pour parvenir à briser une branche de la sorte.

Daven change alors de sujet et revient sur le livre que Larra serre fort contre elle. Elle est abasourdie et ne réagit même pas. Pourquoi pose-t-il alors des questions sur ce livre ? Comme si c’était le moment de jouer. Elle lui lance un regard des plus noirs, mais s’il veut garder le livre, qu’il le garde. Elle ne veut que sortir de cette forêt et retrouver sa mère en un seul morceau.

« Des images ? Est-ce vraiment le moment, Daven ? »

Son ton est légèrement courroucé. Elle n’a pas envie de lui courir après et ne sait pas à quoi il joue. Elle tente de garder son calme vis-à-vis de lui car elle ne veut pas le froisser et espère qu’il va la sortir de là. Alors d’un air dépité elle tend son bras vers lui, faisant un pas en sa direction.

« Allez, rends-le moi, Daven. Ce n’est pas drôle. »

Il continuait à marcher à reculons et, difficilement, Larra le suivait pour récupérer son bouquin. Voir cet ouvrage de qualité entre les mains de cet enfant la mettait en rogne. Mais elle n’oubliait pas pour autant le bruit qui l’avait mise sur ses gardes. Que cherchait-il à faire ? L’attirer dans un piège ? Ce ne serait pas étonnant de sa part. Toute sa vie il avait toujours été très bas avec Larra. Le jour où il avait manqué de la planter avec sa flèche, il n’avait même pas présenté ses excuses et n’avait même pas répondu de ses actes. Elle s’attendait à tout avec lui et surtout au pire. Elle s’approcha de lui, prête à récupérer son bouquin de force mais alors il se mit à chuchoter quelque chose. Il parlait de courir. Alors tout cela était une ruse ? Il suggérait à la jeune femme d’enlever ses chaussures et de trouver une bonne raison pour le faire. Elle ne laissa rien transparaître sur son visage.

« Tu m’énerves Daven. Comme si ces foutues douleurs aux pieds ne suffisaient pas ! »

Elle enleva alors ses chaussures ayant prétexté avoir mal aux pieds. Elle espérait que ça ferait l’affaire. Qui aurait cru un jour qu’elle ferait équipe avec cet enfant vicieux. Elle tentait toujours de récupérer son livre car elle n’appréciait pas de le voir entre ses mains. Mais il parvenait constamment à esquiver. Qu’est-ce qu’il pouvait être irritant. Il évoqua alors une pierre à sa gauche. Elle regarda discrètement. Elle voyait effectivement la pierre mais ne savait pas ce qu’il comptait en faire. Elle l’attrapa malgré tout, tenant ses chausses d’une seule main, la pierre de l’autre. Elle la balança sur Daven, d’un air énervé mais faisant en sorte malgré tout qu’il puisse l’attraper. Il ne fallait pas croire pour autant que Larra avait oublié ce qui leur pendait au nez. Si Daven semblait élaborer un plan, c’est que lui aussi avait compris qu’il se passait quelque chose et ce n’étaient pas de simples mulots. Elle les entendait et était encore plus crispée. Le sol était tout humide et ses pieds étaient sales à présent. Mais si tel est le prix à payer pour ne pas être salie autrement par ces hommes, alors elle se salira les pieds. Elle sentait son cœur battre à toute vitesse. Elle n’avait jamais eu aussi peur de sa vie, du moins pas depuis qu’elle était tombée du haut de la falaise et qu’elle n’avait pas su se sortir des vagues. Si Willem n’avait pas été là, elle ne s’en serait pas sortie. Cette fois, elle ne pensait pas que Willem arriverait à temps et son seul espoir était ce garçon qu’elle détestait le plus au monde, si ce n’est pas triste.

Ce qui leur pendait au nez arriva finalement. Un homme sortit des fourrés. Un homme de petite stature mais son visage n’avait rien de rassurant. On pouvait lire le dégoût sur le visage de Larra qui voyait alors sa vie défiler. Comment faire confiance à Daven ? Comment allaient-ils sortir de là ? Elle retenait ses larmes parce qu’elle ne voulait pas que le brigand lise la faiblesse en elle. Mais elle n’était pas loin de craquer. Elle espérait vraiment que le garçon savait ce qu’il faisait sinon elle était bonne pour se remettre à prier les Sept avant que ce ne soit la fin pour elle. L’homme qui avait déboulé faisait la morale aux deux enfants. De quoi se mêlait-il ? Larra préférait cent fois se disputer avec Daven que parler à cet homme infâme. Le jeune garçon déclara alors qu’il n’était pas ami avec Larra et qu’il se fichait de ce qu’il pouvait arriver à Larra. Elle se retint de s’énerver mais le regard qu’elle lança à Daven en disait long. Comment osait-il ? Elle le voyait déjà négocier avec ces malfrats pour se faire un peu d’argent en les laissant disposer de Larra comme bon leur semble. Elle se sentait trahie mais qu’attendait-elle de lui après tout ? Tout était fini, elle ferma les yeux un instant, espérant qu’un miracle se produise.

Il reprit la parole, évoquant l’idée d’avoir des problèmes avec Lady Ouestrelin s’il ne ramenait pas Larra saine et sauve. Elle rouvrit les yeux. Il proposa un marché. Elle ne disait rien, mais n’en pensait pas moins. De toute manière, quoiqu’elle fasse, il allait lui arriver malheur, donc elle préférait le laisser faire. Le résultat serait le même quoiqu’il arrive. Par chance, le brigand semblait d’accord pour écouter un quelconque marché. Si c’était un moyen de gagner du temps, c’était une bonne chose. Mais du côté de la jeune femme, elle préférait que ce soit rapide si elle devait mourir en ce jour. Daven exposa la situation réaliste. En quoi était-ce censé les sauver ? Il demanda alors cinq minutes d’avance. Larra comprenait alors qu’ils allaient devoir courir. Elle n’a jamais été bonne à ça, mais elle supposait que dans une telle situation, si elle a la moindre chance de survivre, elle se forcerait à courir le plus rapidement possible. Il exposa cependant une condition car évidemment, les voyous n’allaient pas accepter cela sans condition. Larra espérait vraiment que Daven savait ce qu’il faisait et qu’il était capable de faire tomber l’homme comme il le prétendait. Après tout, il l’avait ratée avec sa flèche plusieurs années plus tôt, elle n’avait aucune certitude qu’il parvienne à remplir sa part du contrat. Elle est tendue et jauge Daven du regard. Elle espère qu’il va réussir, elle espère obtenir les sept minutes d’avance comme le chef de la bande semble le promettre. Le temps qui s’écoula entre le moment où Daven commença à jouer avec la pierre et le moment où il la lança parut une éternité aux yeux de Larra. C’était trop long à son goût mais elle ne disait toujours rien. Elle ne voulait pas le déconcentrer, elle savait à quel point il ne supportait pas sa voix. Un moment d’effroi lorsque la pierre toucha le tronc et non pas l’archer perché dans l’arbre. Elle soupira. Mais la pierre changea de trajectoire en rebondissant et elle frappa finalement l’homme qui tomba presque aussi ridiculement que Daven un peu plus tôt. Elle se retint de rire et de sourire. Puis Daven la somma de courir. Si elle n’aurait jamais accepté recevoir un ordre de sa part, cette fois-ci, elle n’allait pas réfléchir à deux fois.

Elle se mit à courir, lâchant les chausses qu’elle avait en main qui la gênaient plus qu’autre chose. Elle n’avait jamais véritablement couru et encore moins à cette vitesse. Elle avait choisi la première direction qui s’offrait à elle sans même vérifier si Daven la suivait, s’il y avait d’autres hommes par là et s’ils étaient à ses trousses. Elle courrait. Elle n’avait aucun moyen de savoir si les sept minutes étaient écoulées car le temps passait si lentement. Elle sentait la fin qui était proche, mais elle ne s’arrêtait pas. Elle ne devait surtout pas tomber. Elle ne prit pas le temps de regarder où elle allait, elle ignorait si elle était en direction du château d’Harrenhal. A cet instant, ça ne comptait pas vraiment. Elle courait sans savoir où elle allait. Ca ne la sauverait peut-être pas au final, mais elle avait cet infime espoir. Elle s’arrêta finalement, elle n’avait plus le choix. Déjà, elle n’arrivait plus à respirer et si elle courait ne serait-ce que dix mètres de plus, elle tomberait. Elle vit que Daven était là lui aussi, c’était une bonne chose et elle n’aurait jamais pensé cela. Elle était paniquée mais regardait autour d’elle, à la recherche de quelque chose qui pourrait les sauver. Ils étaient coincés entre la forêt remplie de brigands et une étendue d’eau.

« On fait quoi maintenant ? »

Elle paniquait, elle ne savait pas où elle était et ignorait comment ils allaient s’en sortir mais pour le moment, elle est encore en vie. Elle aperçoit alors une barque. Elle aurait préféré autre chose comme moyen de s’en sortir. Elle n’a toujours pas réglé son différend avec l’eau. En dehors de ses bains, elle préfère rester loin de cet élément. L’étendue d’eau lui donne le vertige et rien que l’idée de se retrouver au milieu de cette étendue avec Daven lui donne la nausée. Mais a-t-elle le choix ? Serait-elle prête à mourir pour ne pas aller sur l’eau ? Non. Alors elle attrape le gamin par le bras et le traîne jusqu’à la barque.

« On n’a pas le choix. Crois-moi, ça ne m’enchante pas, mais on va devoir traverser cette étendue d’eau jusqu’au petit îlot. Après, je ne sais pas. Mais ça nous donnera du temps jusqu’à ce qu’ils décident qu’ils en ont marre. »

Elle sortit les rames de la barque et s’installa à l’intérieur. Elle tendit les rames au garçon.

« Tu crois quand même pas que je vais ramer non plus ? »

Pour le moment, il n’y a aucun signe des voyous mais ça ne saurait tarder et elle ne veut pas crier victoire trop tôt. Peut-être qu’ils s’en sortiront, peut-être pas.
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Message Sujet: Re: Querelle sur la rive de l'ŒilDieu ♦ Larra Ouestrelin Lun 18 Sep - 20:09

Querelle sur la rive
de L’Œildieu.


- Si, s'ils vous mettent la main dessus. Et vous le savez. C'est pour ça que vous avez peur.
Il appuie volontairement sur le mot. Car oui, elle avait peur. Elle tremblait, il le percevait. Sa faible voix confirmait son manque-même de conviction en ce qu’elle venait de dire. Il avait réussi à terrifié la jeune lady en lui mettant tous les ennuis qui pourraient lui arriver sur la table, bien en vue devant elle. Tous ? Non, rien qu'une part seulement. Des brigands n'auraient pas de pitié pour son joli minois, ils prendraient plutôt plaisir à en profiter et c'était terrible à penser. Les Becs-d'Acier ne violaient pas les femmes. Ils tuaient seulement les garces quand ça leur rapportait quelque chose. Mais durant sa vie, Daven en avait croisés des bandits et avait été témoin de bien des actes inhumains. Il avait fait des choses inhumaines et cruelles. Dès sa jeunesse. En première cause d'une démone. Il n'en était ni fier ni honteux. Il l'avait fait parce qu'il le fallait. C'était le seul moyen qu'il avait trouvé pour survivre car il n'était pas bien né, il n'avait aucun héritage et ne possédait même pas la plus petite affaire familiale à reprendre. Ses actes et sa voie lui ont été dictés par la colère, la rancœur, le dégoût et la peine. Ils l'ont mené sur un terrain pentu, sanglant, ruiné et durement praticable. Là aussi, c'était la guerre. La guerre des clans, des gangs, des vauriens. Les clés de la victoire étaient la malice, la fourberie, la cruauté, l'égoïsme. L'honneur, la bravoure, l'honnêteté, la générosité, la pitié, toutes ces notions y perdaient leur noble sens. Comment pouvait-elle connaître ou comprendre ça ? Elle était née trop différente. Elle était née protégée, ne savait pas ce qu'était le besoin et se promenait presque toujours accompagnée de son gardien personnel. Que pouvait-elle craindre ou désirer de vitale au sein de son château perché dans les nuages et aux murs drapés d'onéreuses tapisseries ? Lui, il savait. Lui, il l'avait vécu.

Ça aurait été bien que ces mulots soient réels. Trop bien. Mais ça c'était de leur faute. Ils avaient attirés à eux ces hors-la-loi en s'envoyant trop bruyamment ces coups de becs et de griffes à la figure. Voilà que ça se retournait à leur désavantage et pas d'une manière clémente. Il serait bien bête de ne pas jouer aussi des castagnettes. Toutefois, malgré l'effroi, il tentait de réfléchir. Fallait qu'ils se sortent de là, vite et bien. En cela, son expérience jouerait en leur faveur. C'était primordiale.

Des douleurs aux pieds... Moui, on ne peut plus féminin comme excuse. Sans doute même typique venant d'une lady. Ça colle. Et au moins s'étaient-ils éloignés du danger, à présent. Pas suffisamment mais ils ne pourraient faire beaucoup mieux avant que l'un d'eux ne se décide à se montrer. « Ah ! Vous n'aviez qu'à demander à votre chevalier de vous porter ! Lui, il chouinerait pas pour quelques cloques. » C'était pour la forme. Bien qu'il pensait ses mots. C'était Daven, quoi. Boucles d'Or réplique en lui envoyant la pierre qu'il rattrape tout en faisant mine d'éviter l'impact. Super ! Le jeu était bon. « EH ! Je vous lance pas de bâtons ou d'autres trucs de ce genre, j'vous signale ! On se calme, la lady ! Et reprenez donc votre vieux bouquin ! » Qu'il lui lance pas trop fort et de sorte à ce qu'il ne s'ouvre pas en vol, faudrait pas qu'elle se fasse mal avec ou qu'elle tombe maladroitement en tentant de le réceptionner. La pierre dans la main, Daven se sentait un petit peu plus assuré. Il n'avait pas envie de se séparer de son couteau, sait-on jamais cette petite lame pourrait servir plus tard. Alors que le danger fit son apparition, ses jointures blanchir en resserrant leur poigne sur le projectile de fortune. Stress. Incertitude. Peur. L'orphelin des cendres focalisait sa concentration sur les hommes naquis des buissons. Il en oubliait presque la jeune femme sans défense qui claquait des dents non loin de lui. Le temps de réflexion et de répit qui leur avait été accordé s'était écoulé. Les vauriens étaient devant eux. C'était l'heure du jugement, qu'il ferait tout son possible pour ne pas que ce soit le dernier. Au nom de leurs vies. Cela valait bien la peine de quelques blessures s'il en arrivait là. Mais est-ce qu'il se sacrifierait pour elle ? Non, sûrement pas. Pourquoi le ferait-il ? Pourquoi sa vie à elle aurait-elle plus de valeur que la sienne ? Et Daven avait beau être le disciple d'un chevalier, il avait beau être sur la voie qui le mènerait plus haut qu'aucune autre ne l'avait portée, il ne se sentait pas l'âme d'un héros. Il n'en était pas un. Il le ressentait ainsi jusqu'à la moelle de ses os et le sang dans ses veines. Même sans l'avoir jamais connu, il savait que son pouilleux de géniteur était aussi pourri que lui. Voire davantage, Daven ne s'abaisserait jamais à violer une femme. A ses yeux, c'était l'acte le plus répugnant qu'un homme pouvait commettre. Il avait le viol en exècre.

La lady lui lança un regard sacrément explicite lorsqu'il déclara dans sa comédie qu'il se fichait totalement de ce qui pouvait bien arriver à celle qu'il surnommait la Peste de l'Ouest. Il ne laissa rien paraître de ce qu'il pensait vraiment. C'était sa carapace, sa couverture. Aucune faille ne devait percer ou se serait foutu, il ne pourrait plus les entourlouper. Alors ses yeux reflétèrent la froideur de l'indifférente avec une pointe de mépris en prime avant de revenir sur les belettes vicieuses en face de lui. C'était bien qu'elle le croit aussi, cela rendait la scène plus crédible et l'étape de la négociation moins critique. Le garçon s'agrippait à sa pierre pour se donner du courage et ne pas claquer des genoux en public. Bon sang, faîtes que cette face de mite véreuse accepte son marché... Le chef des bandits parait sûr de lui, vu le sourire malicieux qu'il lui adresse avant d'accepter son "offre". Il augmente même le temps qu'il leur accordera pour fuir avant de se lancer à leur poursuite. L'archer devait être un des atouts majeur de cette bande. Du genre qu'on ne touche pas facilement. Daven devinait l'astuce dont il devrait faire preuve pour l'avoir. Il ne le toucherait pas de front, mieux valait jouer sur la surprise. C'était pas gagné d'avance et pourtant il y réussi. D'abord, parce que l'art de viser était un savoir-faire qu'il avait très bien en main. Tirer avec une pierre c'était différent de tirer avec un arc. Il avait eu réellement peur de rater son coup. C'était aussi une des raisons pour laquelle il avait visé le tronc au niveau de la tête du mec. Qu'il le reçoive dans la tempe ou dans les dents, il se serait forcément cassé la gueule sous l'impact de la douleur et le déséquilibre occasionné. Il avait mis de la force dans ce lancer, exprès. Pour faire mal. Le gars avait dégringolé de son arbre comme une branche cassée pour assommer le compagnon qui se trouvait juste en-dessous. Quel con celui-là, il aurait pas dû rester là ! Mais ça jouait en leur faveur. A son signal, la jeune femme avait pris ses jambes à son cou.

Un des hommes fit mine de bondir vers eux mais le chef lui plaqua une main sur le torse pour l'empêcher de sauter sur Daven qui avait exécuté un vif mouvement de recul.

- Joli tir, mon gars. T'as trois minutes.
- Quatre.
- Trois et demi.
A Daven de se transformer en lièvre.

Espèce de putain de grosse merdaille de rat puant plein de mites édenté ! Trois minutes ! Trois foutues miteuses minutes ! Pardon... Et demie. Trente pauv' secondes de rab. Fait chier. Il était sûr de ce piège. C'était vraiment court pour prendre la poudre d'escampette. Carrément trop court. Mais Daven filait entre les arbres. Il courrait comme s'il avait la mort aux trousses. Ce qui n'était pas tout à fait faux. L'espoir lui glissait l'idée que peut-être leurs bourreaux seraient un peu retardés par l'établissement de leur plan pour leur tomber dessus ou par l'homme qu'il avait blessé. Aucun moyen de savoir si le type était agonisant du crâne ou juste sonné comme une cloche. Au moins, l'écuyer du Prince du Nord était certain que deux des brigands auraient quelques difficultés à leur coller le train. Des brindilles craquaient sous ses bottes, parfois il glissait sur une terre baveuse et faisait un saut de cabris pour se rattraper. Pas un seul instant il ne se retourna pour vérifier la position des brigands. Ses jambes enchaînaient les foulées autant qu'il lui était possible d'exécuter ces mouvements effrénés. Heureusement qu'il avait pu faire une sieste tantôt parce qu'il avait déjà un peu de mal à tenir la distance. Sa gorge réclamait à boire et un maudit point de côté fit son apparition dans son irrégulière respiration paniquée. Mais il courrait. Avec l'énergie de la vie qu'il avait bien l'intention de conserver un maximum de temps. Sourd aux muscles qui commençaient à le tirailler. La Princesse des Falaises s'était arrêtée près d'une étendue d'eau. Il la rejoignit. Daven ignorait combien de minutes étaient passées mais il était prêt à parier que les trois demis s'étaient évaporées comme des gouttes d'eau de pluie à la merci de la chaleur estivale. De même, il regardait avec hâte autour de lui.

A la question fatale de la lady, il grimaça intérieurement.
Sa toute simple réponse n'aurait rien de rassurant pour elle.

- J'en sais rien...
Essoufflé, il jeta un regard en arrière, cherchant à apercevoir les sales trognes de fions pleines de pus. Ce temps qu'ils perdaient était mauvais. Il leur fallait une solution et vite ! C'est là qu'il sent une main lui choper le bras sans prévenir. Une main aux doigts graciles mais avec des griffes à la place des ongles à ses yeux. Punaise, elle a de la poigne cette enquiquineuse ! « Eh, oh ! Vous faî... » Puis il voit la barque vers laquelle elle le traîne avec autant de détermination -il manqua d'ailleurs de se payer encore une gamelle-. Oh ! Bon sang, les Anciens Dieux soient bénis ! Il était presque à deux doigts de sauter de joie jusqu'à ce que la Ouestrelin le ramène sur terre. C'est vrai qu'ils allaient être coincés là-dedans à deux... Au-dessus de l'eau en plus. A vrai dire, il ne savait pas ce qui le rendait plus réticent entre les deux. Mais comme elle le faisait si bien entendre, ils n'avaient pas le choix. Puis, il était pas du genre à chipoter comme une fille. Si ? Il attendit qu'elle s'installe pour pousser la barque et l’éloigner de la rive. Après quoi, Daven se mouilla les bottes dans l'eau et sauta à son tour dedans. La manière dont leur moyen de transport nautique se mis à tanguer ne lui plut pas du tout. Il s'agrippa aux deux bords de la barque de ses deux mains avec crispation. Cette expérience-là, elle allait lui sortir par les trous de nez ou l'orifice qui se trouve juste en-dessous... Il n'avait pas le pied marin et son teint était déjà pâle comme un linge à l'idée de passer par-dessus bord mais lorsque la barque se stabilisa, il se saisit malgré tout des rames.

- Avec les bras de grenouille que vous avez ? C'est presque un miracle que vous ayez réussi à soulever les deux en même temps.
Non, même poursuivis par des malfrats on ne changera pas ces deux oiseaux-là. Toujours à trouver un moyen de se becqueter. Jamais en panne d'inspiration pour ça. Ça mérite des applaudissements ou des baffes, selon vous ? Il se positionne dans la barque de manière à être face à la rive qu'ils quittaient, Daven voulait voir les scélérats qui les avaient pris pour cibles, les garder dans son champ de mire et ce serait plus pratique pour ramer jusqu'au fameux îlot dont parlait sa passagère. Ce serait tellement commode aussi s'il pouvait lâcher du lest en la jetant à l'eau... Il aurait la garantie de pas entendre de plaintes ou de caquètements agaçants durant ce petit voyage qui s'annonçait pénible. Pour ses bras comme pour ses oreilles. A moins qu'elle ne se mur miraculeusement dans le silence sauf que les femmes étaient connues pour être bavardes comme des pies. Et cette pie-là aimait bien le piqueter. Au secours, Mère Patience ! Il n'avait fait que quatre brasses quand les hommes déboulèrent d'entre les arbres. Ouf, ils ne pouvaient pas les suivre... Sauf si l'un d'eux se mettait en tête de nager jusqu'à eux mais Daven doutait qu'ils iraient jusque-là. Quoiqu'ils en seraient capables.

- Ah, désolé, les enfants ! On a été un peu retardés. Mais ne vous en faites pas, on vous attend bien gentiment.
Une déclaration qui lui assombrit le visage au jouvenceau. Ils l'ont échappée belle mais ce n'était pas encore terminé. Combien de temps faudrait-il avant qu'ils se lassent de leur chasse ? En jetant un coup d’œil en arrière, Daven vit qu'ils avaient une bonne distance à couvrir avant d'arriver à ce satané îlot. Ce lac était vaste. Il avait la sensation d'être piégé. Leur excursion vers ce petit bout de terre au beau milieu de l'étang n'était qu'un sursis. Son poing de côté ne le lâchait pas. Dire qu'il fallait faire confiance à une simple barque pour les mener saint et sauf là-bas. Ce tout petit truc de bois qui flotte et dans lequel ils se confinaient tous les deux, sur cette grande étendue d'eau. Ils devaient avoir l'air ridicules et minuscules à la fois. Cette situation l'énervait car il ne savait pas comment ils allaient définitivement se débarrasser de ces pots de colle malveillants. Il n'aimait pas se sentir incapable. A mi-chemin, il s'arrêta en balançant la palme des rames dans l'eau sans en lâcher le manche. De grosses éclaboussures bondirent comme des poissons pour les mouiller tous les deux mais lui, il s'en battait les noisettes.

- J'suis fatigué, j'fais une pause. Si vous voulez continuer à avancer jusqu'à votre ilot vous avez qu'à ramer vous-même.
Son ton était sec. Daven était sur les nerfs. Il recommençait à se dire que c'était sa faute à elle s'ils en étaient là et ne se priva pas de le lui montrer d'ailleurs :

- Tout ça à cause d'une lady sans cervelle qui vient flâner sous les arbres avec son bouquin à la noix. Si vous vouliez une histoire avec des chevaliers, vous auriez dû embarquer votre chien de garde avec vous pour qu'il vous en raconte une !
Sauf qu'il oubliait que c'était précisément leur dispute qui avait attirée l'attention sur eux. Mais il était persuadé que ça ne serait pas arrivé si elle n'avait pas été , toute seule. Il soupire avec une exaspération non dissimulée. Sa façon de s'en prendre à elle était injuste. Il était fautif aussi et rien ne garantissait qu'ils ne leur seraient pas tombés dessus même s'ils n'avaient pas été aussi bruyants. Est-ce que la présence de l'épée-lige aurait vraiment changée quelque chose ? L'archer qui était perché dans l'arbre aurait très bien pu lui tirer une flèche fatale dans le dos. Peut-être qu'aucun d'eux n'aurait dû se trouvait-là en cet instant mais Daven n'y pensait pas. Il en voulait à la noble qu'il pensait la cause de tout ça. Il en voulait aussi à ces sales crapules qui n'avaient pas l'intention de les lâcher. Il en voulait même aux rames d'être lourdes et à cette barque de progresser lentement. En plus, ses muscles lui faisaient mal. Merde, v'là que c'est lui qui se plaint comme une fille, maintenant...

- Si la poisse avait une forme humaine, un titre et un nom elle serait lady Larra Ouestrelin.
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Message Sujet: Re: Querelle sur la rive de l'ŒilDieu ♦ Larra Ouestrelin

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Querelle sur la rive de l'ŒilDieu ♦ Larra Ouestrelin

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