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Querelle sur la rive de l'ŒilDieu ♦ Larra Ouestrelin

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The Rat with The Steel Beak
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MessageSujet: Querelle sur la rive de l'ŒilDieu ♦ Larra Ouestrelin Sam 10 Juin - 12:35

QUERELLE SUR LA RIVE DE L'ŒILDIEU
TOURNOI DE HARRENHAL, AN 281
Une expérience fort riche que le Tournoi d’Harrenhal, même pour celui qui ne fait que servir l'honorable jouteur et observer avec attention le dénouement des événements. C'était d'une richesse telle qu'elle emplissait son cerveau à la manière d'un vin corsé envahissant une coupe de terre cuite à ras bord. Son buveur s'y noyait avec allégresse, parfois pris de sursauts convulsifs de crainte inexplicable ou d'exaltation euphorique. Il y avait tant à voir, à entendre et à apprendre que le jeune écuyer en était éreinté. La nuit, il dormait comme une souche. Une fois abandonné à ses songes, c'était quasi' impossible de le réveiller. Ses muscles de jouvenceau avaient-ils autant servis un jour ? Il n'en avait point le souvenir et n'en était guère sûr. C'était excitant, captivant, stressant et tant de choses à la fois ! Assurément, il n'oublierait pas les leçons apprises ici de sitôt. Jusqu’ici, Ser Brandon s'en était très bien sorti. Daven se souvenait encore de la manière dont le chevalier qui l'avait recueilli avait littéralement pulvérisé le jouteur de la maison Blount. Une victoire grandiose qui avait coutées les jambes du malheureux, certes paralysé à vie, mais qui avait arraché un sourire de fierté à l'adolescent. Oui, il était ravi de l'issu de ce premier tour. Le loup avait détruit sa proie en beauté. Ben, quoi ? Si ça avait pas été lui, ça aurait pu être le Stark ! C'était bien la dernière chose que souhaitait son protéger. Et les chevaliers qui s'engageaient dans ces jeux dangereux avaient toute conscience des risques encourus, qu'ils ne pleurent donc pas sur leur sort en perdant. Ce ne serait pas une attitude digne d'un adoubé des Sept Couronnes. Il y a presque inévitablement au moins une famille qui se répandra en larmes salées à l'issu d'un de ces tours. Pas à chaque fois mais...

Flap. Ses oreilles se tendirent quelques secondes à ce son. Ce n'était pas celui d'une feuille effleurant les branches en rejoignant le sol. Pourtant... Cette note était quelque peu similaire. Toutefois, elle était si ténue que sa somnolence reprit presque immédiatement. Ses paupières à demie ouvertes se refermèrent mais son pied droit accentua son appui sur la branche du dessous pour conserver son équilibre. Sa vigilance s’accrut un peu plus dès lors, le rendant plus éveillé que l'instant précédent ce bruit apparu dans le silence et la quiétude du lieu. Lâchant un léger bâillement sans faire plus de bruit qu'un simple soupir, il replongea dans ses demi-rêves de chevaliers en armure, de chevaux en sueur et d'adversaires en sang perforés vivant par d'épaisses lances de bois et de fer. Son ouïe résonnait de maints bruits de combat et de batailles, de hurlements de douleur et de cris de guerre victorieux comme s'il y était. Les bras en croix sur son buste, la tête légèrement inclinée vers l'avant et la jambe gauche fléchie sur la branche qu'il avait pris pour siège, Daven se reposait au calme -si on oublie le brouhaha du tournoi non loin- et seul. Ni arc ni flèches ne trônaient sur son dos, seul son couteau restait agrippé à sa ceinture. La lame à l’abri dans son fourreau. Une brise froide vint taquiner son sommeil et ébouriffer ses cheveux, le faisant frémir. Elle semblait lui signaler qu'il était temps de rejoindre le camp Stark mais il s'obstina à faire la sourde oreille. Cela ne faisait pas si longtemps qu'il paressait le dos contre le tronc du grand arbre.

Flap. Cette fois, il ouvrit les yeux et releva la tête. Ce son-là lui était familier. Comme... Tournant son attention vers la source de cette courte mélopée, il changea de position pour tendre le cou vers l'arbre voisin. Sa main lâcha l'écorce du tronc et son corps s'étendit pour se défaire de sa position accroupie, bras et jambes prirent agilement les commandes, le guidant jusqu'à des branches plus basses. Daven s'évertuait à être le plus discret possible, se sachant plus aussi seul qu'à son arrivée. Sait-on jamais sur qui il pourrait tomber. Ses semelles rappaient légèrement le bois et ses doigts s'enroulèrent comme des serres autour des solides appendices qui lui servaient de barreaux d'échelle naturels disposés d'une façon qui semblerait bien anarchique à l’œil humain. Une brise un peu plus forte souffla mais qui fut tout aussi ignorée que sa consœur alors que l'acrobate rejoignait furtivement l'autre haute et forte plante ligneuse. La personne assise au pied tronc était une jeune femme dotée d'une soyeuse cascade de boucles d'ors en guise de chevelure dont il ne pouvait voir le profil de sa position. Ce qu'elle tenait à la main était bien ce qu'il avait suspecté : un livre. Voilà qui expliquait les flap qu'il avait entendu lorsqu'elle tournait les pages de son ouvrage. Sa curiosité lui sommait de savoir le sujet de l'objet. Son corps y obéit, motivé par l'intérêt de la tâche.

Lorsqu'il se retrouva à quelques branches au-dessus d'elle, il assura ses prises et se pencha en avant dans l'espoir de déchiffrer quelques lignes par-dessus son épaule. Sa main droite enlaçait une branche au-dessus de sa propre tête, Daven se tenait debout, les deux pieds écartés sur une même ramure. Quand il décida de s'accroupir en une pose plus confortable en restant appuyé contre le tronc, un de ses pieds fit craqueler un peu d'écorce et quelques échardes allèrent effrontément s'éparpiller en plein milieu du livre ouvert sans oublier de glisser aussi dans les cheveux de Boucles d'Or, sinon ce serait faire preuve de trop d’indulgence... Espèces de foutues traitresses ! Il n'eut pas le temps de se cacher qu'elle relevait la tête vers ce qui avait provoqué cette soudaine et outrageante chute de copeaux. C'est là qu'il la reconnue, la lady Ouestrelin ! La surprise fut la première responsable à son brusque bond arrière. Ensuite, tout se passa très vite, comme toujours dans ce genre de situation périlleuse. La peur l'étreint dans un étau de glace alors qu'il partait follement retrouver la terre ferme. Pendant ce temps sa mémoire lui rappelait ses précédents accrochages associés à ce visage au détestable teint de perle. Heureusement qu'il n'était pas monté bien haut, où il s'en serait tiré avec davantage que quelques hématomes sur l'arrière-train et deux-trois égratignures sur les paumes. Mais son souffle fut brièvement coupé. De fragiles et fins doigts de bois l'avaient suivi dans sa dégringolade, le recouvrant d'une petite pluie de brindilles brunes. Et sous cette pluie, alors qu'il fixait la jeune femme fière et gracieuse, le roturier en appui sur ses avant-bras lui lança un regard de colère et d'accusation, comme si c'était sa faute s'il avait maladroitement dérapé comme un parfait débutant. Bien sûr, que c'était de sa faute, bon sang ! Qu'est-ce qu'elle faisait-là à lire sous cet arbre ?! Et puis, depuis quand les femmes ont-elles le droit de tenir de tels biens d'érudition entre leurs mains ?! Aaargh !

Grommelant, il lança sa première réplique d'un ton cassant seulement à moitié contrôlé :

- Ravi de vous revoir, lady Ouestrelin. Son tournis passé, il se redressa et repoussa les brindilles de ses cheveux couleur cacao avant de se racler la gorge. Évidemment, il fallait présenter des excuses pour avoir souillés ses inestimables cheveux et son auguste livre. Au moins, Daven fit-il un petit effort pour faire paraître ses excuses sincères et alléger son ton. Dur, très dur quand on sait que c'est de sa faute à elle s'il va plus pouvoir s'asseoir sur son séant des jours durant ! J'espère ne pas vous avoir causée une trop grande frayeur. Sachez avant que le doute ne vous prenne de par l'ambiguïté de la situation, madame, que je n'étais point en train de faire une chose aussi déshonorante et condamnable que de vous espionner. Loin de moi cette fourbe volonté. J’avoue avoir seulement eu l’impertinente curiosité de voir ce que vous lisiez. En appuyant bien sur le verbe car c'était fort curieux et étonnant de voir une dame plonger le nez dans un tel trésor manuscrit. J'espère que vous pardonnerez la maladresse qui m'a fait tomber ainsi et salir vos si beaux cheveux ainsi que votre précieux livre.
Il se retenait de prendre un ton arrogant. C'est vrai que c'était plutôt suspect de tomber précisément de l'arbre où elle se tenait et c'était précisément pas un hasard... Mais il ne l'espionnait pas, ça c'était la vérité. Ah, il ferait moins le malin si elle se mettait à croire quelque chose d'aussi faussé. Vu la manière dont il s'était penché vers elle, il ne serait aucunement surprenant qu'elle s'en persuade à tort. Quel idiot, il aurait dû penser à cette éventualité ! Cette perspective ne lui donnait pas envie de sourire narquoisement comme cette jeune femme lui donnait généralement envie de le faire. En revanche... Il ne loupa nullement le fait qu'elle ne devrait pas avoir ça entre ses doigts graciles et en fit tout innocemment la remarque :

- A propos, je croyais que la principale distraction d'une lady était la couture ? Non la lecture. Vous êtes pleine de surprise, dame de l’Ouest.
Au fait, pourquoi autant la provoquer ? Ah, oui ! Parce qu'il ne peut pas la supporter. Et pourquoi ? Demandez donc à leurs précédentes rencontres pour en connaître toutes les péripéties qui les menèrent à ces sentiments de véhémence.
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MessageSujet: Re: Querelle sur la rive de l'ŒilDieu ♦ Larra Ouestrelin Dim 11 Juin - 0:27

querelle sur la rive de l’œildieu

tomorrow is another day and you won’t have to hide away. you’ll be a man, boy. but for now it’s time to run.

Voilà un tournoi complètement dénué d’intérêt. Il y en avait bien un dans l’esprit de la jeune Ouestrelin lorsqu’elle quitta sa demeure. Ser Arthur Dayne qu’elle avait oublié durant ces dernières années était apparu dans un de ses rêves, à la veille du départ. L’idée d’assister de nouveau à un tel événement avait fait ressurgir les démons du passé. Si à l’époque son père avait refusé de la marier à cette homme car il avait négocié une toute autre union, cette fois-ci rien ne semblait plus séparer la jeune femme de son preux chevalier. Rien, si ce n’est cette magnifique armure dorée que Ser Arthur Dayne portait lorsqu’elle l’aperçut au moment des premières joutes. S’il avait eu la décence de rester célibataire tout ce temps, il avait malheureusement prononcé des vœux empêchant tout idylle entre la jeune femme et son homme idéal. Tant pis, elle en trouvera un autre. Plus puissant ou plus riche.

Histoire d’occuper son temps et son esprit d’une manière plus intéressante qu’à rester assise dans des tribunes à applaudir des chevaliers tous aussi pédants les uns que les autres, Larra décida que prendre de la distance pour lire un bouquin serait une bonne idée. Elle avait bien espéré pouvoir emprunter un ou deux livres à la bibliothèque d’Harrenhal, mais elle n’avait pas encore eu le temps d’embêter son petit frère pour qu’il se charge d’aller voir le Mestre. Il se doutait que ça n’allait pas tarder à arriver et il avait raison. Mais pour le moment, Larra préférait le laisser respirer et se contente alors d’un livre qu’elle a pris soin d’empaqueter dans ses affaires en venant jusque dans le Conflans. Evidemment, si la Septa l’avait surprise en train d’empaqueter le précieux bouquin dans son coffre à robes, elle lui aurait probablement confisqué. Mais rien de tout cela n’était arrivé, Larra parvenait toujours à faire les choses dans la plus grande des discrétions.

« Larra, où vas-tu comme ça ? »

La mère de Larra ne put s’empêcher de poser la question à voix haute alors que la jeune fille à la chevelure blonde tentait de s’éclipser discrètement. Certains seigneurs et autres personnes sans importances trouvèrent utile de se retourner et de juger la demoiselle. Tout le monde semblait si inquiet de savoir où elle pouvait bien se rendre.

« Je ne m’éloigne pas, mère. Je vais simplement rendre visite à Willem. »

Mensonge. Mais quand elle reverrait effectivement son protecteur, elle se chargera de lui rappeler qu’elle était avec lui tout le long du tournoi, à le soutenir depuis sa tente. Sa mère ne la retint pas plus longtemps même si son regard en disait long. Elle trouvait sa fille beaucoup trop proche de Willem et pourtant, il était celui choisi pour la suivre partout et la protéger. Peut-être préférait-elle que Larra s’en aille voir un parfait inconnu. Elle aurait pu dire cela pour que les gens autour parlent et soient satisfaits de ne pas s’être retournés pour rien. Mais Larra a beaucoup trop de respect pour sa mère. La voir faire une attaque devant toute cette assemblée serait beaucoup trop lourd de conséquences.

Enfin seule. La jeune demoiselle de l’Ouest pouvait enfin s’éloigner des gradins. Elle sortit son livre de sous ses jupons. Elle avait réussi à le faire tenir par un miracle qu’elle ne saurait expliquer. Il faut dire que durant tout le trajet entre sa chambre provisoire et le lieu où se déroulent les joutes, elle avait eu l’air d’une jeune fille totalement coincée. Elle ne marchait pas à son aise, mais à présent c’était terminé. Elle se dirigea vers le bois le plus proche. De là, elle pouvait apercevoir le château d’Harrenhal, celui qu’on dit être hanté. Il faut avouer qu’il n’a pas très bonne mine. Peu importe, les légendes sur ce lieu, elle les connaît toutes. Celles qu’elle ne connaît pas ne sont simplement pas encore répertoriées. Cela dit, peut-être existe-t-il des livres relatant d’autres secrets sur la demeure des Whent rangés dans les hauteurs des bibliothèques d’Harrenhal. Mais ça, elle aura tout le loisir de le découvrir tôt ou tard. Elle se laissa tomber dans l’herbe encore fraîche mais non humide, elle s’adossa doucement contre l’arbre se trouvant derrière elle et enfin, elle pouvait s’adonner à son plaisir le plus inavoué : la lecture.

C’est un livre léger. Comparé à la lecture habituelle de la demoiselle, le contenu de ce bouquin n’apporte pas grand-chose aux connaissances de Larra. Ça ne lui importe pas vraiment de savoir si Florian et Jonquil ont réellement existé, ça ne changerait rien aux faits. Cette histoire, elle la connaît par cœur mais elle aime la relire autant qu’elle le peut. A chaque fois, elle découvre des détails auxquels elle n’avait pas fait attention ou bien elle voit les choses d’un œil différent ce qui rend le récit beaucoup plus excitant. Parfois elle se vient à voir Willem à travers les traits de Florian mais elle chasse tout aussi rapidement cette idée absurde. Larra n’est pas comme Jonquil de toute évidence.

La jeune fille feuillette son livre et relis les mots comme si elle les découvrait. Ses paupières sont lourdes, elle manque de s’endormir en plein milieu de sa lecture, mais elle se force à rester éveillée. S’endormir là, au milieu du bois, ce ne serait pas prudent. Quelque chose vint alors la déranger dans sa lecture et surtout l’empêcher de fermer pour de bon ses yeux. Des morceaux d’écorces tombèrent sur les pages du livre mais également dans la chevelure dorée de Larra. D’un air contrarié, elle stoppa sa lecture pour alors se débarrasser déjà des morceaux d’écorces qui jonchaient son livre avant de le refermer. Si c’était un animal, elle ferait tout pour le retrouver et l’empêcher de l’interrompre dans sa lecture de nouveau. Elle leva la tête afin d’en connaître l’auteur. Si elle ne put voir le visage au premier regard, elle comprit très vite qu’il ne s’agissait pas d’un écureuil ou autre oiseau de malheur.

« Toi… »

Que de souvenirs qui remontèrent en l’espace d’un instant, comme cette visite à Cendremarc qui a mal tourné pour elle et lui qui était là pour bien lui rappeler à quel point elle s’était trouvée ridicule cette fois-là. Ou encore, la fois où il a failli l’empaler à l’aide d’une flèche bien aiguisée. Elle n’eut pas le temps de dire quoique ce soit de plus que le jeune garçon se retrouva à terre. La chute depuis l’arbre a dû être légèrement douloureuse mais Larra ne put s’empêcher de lâcher un petit rire tout en ayant sursauté d’abord. C’était pour la fois où elle était tombée dans la boue, chacun son tour.

« Le plaisir n’est pas partagé, Daven. »

Un nom simple pour un être qu’elle juge sans intérêt. Un gamin qui ne lui cause que des soucis à chacune de leurs rencontres. Evidemment, il eut fallu que le jeune homme soit là, à Harrenhal. Qu’est-ce qui pouvait bien mener un pauvre roturier comme lui dans un événement tel que ce tournoi. C’est bien pour cela qu’elle ne les aime pas ces tournois, ils y invitent n’importe qui. Elle posa son livre à terre afin de se mettre sur ses deux pieds. De là, elle se sentait moins en danger, du moins c’est ce qu’elle avait espéré. Depuis leur dernière rencontre, le garçon avait un peu trop grandi à son goût. Il présenta alors ses excuses et la jeune femme ne pouvait s’empêcher de tenter de déceler de l’ironie dans ses propos. S’il disait blanc, elle comprenait noir et ce, peu importe la sincérité du jeune homme. Elle se voulait beaucoup trop méfiante à son égard. Elle ne comprenait pas pourquoi il l’aurait espionnée, après tout elle ne l’avait pas senti la suivre durant son trajet depuis les gradins. Elle hésitait à accepter ses excuses, mais si c’était un moyen de s’en débarrasser, elle voulait bien essayer.

« Les dégâts auraient pu être bien plus regrettables. Disons que j’ai eu ma part de compensation en te voyant chuter de l’arbre. Si j’ai eu un peu peur, j’ai aussi bien ri et je te remercie pour cela. Mes cheveux s’en remettront. Je suis certaine que tu te feras un plaisir d’expliquer à ma mère de quelle manière l’écorce est tombée dans ma chevelure en allant rendre visite à mon épée-lige dans sa tente. »

Elle pourrait inventer n’importe quelle histoire et parvenir à le mettre en tort. La parole du jeune garçon n’aurait pas d’importance aux yeux de Lady Ouestrelin alors que les mots de sa fille seraient gobés quels qu’ils soient. La jeune fille esquissa un sourire qui se perdit lorsque le garçon fit une remarque des plus désobligeantes.

« Tu as mal été renseigné, mon cher. Puisqu’on parle de surprises, dois-je déduire que tu sais lire puisque tu semblais si motivé à chercher à savoir quelle était ma lecture. »

Un roturier qui sait lire, c’était encore plus surprenant. Elle retira délicatement quelques-uns des morceaux d’écorces qui s’étaient accrochés dans sa chevelure. Ça n’allait pas être une partie de plaisir de les décrocher un par un.

« Que fais-tu par ici, Daven ? Je pensais que c’était un tournoi réservé aux Nobles. Tu as réussi à les berner en te faisant passer pour un noble du Nord ? Après tout, il est difficile de faire la différence entre eux et… Enfin, tu vois ce que je veux dire. »

Non, elle n’était pas du tout aimable. Mais entre elle et ce garçon, ça n’a jamais été une grande histoire d’amour. Il a toujours sur la faire se mettre hors d’elle. Se contenir en la présence de Daven relève de l’impossible. Elle ramasse alors son livre et jette un regard dédaigneux au garçon.

« Pourquoi es-tu toujours là ? »

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MessageSujet: Re: Querelle sur la rive de l'ŒilDieu ♦ Larra Ouestrelin Lun 12 Juin - 13:53

QUERELLE SUR LA RIVE DE L'ŒILDIEU
TOURNOI DE HARRENHAL, AN 281
Larra Ouestrelin. Il n'était peut-être pas près d'oublier cette jeune femme. Pourtant il n'avait fait sa rencontre que deux fois par le passé. Deux entrecroisements marquants. La première fois, c'était arrivé un jour de pluie. Il ne se souvenait plus de son âge à l'époque, qu'importe ce détail. Ce qui compte c'est que ce printemps-là, il pleuvait comme vache qui pisse. Les gouttes d'eau célestes tombaient drues. Il n'y avait pas de vent pour les glacer mais quelqu'un qui n'avait pas l'habitude de s'exposer à un tel déluge pouvait aisément tomber malade et du point de vue du garçon, cette fille n'avait pas la constitution adéquate pour braver le chagrin diluvien de la nature. Lui, il avait l'habitude de vivre dehors, la maladie n'embrassait pas aisément sa santé. La preuve étant que malgré toutes les nuits d'intempéries qu'il avait connues, il était toujours là, en meilleure forme que jamais semblait-il. Poulain d'un chevalier Nordien. Ou devrait-on dire, louveteau en devenir d'un hardi chevalier du Nord ? Mais elle, c'était une lady. Elle vivait dans les châteaux, ces immenses donjons aux murs de briques épais infranchissables. Son toit ne risquait pas de connaître la contrainte d'une protection de chaume qui fuit les jours de tempête. Aucun récipient ne barrerait sa route pour empêcher l'eau de mouiller son sol immaculé et de tremper ses souliers raffinés. Elle vivait loin et bien au-dessus de tous ces soucis "mineures" de l'existence. Et la voilà qui était là, en train de courir comme une folle sous la pluie, jupons relevés pour faciliter ses enjambées dans l’herbe trempée. Qu'est-ce qui avait bien pu la faire galoper comme ça en dehors de son logis protecteur un jour où le temps était si peu clément ? Daven avait observé son imprudence la conduire vers un pôle opposé à celui du foyer de son hôte jusqu'à ce qu'elle ne chute dans la boue. Oups.

De là était partie leur première esclandre alors qu'il n'avait pas pu s'empêcher d'éclater d'un rire moqueur et de s'approcher de la belle, l'occasion était trop bonne pour ne pas venir se railler de la damoiselle tombée dans sa mystérieuse quête. Mais il n'est pas l'heure de conter cette journée froissée. A leur seconde rencontre, il était en pleine partie de chasse. Daven vous dirait qu'il ne l'avait remarquée qu'au dernier moment et que sa flèche était déjà partie bien avant qu'il n'ait la présence d'esprit de rabaisser son arc. C'était heureux qu'elle ne l'ait même pas effleurée mais ça avait été qu'à un cheveu très fin. Sauf qu'elle lui avait fait rater sa cible en beauté ! Maudite soit-elle. Daven ne nourrissait pas les meilleurs sentiments pour Larra Ouestrelin mais de là à désirer sa mort, non. Aucun intérêt. Cela ne lui aurait créé que les pires ennuis. D'autant que ce jour-là, elle était accompagnée de sa fameuse épée-lige : Ser Willem Ferren. Il lui aurait réservée une mort atroce si la pucelle sous sa protection s'était vu touchée par une de ses pointes d'acier. Rien qu'à y avoir pensé, Daven avait manqué de se porter une main à la gorge. Il n'avait vu la jouvencelle qu'une seule fois accompagnée de son chevalier mais il avait alors déjà eue l'impression que ces deux-là étaient plutôt proches. Étonnant qu'il ne soit pas là, aujourd'hui. S'il était en train de jouter, elle serait certainement dans les gradins pour voir ça.

Eh oui, voici maintenant que leurs chemins se mêlaient pour la troisième fois l'un à l'autre sans leur avoir demandé leur avis quant à si cela leur conviendrait ou non. Qu'est-ce que le destin pouvait bien en avoir à faire de leur bon plaisir ? Ah ça, pour sûr, il s'en foutait bien lui. Daven était parti pour être de mauvais poil. Enfin, ça ne changeait que peu de son quotidien. Son rire... Il l'énerve. Alors qu'il est étalé par terre à souffrir du fessier. Son sang bouillonne de cette humiliation. L'envoyeur a eu son retour. Bon sang mais était-elle née pour embourber ses plus grands talents dans la médiocrité ?! Lui qui ne tombait jamais, qui vivait dans les hauteurs et s'y mouvait aussi aisément qu'un écureuil. Lui qui était comme né pour être un fils de l'air, doué d'un équilibre et d'une agilité qu'il avait travaillée le long de toute sa maudite existence de croquant. Qu'est-ce qu'il en était fier de ses talents de grimpeur ! Mais il venait de chuter et lui, le susceptible, blessé dans cette fierté, en rageait intérieurement. C'était de sa faute à elle. Pas la sienne. Elle l'avait surpris. Elle n'avait qu'à pas être là à pratiquer une activité proscrite aux femmes par les hommes. Précisément sous l'arbre à côté de celui où il avait choisi de piquer un peu du nez. Uh.

- Oh, vous me vexez, madame.
Ironie, bien sûr, tandis que son regard glissait sur le livre qu'elle posait à terre pour pouvoir redresser sa noble silhouette. Il n'avait pas eu le temps de lire beaucoup de lignes... Mais cela semblait parler d'amour entre un chevalier et.... il ne savait qui d'autre. Une femme de toute évidence. Les écorces qui s'étaient offert un petit saut de l'ange dans ce bain de mots ne lui avaient pas laissé le loisir d'en savoir plus. Tant pis, de toute façon, le récit n'avait pas l'air de tourner dans l'action pour le peu qu'il avait aperçu. Si ça se trouve c'était juste un de ces contes à l'eau de rose dont les filles raffolent. Florian... Un nom qu'il avait déjà entendu quelque part.

Elle se tenait aussi haute qu'elle le pouvait à présent et... Sans que Daven n'y ait même songé auparavant, cela restait moins haut que lui. Ah oui, la croissance avait fait son œuvre. La puberté aussi puisqu'il avait délaissée sa voix d'enfant à la cave pour un timbre plus grave à l'approche de l'âge adulte. Le jouvenceau était bien content de s'être enfin débarrassé de sa ridicule voix à moitié muée... C'était aussi laid que la peau desséchée d'un serpent en pleine mue. Quelle horreur ça avait été de parler avec ces espèces de couinements de canard ! Maintenant, c'était fini. Il avait grandi et pris des traits un peu plus mûrs. Sa prise de centimètres ne lui était pas très bénéfique car il éprouvait de plus en plus de difficulté à se faufiler où bon lui semblait et cela avait également l'effet de le ralentir, puisqu'il s'allongeait tout en prenant du poids. Mais il n'allait pas se plaindre d'avoir eu la malice de survivre assez longtemps à sa vie de misère pour devenir bientôt un homme. Qui savait pour combien de temps il en aurait encore ? Peut-être dix, vingt ans et peut-être seulement une journée ou quelques heures. Daven n'a jamais tenu pour acquis que sa vie serait longue. Elle n'était déjà pas prospère. Il n'était pas né du bon côté de la palissade, celui qui lui permettrait de prétendre à une existence riche et durable.

Précisément, il n'était pas en très bonne posture en cet instant. Quels talents elle possédait dans l'art du mensonge, ça, il ne pouvait pas le nier. Le garçon grogne en son propre for tandis qu'elle le pique en prétendant avoir vu son effroi passager compensé par un bon petit moment d'hilarité face à son accolade brutale avec le sol. Le regard de Daven fit quelques étincelles mais il la laissa terminer sa tirade. Tiens donc, mademoiselle ne s'offusque même pas de s'être fait décorés les cheveux dans un inélégant thème boisé ? Un autre point pour elle. L'espace de quelques secondes, une goutte de sueur froide lui lèche l'échine entre les omoplates alors qu'elle se laisse sous-entendre de rapporter ce qui vient de se passer à sa vénérable et tendre mère. Cependant, il y décèle une faille. Sifflant entre ses dents en aspirant un peu d'air, il prit une mine embêtée. La joute verbale commence, que le meilleur l'emporte !

- Ah, vous êtes sans pitié. Je devrais m'incliner face à votre malice et ne pas chercher à m'attirer plus d'ennuis. Mais... Étant dans une posture aussi délicate, ne croyez-vous pas qu'un vile gredin sans honneur comme moi n'aura d'autre choix que de se volatiliser comme par magie ? Son expression devint un peu plus sournoise. Rien ne me retient ici. Aucun serment. Aucune obligation. Je n'ai pas de compte à rendre, encore moins à vous ou à votre mère. Le temps que vous rapportiez ce qui vient de se passer à votre famille, je me serais volatiliser comme un mauvais rêve. Sauf votre respect, même si je restais, vous ne me retrouviez pas dans ce vaste lieu noir de monde.
Son sourire de chenapan s'accentua. Arriverait-elle à trouver une feinte dans sa si grande intelligence ? Qu'elle essaye, sa propre répartie n'avait guère tarie. Il s'en sortirait tout aussi bien dans ses manigances.

Elle n'avait pas besoin de savoir qu'il avait changée de condition pour devenir l'écuyer de la maison suzeraine du Nord. Elle n'avait pas besoin de savoir qu'il ne pouvait partir à son grès comme il le prétendait. Alors qu'il était totalement libre du moindre de ses actes lors de leur dernière rencontre. Il était lié à Brandon Stark désormais. S'il le voulait, il pourrait vraiment prendre la poudre d’escampette sans prévenir qui que ce soit. Il l'avait déjà fait, à deux reprises. Le sens de l'honneur ne l'avait salué que récemment pour lui signaler d'arrêter. Il ne voulait plus s'envoler comme ça maintenant. A chaque nouveau cycle lunaire il s'attachait un peu plus à sa nouvelle vie. Alors si un jour il devait reprendre la route en solitaire, ce ne serait, au moins, pas aujourd'hui. Il faudrait l'y contraindre pour ça.

La vue de son sourire se fanant à vue de nez était un délice ! Daven le savourait avec plaisir. Jusqu'à ce qu'elle lui retourne la lance, ça le fit bien rigoler en apparence mais par derrière il se frappait lui-même de sa bévue. Leur petite bataille personnelle risquait de ne pas avoir de bout dans l'immédiat.

- Pouahahah !! Vous me prêtez des qualités impossibles. Je n'ai jamais eu le moyen d'apprendre à lire, malheureusement. Il se trouve que je suis de trop basse naissance pour ça au cas où vous ne l'auriez pas remarqué. Non, j'espérais plus bêtement apercevoir quelques images qui auraient pu m'indiquer le sujet de l'histoire.
Bien entendu, il se garde bien de mentionner le nom qu'il avait lu tantôt depuis son perchoir. Ce serait la meilleure façon de prouver qu'il sait lire. Bon, quelque part, c'était ce qu'il venait de faire en affirmant vouloir voir ce qu'elle lisait mais il avait bien dit voir, pas lire. Nuance. Tout d'un coup, son amusement se flétri. Elle compare les Nordiens à quoi, là ? Aux sauvages ? Aux... Les muscles de Daven se tendent lentement comme la corde d'un arc que l'on bande sous les insinuations de la Cascade d'Or au sang prestigieux. Son air se fait grave. Elle vient d'insulter le peuple de la famille qu'il sert. Cela va jusqu'à le faire grincer des dents alors qu'il serre la mâchoire pour se contenir. Ne surtout pas réagir impulsivement... Il inspire une bouffée d'air par les narines sans la quitter des yeux et expire sa colère en s'approchant de quelques lourds pas dans sa direction mais s'arrête avant de l'atteindre. Ses poings sont crispés de cet irrespect.

- Vous aussi, vous êtes mal renseignée. Le Tournoi d'Harrenhal a fait trop de bruits pour n'attirer que les nobles. Il se rapproche un peu plus. Tous les rangs se rencontrent ici. Vous êtes là à lire votre conte seule dans les bois sans votre chevalier comme si aucune menace ne pouvait planer sur vous. Mais, regardez. Il se tourne et pointe du doigt un filet de fumée grise presque invisible qui s'élève vers le ciel azuré à une distance certaine de là. Ça c'était un camp de brigands il y a encore peu de temps. Je les ai entendus se faire chasser par les gardes plus tôt. Avant que vous arriviez sans doute. Il se retourne vers elle. Mais je suis prêt à parier qu'il y en a d'autres. Vous devriez vous tenir sur vos gardes au lieu de flirter naïvement entre les arbres. Il se fait plus dur ensuite. Quant aux Nordiens... Je vous conseille de faire gaffe à c'que vous dîtes. Ils méritent plus de respect que vous. Ces gens-là sont forts. Ils endureraient le plus rude des hivers sans même s'enrhumer et prendre un bain de boue ne les fait pas gémir, eux.
Sur cette dernière pique, il se force à se calmer puis tourne les talons pour s'éloigner de la source de son animosité. Le brasier brûle toujours en lui mais soudain il s'arrête... Où est-il passé ?! Il ne le sent plus... Le garçon baisse les yeux vers son ceinturon un peu trop vide à son goût puis se met à scruter frénétiquement le sol des yeux. La mémoire lui revient juste au moment où sa voix s'élève à nouveau vers lui. Daven se retourne d'un bloc et la fixe avec une intensité pesante. Soudain, il s'avance vers elle à en être outrageusement près mais se baisse au dernier moment. Qu'est-ce qu'il fait ? Eh bien, le voilà qui se saisit des jupons de la demoiselle pour les remonter jusqu'à ses chevilles puis passe son autre main dessous pour s'emparer de quelque chose entre ses pieds. Ceci fait, il se redresse en lâchant les tissus et brandit un vieux carnet.

- Excusez mais c'est qu'un emprunt. Il faudra que je le rende à son propriétaire et je préfère soulever vos jupes que de m'attirer des ennuis avec lui.
Le geste risquait de pas plaire du tout à la Ouestrelin.

Il se recule légèrement sans perdre une goutte de contenance quand un bourdon vient s'immiscer gaiement entre leurs deux faciès. Avec la fin de l'hiver arrive aussi le réveil des plus petites et insignifiantes créatures connues. En le voyant, Daven eu le réflexe de vérifier qu'aucune tique ne l'avait pris pour repas. Puis une idée un rien sadique lui vint...

- Au fait, vous avez une tique sur votre cheville droite.
Ah ! Quelle réaction allait-elle avoir face à ce risque de maladie maligne qui lui pendait au visage ? La peur ? Le doute ? Le dédain ? La colère ? La gêne ? En vérité, il n'en savait rien si elle avait une tique sur elle ou non puisqu’en soulevant les pétales de la fleur, il n’avait eu d’yeux que pour son héritage de papiers et rien de plus… comment dire… appétissant ?
code by bat'phanie


It's the earth where you live that forged you. Your pain is your sharpen stone. It's bad, but it is how your heart will become a steel blade and your head an iron shield. That's what’s protecting you against those fucking realm's sewers. arctic monkeys
daven
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MessageSujet: Re: Querelle sur la rive de l'ŒilDieu ♦ Larra Ouestrelin

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Querelle sur la rive de l'ŒilDieu ♦ Larra Ouestrelin

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