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Tranche. De vie.

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Fer Née
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MessageSujet: Tranche. De vie. Lun 12 Juin - 16:09


Tranche. De vie.

Victarion & Serah Greyjoy





A Pyk, il n’y a pas de moineaux, pas de pies, pas de coucous… Aucun de ces oiseaux, si communs au continent, pour vous sortir du sommeil. Sur l’archipel des fer-nés, le soleil se lève souvent seul, parfois seulement accompagné d’une brume isolant un peu plus les insulaires du reste du monde, et différant l’apparition, déjà tardive, de ses rayons lumineux. Rien d’étonnant, de ce fait, à ce qu’il fasse encore sombre quand Serah ouvre les yeux. Son horloge biologique, redoutablement précise, l’éveille tous les jours à la même heure, à quelques minutes près. La force de l’habitude. Face à elle, son mari, Victarion, dort toujours du sommeil du juste. Prisonnier des profondeurs oniriques, sa respiration est lente, sereine. Serah s’accorde ses quelques minutes de pure de paresse quotidienne, qui n’appartiennent qu’à elle, durant lesquelles elle le détaille dans la demi-pénombre. Ça ne fait pas encore très longtemps qu’ils sont mariés, mais elle a déjà l’impression de connaître ses traits par cœur.

Elle ne se souvient plus trop ni quand ni comment ça a commencé, sachant juste qu’à présent, cette pratique est quasiment rituelle. Tous les matins, elle est réveillée avant lui. Tous les matins, elle le regarde dormir. La plupart du temps, elle se contente d’observer un moment, et de glisser hors du lit, mais parfois, elle s’accorde une furtive caresse du pouce sur sa pommette. Une fois, son sommeil a été agité, poussant Serah à enrouler son bras, protectrice, autour du géant musculeux et à le serrer contre elle. Elle ignore pour quelle raison exactement, mais le geste l’a calmé, et ça lui suffit. Cette tranche d’intimité, la fer-née la garde pour elle seule, méconnue de tous, même de Victarion, comme un dragon garde son trésor. La sensiblerie n’a jamais fait partie de son caractère, et elle ne souhaite pas porter publiquement le poids d’une telle faiblesse. Un jour, peut-être, il se réveillera plus tôt que d’habitude et découvrira son manège… Mais d’ici là, elle aura bien trouvé une excuse, n’est-ce pas ? Du reste, ses capacités d’observation étant aiguisées, Serah sait parfaitement quand le sommeil de son époux s’allège, le portant aux portes de la conscience, et qu’il est donc temps pour elle de se retirer.

Ce matin-là, avant même que le chant des mouettes ne porte jusqu’à leur fenêtre, obstruée d’une épaisse tapisserie, la jeune à la chevelure couleur de lune s’est éveillée, procédé à son rituel, a enlacé son mari, avant de se faufiler hors de leur lit, de s’habiller prestement et de quitter la chambre, sans bruit, ses armes en main. A cette heure-ci, il n’y a guère que le personnel pour s’activer, Serah croisant d’ailleurs la servante sensée leur apporter leur petit déjeuner et entretenir le feu de leur cheminée. Du plateau qu’elle porte, la fer-née subtilise une pomme et un peu de pain, et reprend sa route, traçant tout droit jusqu’à la plage. Le temps d’arriver, elle a mangé le pain, et finit par abandonner sa pomme, intacte, dans le sable avec ses armes. Elle la mangera plus tard. Pour l’heure, elle décide de s’échauffer un peu. La veille, comme souvent, ils ont beaucoup bu, pas mal festoyé. Aucune raison particulière à cela, mais ça n’empêche pas. C’est leur façon d’occuper leurs soirées, et Serah l’aime beaucoup. Le hic, c’est que le réveil est rude. Cette rudesse d’ailleurs est ce qui vaut la présence de la fer-née sur la plage à une heure aussi jeune. Le frais de l’air marin, l’humidité salée charriée par les embruns vivifie son corps et son esprit, les aiguisant, les rendant alertes.

Après quelques étirements, Serah, toute habillée, part nager. Entrer dans l’eau, froide, lui est quelque peu difficile, mais elle a l’habitude. Pendant une bonne demi-heure, elle lutte contre le vent et les vagues, relativement cléments ce jour-là, et surtout contre le froid. « C’est idiot de faire ça », diront certains, ceux-là même qui auront d’avantage de chances de se noyer en cas de naufrage. En ce qui la concerne, sans se croire insubmersible, elle sait que le cas échéant, elle sera bien moins prise au dépourvu que les autres. Peut-être l’expérience ne confirmera-t-elle jamais la théorie ? Serah le souhaite. Néanmoins, si ça devait ne pas être le cas, elle sera prête.

Au terme d’une demi-heure de nage, l’insulaire regagne la plage et, sans se laisser le temps de souffler empoigne son épée. S’en suivent des exercices de dextérité. Faire tournoyer une épée, en combat, n’a aucun autre intérêt que l’esthétique, donc aucun intérêt. Cependant, s’entraîner à exécuter des mouvements délicats et improbables entraîne sa maîtrise globale de l’arme, ainsi que sa poigne sur elle. Appréhender les moments où elle risque de lui échapper pour x ou y raison et savoir comment raffermir sa préhension sur l’épée pourrait changer la donne au cours d’un combat. C’est, encore une fois, inutile pour les combats d’apparat, des combats qui n’en sont pas selon elle, puisqu’ils se stoppent au bon vouloir du participant le plus faible, mais capital à ses yeux, pour elle qui doit défendre sa vie face à d’autres qui en font de même. « On peut gagner des centaines de combat, mais n’en perdre qu’un seul… » Répète souvent son père. Elle tient à ce que celui qu’elle doit perdre, elle ne le perde pas sur une erreur de ce genre.

Au bout d’une nouvelle demi-heure, elle commence à se lasser. Malgré le vent et l’humidité de ses vêtements, l’exercice la tient au chaud. Pas encore tout à fait décidée à rentrer, elle laisse tomber son épée près du bouclier et de la lance, qu’elle n’a pas encore touchés, et vient s’asseoir, rassemblant ses genoux contre sa poitrine. Tendant la main, elle récupère sa pomme et après en avoir frotté les quelques grains de sables que la plage a égarés sur elle, croque dedans avec appétit. Timides, les rayons du soleil finissent enfin par déchirer la brume, réchauffant un brin l’atmosphère austère des Îles de Fer. Serah pousse un soupir d’aise. Elle se sent décrassée du sommet du crâne jusqu’aux orteils, pure, fraîche. Indestructible, presque, sûre d’elle, sûre de tout. Un sourire fleurit sur ses lippes.

C’est à peu près à ce moment-là qu’elle a la bonne surprise de voir se découper au loin, à la faveur d’un rapide coup d’œil vers le château, la haute silhouette de Victarion. Le temps qu’il la rejoigne, elle achève sa pomme dont elle jette le trognon au loin d’un geste ample et sec, l’expédiant hors de son champ de vision. « Bonjour. » le salue-t-elle à son arrivée, avec un sourire plein de malice. « Bien dormi ? » Question rhétorique, bien sûr, puisqu’elle connaît déjà la réponse, mais… Comment peut-il le savoir ?



   
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MessageSujet: Re: Tranche. De vie. Dim 25 Juin - 17:00


Tranche. De vie.

Victarion & Serah Greyjoy





Perdu dans un univers de rêves et de chimères, ce monde n'appartenait qu'à lui. Il lui était permis de voir ses espoirs se concrétiser dans la nuit et ses craintes se cacher dans les ombres. Victarion ne dormait que très peu, préférant vivre ses rêves plutôt que de les enfouir dans l'obscurité. Il n'était pas homme à s'enliser dans les fantasmes, il prenait la mer pour aller chercher ce qu'il désirait afin de les concrétiser. C'était ainsi qu'il avait été élevé, pour prendre ce qu'il jugeait lui appartenir. Le Fer-Né possédait bien des trésors et des joyaux, mais la femme qu'il avait épousé semblait s'évertuer à lui échapper sans cesse. Il ne fut donc pas surpris d'ouvrir les yeux sur un côté du lit vide, observant avec des yeux mi clôt l'absence remarquée de sa femme chaque matins. Les mains derrière la tête, la lumière transperçait la tapisserie pour se frayer un chemin dans les appartements du couple princier et illuminer le corps nu du guerrier. Il était habitué à se réveiller seul avec ses songes, prisonnier de la paresse. Lorsqu'il n'était pas sur son boutre pour conquérir les océans, il s'ennuyait dans ce château. Il n'était pas fait pour cette vie de seigneur, fils des tempêtes et de l'eau salée. Il quitta le lit conjugal sans regret, s'étirant tout en observant la servante entrer timidement dans l'appartement du prince. Il avait tout de même fait en sorte de cacher sa virilité à la domestique, celle-ci étant incroyablement gênée à chaque fois qu'elle se retrouvait face au démon marin. Silencieux, il suivait du regard les déplacements de la jeune femme qui venait déposer le plateau sur une table. Le géant d'acier s'approcha alors de celui-ci pour se servir un verre de vin. Comme souvent, il avait abusé de l'alcool la veille et il en payait les conséquences nébuleuses chaque matins. Soigner le mal par le mal, voila une méthode peu efficace mais qui sustentait son palais. Il avala rapidement son petit-déjeuné et alla faire sa toilette. Le ciel n'était comme toujours qu'un spectateur endeuillé, le gris dominant la région, il menaçait à chaque instant d'inondé les insulaires. Une fois habillé, il alla sur le balcon pour observer son île. Quelques navires au large qui s'en allaient piller et d'autres qui revenaient. Il avait toujours préféré partir plutôt que de revenir. Abandonner pour mieux retrouver, conquérir plutôt que de se souvenir.

Son appartement abandonné, il marchait d'un pas nonchalant dans les corridors du château, croisant quelques domestiques. Il rejoignit la grande salle à manger pour saluer son père qui déjeunait en compagnie de son frère Balon et de ses enfants. Comme toujours, la petite Asha quitta son banc pour sauter dans les bras de son oncle. Victarion n'étant pas vraiment démonstratif, il se contenta de réceptionner la gamine qui avait l'air d'un petit garçon énervé. Sa belle-soeur poussa alors un soupir face au comportement de sa fille qu'elle venait réprimander. Le guerrier offrit alors un clin d’œil complice à sa nièce et s'installa à côté de son frère. Comme toujours les discutions s'orientaient sur de futurs pillages. Il écoutait qu'à moitié les plans de son père, observant Theon et Asha se disputer le dernier morceau de saucisse sur la table. L'espace d'un instant, il s'imagina père. Cette idée venait l'effleurer de plus en plus souvent ces temps ci. Après le mariage venait les enfants, c'était le but de cette union. Elle ne célébrait pas vraiment l'amour mais juste des perspectives de descendances. Tandis que sa belle-soeur demeurait silencieuse à la table des suzerains, il ne pouvait s'empêcher de la comparer à Serah qui était aux antipodes de cette dame de fer. Au fond de lui, il souhaitait que sa belle embrasse ce rôle de mère et de lady. Cependant, il devait avouer que plus le temps passait, plus il aimait la singularité de son épouse. Il abandonna alors les siens en prenant le chemin de la plage où il était certain de retrouver cette indomptable sirène.

Le sable mouillé le ralentissait dans son chemin, s'arrêtant alors à plusieurs mètres de Serah qui était assise face à la mer. Figé, il l'observait silencieusement sous le chant des vagues et le cri des mouettes. Un jour, elle serait la mère de ses enfants, se demandant si l'arrivée de futurs Greyjoy viendraient changer la femme qu'elle était. Tiraillée entre l'éducation de leurs marmots et ses envies de conquérir les mers. Allait-elle le détester d'être privée ainsi de cette liberté ? Il ne pouvait pas l'imaginer en dehors que sur un champ de bataille, l'épée en main. Ainsi elle était faite, ainsi il l'aimait autant que cela le révulsait. Avec le temps il avait apprit à accepter les imperfections de son épouse. Des sentiments qu'il se gardait bien de lui exprimer par des mots, préférant lui prouver sa dévotion dans l'intimité au coin d'un feu spectateur de leurs ébats passionnés. De côté là, il  était incroyablement comblé. Une alchimie sexuelle qu'il n'avait jamais partagé avec d'autres femmes.

Le prince de sel attendit de voir la brume se dissiper pour reprendre son chemin afin de rejoindre sa femme sur la plage. Comme toujours, elle avait cette allure sauvage qui lui plaisait tant. Il aimait redécouvrir chaque jours les traits de son épouse, profitant de chaque éclairages qui venaient illuminer différemment cette beauté sauvage. « Bonjour. » Accueilli par un sourire, le blond le lui rendit avec un hochement de tête en guise de réponse. « Bien dormi ? » Victarion s'approcha alors d'elle pour l'enlacer et l'embrasser tendrement à l'abris des regards. « Bien. Faut dire que tu m'as bien épuisé la nuit dernière. » Amusé, il faisait  bien évidement référence à leurs ébats sexuels. Il brisa alors l'étreinte pour s'étirer et faire craquer sa nuque. La mer était calme malgré le vent qui commençait à se lever. Comme toujours, il regardait l'horizon avec délectation, ne se lassant pas de cette image avec Serah pour sublimer le décors. « Je pensais me rendre à Lordsport aujourd'hui. Si tu as envie de m'accompagner ... Je sais que tu préférerais broder avec les autres dames ... » Le prince s'amusait des goûts de sa femme comparé aux autres dames de l'archipel. Les femmes Fer-nées n'étaient pas vraiment similaires aux continentales, mais elles aimaient aussi de temps en temps se retrouver entre elles pour écouter de la musique ou coudre de nouvelles robes que leurs hommes peineraient à remarquer. « Le voyage à cheval sera pénible, donc je comprendrais que tu préfères rester ici. » Le fer-né se laissa tomber sur le sable, profitant de l'apparition du soleil pour se baigner dans ses rayons. Les mains derrière la tête, il ferma un instant les yeux pour profiter des bienfaits de la chaleur sur ses traits.  


We are ironborn. We're not subjects. We're not slaves. We do not plow the field or toil in the mine. We take what is ours. — We do not sow   
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