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Nous manquons de membres dans le Conflans, les Îles de Fer et le Val d'Arryn.
Les points de "régions dépeuplées" iront aux personnes de ces régions.

Hoster Tully, Maege Mormont, Jon Arryn, Quellon Greyjoy
, Robert Baratheon et Doran Martell sont très attendus.

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Tranche. De vie.

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Message Sujet: Tranche. De vie. Lun 12 Juin - 16:09


Tranche. De vie.

Victarion & Serah Greyjoy





A Pyk, il n’y a pas de moineaux, pas de pies, pas de coucous… Aucun de ces oiseaux, si communs au continent, pour vous sortir du sommeil. Sur l’archipel des fer-nés, le soleil se lève souvent seul, parfois seulement accompagné d’une brume isolant un peu plus les insulaires du reste du monde, et différant l’apparition, déjà tardive, de ses rayons lumineux. Rien d’étonnant, de ce fait, à ce qu’il fasse encore sombre quand Serah ouvre les yeux. Son horloge biologique, redoutablement précise, l’éveille tous les jours à la même heure, à quelques minutes près. La force de l’habitude. Face à elle, son mari, Victarion, dort toujours du sommeil du juste. Prisonnier des profondeurs oniriques, sa respiration est lente, sereine. Serah s’accorde ses quelques minutes de pure de paresse quotidienne, qui n’appartiennent qu’à elle, durant lesquelles elle le détaille dans la demi-pénombre. Ça ne fait pas encore très longtemps qu’ils sont mariés, mais elle a déjà l’impression de connaître ses traits par cœur.

Elle ne se souvient plus trop ni quand ni comment ça a commencé, sachant juste qu’à présent, cette pratique est quasiment rituelle. Tous les matins, elle est réveillée avant lui. Tous les matins, elle le regarde dormir. La plupart du temps, elle se contente d’observer un moment, et de glisser hors du lit, mais parfois, elle s’accorde une furtive caresse du pouce sur sa pommette. Une fois, son sommeil a été agité, poussant Serah à enrouler son bras, protectrice, autour du géant musculeux et à le serrer contre elle. Elle ignore pour quelle raison exactement, mais le geste l’a calmé, et ça lui suffit. Cette tranche d’intimité, la fer-née la garde pour elle seule, méconnue de tous, même de Victarion, comme un dragon garde son trésor. La sensiblerie n’a jamais fait partie de son caractère, et elle ne souhaite pas porter publiquement le poids d’une telle faiblesse. Un jour, peut-être, il se réveillera plus tôt que d’habitude et découvrira son manège… Mais d’ici là, elle aura bien trouvé une excuse, n’est-ce pas ? Du reste, ses capacités d’observation étant aiguisées, Serah sait parfaitement quand le sommeil de son époux s’allège, le portant aux portes de la conscience, et qu’il est donc temps pour elle de se retirer.

Ce matin-là, avant même que le chant des mouettes ne porte jusqu’à leur fenêtre, obstruée d’une épaisse tapisserie, la jeune à la chevelure couleur de lune s’est éveillée, procédé à son rituel, a enlacé son mari, avant de se faufiler hors de leur lit, de s’habiller prestement et de quitter la chambre, sans bruit, ses armes en main. A cette heure-ci, il n’y a guère que le personnel pour s’activer, Serah croisant d’ailleurs la servante sensée leur apporter leur petit déjeuner et entretenir le feu de leur cheminée. Du plateau qu’elle porte, la fer-née subtilise une pomme et un peu de pain, et reprend sa route, traçant tout droit jusqu’à la plage. Le temps d’arriver, elle a mangé le pain, et finit par abandonner sa pomme, intacte, dans le sable avec ses armes. Elle la mangera plus tard. Pour l’heure, elle décide de s’échauffer un peu. La veille, comme souvent, ils ont beaucoup bu, pas mal festoyé. Aucune raison particulière à cela, mais ça n’empêche pas. C’est leur façon d’occuper leurs soirées, et Serah l’aime beaucoup. Le hic, c’est que le réveil est rude. Cette rudesse d’ailleurs est ce qui vaut la présence de la fer-née sur la plage à une heure aussi jeune. Le frais de l’air marin, l’humidité salée charriée par les embruns vivifie son corps et son esprit, les aiguisant, les rendant alertes.

Après quelques étirements, Serah, toute habillée, part nager. Entrer dans l’eau, froide, lui est quelque peu difficile, mais elle a l’habitude. Pendant une bonne demi-heure, elle lutte contre le vent et les vagues, relativement cléments ce jour-là, et surtout contre le froid. « C’est idiot de faire ça », diront certains, ceux-là même qui auront d’avantage de chances de se noyer en cas de naufrage. En ce qui la concerne, sans se croire insubmersible, elle sait que le cas échéant, elle sera bien moins prise au dépourvu que les autres. Peut-être l’expérience ne confirmera-t-elle jamais la théorie ? Serah le souhaite. Néanmoins, si ça devait ne pas être le cas, elle sera prête.

Au terme d’une demi-heure de nage, l’insulaire regagne la plage et, sans se laisser le temps de souffler empoigne son épée. S’en suivent des exercices de dextérité. Faire tournoyer une épée, en combat, n’a aucun autre intérêt que l’esthétique, donc aucun intérêt. Cependant, s’entraîner à exécuter des mouvements délicats et improbables entraîne sa maîtrise globale de l’arme, ainsi que sa poigne sur elle. Appréhender les moments où elle risque de lui échapper pour x ou y raison et savoir comment raffermir sa préhension sur l’épée pourrait changer la donne au cours d’un combat. C’est, encore une fois, inutile pour les combats d’apparat, des combats qui n’en sont pas selon elle, puisqu’ils se stoppent au bon vouloir du participant le plus faible, mais capital à ses yeux, pour elle qui doit défendre sa vie face à d’autres qui en font de même. « On peut gagner des centaines de combat, mais n’en perdre qu’un seul… » Répète souvent son père. Elle tient à ce que celui qu’elle doit perdre, elle ne le perde pas sur une erreur de ce genre.

Au bout d’une nouvelle demi-heure, elle commence à se lasser. Malgré le vent et l’humidité de ses vêtements, l’exercice la tient au chaud. Pas encore tout à fait décidée à rentrer, elle laisse tomber son épée près du bouclier et de la lance, qu’elle n’a pas encore touchés, et vient s’asseoir, rassemblant ses genoux contre sa poitrine. Tendant la main, elle récupère sa pomme et après en avoir frotté les quelques grains de sables que la plage a égarés sur elle, croque dedans avec appétit. Timides, les rayons du soleil finissent enfin par déchirer la brume, réchauffant un brin l’atmosphère austère des Îles de Fer. Serah pousse un soupir d’aise. Elle se sent décrassée du sommet du crâne jusqu’aux orteils, pure, fraîche. Indestructible, presque, sûre d’elle, sûre de tout. Un sourire fleurit sur ses lippes.

C’est à peu près à ce moment-là qu’elle a la bonne surprise de voir se découper au loin, à la faveur d’un rapide coup d’œil vers le château, la haute silhouette de Victarion. Le temps qu’il la rejoigne, elle achève sa pomme dont elle jette le trognon au loin d’un geste ample et sec, l’expédiant hors de son champ de vision. « Bonjour. » le salue-t-elle à son arrivée, avec un sourire plein de malice. « Bien dormi ? » Question rhétorique, bien sûr, puisqu’elle connaît déjà la réponse, mais… Comment peut-il le savoir ?
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Message Sujet: Re: Tranche. De vie. Dim 25 Juin - 17:00


Tranche. De vie.

Victarion & Serah Greyjoy





Perdu dans un univers de rêves et de chimères, ce monde n'appartenait qu'à lui. Il lui était permis de voir ses espoirs se concrétiser dans la nuit et ses craintes se cacher dans les ombres. Victarion ne dormait que très peu, préférant vivre ses rêves plutôt que de les enfouir dans l'obscurité. Il n'était pas homme à s'enliser dans les fantasmes, il prenait la mer pour aller chercher ce qu'il désirait afin de les concrétiser. C'était ainsi qu'il avait été élevé, pour prendre ce qu'il jugeait lui appartenir. Le Fer-Né possédait bien des trésors et des joyaux, mais la femme qu'il avait épousé semblait s'évertuer à lui échapper sans cesse. Il ne fut donc pas surpris d'ouvrir les yeux sur un côté du lit vide, observant avec des yeux mi clôt l'absence remarquée de sa femme chaque matins. Les mains derrière la tête, la lumière transperçait la tapisserie pour se frayer un chemin dans les appartements du couple princier et illuminer le corps nu du guerrier. Il était habitué à se réveiller seul avec ses songes, prisonnier de la paresse. Lorsqu'il n'était pas sur son boutre pour conquérir les océans, il s'ennuyait dans ce château. Il n'était pas fait pour cette vie de seigneur, fils des tempêtes et de l'eau salée. Il quitta le lit conjugal sans regret, s'étirant tout en observant la servante entrer timidement dans l'appartement du prince. Il avait tout de même fait en sorte de cacher sa virilité à la domestique, celle-ci étant incroyablement gênée à chaque fois qu'elle se retrouvait face au démon marin. Silencieux, il suivait du regard les déplacements de la jeune femme qui venait déposer le plateau sur une table. Le géant d'acier s'approcha alors de celui-ci pour se servir un verre de vin. Comme souvent, il avait abusé de l'alcool la veille et il en payait les conséquences nébuleuses chaque matins. Soigner le mal par le mal, voila une méthode peu efficace mais qui sustentait son palais. Il avala rapidement son petit-déjeuné et alla faire sa toilette. Le ciel n'était comme toujours qu'un spectateur endeuillé, le gris dominant la région, il menaçait à chaque instant d'inondé les insulaires. Une fois habillé, il alla sur le balcon pour observer son île. Quelques navires au large qui s'en allaient piller et d'autres qui revenaient. Il avait toujours préféré partir plutôt que de revenir. Abandonner pour mieux retrouver, conquérir plutôt que de se souvenir.

Son appartement abandonné, il marchait d'un pas nonchalant dans les corridors du château, croisant quelques domestiques. Il rejoignit la grande salle à manger pour saluer son père qui déjeunait en compagnie de son frère Balon et de ses enfants. Comme toujours, la petite Asha quitta son banc pour sauter dans les bras de son oncle. Victarion n'étant pas vraiment démonstratif, il se contenta de réceptionner la gamine qui avait l'air d'un petit garçon énervé. Sa belle-soeur poussa alors un soupir face au comportement de sa fille qu'elle venait réprimander. Le guerrier offrit alors un clin d’œil complice à sa nièce et s'installa à côté de son frère. Comme toujours les discutions s'orientaient sur de futurs pillages. Il écoutait qu'à moitié les plans de son père, observant Theon et Asha se disputer le dernier morceau de saucisse sur la table. L'espace d'un instant, il s'imagina père. Cette idée venait l'effleurer de plus en plus souvent ces temps ci. Après le mariage venait les enfants, c'était le but de cette union. Elle ne célébrait pas vraiment l'amour mais juste des perspectives de descendances. Tandis que sa belle-soeur demeurait silencieuse à la table des suzerains, il ne pouvait s'empêcher de la comparer à Serah qui était aux antipodes de cette dame de fer. Au fond de lui, il souhaitait que sa belle embrasse ce rôle de mère et de lady. Cependant, il devait avouer que plus le temps passait, plus il aimait la singularité de son épouse. Il abandonna alors les siens en prenant le chemin de la plage où il était certain de retrouver cette indomptable sirène.

Le sable mouillé le ralentissait dans son chemin, s'arrêtant alors à plusieurs mètres de Serah qui était assise face à la mer. Figé, il l'observait silencieusement sous le chant des vagues et le cri des mouettes. Un jour, elle serait la mère de ses enfants, se demandant si l'arrivée de futurs Greyjoy viendraient changer la femme qu'elle était. Tiraillée entre l'éducation de leurs marmots et ses envies de conquérir les mers. Allait-elle le détester d'être privée ainsi de cette liberté ? Il ne pouvait pas l'imaginer en dehors que sur un champ de bataille, l'épée en main. Ainsi elle était faite, ainsi il l'aimait autant que cela le révulsait. Avec le temps il avait apprit à accepter les imperfections de son épouse. Des sentiments qu'il se gardait bien de lui exprimer par des mots, préférant lui prouver sa dévotion dans l'intimité au coin d'un feu spectateur de leurs ébats passionnés. De côté là, il  était incroyablement comblé. Une alchimie sexuelle qu'il n'avait jamais partagé avec d'autres femmes.

Le prince de sel attendit de voir la brume se dissiper pour reprendre son chemin afin de rejoindre sa femme sur la plage. Comme toujours, elle avait cette allure sauvage qui lui plaisait tant. Il aimait redécouvrir chaque jours les traits de son épouse, profitant de chaque éclairages qui venaient illuminer différemment cette beauté sauvage. « Bonjour. » Accueilli par un sourire, le blond le lui rendit avec un hochement de tête en guise de réponse. « Bien dormi ? » Victarion s'approcha alors d'elle pour l'enlacer et l'embrasser tendrement à l'abris des regards. « Bien. Faut dire que tu m'as bien épuisé la nuit dernière. » Amusé, il faisait  bien évidement référence à leurs ébats sexuels. Il brisa alors l'étreinte pour s'étirer et faire craquer sa nuque. La mer était calme malgré le vent qui commençait à se lever. Comme toujours, il regardait l'horizon avec délectation, ne se lassant pas de cette image avec Serah pour sublimer le décors. « Je pensais me rendre à Lordsport aujourd'hui. Si tu as envie de m'accompagner ... Je sais que tu préférerais broder avec les autres dames ... » Le prince s'amusait des goûts de sa femme comparé aux autres dames de l'archipel. Les femmes Fer-nées n'étaient pas vraiment similaires aux continentales, mais elles aimaient aussi de temps en temps se retrouver entre elles pour écouter de la musique ou coudre de nouvelles robes que leurs hommes peineraient à remarquer. « Le voyage à cheval sera pénible, donc je comprendrais que tu préfères rester ici. » Le fer-né se laissa tomber sur le sable, profitant de l'apparition du soleil pour se baigner dans ses rayons. Les mains derrière la tête, il ferma un instant les yeux pour profiter des bienfaits de la chaleur sur ses traits.  
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Message Sujet: Re: Tranche. De vie. Mar 27 Juin - 15:54


Tranche. De vie.

Victarion & Serah Greyjoy



Serah est dure, éprouvée. Elle est comme ce bois qui a survécu au naufrage, comme cette épée perdue en mer, agressée par le sel… Abimée, mais intacte. Abrupte, tranchante, malgré une apparence fragile. Bien sûr, elle n’est pas née ainsi, mais l’est devenue. Comme les femmes du château ne choisissent pas leur destin, il en a été de même pour elle malgré les apparences. Elles sont devenues des ladies, certaines ont tellement aiguisé leur langue qu’elles en ont fait des armes, alors qu’elle… En manie de véritables. Comme les hommes, elle est franche et brute, manque de subtilité. Comme les hommes, elle sait être bruyante et grasse à ses heures. Comme les hommes, elle tait l’essentiel derrière le superficiel, se pare d’un masque de jovialité et profite de chaque instant, célèbre, rit, vit, pour ne se ménager que quelques rares instants plus calmes où le masque n’est plus nécessaire. Ce genre de moments, elle se sait avoir la chance de pouvoir les partager avec Victarion, encore plus pudique qu’elle-même. Loin d’être idiote, elle sait qu’elle aurait pu être mariée à un homme volubile et vantard, qui passerait son temps à lui claquer la fesse en beuglant comme un sourd à quel point ses –ou leurs- performances sexuelles sont exceptionnelles… Mais non. Le Prince de Sel est fait d’un bois tout à fait différent, qui parle bien plus à la fer-née. Leurs démonstrations d’affection étant plus, elles sont d’autant plus appréciées.

Aussi, quand il se baisse pour l’embrasser, non seulement s’autorise-t-elle le rendu de son étreinte et de son baiser, mais elle se permet également de passer sa main dans ses cheveux, geste qu’elle veut d’une grande tendresse. Si elle n’a pas eu le bonheur de choisir elle-même Victarion, le temps tend à lui prouver chaque jour d’avantage qu’il est malgré tout un compagnon de vie idéal pour elle. Parce qu’elle ne parvient à se retenir, elle continue pourtant de chercher quotidiennement à le comparer à d’autres hommes, tente de se projeter pour savoir si un autre pourrait être à même de lui convenir d’avantage… Force lui est de constater que, une fois dans l’intimité de leur chambre et la pénombre d’un feu de cheminée, il n’y a nulle autre place où elle souhaiterait se trouver. Avec une facilité qui la déconcerte, elle a trouvé sa place au creux de ses bras, IL lui a laissé cette place, ce qui a le don de l’effrayer, du reste. Lentement, elle sent son inclination pour son époux grandir, et muter, pour devenir autre chose, quelque chose de plus fort et d’encombrant, la poussant à craindre qu’un jour, cette « inclination » prenne tellement de place qu’elle en éclipsera totalement le reste. Alors elle lutte, de tout son corps, de toute son âme, contre cette progression pour l’endiguer, et se ménager une part à elle où elle ne pourra l’atteindre, malgré la difficulté croissante de la tâche.

En cela, ses expéditions matinales l’aident beaucoup. Elles lui permettent de se recentrer sur elle-même, de se souvenir pourquoi elle aime tellement la mer et de se visualiser, un jour prochain, reprendre la mer… Quelque part, elle craint qu’en restant enfermée dans ce château à jouer un rôle qui n’est pas le sien, elle finisse par s’y laisser prendre… Accueillant néanmoins son mari à son côté avec légèreté, elle le laisse s’installer à son aise, s’autorisant un rire à sa remarque concernant leurs ébats. « Je doute d’un jour parvenir à t’épuiser sur ce terrain… ! » lui répond-elle, les yeux pétillants de malice. De ce point de vue-là, la fer-née s’estime en effet la mieux lotie des femmes ! Combien sont-elles à déplorer la pauvreté de leur vie sexuelle, au château ? Combien sont-elles à réellement savoir ce qu’elles aiment, déjà ? Serah, qui a eu l’occasion de connaître un certain nombre d’expériences avant son mariage, aurait été dans la détresse la plus extrême si Victarion et elle n’avaient partagé aucune alchimie… Or, plus encore que de la satisfaction, la fer-née tire même un très grand plaisir de leurs amours. Indubitablement, elle est chanceuse.

La suite des paroles du géant de fer, en revanche, ont de quoi la faire grimacer. Pourtant, aucune marque de contrariété ne passe sur le visage de la fer-née, qui demeure impassible pendant quelques secondes, avant de se tourner vers Victarion. Ses sourcils se froncent légèrement. « En fait, maintenant que tu le dis… » Elle parle lentement, réfléchissant à ce qu’elle dit au moment où elle le dit. « Je me dis que ça pourrait être intéressant que j’essaie… ? Tu sais, de sociabiliser avec mes belles-sœurs… Peut-être m’occuper un peu d’Asha et de Theon, pour, tu sais, voir ce que ça fait… ? » Elle laisse ses questionnements se perdre dans un océan silencieux d’incertitude, avant de totalement changer d’expression, ses traits se fendant d’un large sourire. « Non je plaisante. C’est absolument hors de question. De la broderie ? Très peu pour moi. Je préférerai encore traverser le désert de Dorne en solitaire à genoux… » Elle grimace, pour de vrai cette fois, et, puisqu’il est à sa merci et qu’ils sont comme seuls au monde sur cette plage, enfourche Victarion, venant s’asseoir sur lui à califourchon. « Qu’est-ce que tu dois faire à Landsport ? » Négligemment, elle se met à chipoter lanières et différents morceaux qui dépassent de la tenue du Prince de Sel. « Tu penses qu’on pourra échapper au cérémonial protocolaire avec les Botley ou qu’on va devoir s’y plier ? » Pas qu’elle n’aime pas les Botley, mais pourquoi s’embarrasser de visites officielles quand on peut les inviter à boire un coup au château ?
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Message Sujet: Re: Tranche. De vie. Dim 16 Juil - 16:41


Tranche. De vie.

Victarion & Serah Greyjoy





Sous le déferlement des vagues matinales, le géant se laissa échouer sur le sable sans quitter des yeux son impétueuse sirène. Chaque matins, il redécouvrait sa beauté sous cet éclairage si particulier. Peu importe que le soleil ait décidé de bouder les insulaires, sa femme représentait à elle-seule cette source de chaleur tant désirée. Il se surprenait à vouloir passer plus de temps en sa compagnie, à l'écouter pour peut-être mieux la comprendre. Et malgré le temps qui passait, la blonde demeurait une énigme pour lui. Un jour il avait envie de l'embrasser et le lendemain ils pouvaient s'écharper pour un oui ou un non. Drôle de couple qui malgré les différences, commençait à bien fonctionner. Peu importe l'amour immodéré de sa femme pour l'acier tranchant et les mers déchaînés, elle ne changerait jamais et c'était à lui de s’accommoder. Leurs nuits rythmées d'ébats passionnés se terminant aux aurores commençaient sérieusement à l'épuiser physiquement, négligeant les entraînements et les réunions du conseil. Il avait tout simplement envie de profiter d'elle, de se laisser-aller en oubliant les dictâtes sociales qui leurs étaient imposés de part leur haute naissance. A quoi bon être fer-né si ce n'était pas pour faire ce qui lui plaisait ? Leurs îles étaient certes inhospitalières, mais se révélaient être un véritable terrain de jeu pour eux. Il avait prévu d'aller en ville pour finaliser un achat pour son épouse, pressé de voir la réaction de celle-ci. Il était bien sur cette plage avec elle, loin des murmures du château et de l'humidité de leur appartement. Pas décidé à bouger pour le moment, il profitait de l'instant sans se poser de questions sur le programme à venir.  « Je doute d’un jour parvenir à t’épuiser sur ce terrain… ! » Il avait sourit, fermant les yeux sous les caresses de la brise salée. Victation ne pouvait aisément pas retenir sa libido en compagnie de Serah, tout simplement parce-que elle le rendait fou de désir. Une passion presque destructrice qu'il n'arrivait pas à noyer malgré l'eau qui les entouraient. C'était donc ça l'amour ? Ce sentiment d'être jamais rassasié de l'autre ? D'être hanté par son image chaque secondes de la journée et soucieux d'avoir la même chose en retour ? Il l'ignorait. Il était né pour se battre, pour piller. Aimer n'était pas un sentiment que son père lui avait transmis lors de son éducation. Il maniait beaucoup mieux la hache que les paroles sucrées, mais il s'améliorait de ce côté là. Il tentait d'être moins taciturne, moins laconique et plus ouvert avec elle. Serah l'aidait à s'ouvrir un peu plus au monde tandis que lui ferait en sorte de le lui offrir.

Sous le cris des mouettes, le couple princier profitait du calme des lieux avant de devoir partir se cogner à la vie. La proposition avait été lancée et il attendait la réponse de son épouse sur la suite des événements. En général, les femmes n'accompagnaient pas leurs maris en ville. Elles étaient les gardiennes du foyer, vivantes parmi les ombres de châteaux humides et isolés. « En fait, maintenant que tu le dis… » Victarion haussa alors un sourcil tandis qu'elle reprenait.  Je me dis que ça pourrait être intéressant que j’essaie… ? Tu sais, de sociabiliser avec mes belles-sœurs… Peut-être m’occuper un peu d’Asha et de Theon, pour, tu sais, voir ce que ça fait… ? » Le géant resta alors muet, plissant le regard pour tenter de percevoir une pointe de mensonge dans les paroles de sa belle. « Non je plaisante. C’est absolument hors de question. De la broderie ? Très peu pour moi. Je préférerai encore traverser le désert de Dorne en solitaire à genoux… » Le fer-né laissa alors apparaître un sourire amusé tandis qu'il secouait la tête en mimant l'exaspération. Comment avait-il pu penser une seconde que Serah Greyjoy puisse vouloir broder ? Celle-ci prit alors ses aises sur son mari, s'installa à califourchon sur lui tandis qu'il gardait les mains derrière la tête. « Qu’est-ce que tu dois faire à Landsport ? » Il ne pouvait pas lui révéler de suite pourquoi il devait y aller sans risquer de gâcher la surprise, alors il répondit de façon évasive. « J'ai rendez-vous avec un charpentier concernant mon boutre. Puis j'avais envie de quitter un peu le château avec toi. » Ce n'était pas vraiment un mensonge, puisqu'il avait réellement envie de passer du temps avec elle. De plus, Euron traînait un peu trop dans les parages à son goût et plus il était loin de lui, mieux il se portait. « Tu penses qu’on pourra échapper au cérémonial protocolaire avec les Botley ou qu’on va devoir s’y plier ? » Victarion roula alors des yeux, l'idée ne l'ayant même pas effleuré, preuve qu'il ferait un très mauvais héritier. « Aujourd'hui c'est notre journée, nous ferons ce qui nous chante. » Un clin d’œil pour sa belle tandis qu'il se redressait pour l'embrasser et ensuite se lever. Il glissa sa main rugueuse dans la sienne et remonta donc la plage pour rejoindre les écuries.

Les palefreniers avaient dressés deux chevaux pour le voyage qui allait bien durer une demi-journée. Pas vraiment à l'aise sur ce genre d'animal, il se hissa sur sa scelle en observant Serah faire avec un fin de sourire. Ils étaient des enfants de l'océan, pas vraiment des cavaliers. Les domestiques chargèrent alors les étalons pour le voyage et Victarion donna alors un léger coup de botte à l'équidé pour qu'il avance. « Suis curieux de voir si tu es aussi à l'aise sur un boutre que à cheval. Ma femme a forcément des faiblesses. » Amusé, il donna de nouveau un coup sur le flanc de l'animal et celui-ci se mit alors à galoper à toute vitesse. Le château s'éloignait doucement des deux cavaliers tandis qu'ils suivaient les sentiers jusqu'à la ville. Pas vraiment désireux de se mêler à la foule plus tard, le géant profita alors de cette balade pour se vider la tête sous une fine pluie et un vent quelque-peu tempétueux.

Lorsqu'ils arrivèrent aux portes de la ville, la fin d'après-midi s'installait doucement sur la cité côtière animée par les marchés en tout genre. Souhaitant passer inaperçu, le blond couvrit alors son visage de sa capuche et descendit du cheval qu'il confia au maréchal ferrant contre quelques pièces. Il aida ensuite Serah à descendre et entrelaça ses doigts dans le sien pour ne pas prendre le risque de la perdre dans la foule. Les citadins se mêlaient aux nobles venu dépenser leurs argents sans se soucier des prix, une ambiance bruyante qu'il n'appréciait pas vraiment. Rapidement, ils se retrouvèrent sur un embarcadère où un magnifique boutre les attendaient. Magnifiquement sculpté, il attirait l’œil des passants et Victarion semblait apprécier ce spectacle. Il se tourna ensuite vers Serah, retirant sa capuche pour mieux capter son regard. « Je me suis dit que avec les raids d'été qui approchent, ma femme devrait pouvoir avoir son propre boutre non ? » Non seulement il l'invitait à se joindre à lui pour son prochain pillage, mais il lui offrait aussi l'occasion d'avoir son propre navire et de choisir son équipage. C'était tout ce qu'il avait trouvé pour lui faire part de ses sentiments sans devoir lui dire les mots fatidiques. Impatient de voir sa réaction, il reposa ses iris bleutées sur le bateau flambant neuf qui ferait inévitablement de l'ombre au sien.  
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Message Sujet: Re: Tranche. De vie. Mer 26 Juil - 15:32


Tranche. De vie.

Victarion & Serah Greyjoy



La plaisanterie, de relativement mauvais goût compte tenu des mœurs des insulaires, aurait pu fortement contrarier Victarion, faire naître chez lui un espoir de voir son épouse enfin se ranger et adopter un style de vie plus proche de son genre et de son rang, espoir qu’elle aurait réduit, du coup, immédiatement en miettes sous ses yeux… Mais, à voir le sourire, même si discret, auquel elle a droit plutôt que de la colère, force est de constater qu’espoir il n’y a pas eu… Si elle ne relève pas tout de go, Serah le remarque, le relève, avec un peu de surprise mais surtout une immense satisfaction. Si elle peut plaisanter de sa singularité avec Victarion, c’est qu’il a intégré sa nature comme un fait et non plus comme quelque chose de temporaire, qu’il pense pouvoir changer à plus ou moins long terme. Rien que ce petit détail est capital pour la fer-née, qui tend à se sentir appréciée par son époux pour ce qu’elle est plutôt que pour ce qu’il aimerait qu’elle soit.

Comme souhaitant la pousser plus loin dans cette réflexion, la réponse que lui sert par la suite le prince de sel concernant ses motifs à chevaucher jusqu’à Landsport la régale. Bien que détestant l’équitation, la perspective de passer toute une journée en solitaire à l’extérieur avec Victarion l’enthousiasme, plus encore si l’initiative d’une telle équipée est prise par lui. Non pas qu’elle craigne de prendre le parti de lancer de telles idées, mais il lui est tellement agréable de se sentir voulue… De ce fait, il n’y a rien d’étonnant à ce qu’un sourire des plus ravis s’étale de l’une à l’autre des oreilles de la blonde. L’esprit en paix, elle ne répond rien de plus, et donne volontiers sa bouche au prince de sel avant de suivre son mouvement et de se relever. Une main plus féminine aurait souffert du contact de la cale présente au creux des paumes du géant, mais pas Serah, dont les mains étaient aussi éprouvées que les siennes par le maniement des armes ou des bouts de navire. Leurs modes de vie étant similaires, beaucoup de choses chez Victarion faisaient écho chez Serah, qui se penche pour récupérer ses armes avant de quitter la plage, l’esprit léger.

Elle les abandonne à des servants en arrivant aux écuries, insistant sur le fait qu’elle voulait les retrouver à leur place, dans les appartements princiers, à son retour. Son ton, plus sec qu’elle ne l’aurait voulu, trahit le point auquel la légèreté d’esprit l’a abandonnée au profit de l’angoisse. Son visage, jusqu’alors ouvert, s’est fermé tel une huître. Elle abhorre l’équitation plus qu’elle ne saurait l’exprimer et, pendant une fraction de seconde, est tentée de proposer à son époux de rallier Landsport à pieds, pour profiter plus encore de leur solitude… Toutefois, Victarion aurait tôt fait de deviner les motivations véritables de cette proposition, tôt fait de constater cette abyssale faiblesse, et, par orgueil, Serah refuse catégoriquement de s’exposer de la sorte. Le regard qu’elle lui lance, d’ailleurs, lorsqu’il plaisante à ce sujet est équivoque. D’abord acéré et mauvais, il se détend sensiblement pour se faire plus sournois. Elle feinte d’être à l’aise, et laisse donc son sourire revenir. « Je n’ai aucune faiblesse moi Monsieur… » Ben tiens…, se flagelle-t-elle mentalement, se demandant pourquoi elle se sent obligée de fanfaronner de la sorte. Surtout qu’avec ses mâchoires crispées et son attitude tellement plus raide que d’habitude, elle ne doit tromper absolument personne…

Ce constat lui fait intantanément monter le rouge aux joues, mais elle ne se fend d’aucun commentaire, se contentant de remercier du bout des lèvres, de chuchoter un vague « Merci. » au palefrenier lui faisant gentiment la courte échelle pour lui permettre d’enfourcher sa FOUTREDIEU QU’IL EST HAUT !! monture, autour de laquelle ses cuisses se resserrent en tenaille dès qu’elle en place sur sa selle, l’inconfort exhalant par chacun des pores de sa peau. Fière, cependant, elle s’efforce de se redresser, de relever la tête et lance un regard, faussement outré à Victarion, en se raclant la gorge. « Qu’est-ce que tu fais ? On perd du temps là… » Trop de mauvaise foi tue la mauvaise foi… Parfois.

Quoiqu’il en soit, avec moins d’aisance que son époux, Serah finit par lancer sa monture au galop, serrant les dents et les cuisses, se concentrant sur sa monte, pour être certaine qu’elle ne se termine pas de façon prématurée par une chute. Heureusement, les bêtes ne peuvent maintenir un train trop soutenu sur la longueur, et assez rapidement, bien que loin de l’être assez au goût de la femme salée, le couple est contraint d’adopter un rythme plus réduit car comme dit le dicton, qui veut aller loin ménage sa monture. En grommelant pour elle-même, la jeune femme se dit qu’elle préférerait racler les bernacles collées à la coque d’un navire plutôt que de monter à cheval… M’enfin, malgré le désagréable de l’activité, elle doit avouer qu’elle est ravie de prendre l’air, et surtout d’avoir Victarion rien qu’à elle. Isolés sur la route, avec une fine pluie leur mouillant le visage, l’air frais leur gonflant les poumons… Il suffit à Serah d’oublier le caractère précaire de sa position à cheval pour apprécier le moment.

Sur le chemin, elle meuble un peu plus que lui le silence qui ne manque pas de s’installer entre eux. Elle le brise non pas pour le briser, car contrairement à certains silences, celui que partagent les deux époux est serein, agréable, détendu, mais plus parce qu’elle a envie de parler. Une blague, entendue dans tel port et qu’elle n’avait jamais pensé à lui raconter, une question portant sur la route maritime qu’il comptait emprunter lors de son prochain raid, tentant d’oublier qu’il n’a encore jamais été dit clairement qu’elle pourrait se joindre à lui… Le moment est opportun pour aborder la question, mais elle craint qu’une réponse négative ne gâche le moment qu’ils partagent, aussi se dit-elle que ça peut attendre, et finit par se taire tout à fait.

Invisibles, les minutes s’égrènent et finalement, laissant à Serah l’impression qu’une heure à peine les sépare de leur départ du castle, les voient arriver à Landsport. Moins précautionneuse que Victarion car moins populaire, la femme aux cheveux couleurs de lune ne s’embarrasse pas d’un anonymat qui est pour elle un état naturel, et, suivant le géant avec un sourire à la pensée qu’il attirait encore plus l’attention en essayant d’être discret, finit par pénétrer dans la ville via le marché, encore animé malgré l’heure. Beaucoup d’étals attirent son attention, ici qui vent du vin de la treille, ici du fromage des Conflans… Assez rien de coquet pour la dame, uniquement intéressée par les mets de bouche. Les armes, également, auraient mérité qu’elle s’y attarde, au moins un peu, mais les doigts de Victarion dans les siens l’attirent irrémédiablement vers la fin du marché et la fin de tout, vers le port. A retard, elle se souvient que c’est la raison qui leur vaut d’être ici, et cesse alors de lambiner.

Au détour du dernier étal avant la sortie de la foire, un bateau se découpe dans leur champ de vision, et bien que toujours distraite, Serah est en mesure d’en relever le caractère exceptionnel. C’est donc tout naturellement qu’au premier coup d’œil distrait en succède un autre, beaucoup plus appuyé, beaucoup plus intéressé, beaucoup plus concentré, analytique. Sans un mot, elle en cherche la ligne de flottaison, estime, via l’allure du gréement, le nombre d’âme nécessaire à son maniement, ce genre de choses… Le temps qu’ils l’atteignent, elle en est à se demander à qui appartient ce bateau, car il ne lui semble pas l’avoir jamais vu, dans une flottille ou une autre, et jette un regard interrogateur à son époux quand il les fait s’arrêter non loin de ce bâtiment qui, en plus de l’attention de Serah, semblait avide de s’emparer de celle de tous les badauds.

Il retire sa capuche, et la jeune femme cherche des yeux le charpentier. Il ne doit pas être loin, n’est-ce pas ? Je me suis dit que avec les raids d'été qui approchent, ma femme devrait pouvoir avoir son propre boutre non ? Elle s’immobilise, n’étant pas certaine de comprendre. Au-dessus de ses yeux couleur lagune, ses sourcils translucides se froncent légèrement, trahissant une suspicion qui ne tarde pas à se diriger vers Victarion. Si c’est une blague, ça ne me fait pas rire… semble-t-elle lui dire, sans que les mots ne franchissent ses lèvres. Mais, à sa grande surprise, aucun humour mal placé ne fait frémir les traits de son époux. A la suspicion succède donc la surprise. Les yeux de Serah, extrêmement expressifs, s’ouvrent tels deux fenêtres béantes sur son âme à nue. Elle esquisse un léger mouvement de recul, effrayée à l’idée de comprendre. Tour à tour, elle regarde Victarion, puis le bateau, et finalement, elle digère sa phrase, la situation, et tout se met en place, elle comprend…

Comme offert à la première aube du printemps après un interminable hiver, le visage de la femme de sel s’illumine. La joie, l’excitation, l’impatience, se disputent son corps et son attention. Malgré elle, elle pousse un cri bien plus féminin qu’elle n’aurait jamais cru en pousser, et saute au cou du géant qui lui tient lieu d’époux. Les muscles saturés d’adrénaline, elle vient carrément se percher sur lui, ses jambes ceinturant sa taille autant que ses bras sa nuque, mais, loin d’en rester là avec sa conquête, elle emprisonne également la bouche de Victarion, avec plus de passion que jamais auparavant. Sa tête tourne, ses muscles fourmillent… Serah est en proie à une extase sans nom. Son cœur tambourine contre sa poitrine, s’approchant dangereusement de la rupture.

Reprenant pied au sol, bousculant bien évidemment le géant au passage, elle ne lui laisse pas le temps de dire quoi que ce soit, s’empare de ses doigts avec une indifférente fermeté et l’entraîne en courant, gloussant comme une adolescente à peine pubère, à sa suite vers le bateau, sur lequel elle monte avec l’assurance de celle qui le revendique déjà comme sien. Une fois sur le pont, elle le relâche et tourne sur elle-même, prenant le temps de chasser des yeux tous les détails qui lui auraient échappé un peu plus tôt. S’approchant du bastingage, elle laisse courir ses doigts tout contre, et finit par se précipiter à la proue du navire, près de la figure, sur laquelle elle grimpe avec agilité, fermant les yeux pour mieux s’imaginer à cet endroit précis, en pleine mer. Le sourire qui s’imprime sur son visage tandis que cette pensée l’habite trahit une félicité à son paroxysme…

Deux minutes. Elle demeure ainsi deux minutes, qui lui semblent durer une éternité, abandonnée à elle-même, deux minutes pendant lesquelles elle grave dans chacune des cellules qui composent son être le bonheur qui est le sien… Avant de réinvestir le plan plus matériel, et de tourner vers Victarion, à l’origine de tout ceci, une œillade remplie d’émotion. Son palpitant, qui était presque parvenu à se calmer, s’emballe de nouveau quand les yeux de la blonde se posent sur le prince de sel. Sensible, Serah a une nouvelle épiphanie. Elle comprend tout ce qu’il ne lui a pas dit, la symbolique de ce cadeau, et plus encore. Abandonnant son perchoir, elle recouvre le pont et revient vers son époux pour, plus délicate, bien plus délicate cette fois, l’enlacer.

A de nombreuses reprises depuis leur mariage déjà, ils se sont pris dans les bras l’un de l’autre. Cependant, aucune étreinte n’avait encore eu ce goût là pour la fer-née. Sans être absent, le désir charnel ici est bien moindre que la tendresse, éclatante, profonde… Victarion ne s’en doute probablement pas, mais lors de cette dernière demi-journée, il vient de prendre une dimension toute nouvelle aux yeux de son épouse… Jusqu’alors, Serah le revendiquait par orgueil… Elle l’appréciait, bien sûr, beaucoup, mais l’orgueil primait malgré tout. Le Dieu Noyé le lui avait donné, donc il était à elle, un peu comme un objet. Mais, avec ce cadeau, il lui prouve qu’il vaut mieux que cela, beaucoup, beaucoup mieux que cela, qu’il est très différent de l’archétype du fer-né et donc, qu’il a le droit d’être aimé comme tel.

Elle est vertigineuse, cette sensation, qui s’empare de Serah, tandis qu’elle serre contre elle le géant salé. Elle a perdu le combat qu’elle mène depuis plusieurs semaines maintenant, la défaite laissant un goût doux-amer sur ses lèvres. Aussi difficile que ça soit, elle se résigne. Il gagne… Qu’est-ce que je peux faire ? Rien, se répond-elle à elle-même. Elle serre plus fort, un pied dans l’instant, au paroxysme du contentement, un pied dans l’horreur de demain, et de ses trahisons présumées. C’est un déchirement, mais la jeune femme se fait violence, elle expédie ses sombres spéculations dans le néant, chasse ses derniers garde-fous de raison, et tombe un peu plus loin dans l’abandon pour Victarion. Ne me laisse pas semblent crier à ce dernier ses doigts accrochés à son cou comme une noyée se cramponne à sa bouée. Elle ne le dit pas, mais Serah sait que les choses viennent de changer drastiquement, qu’elles ne seront plus jamais comme avant. Jusqu’ici, elle était seule dans sa tête. Maintenant, ils seront deux.

Un peu parce qu’elle le doit, et un peu parce qu’elle en a envie, la jeune femme relâche son étreinte, à peine suffisamment pour croiser de siens les iris bleutés du prince de sel. Elle voudrait lui dire tout ce qui lui passe par la tête, sauter de la gratitude sans bornes à l’amour immodéré qu’il lui inspire, en passant par la terreur qui est la sienne de voir, maintenant qu’elle est là, tout s’écrouler pour quelque sombre raison… Mais pour les choses qui ont de l’importance, Serah est encore moins loquace que lui. Alors elle ne dit rien, espérant qu’il comprenne, espérant qu’il partage, espérant, tout simplement. Quittant sa nuque, une des mains de la jeune femme aux cheveux couleur de lune vient caresser la joue de Victarion. Le baiser qu’elle lui donne à la suite de ce geste n’a pas ce goût d’urgence, vorace, qui lui est d’avantage coutumier. Plus posé, c’est un baiser pour la beauté du baiser et non pas des prémices à des ébats. Il porte avec lui tout ce que Serah ne veut et ne peut dire, il porte, tout simplement, tout ce que des mots ne peuvent porter…
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Message Sujet: Re: Tranche. De vie. Mer 9 Aoû - 17:21


Tranche. De vie.

Victarion & Serah Greyjoy





Sous le chant des mouettes affamées, le couple princier faisait son entrée dans la ville côtière animée par les marchés. Des étales qui n'intéressaient que très peu le géant qui marchait d'un pas décidé vers le port. Peut-être une fois son affaire terminée, il emmènerait sa belle déambuler sur le port pour profiter d'un moment à deux. Bientôt il serait temps pour lui de prendre la mer pour naviguer vers d'autres contrées pour piller les richesses d'autres nobles honteusement gardées. Malgré son dégoût pour la populace, peu friand des foules agglutinés, le prince appréciait cette petite escapade en compagnie de Serah. Seul sa barbe dépassait de son capuchon, cachant au reste du monde ses traits glacés. Le ciel de plomb menaçait d'inonder l’agglomérat pirate, l'odeur de poissons frais venant chatouiller son odorat. Landsport était bien plus grand que Pyk et tous les fer-nés de l'archipel venaient se mêler dans cette foule sauvage. Les femmes marchandaient le prix de bijoux volés tandis que les hommes essayaient de nouvelles armes rapportés de l'autre coté du détroit. Une ambiance particulière à laquelle il était sensible. Ces gens qui vivaient de rien et qui arrivaient tout de même à sourire à la vie. Bien conscient d'être privilégié, le démon marin partageait autant les joies que les douleurs de son peuple. Les Greyjoy n'avaient rien de pompeux, ils étaient fait de sel et d'acier, indestructibles comme la tempête. Serah semblait détendue et s'était appréciable, l'observant parfois du coin de l’œil avec admiration. Elle était belle. Trop belle pour lui ? Prince sauvage qui portait les cicatrices de guerres menées. Malgré tout ce qui l'opposait à elle, la blonde avait tout de même réussie à conquérir le cœur salé de ce prince placide. Il avait fait des efforts pour s'ouvrir à elle, pour l'écouter et tenter de la rendre heureuse malgré cette vie de femme roc qui ne semblait pas toujours lui convenir. Aujourd'hui, il espérait inverser tout ça et lui offrir ce qu'elle désirait par dessus tout. La liberté.

Après la traversée du marché, les deux fer-nés s'arrêtèrent vers l'embarcadère où trônait un magnifique boutre. La voile était noire et aucun emblème pour le décorer. Mais ce n'était qu'une question de temps. Le bateau était impressionnant, plus gros qu'une bélandre, plus menaçant, plus imposant. Un bois sculpté avec soin, noblesse oblige. Le genre de navire qui inspirait l'effroi et qu'on aurait peur de croiser sur les flots déchaînes. Armés de canons, il n'attendait que sa propriétaire pour partir en guerre. Il avait alors retiré sa capuche et capté le regard de sa blonde pour lui annoncer la nouvelle. Un cadeau qui laissa sa femme sans voix, se demandait même si son époux était pas en train de jouer à un jeu cruel. Les traits impassibles, il était totalement sérieux. La réaction de Serah fût à la hauteur de ses espérances. Celle-ci poussa un cri de joie et sauta dans les bras du géant. Il réceptionna avec facilité la jeune femme qu'il serrait alors dans ses bras sans se soucier des regards des autres navigateurs du port. Le baiser sauvage de son épouse fit naître la passion dans le prolongement de cette étreinte enflammée par le géant. Il souriait en même temps, amusé tandis qu'elle retrouvait le sol pour se précipiter vers son navire. Victarion ne bougeait pas, croisant ses bras sur son torse pour l'observer faire ses premiers pas sur le pont. Heureux de la voir ainsi, ne pouvant que constater qu'elle était faite pour naviguer. Ce n'était pas ainsi qu'il avait imaginé sa femme, misogyne de surcroît. Mais elle le faisait évoluer dans ses idées vétustes. Il fit alors quelques pas pour s'approcher tout en la laissant découvrir son nouveau jouet. C'était son moment à elle.

Profitant de l'absence de Serah, il fût rejoint par le charpentier qu'il paya en conséquence. Deux bourses d'ors bien remplies qui firent aussi le bonheur de l'artisan. Il lui avait aussi fabriquer son boutre et il ne jurait que par lui. Celui-ci s’éclipsa rapidement et il retrouva sa femme au visage illuminé par un bonheur qu'il lui avait bien trop longtemps arraché. Sur le moment, il se moquait bien des railleries qu'elle allait subir ou de la réaction de son propre père. Ses frères viendraient sûrement le chambrer, mais il en avait rien à faire. Serah retrouva alors la chaleur des bras de son homme, blottit contre son cœur qui battait rien que pour elle. Il n'arrivait tout simplement pas à lui exprimer ses sentiments par les mots. Il n'était pas doué avec ça et elle le savait. Ce cadeau ce n'était pas qu'un présent pour combler ses désirs, mais une façon de lui dire qu'il l'aimait — telle qu'elle était. Les paluches rugueuses du prince caressaient la taille de la blonde, captant alors son regard céruléen qui n'avait cesse de le charmer. Drôle de sensation que de regarder une femme sans cette envie de la baiser. Aucun instinct lubrique, juste de la tendresse dans le regard. Il serrait son épouse sous un vent salé et un ciel prêt à les inonder. Il aurait pu rester ainsi des heures, oubliant où ils étaient. Il n'avait pas l'habitude des démonstrations d'affections et encore moins devant un publique. Ils étaient beaux. L'un contre l'autre face à la mer sombre et royaume du dieu Noyé. Elle lui donnait envie d'être meilleur, pour elle, pas pour les autres.

Dans le fond des yeux de son épouse il se noyait. Il y trouvait la réponse qu'il y cherchait sans qu'elle eut besoin de parler. Un regard bien différent du soir où il l'avait épousé. Il lui offrit alors un fin de sourire et il répondit amoureusement à son baiser. Il pourrait l'embrasser pendant des heures et l'admirer sous tous les angles possible. Elle pouvait être chiante, mais cela ne faisait que renforcer cet amour qu'il avait pour elle. Unique, aucun autres hommes des Sept pouvaient se vanter de posséder un tel joyaux. Ce bateau signifiait son amour, mais aussi qu'elle était sur le même pied d'égalité que lui. Ils navigueraient ensemble vers des horizons nouvelles et sous l'emblème de la seiche jaune. Il en oubliait pas ses envies de paternité, mais égoïste qu'il était, il voulait encore profiter de son couple dénué de contraintes familiales et de cris de bébés. Il recula alors son visage pour embrasser son front. Il attrapa ensuite sa petite main pour l'accompagner sur le pont de son navire. Il le découvrait en même temps qu'elle, levait les yeux vers les voiles dansantes. « Il va falloir lui trouver un nom. » Souffla alors le prince qui se détachait de sa blonde pour venir admirer des mois de travaux acharnés. « Et le baptiser. » Religieusement et sexuellement. Il contourna ensuite sa femme pour l'enlacer et poser son menton barbu sur son épaule « Je te propose de passer la nuit ici et de repartir demain matin ? J'ai vraiment pas envie de rentrer. » Ils trouveraient bien une auberge où faire la fête et boire dans l'insouciance de leur jeune âge. Une pause à deux loin de leurs responsabilités princières, sur l'océan.

Victarion finit alors par prendre la main de sa belle après cette séquence émotion pour profiter un peu du marché en sa compagnie. Le géant fût rapidement intéressé par un marchand d'armes où il s'arrêta. Les yeux attirés par une hachette au manche impeccablement sculpté. Il attrapa celle-ci qu'il fit tournoyer avec aisance dans sa main avant de la jeter avec force sur une cible. En plein centre bien évidemment, il souriait en imaginant la lame se planter dans la gueule de ses ennemis. Il vida une nouvelle fois sa bourse et rangea sa nouvelle possession à son ceinturon. « Qu'as-tu envie de faire ? Cette journée nous appartient. » Le Greyjoy posa ses iris bleutés sur la blonde dont il attendait les réponses. Peu importe l'activité, il voulait simplement la voir épanouie loin de de château qui ne la rendait pas plus heureuse que lui. 
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Message Sujet: Re: Tranche. De vie. Ven 18 Aoû - 15:34


Tranche. De vie.

Victarion & Serah Greyjoy



A voir la réaction de Serah au cadeau de Victarion, il serait facile de se dire que les femmes ne sont bonnes qu’à se faire acheter, que pour en gagner le cœur, il suffit de mettre la main à la bourse. D’une façon purement pragmatique, c’est vrai, sauf que les femmes sont beaucoup moins pragmatiques que cela… En l’occurrence, c’est surtout la puissance du geste de son époux qui a achevé de conquérir Serah, tout ce qu’il implique en dehors d’une dépense d’importance. Une femme comme Sygrid, par exemple, n’aurait que faire d’un tel cadeau même si elle serait touchée de l’attention, à n’en pas douter, alors que pour la Timbal, il signifie tout. C’est plus qu’un boutre, c’est un parti pris de la part de Victarion, une position adoptée extrêmement difficile, d’autant plus malaisée qu’elle n’est pas sans savoir quelles sont ses idées, ses crédos. Prince des Îles de Fer, c’est tout à fait normal qu’il en soit le garant des mœurs, et ces mœurs sont misogynes. Pour une majorité de fer-nés, il est impensable qu’une femme prenne la mer, alors possède son propre bateau ? Et Victarion est loin d’être idiot, il sait toutes les difficultés que ce présent va impliquer, au même titre que Serah… Et malgré tout, malgré tous ces écueils à venir, pour eux deux, il a choisi d’aller au bout des choses, de lui montrer son soutien dans une chose qu’il sait lui tenir à cœur, et de l’accompagner face à l’adversité… Alors oui, le bateau a un prix. C’est un ouvrage somptueux qui a dû demander une quantité d’or non négligeable. Cependant, aux yeux de Serah, tant par la qualité du travail que pour la symbolique de l’objet, il est totalement inestimable. Dusse-t-il sombrer, ce cadeau la marque au fer rouge.

Les traits de Serah se figent donc d’un sourire béat, tandis qu’ils arpentent le pont ensemble, les yeux courant dans la voilure. Fébrile, elle n’ambitionne que de se jeter dans le gréement, de monter jusqu’à la vigie, d’inspecter la totalité du bâtiment, de la proue à la poupe, de la quille jusqu’au sommet du mât. Seulement, pour se faire, elle devrait négliger Victarion, ce à quoi elle, évidemment, ne se résout pas. « Il va falloir lui trouver un nom… » Son sourire s’élargissant, elle s’arrache à la contemplation de son navire pour lancer une œillade fière à son époux. « J’ai déjà choisi son nom. Le Maelstrom. Qu’est-ce que tu en dis ? » Aucun mérite dans sa vivacité d’esprit, c’est le genre de fantasme auquel elle s’est souvent adonné, tenter de trouver un nom qui lui aille pour un bateau, si tant est qu’elle en possède un à elle, un jour. Si elle avait su que ce jour viendrait, et comme ça… A l’évocation du baptême cependant, elle ne répond rien, sa lubricité se disputant sa piété. Aucun des deux sens ne lui échappe, mais elle se refuse à tout commentaire graveleux pour ne pas prendre le risque de s’attirer les foudres du Dieu Noyé, si d’aventure celui-ci venait à penser qu’elle plaisantait avec sa foi. Quant à la proposition de Victarion de ne pas reprendre la route tout de suite, c’est indéniable qu’elle emballe Serah, puisqu’elle se met à hocher la tête en signe d’assentiment, ses yeux n’en finissant plus de pétiller de plaisir.

Un peu à regret, elle se laisse entraîner, trop tôt à son goût mais soit, loin de son navire et suit Victarion pour les ruelles du marché qui, si colorées et pleines de vie, intéressante à mourir il y a une heure encore, lui paraissent maintenant ennuyeuses et ternes. Elle ne dit rien cependant, consciente que ce ne sont pas les étals en eux-mêmes qui ont perdu de leur intérêt, mais que peu de chose peut encore la passionner autant que son bateau, surtout tant qu’elle ne l’a pas essayé, et s’efforce de prêter attention aux choses que lui montre son époux. L’arme qu’il essaie, du reste, parvient à la distraire un peu. Tentée par l’idée de voir si elle trouve quelque chose pour elle, elle se penche plus en avant sur les produits présentés par le marchand mais… Non. Il y a de très belles choses, mais Serah se fiche un peu d’avoir de belles armes, pour peu qu’elles soient efficaces. En l’occurrence, elle choisit ses compagnes en fonction du bois utilisé, de l’huile, du fer et du forgeron. Qui plus est, un aspect relativement grossier l’a toujours d’avantage séduite que trop de soins et de minutie. Se concentrer sur l’aspect, c’est négliger autre chose. Elle préfère ne pas l’apprendre à ses dépens au cours d’une bataille.

Les bras croisés, elle attend donc patiemment que le géant de fer achève son achat, et qu’ils reprennent leur promenade. La question qu’il lui pose, en revanche, la ranime complètement, lui rend le feu sacré qui s’était quelque peu amoindrit depuis qu’ils avaient laissé son bateau au port. Là, d’une façon très visible, la braise de ses yeux reprend vie, redevient un ardent brasier. « Je veux aller chercher des choses pour aménager ma cabine, dans mon bateau… » Qui sera, à n’en pas douter, spartiate, mais toujours moins qu’un hamac dans la cale, comme l’équipage. ma cabine, mon bâteau… Le tout sonne étrange, dit par elle, et semble l’interpeller, mais le sourire de plaisir qui en résulte est ineffable. « Quelques peaux neuves pour le lit, notamment. » Un autre sourire, en coin cette fois, son regard devient équivoque. « On pourrait dormir dedans cette nuit, qu’est-ce que tu en dis ? » Elle pose la question, en sachant pertinemment qu’elle ne lui laissera pas le choix… Ou si. Elle attendrait qu’il soit saoule, dans le cas d’un refus, et paierait des hommes pour l’emmener jusqu’à son bord. Courageuse mais pas téméraire, Serah sait parfaitement qu’elle n’aura jamais la force de le porter seule. Quoiqu’il en soit, elle trépigne d’impatience à l’idée de parcourir les étals à la recherche de petites ou moins petites choses pour agrémenter son bateau, qui, incontestablement, va être difficile à faire sortir de sa tête. Pendant que Victarion choisissait ses armes d’ailleurs, elle a laissé vagabonder son esprit, s’est laissée aller à penser que ça ne lui ferait rien de ne jamais retourner à Pyk, et de rester vivre définitivement sur son bâtiment. Impensable, bien évidemment, mais rêver ne fait de mal à personne… Pas vrai ?

Dans tout le maelstrom d’émotions qui l’agitent, quelques idées malgré tout parviennent à occulter, un peu plus longtemps que les autres, celle de son bâtiment. La première, c’est celle selon laquelle il va falloir qu’elle trouve une façon de rendre à Victarion la liesse dans laquelle il l’avait plongée, un geste d’égale valeur à son encontre… Tomber enceinte lui semble à propos, encore qu’elle n’ait pas de contrôle sur la chose, et que dans ce cas de figure, elle ne pourrait profiter de son propre cadeau, mais ça lui semble de loin l’option qui aura, selon elle, le plus d’impact. Autrement, son époux est un homme aux goûts simples, qui ne se laisse pas avoir par des biens matériels… Il va lui falloir faire preuve d’imagination. Et, en dehors de ça, l’autre idée qui vient quelque peu obscurcir le tableau, est celle selon laquelle il va falloir qu’elle trouve un équipage, ce qui va sans doute s’avérer compliqué… Elle ne peut pas s’empêcher de se demander si Victarion a déjà pensé à ça, s’il allait être possible de trouver suffisamment de fer-nés pour naviguer sous ses ordres… Ce n’était déjà pas évident de fendre la mer pour beaucoup avec une femme à bord, alors avec une femme comme capitaine ? Toutefois, hors de question de laisser ceci lui gâcher le plaisir… Alors c’est fermement qu’elle finit par prendre la main du géant de fer et par l’entraîner dans le marché, à la recherche d’agrément, plus pratiques que coquet, pour sa cabine.
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Tranche. De vie.

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