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Song of Storms | ft. ROBERT BARATHEON

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Dame du Nord
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Surnom : She-Wolf, Lady Lyanna, Lya, Wolf Girl, The Wolf Maid, Nymphe du Nord, la Muse du Nord, la sauvage, chevalier d'aubier rieur, chevalier mystère.
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Message Sujet: Song of Storms | ft. ROBERT BARATHEON Mer 5 Juil - 5:22


Song of Storms

Robyanna :v



LElle s'était dépêchée de retourner vers les appartements qui lui avaient été confiés, elle avait couru malgré ses jambes fatiguées et lourdes par les efforts. Elle s'était empressée de prendre un bain, qu'elle avait du réclamer. Elle avait tant transpiré sous cette armure lourde, bien trop grande pour elle, qu'elle avait eu besoin d'un bain pour se sentir moins collante.

Comme Rhaegar le lui avait demandé, elle avait mis une robe rouge, le rouge n'était pas très vif, mais elle n'avait rien de mieux dans ces tons, le décolleté était quelque peu prononcé aussi, sans toute fois être vulgaire. La robe la serrait quelque peu, toujours ces corsets qu'imposaient cette mode idiote. La louve avait même poussé jusqu'à brosser sa chevelure sombre, mais quoi qu'elle fasse, ils finissaient toujours par boucler et rebondir. Elle avait mis pratiquement deux heures à se préparer, ses cheveux avaient pratiquement séchés, deux heures pour finalement sortir de ses appartements et descendre encore ces même longs escaliers. Elle avait demandé à ses amies un peu de liberté, sachant toute fois que Yoren serait inlassablement à ses trousses. Ce qu'elle avait pu faire ce jour, elle le devait à ses amis. Ou plutôt, à son amie Berena et à son garde Yoren. L'une l'avait couverte, quand l'autre l'avait entraînée. Elle y songeait en marchant à travers ces longs couloirs sombres, elle était là depuis peu de temps mais elle répugnait déjà à rester en ces lieux maudits. Tout était sombre, sale, elle qui était les mystères et l'aventure, elle se serait volontiers passé de ce lieu.

Elle se laissait toute fois aller aux tentes des chevaliers, espérant repérer, un peu bêtement il est vrai, une armure plus légère et surtout plus à sa taille, une armure qu'elle aurait pu chiper au passage ou au moins se souvenir de l'emplacement pour la piquer plus tard. Lyanna n'avait jamais été une voleuse, mais le poids de l'armure qu'elle avait du porter ce jour lui donnait quelque idées. Elle avait promis de ne jouter qu'un jour, mais l'excitation avait été telle, qu'elle avait envie de recommencer. C'était plus fort qu'elle, cette adrénaline qu'elle avait ressentie, elle voulait la sentir à nouveau. Cette excitation, cette tension. Comment pouvait-on lui empêcher de connaître cela, sous prétexte qu'elle était une femme ? Elle ne le comprendrait jamais.

Mais de tous, parmi les chevaliers qui lui offraient quelque charmants sourires, les écuyers qui la regardaient pour aussitôt baisser le regard de peur d'être pris sur le fait, elle reconnût une tignasse. D'une, parce qu'elle surplombait bien des personnes, la personne était très grande, d'une autre, parce qu'une tignasse si sombre et drue ne pouvait appartenir, elle en était convaincue, qu'à une personne. Son cher et tendre, elle eût un rire mauvais, intérieurement, en songeant à cela. Elle ne s'y ferait jamais et l'envie d'étrangler le cerf lui reprenait en y songeant, comme si cela pouvait mettre fin à ces fiançailles et lui rendre sa liberté bien aimée. Et l'empêcher d'avoir ce sourire conquérant, aussi et surtout.

Elle passait donc les quelque tentes qu'il restait, le monde s'était déjà dirigé vers les festivités et pour les plus pressés, la salle du banquet. Elle avait tout de même vérifier qu'il n'y ait personne, pour oser s'aventurer près de Robert, curieuse de ce qu'il pouvait bien faire là. L'idée de le prendre sur un fait de traîtrise pouvant remettre en cause les fiançailles l'avait plus qu'effleurée, même conquise. C'était pour cela qu'elle s'était approchée à pas de loup, discrètement. Mais nulle femme ne l'accompagnait. Peut-être était-elle déjà à l'intérieur ?

Etait-ce de la jalousie, ce qu'elle ressentait ? Elle le nierait en bloc, déclarant haut et fort Pour être jalouse, il faudrait déjà que je m'en soucis. ce qui serait à la fois vrai et faux. Car malgré elle : elle commençait à s'en soucier. La loyauté, l'honneur, la fidélité, elle ne faisait aucun cadeau là-dessus, comme tout Stark. Elle était donc convaincue qu'en tombant sur Robert ainsi qu'une autre femme, elle n'aurait qu'à le dénoncer à son père.

Elle eut un bref soupir à ces pensées. On avait souvent plaint qui serait assez fou pour l'épouser, ces gens n'avaient peut-être pas torts en fin de compte. Ils n'étaient pas mariés qu'elle menait déjà la vie dure au Baratheon. A force de réflexions, d'actions inconsidérées, d'actions solitaire comme si la louve était encore seule, comme si seule sa réputation - dont elle se moquait éperdument, d'ailleurs - était en cause.

Devant la tente, elle soulevait discrètement un pan pour regarder à l'intérieur. Mais la louve n'y trouva aucune femme, juste lui. Seul. Elle le regardait faire, toujours aussi discrètement. Il retirait son haut, elle fronçait les sourcils. Elle inspirait profondément. Deviendrait-elle paranoïaque ? Pourquoi se faire autant de soucis tout à coup ? Il était seul. Elle réprimait un soupire et après avoir regardé autour de la tente, après avoir vérifié qu'il n'y avait toujours personne, elle était entrée.

- Robert ...? Tout va bien ?

Malgré elle, elle semblait se soucier de lui, pour une raison qu'elle ne voulait pas s'expliquer. Elle pourrait mettre ça sur le fait qu'il était venu la soutenir plus tôt, sur le terrain. Il l'avait soutenue en plus de lui dire être fière d'elle, ce qui n'était pas rien, bien au contraire. Et au fond, elle aurait aimé lui parler du tournoi à nouveau, de tout ce qu'elle avait pu ressentir à ces instants, car elle ressentait encore une part d'euphorie qu'elle aurait aimé partager, cette joie d'avoir propulser deux chevaliers aguerris de leur destriers. Elle avait voulu lui accorder une véritable chance pour qu'ils puissent se rapprocher, une chance qu'ils puissent commencer à se parler. Elle voulait prendre sur elle, pour une fois. Mais elle ne comprenait pas vraiment ce que Robert faisait là, torse nu dans cette tente. Elle s'était avancée jusqu'à lui, posant sa main fraîche sur le bras de son fiancé.

- Robert ?

Une pointe d'inquiétude dans sa voix, mais dans son esprit, elle avait l'impression qu'elle regretterait bientôt de se montrer si inquiète pour lui, si proche de lui. Ce même instinct qui la poussait à se protéger de lui, à chaque fois. Ce même instinct qui la poussait à croire que Robert était et serait un homme à femme qui lui mènerait la vie dure. Cet instinct qu'elle essayait d'apaiser depuis peu.





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Message Sujet: Re: Song of Storms | ft. ROBERT BARATHEON Dim 9 Juil - 18:14

Song of storms
Lyanna & Robert
An avenue once bent in shadow, in a morning straight and hallow. You hold high a destination, you sing to me of sweet revelation. I feel the quickening in my step, but I don't even touch the ground.

Une perle de sueur glisse lentement contre la tempe de Robert Baratheon. Il croise le regard surpris et quelque peu horrifié de son compagnon d’armes. Lui-même est étonné : ses doigts viennent frôler son flanc, paré d’une enfilure carmin. Un sourire incertain apparaît sur le visage du chevalier, qui tente de dissimuler ses émotions. Stupeur, confusion… De sa voix rauque et bourrue, le Cerf commente en plaisantant : « Ma foi, cela arrive donc aux meilleurs des hommes ! ». Après tout, il s’agit d’une simple éraflure, certes sanguinolente… Mais bégnine. Ce que s’empresse de remarquer Robert à son ami ; Alyn, fine lame et pourvu d’un bon instinct, ne peut se targuer d’avoir défait son souverain maintes fois. De coutume, le Baratheon domine leurs échanges ; avec sa force colossale, sa dextérité remarquable et son analyse efficiente des intentions de son adversaire, le natif d’Accalmie suscite crainte et respect. Sa technique de combat se résume en deux points, pourtant antithétiques : force et finesse. L’un découle de sa prédisposition naturelle au combat, du sang qui s’écoule en ses veines : un pur parangon de la maison Baratheon, dans la flexion de ses muscles saillants et endurants. L’autre provient de son éducation reçue au Val d’Arryn : sans pouvoir s’approcher des subtilités et du raffinement démontrés par les chevaliers de Jon Arryn, son tuteur aimé et admiré, le jeune Cerf fait tout de même preuve d’un certaine délicatesse dans son approche du combat. Ses gestes et le jeu habile de ses pieds trahissent parfois une élégance teintée de ruse et de précision. Le suzerain de l’Orage est connu pour ses ardeurs instinctives et brutes ; mais sa fureur n’exclut pas un recours à l’artifice clairvoyant. En observant les preux combattants des Eyrié, il a compris que ses attributs de « barbare impétueux » ne satisferont par son ambition de s’élever encore plus haut. Être furieux et fougueux lui réussit parfaitement, mais pour s’élancer vers la gloire et s’assurer la survie, il lui a fallu se maîtriser : prendre le temps de souffler, entre deux coups fracassants et tonitruants ; calmer son pouls effréné, pour observer, jauger, épier la moindre faille. Alors, oui, il faut comprendre l’hébétude d’Alyn face à la défaillance du Baratheon, incapable de parer une attaque simple. De toute évidence, Robert n’est pas indétrônable ou imbattable ; beaucoup ignorent qu’il a subi diverses déculottées bien mortifiantes aux Eyrié, se démenant en vain face à des guerriers dotés d'une virtuosité technique. Mais lors qu’il revêt son casque aux bois dressés et qu’il se saisit de son marteau de guerre, Robert semble surpuissant.

Mais en ce jour, le jeune Cerf ne parvient pas à se concentrer. Il ne voit donc pas la lame qui caresse sa peau ; seule la brûlure éclaire son esprit embrumé, dissipant soudainement la torpeur qui l’assaille. « Bien porté, Alyn. Toujours utiliser et profiter des faiblesses de son ennemi… Reprenons ». L’épée de Robert s’élève de nouveau dans les airs. De temps à autre, il délaisse son arme favorite pour une simple lame ; d’un mouvement rapide et habile du poignet, le chevalier fait tournoyer l’acier. Il prend une posture défensive, ses yeux pers étincelants de détermination. Les deux hommes se combattent avec dévouement, l’un cherchant à prendre l’ascendant sur l’autre. L’échange armé dure encore vingt minutes de plus, mais lorsque la blessure incarnate ornant son flanc tire une grimace au Baratheon, celui-là décide de se retirer. Le jeune Cerf ne manque pas de congratuler son ami et adversaire ; il lui expose en quelques phrases didactiques les points forts et les erreurs de son combat. Enfin, éreinté et déshydraté, Robert choisit de s’en retourner à sa tente de chevalier, située non loin du champ d’entraînement. Sur son chemin, il croise quelques camarades et des têtes connues, à qui le chevalier adresse un salut courtois et amical. Depuis quelques temps, le Baratheon tente d’adopter un comportement noble et respectable, digne du suzerain d’Accalmie. Du haut de ses dix-neuf ans, il endosse pleinement ses responsabilités de gouverneur et d’administrateur ; il consacre une large partie de son temps à gérer les affaires des Terres de l’Orage, à prendre conseil auprès de ses proches, jusqu’à même solliciter l’opinion éclairée de son frère Stannis sur les questions de stratégie et de diplomatie. Auparavant, seuls les combats, les festins et les étreintes charnelles trouvaient grâce à ses yeux ; mais il essaie de s’adonner autant au combat qu’à la gérance de son peuple, pour devenir dans ce domaine, également « craint et respecté ».

Le jeune Cerf s’engouffre dans sa tente et se déleste promptement de sa chemise blanche. Son regard abscons se pose sur la blessure où perlent quelques gouttes de sang. Il lui faut se soigner pour ne pas risquer une infection ; certes, la plaie n’est pas profonde, mais mieux vaut se montrer prévoyant. Il ne peut pas se permettre d’être souffrant, alors que ses gens ont besoin de lui : un Baratheon fort, robuste, en pleine possession de lui-même. Le souverain d’Accalmie s’empare d’un pichet d’eau, ondoyant le long de sa gorge avide. Il laisse échapper un soupir d’aise. Alors qu’il cherche des yeux une bassine où déverser l’eau fraîche et ainsi se nettoyer le torse, la présence inattendue d’une main à son bras le surprend ; en automate, il se saisit d’une longue dague posée sur la table devant lui. Il pivote d’un coup et pointe l’aiguillon de l’acier vers la gorge palpitante de l’intrus. Ses pupilles d’azur, dilatées, brillent d’intensité et de menace, pour perdre derechef de leur éclat. « Lyanna », souffle-t-il d’une voix rauque. « Pardonnez-moi… Je ne vous ai pas entendue ». Sa poigne de fer se relâche sur le pommeau de l’arme, qu’il repose à son emplacement d’origine sans quitter des yeux sa promise. Il passe une main puissante dans sa chevelure défaite et sauvage, essayant en vain de se donner une apparence convenable. Le brun ténébreux de ses cheveux contraste vivement avec le bleu sibyllin de son regard, si clair par rapport aux reliures immaculées de la tente. Sa nudité ne le dérange pas, mais sa mère, que les Sept protègent son âme, serait fort mécontente de sa conduite avec la descendante Stark. Un sourire en coin, charmeur et amusé, apparaît sur ses lèvres : « Ma chère, vous me surprenez en bien mauvaise posture ; je crains de baisser encore davantage dans votre estime, si par miracle je l’eus un jour obtenu ». Si cette entrevue incongrue s’était produite quelques lunes plus tôt, Robert aurait été honteux et en colère d’être surpris affichant sur sa chair une marque de sa faiblesse. Mais désormais, il s’octroie le privilège de relativiser ; oui, quelques maladresses surviennent. Les erreurs sont permises. « Pardonnez également mon manque de… tissu ». Le Baratheon tousse pour masquer un rire auto-dérisoire. « Enfin, si l’on réfléchit, vous êtes bien la seule avec qui je peux me permettre de délaisser ma tunique », poursuit-il d’une voix pensive et lointaine. Les yeux malicieux du Cerf errent sur la jeune femme, découvrant la courbe de ses épaules, jusqu’à ses hanches. « Vous êtes resplendissante ». S’éclaircissant la voix : « Je me confondrai volontiers en excuses pour ma réaction, mais je crois que vous comprenez. Le fantôme de la guerre me façonne… Je ne pourrai vous cacher que je suis avant tout un combattant et que je tends à me comporter comme tel. J’espère ne point vous avoir effrayée ». Robert lève lentement sa main droite, qui vient effleurer l’albâtre de la gorge quelques instants plus tôt menacée par l’acier. Son regard énigmatique, abysses d’une mer tempétueuse, remonte sur le visage de Lyanna : ses lèvres, écrin scarlatin, ses joues, ses yeux vifs. « Et pour répondre à votre question liminaire, je me porte merveilleusement bien. Si ce n’est pour cette petite blessure, que je voudrais traiter au plus vite ». Les doigts du jeune Cerf glissent du gosier délicat pour s’aventurer sur son propre corps, non loin de la plaie. « Peut-être pourriez-vous me porter assistance ? », demande-t-il d’une voix calme et basse. De part la promiscuité de leurs corps, le souffle de Robert se mêle à celui de Lyanna en une symphonie lascive : l'aquilon du Nord joint au zéphyr de l'Orage.
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Message Sujet: Re: Song of Storms | ft. ROBERT BARATHEON Dim 9 Juil - 22:19


Song of Storms

Robyanna :v



Le temps d'un instant, la louve s'était inquiétée pour le cerf ; qu'avait-il donc, pour qu'il vienne dans sa tente plutôt que ses appartements ? Et il s'était retourné, pointant sa lame aiguisée là, tout contre la gorge nacrée de la jeune fille. C'était la première fois qu'on la menaçait ainsi, aucun chevalier, aucun combattant ne s'y était encore essayé, mais elle était jeune. Cette lame semblait si aiguisée qu'il n'aurait pas fallu beaucoup d'efforts au cerf pour la planter dans la gorge de son possible assaillant, ou dans ce cas précis, la gorge de sa fiancée. Elle ouvrait grand ses yeux gris, fixant le cerf devant elle. Elle ne s'était guère attendue à cela. Mais elle vit aussi une pointe de regret dans son regard ou du moins, ce qu'elle prit comme telle en voyant les expressions de son visage changer, d'une possible fureur de vaincre, à un regard plus.. doux ? Elle ne saurait dire, elle voyait souvent ce regard chez le Baratheon, sans réussir à le comprendre. Elle ne dit alors rien sur ce coup, trop surprise pour savoir ce qu'il convenait de dire. Fallait-il hausser le ton ; ne pouvait-il pas vérifier avant de sortir sa lame ? Ou fallait-il ne rien dire ; les habitudes, l'inquiétude, pouvaient mener la vie dur. Elle penchait sur le fait de ne rien dire, pour une rare fois. Elle lui accordait le silence.

Sa main n'avait quitté le bras musculeux que lorsqu'il s'était retourné vers elle, n'avait-il pas remarqué que la main qui l'avait saisi était petite, douce et fraîche ? Ou Lyanna avait-elle déjà les mains rugueuses à force de manier les armes et tenir la bride de son cheval ? Songeant à cela, elle regardait ses mains, se disant alors qu'elle n'avait effectivement pas des mains fine et délicate comme on attendrait d'une lady, encore que ses mains étaient relativement fine, mais pas délicates. Rien de bien surprenant au vue de ses activités, elle avait encore quelque crevasses et la peau un peu abîmée à cause des efforts de tout à l'heure et des gants qu'elle avait du porter, qui, malgré leur but, ne l'avait pas aidée, juste alourdie. Elle n'avait pas cillé devant Robert, elle n'avait pas bougé d'un poil.Elle se contentait juste de le regarder sans mot dire, inspirant profondément. Si on lui avait dit que la chose la plus dangereuse qu'elle ferait ce jour n'était pas de jouter, mais de voir, dans sa tente, son fiancé, elle n'y aurait pas cru un seul instant. Il s'excusait et elle baissait le regard, intriguée, sur le torse du Baratheon. Peut-être n'était-elle pas intriguée par les bonnes choses mais elle ne l'avouerait pas. Elle considérait aussi bien vite qu'au pire des cas, c'était bien la faute du Baratheon ; elle regardait juste ce qui se trouvait sous ses yeux, face à elle ; soit le torse légèrement bruni par ce qu'il devait y avoir de soleil dans les Terres de l'Orage. Un torse taillé par les efforts et entraînements, des traits dessinés dont elle se demandait la rigidité, l'envie d'y aventurer ses doigts afin de répondre à ses questions était fortement présente, mais elle se reprenait toute fois. La louve au regard semblable à l'acier tranchant ne pouvait que lui reconnaître : le cerf était fort bien fait, un peu trop agréable à regarder. Mais son regard fût à nouveau attiré par une trace fraîche qui n'aurait pas du se retrouver sur le flanc du Baratheon. Et ce fût plus fort qu'elle, elle y approchait ses doigts frais, touchant du bout de ceux-ci la peau chaude du Baratheon, sans même qu'il l'y ait invité – ou encore. Ainsi était Lyanna Stark : sans gênes. Elle regardait simplement la plaie, essayant d'en jauger la profondeur, jusqu'à ce que ses doigts quittent sa peau, en fin de compte.

« Vous aviez mon estime, fût un temps. »

Elle ne l'avait pas crié, ne l'avait pas dis sèchement, juste pensivement. Une fois de plus, elle avait l'impression d'avoir eu une perche tendue pour lui reprocher ces fiançailles imposées, à croire qu'elle avait un jour eu son mot à dire sur le sujet. Il arrivait que la jeune femme soit à des lieues de ce que l'on attendait d'elle, tantôt délicate, tantôt mordante, tantôt calme, tantôt intenable, tantôt élégante, tantôt sauvage. Et il y avait parfois ces jours où elle portait de beaux vêtements, pas encore troué par un mauvais pas ou parce qu'elle s'était glissée dans un recoin qui aurait du rester secret, un jour où elle était peignée – bien que ses boucles fassent leur lois – et elle se tenait bien. Se tenir bien, jusqu'à voir Robert, bien évidemment. Lyanna replaçait une de ses boucle sombre et sauvage derrière son épaule, puis serrait ses mains, soupirant et déclarant :

« Excusez-moi. »

Elle s'excusait de ses mots, ce qui était tout nouveau avec elle. Elle s'excusait, car elle se rappelait avoir dis qu'elle ferait des efforts pour que tout ceci fonctionne et elle se rendait compte que ce n'était pas la meilleure des façons, si elle lui rejetait une fois encore ceci en plein visage. Surtout qu'il n'avait encore rien fait de désagréable en soi, rien contre elle ni une chose qu'elle aurait jugé déplacée avec une autre dame. Elle regardait ses mains alors, embarrassée sur l'instant d'avoir manqué à sa parole.

Il s'excusait de son manque de tissu et elle eût un sourire amusée en essayant de ne regarder, cette fois-ci, que le visage du Baratheon. Ils avaient, la veille encore, marchés côte à côte alors qu'il était torse nu après un de ses entraînement, et cela ne les avait aucunement dérangé, ni lui, ni elle. Même si cela l'avait amusée et qu'elle s'était demandée s'il n'avait pas juste voulu attirer l'attention sur lui, des autres chevaliers ou – ce qui lui avait paru le plus probable – le regard des ladies alentour. Mais elle devait lui reconnaître, s'il lui demandait, qu'elle le trouvait fort beau. Puis elle se rendit compte que c'était déjà la seconde fois en peu de temps qu'elle se faisait cette réflexion et elle soupirait pour elle-même. Ne pouvait-il pas être autre chose que beau ? Cela aurait rendu pour elle les choses tellement plus simple, s'il avait été Rhaegar Targaryen. Si elle avait pu avoir cette même attraction à la seconde où elle l'avait vu, ce mariage ne lui aurait pas semblé être aussi dangereux.

« Il semblerait que vous avez bien des choses à vous faire pardonner, lord Baratheon. »

Elle était amusée de ce soudain vouvoiement qu'il utilisait, elle lui rendait la pareille. Était-ce une petite plaisanterie qu'il lançait ? Cela l'amusait en tout cas. Puis il fit une petite réflexion qu'elle approuvait en souriant, oui, dans un sens, elle devait être la seule à pouvoir voir ce qu'il se trouvait sous la tunique du cerf, c'était vrai. Elle trouvait amusant qu'il s'en enquiert maintenant mais n'allait pas se plaindre ; il l'avait dit lui-même cette fois-ci. Se décidait-il enfin à être sérieux ? Voilà qui ne manquait pas de lui plaire, bien qu'elle n'attendait que de voir ces preuves devant ses yeux. Il lui fit ensuite un compliment, déclarant qu'elle était resplendissante. Elle eût un sourire plus large, les joues presque rosies sur ce compliment auquel elle ne s'était pas attendue.

« Je fais de mon mieux... »

Elle devait bien faire, elle le savait, montrer ses belles parures pour bien représenter le Nord. Et elle devrait ainsi le faire en public éternellement, bien paraître, puisqu'elle devrait épouser le suzerain des Terres de l'Orage. Ça ne lui déplaisait pas, elle aimait les belles robes malgré leur manque de praticité. Elle aimait être bien vêtue, elle en avait si peu l'occasion. Rhaegar lui avait demandé de porter une robe rouge et elle se demandait un instant si elle aurait fait de même si Robert le lui avait demandé. Oui, probablement. Ou alors elle aurait porté la couleur opposée pour le plaisir simple de le contredire. Quoi qu'elle doutait encore de cela, puisqu'elle s'était promise – et lui avait promis - de faire des efforts.

« La guerre ? »

Elle fronçait ses sourcils ; y avait-il une guerre dans les Terres de l'Orage ? Au Nord, on devait supporter les sauvageons et fer-nés, mais que pouvait-on bien craindre dans l'Orage ? Le Bief, Dorne ? Elle ne comprenait pas bien.

« Disons que ce ne fût pas le meilleur accueil que l'on m'ait réservé et que cela change grandement de l'une de nos précédente rencontre. »

Quand, l'avant-veille, le Baratheon et la Stark avaient échangés, au bord du lac, leur premier baiser. Un baiser sous le coup de la colère, un baiser à la fois tendre, langoureux et fiévreux qui avait rendu ses joues cramoisies. Mais qui lui avait donné l'impression que pour une fois, ils avaient trouvés ce qui ressemblait presque à un terrain d'entente. Mais un accueil avec une dague sous la gorge, c'était bien la première fois. Elle suivait du regard la main du Baratheon, souriant toujours en le voyant faire.

« J'ai cru voir cela. Rien de trop grave je l'espère. Qui vous a infligé cela ? »

Elle regardait autour d'eux ce qui aurait bien pu servir, espérant qu'il n'aille pas à lui demander de le recoudre puisqu'elle n'aurait su le faire. Mais la plaie ne lui semblait pas profonde à un tel point. Rompant ce contact un peu trop proche qui s'installait, elle se penchait juste assez pour pouvoir regarder de plus près la plaie du Baratheon, posant à nouveau ses doigts proche de celle-ci, délicatement, pour ne pas non plus le heurter si sa peau venait à être sensible.

« Il ne faudrait pas que cette petite plaie s'infecte.»

Elle regardait à nouveau la plaie mais elle ne lui semblait pas trop profonde, heureusement pour lui. Elle ne prenait pas forcément gare à son souffle qui pouvait venir caresser la peau sensible du Baratheon.

« Mais vous êtes un grand combattant, vous êtes solide, vous surmonterez cette plaie. Laissez, je vais vous aider.»

Elle n'était pas moqueuse, elle constatait juste ; il y survivrait. Elle savait bien, au Nord, qu'il fallait vite soigner toutes les plaies pour éviter l'infection, auquel cas, la mort était quasiment assurée. Mais Robert était solide, costaud, elle ne l'imaginait pas périr pour cela. Elle le voyait plutôt périr par un excès de vin ou dans un combat sanglant contre trop d'hommes pour lui seul. Mais pas par une plaie infectée.

Lyanna ne savait pas sur quel pied danser avec Robert, un coup était-il proche, un coup distant, un coup elle le voyait souvent près d'elle et il n'hésitait pas à la toucher, un coup il gardait une distance qui se voulait respectable puisqu'ils n'étaient que fiancés et qu'elle ne lui appartenait pas encore aux yeux de Sept ou de quiconque.

« Ne me revenez pas tout écorché non plus... Je devrai en venir à vous défendre. »

Se rendant compte de l'inquiétude qu'elle laissait un peu trop transparaître, elle sur-enchérissait. Comme une mère aurait du venir défendre son petit d'enfants trop turbulent. Elle l'avait taquinée, avait ensuite ri de cette idée, se voyant venir dans une salle où plusieurs hommes siégeaient pour leur demander de cesser d'importuner Robert ; soit on l'aurait conviée à partir, soit Robert aurait été terriblement gêné. Et cela l'aurait d'autant plus amusée. Le petit Robert. On l'aurait conviée à partir, puisqu'aucun n'avait l'idée qu'elle était ce jeune chevalier à l'armure trop grande, qu'on acclamait dans les tribunes. Personne n'aurait été la soupçonner de cela et cela la faisait un peu moins rire. Sinon beaucoup moins.

« Avez-vous... apprécié les joutes? »

Elle regardait ce qu'il y avait autour d'eux, sans oser affronter directement le regard du Baratheon suite à cette question risquée. Il savait ce qu'elle avait fait mais maintenant qu'ils étaient au calme avec plus de liberté pour parler, elle ne pouvait s'empêcher de lui demander. Elle voulait tout de même l'aider, comme elle avait aidé ses frères, surtout Benjen, lorsqu'ils se blessaient et que cela n'aurait pas du se savoir et qu'ils ne voulaient pas aller voir le mestre. Elle lui devait bien ça. Rien que le fait qu'il l'ait laissée jouter sans la dénoncer ou la dissuader de continuer sur sa lancée, lui avait fait gagner plus d'estime pour le Baratheon, sans compter tout ce qu'ils s'étaient dit ces derniers jours. Elle relevait alors son regard vers les saphirs du Baratheon.

« Je vous estime beaucoup, même si mon orgueil me pousse à me faire croire que je vous déteste. Ce qui n'est pas le cas. Et... Je vous remercie de m'avoir laissé faire, tout à l'heure. Vous aviez bien des occasions de raconter à mon père ou mon entourage ce que j'avais fais et vous avez gardé cela pour vous. Merci beaucoup. »

Il aurait aussi pu annuler les fiançailles mais ne l'avait pas fais, elle ne comprenait pas pourquoi d'ailleurs. Il aurait pu avoir n'importe quelle vraie lady. Il aurait pu détruire ce qu'il restait de sa réputation, il aurait aussi pu la dénoncer au roi, mais ne l'avait pas menacée, n'avait rien dit, rien fait. Elle savait déjà que si cela avait été le cas, son père serait venue la chercher par la peau des fesses et l'aurait sermonnée comme il ne l'avait jamais fais encore. Elle se mit sur la pointe des pieds, venant déposer, un peu timidement, un baiser contre la joue du Baratheon. Un remerciement maladroit, mais elle ne voyait pas ce qu'elle pouvait faire de plus. C'était même risible, comme action, qu'un baiser sur la joue. Il avait de quoi rire. Mais c'était toujours, pour elle, un nouveau pas qu'elle faisait vers le Baratheon, un pas d'elle-même sans avoir été forcée. Lyanna était, après tout, une louve sauvage, non-apprivoisée. Il fallait donc lui laisser le temps de jauger d'elle-même une situation et la laisser approcher à son rythme, s'y faire. Il n'y avait guère qu'avec Eddard que la louve était d'une infinie douceur et tendresse. Ce qu'elle faisait encore avec le Baratheon, des tentatives d'approche. Cela avait résulté à un baiser sur la joue, qui, intérieurement, après coup, la faisait rire et se dire « tu es pitoyable Lyanna ». Mais elle ne voyait pas ce qu'elle aurait pu faire de plus. Alors en se remettant sur ses deux pieds, elle se raclait un peu la gorge.

« Bien, trouvons ce qu'il vous faut. Cela ne va pas se soigner tout seul. Qu'avez-vous dans votre tente ? »





Queen of Love & Beauty
it's you & i against the world, for now & for ever. No matters the words & masks. You are mine & i am yours. i promise.

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Message Sujet: Re: Song of Storms | ft. ROBERT BARATHEON Mar 11 Juil - 0:51

Song of storms
Lyanna & Robert
An avenue once bent in shadow, in a morning straight and hallow. You hold high a destination, you sing to me of sweet revelation. I feel the quickening in my step, but I don't even touch the ground.

Le Baratheon arque un sourcil à sa première réplique. Son visage se ferme considérablement, alors qu’un masque impassible imprègne ses traits ciselés. Il semble que certaines plaisanteries anodines se révèlent plus coupantes et mordantes dans la réaction suscitée ; mais le jeune homme ne tique pas. Son passé est sien, honorable ou non. Il n’entend pas revenir sur le sujet de sa bâtarde. Non pas par embarras : simplement, il se refuse à être attaqué sur cette paternité, aussi imprévue qu’assumée. Oui, il n’est plus puceau ; oui, il a cherché la compagnie enivrante des femmes ; jusqu’à l’extase. Jeune, ingénu, il s’est adonné au jeu des regards langoureux et des mains caressantes ; sa langue a goûté à d’autres gorges lascives, s’aventurant vers le creux sensuel d’une poitrine frémissante. Il a inhalé des fragrances exquises, des parfums ensorcelants ; de rose, de lavande, autant de fleurs aussi savoureuses qu’épanouies. Si pliantes entre ses doigts experts. Il perd seulement en raison de son Nom, qui lui impose une conduite d’apparat ; ne sont-ils tous pas hypocrites, à le pointer du doigt pour avoir laissé – par accident, par maladresse – la preuve de ses amours volages ? Quelques uns le moquent : ils se sentent supérieurs dans la mesure où, eux, dissimulent avec succès leurs activités nocturnes. Certes, Robert aurait dû se protéger davantage ; mais il ne peut détourner ses yeux quant aux conséquences. Le don de vie est à chérir, licite ou non, conforme ou non à des règles bienséantes et insidieuses. Alors, qu’il écope du mépris de Lyanna Stark… Cela ne l’échauffe point. Il n’aurait jamais voilé son expérience dans l’art d’aimer ; et lui-même considère l’importance du pucelage – de la « pureté » du corps – comme une sombre aberration, édictée par des hommes mesquins ayant le besoin d’assouvir leur autorité sur autrui, sur la chair intouchée d’une femme. La soif de conquête… Pouvoir se saisir d’une terre immaculée. Mais la nature s’oppose à ces lubies ; le désir s’empare des hommes et des femmes. Quant à la fidélité, c’est une autre affaire. Pour les nobles, la loyauté conjugale importe ; la question de la descendance surgit. De temps à autre le Cerf envie les roturiers et les voyageurs sans attache, libres d’aimer et de s’unir à leur guise. Beaucoup attendent de Robert qu’il déshonore sa future femme en s’égarant dans d’autres lits ; peu savent qu’il considère l’amour sincère de Steffon et de Cassana comme un parangon à admirer. Pour qu’un peu que sa compagne le respecte et le désire, le souverain d’Accalmie se satisferait d’offrir ses regards éperdus vers elle seule. Sa réputation de fripon lui colle à la peau ; pourtant, d’autres en apparence plus… « chastes » et dévoués n’hésitent pas à tromper leur femme. Gardes, chevaliers, princes.

Robert balaie l’excuse de sa promise d’un revers nonchalant de la main. Qu’importe, vraiment. Il met en doute sa sincérité : le ressentiment agit comme un givre, éteignant toute chaleur et inclination autrefois éprouvées. Il craint de posséder la gélivure d’un cœur ; l’organe de sa fiancée apparaît comme gelé dans la rancœur. Ne battra-t-il jamais pour lui, fuligineux ?  Le regard sibyllin et impénétrable du natif d’Accalmie considère la fille Stark, véritable énigme. L’image idéalisée et évanescente de Lyanna se dissout par lambeaux de jour en jour ; parfois, il aperçoit une jeune fille rancunière, privée d’un simulacre de liberté jamais possédé. Les descendantes des grandes maisons ne jouissent pas de ce privilège ; il serait fou de penser le contraire. Certes, leur sort désole le Baratheon ; mais ne sont-ils pas tous captifs de leur Nom, de leur rang, de leur destin même ? Quelques uns parviennent à s’émanciper plus que d’autres, mais cela requiert un prix. Rien n’est donné : la liberté, si elle devient l’objet d’un désir trop impérieux, se trouve dans un ailleurs géographique. Une fuite, une disparition, une fugue amoureuse… D’un ton sans appel, où rien ne transparaît, le Cerf répond à sa jeune interlocutrice : « Comme beaucoup. Je suis assez lucide pour l’avouer ». Un sourire tendre éclaire ensuite le visage du chevalier : « Vraiment ? Je suis surpris. Il me semble que vous n’avez rien à faire, si ce n’est être vous même ; qu’importe le raffinement de vos étoffes, qu’importe la couleur de votre tunique, vous brillez par vous-même. L’ébène dans vos cheveux, sauvages ou disciplinés… L’empyrée grisâtre entourant vos pupilles… La clarté sélène de vos joues. Mais plus que ça : il y a une flamme ardente logée en votre poitrine. Admiratif, j’ai pu déceler sa présence lors de vos exploits, ma dame ».

« Hm, le spectre de la guerre nous hante… Un fantôme du passé, latent, mais ayant forgé et façonné nos existences. Et puis, nous nous entraînons avec acharnement parce que la perspective d’un conflit armé ne dépérit jamais, même en temps de paix. Il serait si aisé de retomber dans le néant… Les gens oublient. Et d’autres portent des rêves démesurés ; il en est ainsi depuis les ères cosmogoniques ». Un autre sourire, plus intime, presque secret, étire les lèvres du suzerain de l’Orage. « Une de nos précédentes rencontres », répète-t-il d’une voix faussement inquisitrice et incertaine. « Peut-être que vous auriez l’obligeance de me rafraichir la mémoire ? ». L’expression carnassière et avenante, avec ce pan de lèvres relevé, Robert caresse de son œil céruléen la courbe amarante de sa bouche ; ce faisant, il trahit ses propos, révélant qu’il se souvient de leur échange fébrile. Et comment l’oublier ? La voix rauque et ondulante ne tarde pas à s’élever de nouveau : « Oh, point d’inquiétude ; il s’agit de l’œuvre d’Alyn. En d’autres circonstances, auriez-vous lavé mon honneur ? Je plains tout homme assez fou pour risquer votre courroux ». Et Robert, perspicace, s’imagine être cet homme à l’avenir ; leurs caractères sont similaires à deux vents contraires, emportés l’un contre l’autre, mais désireux d’une étreinte passionnée, jamais rassasiés de se rencontrer pour mieux se quitter. Arquant encore un sourcil, signe de son amusement, le fils de l’Orage déclare : « Serait-ce là des compliments, ma tendre ? Ou me suis-je égaré dans un songe cruel, dans lequel je me crois être l’objet de votre affection ? De votre esprit si vif et autonome ? Délivrez-moi, par pitié, le réveil n’en sera que plus brutal et solitaire ». Avec plus de sobrité, il ajoute : « Lyanna, je vous remercie ». Il hoche légèrement la tête en signe de reconnaissance, et poursuit d’un ton léger la conversation. « Ah, et je suis sûr que vous feriez un formidable travail. Peut-être qu’avec un entraînement intensif… ». Le souverain s’interrompt, pensif. Son regard évalue la figure lui faisant face. « Hm, peut-être qu’il serait possible… ». Se redressant, il explicite sa pensée : « Je pourrai m’entraîner avec vous, à Accalmie. Si vous le désirez. Et à l’abri des regards, vous comprenez… Notre société patriarcale aurait du mal à survivre à cela. Et pourtant, les Sept savent que les femmes font des adversaires redoutables ». En particulier celles de Dorne. Le chevalier réprime un soupir.

« Ah, ma dame. Oui, je les ai appréciées. J’ai vibré pour vous… d’angoisse, de fierté. Vous pouvez être satisfaite de vous même ». Une pause, un silence. « Lyanna, je suis votre allié. Je vous dirai le fin fond de ma pensée, si je suis d’accord ou non avec vous. Je ne désire pas vous museler ou même vous « apprivoiser » ; j’ai bien pris conscience de votre nature farouche, qui pourrait être libre de s’incarner à Accalmie. À mes côtés, quand j’aurai l’honneur de vous revêtir d’un manteau chryséléphantin, vous deviendrez mon égale ; une Baratheon, parée du Cerf, mais non pas moins une Stark. Vous pourriez être l’une et l’autre… Une épouse, une guerrière de l'ombre, ma plus proche conseillère. La souveraine de l’Orage, libre d’hurler dans le cœur d’une tempête, libre de gémir dans le silence des plaines haves ». Robert presse doucement ses mains autour du cou duveteux de Lyanna, son pouce frôlant une joue. Puis un murmure : « Oui, certes. Pour tout vous avouer, il n’y a que l’alcool avec lequel je comptais rincer la plaie. Et quelques tissus, je crois, pour bander la plaie ». Le guerrier se meut dans la tente, rassemblant les objets évoqués. Une amphore, des étoffes. Il porte ses mains à ses cheveux, pour les nouer en un chignon ; dans le mouvement ascendant, les muscles de son torse se creusent et jaillissent. « Je vous en prie, procédez donc ». Et il ajoute : « Alors… Il faut me dire ce que vous avez ressenti lors des joutes ? Exaltée ? Surpuissante ? Parfois je me sens invincible… Surtout dans la mêlée. Péché d’ubris… Je me demande quelle arme vous conviendrait le mieux. Hm. Avez-vous déjà manié une épée ? J’ai l’étrange sentiment que oui, après vous avoir vu jouter ».
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Message Sujet: Re: Song of Storms | ft. ROBERT BARATHEON Mar 11 Juil - 19:40


Song of Storms

Robyanna :v



La louve allait parfois trop loin, c'était plus fort qu'elle. Elle ne s'en rendait pas forcément compte, car son but premier n'était pas de blesser les autres. Mais elle en voulait à Robert, comme elle en aurait voulu à quiconque désirant la priver de sa liberté tant chérie, comme à quiconque aurait voulu l'épouser et lui imposer un certain nombre d'enfants. Car c'était ce qui allait arriver, non ? Si tôt seraient-ils mariés qu'elle devrait prouver sa fertilité à tout Westeros en faisant quelque cervidés au Baratheon, autre chose qu'elle craignait bien, avoir des enfants ; elle ne s'en sentait pas prête, elle-même encore à moitié enfant, elle-même encore immature et plus prompt à courir dans les bois à s'en écorcher les vêtements que rester gentiment assise le temps que son ventre pousse... Elle savait aussi qu'il y avait de très forte chance qu'elle n'ait que des garçons et cette idée l'effrayait : tant Stark que Baratheon étaient des hommes gigantesques et puissants, elle voyait bien Benjen, plus jeune qu'elle et déjà plus grand et costaud. Et c'était ce qu'elle devrait mettre au monde, sans compter les gênes du Baratheon qui se mêleront à ceux des Stark : leur enfants seraient si forts que des arbres, si puissant que les loups géants du Nord mêlés aux cerfs des Terres de l'Orage. C'était angoissant pour la jeune louve, d'imaginer des bébés si monstrueux sortir d'elle. Elle en frissonnait d'effroi rien qu'à cette pensée. Puis Robert la surprenait, commençant à partir dans des envolées lyriques qui la laissaient stoïques. Elle ouvrit les yeux un peu plus en le regardant, se retenant de tâter le front du cervidé pour vérifier s'il n'était pas déjà pris par la fièvre et l'infection. Elle s'empourprait à ces mots surprenant. Elle qui s'était toujours imaginée Robert comme le guerrier de base, avec pour cerveau, un caillou qui ne servait qu'à indiquer les choses primaires : taper, coucher, manger, boire. Elle aurait plutôt cru que de tels mots lui seraient venus du prince Rhaegar, mots dont elle se serait délectée et son orgueil aurait été caressé dans le sens du poil. Mais non, c'était le suzerain des Terres de l'Orage, son futur fiancé, qui lui adressait ces mots. Elle ne sût quoi y répondre, la bouche légèrement entre-ouverte. S'ouvrait-il à elle en confiant pareils mots, ou les disait-il à toutes les donzelles pour qu'elles tombent sous son charme ? Elle s'en mordait l'intérieur de la joue ; ne pouvait-il pas ainsi lui parler plus souvent plutôt qu'agir en rustre ? Peut-être était-il simplement maladroit. Elle ne savait plus, juste qu'elle était troublée pendant quelque instants de ce qu'il venait de lui confier. Alors son récit suivant sur la guerre, c'était d'une oreille distraite qu'elle l'avait entendu. Entendu, pas écouté. Car elle réfléchissait encore aux mots qu'il avait pu employer pour lui parler.

Puis leur rencontre l'avant-veille revenait sur le tapis, il feignait ne pas s'en rappeler. Elle aurait pu s'en vexer ; il avait été son tout premier baiser. Bien des jeunes filles s'expérimentaient à cela, elle le savait « qu'était-ce qu'un baiser ? » car la plupart des jeunes filles voulaient être les plus belles, les plus intéressantes, elles rêvaient d'amour comme dans les histoires des septa ou du mestre. Mais Lyanna n'avait rêvé que de gloire au combat, d'émancipation, de liberté, de voyage les cheveux remuant dans l'air frais, le vent fouettant son visage pâle à l'en rendre rouge ; elle n'avait jamais rêvé d'amour, ni rien s'en rapprochant, pas même toute petite. Puis elle avait rencontré Rhaegar et avait compris qu'elle avait recherché quelqu'un qui la complétait, quelqu'un de réfléchis, de calme, de posé, un musicien qu'elle pourrait inspirer de par ses combats et exploits. Mais non, Robert avait été son premier baiser, est-ce que c'était ce que l'on appelait le romantisme ? Le premier à l'embrasser, qui serait très probablement aussi le dernier ? Soit. Mais elle ne se vexait pas qu'il feigne ne pas s'en souvenir, pas plus qu'elle ne lui rafraîchissait la mémoire, trop fidèle déjà à un autre qui n'était pourtant pas sien et à qui elle n'appartenait pas. Elle se contentait de lever les yeux au ciel en souriant, alors qu'il avait regardé ses lèvres. Elle était de bonne humeur, elle ne s'énerverait ni ne s'agacerait donc de ce sourire qu'il avait, sourire qu'elle trouvait agaçant, comme s'il était annonciateur d'une victoire. Dans cette histoire, après tout, seul Robert était gagnant. Homme, il avait le droit de choisir une épouse parmi toutes. Il avait 9 régions à disposition et avait été jusqu'au Nord choisir celle qui serait sienne. Elle ne s'en voyait pas flattée pour autant, même si elle savait qu'elle aurait du et que des centaines de dames auraient été plus que ravie d'être à sa place.

« Peut-être... Peut-être pas. »

Elle le taquinait juste, lui donnant un petit coup de poing amical sur le bras, coup de poing qui se révélait surtout être un contact bref, presque effleurement du poing. La jeune femme n'avait vécu pratiquement qu'avec des hommes toute sa vie, Berena était arrivée tard dans sa vie et lady Karstark aussi. Pouvait-on donc lui en vouloir d'agir parfois comme un homme ? Sans doute que oui. Mais elle ne pensait pas à mal, elle avait juste les joues plus rouge qu'elle n'aurait bien voulu l'admettre, toujours sous le coup des mots qui avaient précédés, les compliments qu'il lui avait adressé, signe qu'au fond d'elle, elle restait tout de même une jeune fille ignorante de ces choses que la séduction.

Il parlait de sa blessure, il s'était probablement entraîné avec des amis ou compagnons de baston. Laver son honneur ? Elle souriait d'avantage, amusée par la situation, il semblait lui aussi jouer à ce jeu et pendant un instant, elle se demandait si tout ceci était le début de leur complicité. Harrenhal avait beau être maudite, le tournoi en ces lieux lui avait au moins permis de faire une rencontre bouleversante et de créer une relation sans doute plus saine et moins portée sur la haine et la rancœur, avec Robert.

« J'y serai allée et lui aurais mis une correction dont il se serait souvenu ! »

Elle avait souris plus largement encore, allant jusqu'à dévoiler ses dents blanches et parfaitement alignées. Il ne voulait pas être celui qui affronterait son courroux, il était pourtant celui qui le ferait pendant des décennies, songeait-elle. C'était inévitable, leur caractères étaient trop forts et ne pouvaient que s'entrechoquer à maintes reprises. Ils trouveraient leur terrains d'entente, elle le savait bien aussi. Mais avant de parvenir à trouver ce terrain, nul doute qu'ils auraient à souvent s'affronter. Deux orgueilleux, deux têtus, d'autres impulsifs plus prompts à sortir de leur gonds qu'à réfléchir à la situation dans tout son ensemble. Elle le savait, oh oui, elle le savait.

« Des compliments ? Je... Disons que... »

Et voilà, les joues cramoisies. Prise la main dans le sac ; elle avait été trop transparente avec lui, il l'avait remarqué et le pointait.

« Je peux vous retirer bien des choses, tel que votre patience et votre temps, mais pas l'évidence. »

Elle ne pouvait pas dire qu'il n'était pas fort et solide alors que cette force semblait transpirer de chacun des ports du Baratheon, comme elle ne pouvait pas nier qu'il était un grand combattant, pas besoin de le voir à l'oeuvre pour le savoir, elle avait connu suffisamment de guerriers dans sa vie pour savoir cela en quelque coups d'oeil. Elle posait une main sur le bras fort du Baratheon, se rapprochant un peu plus de lui. Elle se rendait compte de son comportement, parfois injuste envers lui, mais lorsqu'il lui faisait remarquer que pour une fois, elle semblait douce avec lui, cela lui donnait l'impression d'avoir été une peste imbuvable, ce qu'elle détestait être. Ne tirait-il d'elle que ses mauvais côtés ? Elle n'imaginait pas bien comment ils pourraient vivre ensemble éternellement si elle n'apprenait pas à mettre de l'eau dans son vin. Ils n'étaient plus qu'à quelque centimètres, allait-elle finalement lui rappeler ce qu'ils avaient fait, l'avant-veille ? Elle se contentait d'effleurer le nez du Baratheon, du bout du sien, avec une délicatesse qui la surprenait. Il n'y avait plus que quelque millimètres qui séparaient leur lèvres, elle était hésitante sur la démarche à suivre, pourtant des plus simples. Elle aimait assez ce silence qui s'installait, n'entendre et sentir que leur souffles chauds s'entremêlant. Cette façon dont ils avaient réussi à communiquer, peut-être réussirait-elle ainsi à ne plus rien dire qui soit vexant, peut-être réussirait-il ainsi à ne plus rien dire qui lui paraisse idiot.

« Mais il faudra vous réveiller, mon ami, la journée n'est pas encore terminée et nous aurons besoin de vous. Entier, si possible. Quant à votre solitude, j'ai bien peur pour vous que vous ne la connaissiez plus jamais dès lorsque nous serons mariés. Vous devrez chaque jour m'endurer jusqu'à votre dernier, tant le jour que la nuit.»

Elle s'était remise sur ses talons, ne se risquant pas à aller jusqu'au bout de sa pensée et d'embrasser les lèvres pleines de son fiancé. Si ses mots n'avaient plus été que des murmures, elle savait qu'elle devait se remettre sur ses jambes et ne plus se risquer à des choses qu'elle ne saurait assumer. Elle voulait juste mettre de l'eau dans son vin, lui montrer qu'elle n'était pas qu'une petite teigne mais qu'elle pouvait aussi être une jeune femme douce et affectueuse. Tout ne dépendait jamais que de la personne en face d'elle, certains comme Eddard et Rhaegar, avaient en un instant sa tendresse et son affection, d'autres comme Brandon, Benjen ou Robert, avaient en un instant ses foudres et sa colère. Parfois justifiée, parfois non. Et désormais, elle n'aurait plus Benjen ni Brandon pour déverser sa colère, il n'y aurait plus que Robert contre qui elle pourrait déclarer comme la vie était injuste dès qu'on essaierait de resserrer ses brides. Robert avait juste un avantage, qu'elle se forçait au moins à être plus douce et délicate avec lui, jusqu'à ce que cela devienne une habitude, à l'inverse de ses frères où elle ne faisait et ne ferait jamais ces efforts. Mais Robert serait son mari, il valait mieux instaurer une certaine accalmie entre eux pour que leur avenir se passe le mieux possible.

Est-ce que cette soudaine tendresse payait ? Alors qu'elle cherchait de quoi soigner le Baratheon, il semblait réfléchir jusqu'à lui dire qu'il s'entraînerait avec elle. Loin des regards, ce qui ne la surprenait pas, mais l'entraînerait tout de même. Lyanna avait juste appris au fil des ans que les mots étaient certes bien et beau, mais que rien ne remplacerait jamais les actes. Alors elle attendrait de le voir pour le croire, cela ne l'empêchait pas de sourire d'autant plus au Baratheon de ce qu'il venait de lui proposer, car elle restait lucide là-dessus ; combien d'hommes auraient acceptés ? Hors du Nord ? Elle n'en connaissait que trois, Rhaegar, Yoren, puis lui. Et quelle chance aurait-elle seulement, de s'entraîner avec un grand combattant. Ce fût plus fort qu'elle, la jeune fille avait quasi sauté dans les bras de son fiancé, oubliant sur l'instant la blessure qu'il avait au flanc. Impulsive, comme toujours. Elle avait bondi dans ses bras sans y réfléchir, comme la gamine qu'elle était encore et elle l'avait serré si fort qu'il était possible contre elle, avec la force qui lui restait seulement depuis les joutes. Il n'en n'avait pas fallu plus pour Lyanna. Elle n'avait pas eu besoin de promesses de robes ou que savait-elle encore. Juste de ça. Même si elle voulait toujours le voir pour le croire, cela lui donnait surtout l'impression qu'il approuvait qu'elle continue à apprendre à combattre. Qu'elle continue à apprendre à porter une épée, à la manier. Que fallait-il de plus ? Il lui avait déjà dis qu'il l'emmènerait chasser avec lui, qu'il lui acceptait même qu'elle continue ses promenades à cheval. Serait-ce donc si terrible de vivre à Accalmie, songeant à tout cela ? Et si elle se souvenait des leçons du mestre, il y avait là-bas assez de bois, à perte de vue, pour lui accorder tant chasse que promenade. Sauf que là-bas, il n'y aurait aucun sauvageon, aucun fer-né, rien de tout ceci pour l'importuner et donc aucun de ses frères pour lui hurler de rentrer immédiatement avant que l'un ou l'autre ne vienne l'attaquer, dans un cas pour la manger, l'autre pour faire d'elle une femme-sel, une esclave.

Il lui avait dit être fier d'elle au tournoi, mais l'euphorie était telle, l'adrénaline avait été telle, qu'elle n'avait plus rien retenu. L'entendre le dire à nouveau ne pouvait aussi que la satisfaire et flatter son égo, car elle avait pu prouver à un grand combattant une chose à ses yeux simples : les femmes étaient tout aussi capable que les hommes de porter une arme et la manier. Elle ne cessait donc pas de le serrer contre elle, ses bras autour de son cou, ses pieds ne touchant plus terre. Et l'entendre parler de leur futur mariage la faisait grimacer mais ainsi placée, il ne pouvait la voir, ne pouvait voir son visage et elle en fut ravie. Elle grimaçait à l'idée de l'épouser, toujours si accrochée à sa liberté chérie et à se demander comment elle aurait pu être une combattante émérite en plus d'une épouse et mère. Mais si lui le pouvait, pourquoi pas elle ? Elle se faisait lentement à l'idée du mariage. Lentement mais sûrement. L'idée lui paraîtrait chaque jour moins abstraite, moins saugrenue. Il fallait juste lui laisser le temps. Elle se laissait glisser sur ses jambes, relâchant son étreinte pour le regarder parler. Elle le laissait poser ses mains sur son cou sans rien dire, posant juste l'une de ses main sur son avant bras.

« Oui, vous êtes mon allié, vous avez raison. J'ai tendance à l'oublier. Mais je ne sais que trop bien comme les hommes détestent l'idée même qu'une femme soit leur égale. Je n'ai vu que trop d'hommes plisser le nez sans oser dire le fond de leur pensée car mes frères étaient présents, trop d'hommes plisser le nez pour cracher leur haine et rancœur qu'une femme ne se comporte pas comme elle le devrait. Pardonnez-moi donc s'il m'arrive d'oublier qu'il existe en ce monde des hommes capables de m'accepter et d'accepter mes aspirations. Vous me l'avez pourtant dit et répété, j'essaierai de m'en rappeler, à l'avenir. »

Elle caressait du bout des doigts l'avant-bras du Baratheon, un sourire plus timide que les précédents sur les lèvres. Et les autres choses sérieuses revenaient ; la blessure. De l'alcool et des tissus, soit. C'était l'un des remède les plus rudimentaires mais cela aiderait tout de même. Elle essayait juste de ne pas faire attention à ; pourquoi avait-il donc de l'alcool dans sa tente ?

« Je connais plus d'un mestre dont le cœur s'arrêterait si on leur racontait cela. »

Elle riait. Les mestres avaient toujours leur potions magiques – estimait-elle – leur mixtures étranges qui sentaient fort pour soigner les plaies. Mais c'était bien souvent avec de l'alcool qu'elle soignait ses propres plaies, même si c'était douloureux ; c'était le prix à payer à s'aventurer n'importe comment en forêt. Elle prenait alors ces effets, sachant qu'il faudrait déjà nettoyer les plaies. Par chance pour le Baratheon, celle-ci ne semblait pas très vilaine, elle était plutôt nette, pas très profonde. Elle se contentait juste d'imbiber d'alcool un morceau de tissu pour tamponner la blessure, retirer le sang sécher et celui qui viendrait à couler. Elle ne se laissait pas distraire par la quasi nudité du Baratheon. Elle avait à nouveau ce sourire à en dévoiler ses dents un peu pointu, alors qu'il parlait à nouveau des joutes et ses propres ressentis, puis finalement des armes qu'elle utilisait. Elle effleurait la blessure, continuant à en retirer le sang.

« J'ai ressenti une pointe de peur, au début. Je me suis demandée ce que je faisais là, finalement. Jeune fille de quatorze années assise sur un cheval avec une armure de toute évidence trop lourde pour elle, avec une lance qui n'était pas la sienne. Et puis il était trop tard pour faire demi-tour et je n'avais pas fais tous ces efforts pour partir la queue entre les jambes. Alors j'ai soufflé et je me suis lancée. L'euphorie, l'adrénaline. C'est indescriptible. Et puis je n'ai compris ce qu'il s'était passé que lorsque je suis arrivée au bout du terrain et que la foule acclamait, je n'ai pas entendu le fracas de la chute de ce pauvre chevalier. J'ai compris après quelque secondes qu'il avait été transpercé et avait été propulsé et... vous connaissez la suite. »

Et il aurait bien du mal à remarcher désormais, ce pauvre chevalier.

« Alors je me suis dis, je ne suis peut-être qu'une dame de quatorze ans, mais j'ai propulsé de son cheval ce chevalier qu'on disait aguerri. Alors j'ai continué les deux joutes suivantes en priant de réussir. Cela a marché une fois sur les deux mais au moins, je m'en suis sortie indemne. »

Elle haussait les épaules. A travers son heaume, elle n'avait pratiquement rien pu voir, juste aviser à la seconde prêt.

« Je... je sais tenir une arme, oui. Je sais utiliser un arc ainsi qu'une arbalète, c'est utile quand on veut chasser. Et … on m'a appris, en secret, à manier une épée. Je n'ai pas la force pour porter une épée comme Glace mais une épée fine est suffisante, mais il me reste beaucoup de travail. Et puis, les dagues. Évidemment, les dagues. Mais personne ne doit savoir... »

Lyanna avait relevé les yeux vers son visage, espérant qu'il comprendrait qu'elle l'incitait à garder cela pour lui. La plaie était désormais nettoyée, désinfectée. Elle prenait alors un autre morceau de tissu, assez lent pour qu'elle puisse le passer autour de lui, à défaut d'avoir quoi que ce soit à disposition pour le coller. Elle fit ainsi le tour, détaillant ce qu'il se trouvait sous son regard quasi-innocent. Combien d'années pour pouvoir être ainsi bâti ? Elle se le demandait. Elle espérait juste que ses entraînements n'en ferait pas une femme musclée, elle l'était déjà trop à son goût. Et lorsqu'elle eut fini son œuvre, elle montrait ses mains. Le creux était un peu abîmé, quelque blessures aussi, anciennes ou récentes. Tenir des armes n'était pas sans risques, pas plus que tenir la bride de son cheval. Elle n'avait pas des mains de dame, ça, c'était sûr. Et il n'y avait pas que les armes qu'elle utilisait, il y avait aussi ses poings. Combien de fois, déjà, en était-elle venu aux mains avec Benjen ? Les deux avaient quasiment le même âge et ils ne pouvaient se retenir de se chercher, se confronter. Et cela partait parfois aux mains, bien que cela faisait quelque temps que ça n'était plus arrivé, ils avaient été matés par leur père et tant Benjen, qu'elle, ne semblaient plus s'y risquer maintenant que Berena Corbois était dans leur sillage. Mais on lui avait tout de même appris à se défendre avec ses mains, ses jambes. Le Nord était dangereux et elle n'avait eu de cesse de s'y aventurer seule, contre les avis des adultes, à force, Yoren avait au moins voulu lui apprendre à se défendre, lorsqu'il avait enfin compris que rien ni personne en ce monde ne parviendrait à l'empêcher de fuir si elle en avait envie, lorsqu'il avait enfin compris que plus on lui imposait de rester sage, plus elle se montrait teigne et fuyarde. Mais elle gardait cela pour elle, trouvant cela peu élogieux à dire et préférant garder pour elle une part de secrets.

« Jouterez-vous, demain? »

Allait-il jouter ou attendait-il la mêlée ? Ou n'avait-il juste pas envie de participer à tout cela ? Elle posait ses mains désormais libre sur ses hanches. Elle aurait bien aimé voir, enfin, ce qu'il avait dans le ventre. L'entendre par les autres était bien, mais elle aurait aimé pouvoir le constater par elle-même.





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it's you & i against the world, for now & for ever. No matters the words & masks. You are mine & i am yours. i promise.

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Message Sujet: Re: Song of Storms | ft. ROBERT BARATHEON Ven 14 Juil - 21:22

Song of storms
Lyanna & Robert
An avenue once bent in shadow, in a morning straight and hallow. You hold high a destination, you sing to me of sweet revelation. I feel the quickening in my step, but I don't even touch the ground.

Les minutes s’écoulent, troublées par l’étrange enlacement de leurs voix : l’une rauque et indéniablement masculine, l’autre douce et hésitante. Presque voilée. Le Cerf couronné est submergé de sombres pensées, alors que ses yeux jugent, scrutent, analysent. Il réalise alors, non sans amertume, qu’il ne connaît pas cette Lyanna. Lointaine et intouchable est la fille du Nord, fière héritière capable de dompter la plus indocile des montures. Autrefois souriante, rieuse à ses côtés ; libre de lui adresser quelques moqueries senties. Le jeune Robert avait été charmé par son indépendance d’esprit, outre le rose à ses lèvres, outre la Nuit reflétée dans sa chevelure défaite. Il s’était contenté de ces songes, ravi, s’empressant de confier la nature irrationnelle et irrépressible de ses sentiments à Eddard. Tempétueux, oui… Et impulsif. Les deux traits de caractère qui lui correspondent le mieux. La fougue du Cerf face au givre ardent d’une Louve. Mais n’était-il pas fou ? Ne l’est-il pas encore ? Il lui semble que des voiles ont paré ses yeux, trompant ses pupilles dilatées, si promptes à succomber. Il aurait dû contempler une jeune fille ; même, une « fille ». Beauté à peine éclose, et pourtant… Des formes qui épousent difficilement la courbe sensuelle d’une robe. Qu’a-t-il donc pu voir ? Interdit, Robert s’interroge ; lui, un souvenir du passé… Il se sent comme étranger à lui-même, à cet adolescent qu’il fût et qui se dérobe désormais, abscons et hermétique. Le suzerain des Orages observe et découvre sa jeune promise sous une clarté nouvelle. Il voit l’hésitation et l’agitation qu’il suscite chez elle ; le pourpre qui s’empare de ses joues, signe d’embarras. Naturellement, le Baratheon est encore sensible à la beauté de la Nordienne ; typiquement Stark, ajouterait sa conscience. Fine, élancée et pourtant des épaules droites, un tronc viril. Le noir de ses cheveux lui fait penser au pelage des Corbeaux ; trônant dans la voute céleste, messagers ou rôdeurs ; errant par-delà le Nord, frêles figures noyées dans les plaines haves et désertiques. Peut-être est-ce la singularité de ses charmes… Lui qui raffole des courbes pleines et charnues, des poitrines généreuses et frémissantes sous l’étoffe, bientôt ôtée de ses doigts experts ; même, son œil repose instinctivement vers les chevelures d’or plutôt que d’ébène. Il aime à glisser ses mains avides entre les fils ondulés, semblables à des rayons ardents… Comme ceux de sa cousine, Alyenora Estremont, qu’il considère comme un parangon de beauté et de vertu ; une sorte de femme parfaite. Si avenante, si vive et éduquée ; capable de se jouer de lui-même, mais d’une manière si élégante et fine, qu’il ne peut s’empêcher d’être admiratif, oubliant aisément la douce brûlure de ses piques. Plus jeune, se confiant à l’ombre de son cœur, antre secrète et privée, il regretta de lui être lié par les liens du sang. Enfants, il n’a cessé de lui promettre le mariage. D’une voix insouciante, il lui répétait : « Tu seras ma femme, car tu es la plus belle d’entre toutes ». Au fur et à mesure ses sentiments empreints de naïveté se métamorphosèrent en amour fraternel et protecteur. Mais Lyanna, en ce jour, à cet instant précis, lui apparaît si jeune et vulnérable ; pourquoi lui avoir imposé cela ? Si tôt ? N’aurait-il pu attendre quelques années, qu’elle parvienne à maturité, en pleine possession de son cœur et de son esprit ? Impétueux, impulsif… Il lui a fallu s’assurer : qu’elle soit sienne. Robert se méprise pour cela, pour ce sentiment noir. Maintenant, il a une fiancée plus fille que femme, marquée d’amertume. Rancunière de lui dérober foyer et années de liberté. Et le souverain d’Accalmie comprend, se fustige en son for intérieur.

Elle reste charmante, la fille Stark. Robert s’interroge sur la bonne conduite à adopter avec elle ; avec les années qui les séparent, la différence de leur éducation et de leurs goûts, l’affaire semble ardue. Le problème ne lui a jamais effleuré l’esprit auparavant ; après tout, le Baratheon se contenterait d’une entente cordiale et complice. Il a abandonné le songe diaphane d’un amour réciproque. Et, au vue de leur échange ardent passé, les prémices d’une passion déferlante et prenante se sont révélés ; peut-être qu’ils seront liés par le seul désir de la chair, par la soif des baisers et des souffles. « Vous endurer, ma tendre ? J’ose avouer que ça sera là un plaisir que d’écouler mes jours et mes nuits en votre compagnie. Je crains même de vouloir fuir les bras duveteux du Sommeil pour rester plus longtemps éveillé dans les vôtres ». À nouveau un sourire espiègle étire les lèvres du Cerf. Il ne s’offusque pas de voir sa requête déclinée par sa dame ; il se contentera de chérir l'émotion inattendue mais largement appréciée que procure l'étreinte de Lyanna. Ses bras serrés tout contre lui, la caresse de son nez ; quelque chose d'innocent et d'intime, à l'origine du soubresaut de son coeur. Avec cet enlacement, il croit même entendre battre le sien ; coeur contre coeur, seront-ils un jour unis dans la même mélodie ? Au vue de l'action de la Stark, cela ne paraît pas impossible... Tout comme le Cerf, la Louve semble redoubler d'efforts pour faire concorder leurs voix et leurs âmes. On peut certes incriminer Robert de quelques vices, mais jamais celui de presser une amante ; le chevalier n’a jamais imposé ses désirs, toujours compréhensif et aimable, ni rancunier. Le consentement est chose primordiale ; et quel plaisir, quelle gloire à forcer une dame ? Aucune, absolument aucune. Et si le seigneur d’Accalmie jouit d’une si bonne réputation d’amant et de compagnon, c’est qu’il sait être à l’écoute des envies… Il est sensible au moindre bout de peau, susceptible de tirer quelques gémissements. Et bien sûr, le Baratheon met à profit sa nature ardente et insatiable.

« Je vous respecterai, soyez-en assurée. J’ai prêté des serments en ma qualité de chevalier ; et je ne les ai pas prononcés d’une voix fausse ou insincère. Surtout, en tant qu’homme et fils, je tiens aux valeurs de loyauté et de dévouement que suppose une union maritale », rétorque Robert. Il frémit imperceptiblement au point de contact sur son avant-bras, les doigts fins de Lyanna effleurant sa peau. Il se penche vers sa fiancé et d’une voix complice, lui murmure à l’oreille : « Alors efforçons-nous de garder ça secret… Pensez à ces pauvres mestres, déjà alentis par la force de l’âge. Une telle nouvelle serait funeste pour leurs cœurs défaillants, eux qui s’enorgueillissent de posséder le meilleur savoir des remèdes ». Le chevalier se redresse et adresse un clin d’œil à la Nordienne. Il laisse la jeune femme s’occuper de sa blessure, l’observant d’un œil brillant. Le natif d’Accalmie préfère rester debout, s’appuyant contre le rebord de la table derrière lui. Aux gestes attentionnés de Lyanna les muscles de son abdomen tressaillent, contractés par la douleur. Une sorte de brûlure, non pas intense, mais latente, lascive. Un combattant comme Robert apprend à dompter la souffrance ; certains serrent les dents, se voulant oublieux des désagréments infligés. D’autres accueillent les sensations à bras ouverts, et cherchent à tirer du plaisir de leurs muscles meurtris, de leurs membres déchirés et sanguinolents. Le Baratheon fait les deux. La douleur l’enracine ; semble parfois même salvatrice, sorte de rédemption offerte à celui qui pèche par orgueil ou par distraction. Le Cerf écoute d’une oreille attentive les propos de la fille Stark, alors que son regard dérive de ses mains habiles à son visage, plaisamment animé par l’évocation rétrospective. Il acquiesce de la tête, découvrant au final quelques points en commun avec elle. « J’entends fort bien. Une euphorie si singulière… Ma foi, vous êtes surprenante. Et bien sûr, cela restera un secret entre nous. Un autre de plus. Assurément pas le dernier… », répond le Baratheon d’une voix rassurante et pensive. En outre, que l’on apprenne l’habilité de sa promise avec les armes et sa complicité dans son éducation martiale entacherait fortement la réputation du suzerain de l’Orage. Des rôles précis sont assignés aux dames, et que son épouse déroge à sa fonction et à son statut serait considéré comme un manque de respect vis-à-vis des moeurs et de lui-même. « Ah, oui, je pense. J’y vais de mauvais cœur… Les joutes ne sont pas faîtes pour moi ; considérez un instant ma stature… ! Et je ne suis pas le plus souple des cavaliers. J’ai surtout hâte de participer à la mêlée ; viendrez-vous me soutenir, ma dame ? ».
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Song of Storms | ft. ROBERT BARATHEON

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